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C’est probablement la semaine de vérité ! L’édito de Jean NOEL VIEILLE
La semaine qui s’ouvre sera probablement déterminante car nous sommes proches de seuils techniques importants.
Nous avons (pour l’instant!) choisi notre camp en attendant clairement une consolidation assez importante du marché, d’où notre faible exposition.
Le marché financier continue à évoluer positivement, mais la fragilité s’installe.
Certains niveaux semblent désormais difficiles à franchir, celui de 4090 sur le CAC en est un. Les déterminants du marché sont assez complexes à interpréter, et c’est souvent le moment privilégié par le marché pour changer de cap.
Rappelons brièvement les enjeux. Du côté macro-économique, les indicateurs ISM et la confiance du consommateur américain ont redonné de l’optimisme tout récemment, l’éventualité d’un double dip peut être dissipée. Mais tout n’est pas clair, ainsi vendredi, le chiffre de l’emploi a été mitigé, mais difficilement interprétable. Pourtant, il nous semble que c’est une clef essentielle pour appréhender la situation future. En janvier, l’économie américaine a créé quatre fois moins d’emplois que prévu par le consensus. En net, seuls 36 000 nouveaux postes de travail ont été créés, contre 121 000 en décembre.
La question est de savoir comment, avec si peu de créations d’emplois, le taux de chômage peut reculer aussi rapidement. Le taux de chômage est en diminution à 9,0%, soit une baisse de 0,4 point sur le mois et de 0,8 point par rapport à son plus haut de novembre. Il est au plus bas depuis avril 2009. Le recul du taux de chômage sur le mois de janvier s’explique par un recul de la population active (504 000) et du nombre de chômeurs, dont une partie a « renoncé » à chercher un emploi.
Donc la situation n’est pas aussi favorable qu’elle ne le paraît. Ceci n’a pas empêché les indices américains de clôturer dans le vert. Sur la semaine, l’indice Dow Jones a gagné 2,3%. Alors qu’il avait mis fin la semaine précédente à une série de huit semaines consécutives de hausse, il affiche sa meilleure performance hebdomadaire depuis deux mois.
Le deuxième principe actif est la géopolitique. Sans forcément faire appel à une boule de cristal, l’année 2011 pourrait être une année assez difficile car l’instabilité politique va se nourrir des tensions sociales issues de la crise. Aucun pays n’est vraiment à l’abri de ces phénomènes, et on ne rappellera jamais assez que la question du devenir de l’Egypte dépasse largement son seul cadre. Il est un peu surprenant que le marché ait la capacité d’effacer aussi rapidement ces différentes craintes.
Enfin dernier levier, le comportement des entreprises. Nous sommes quasiment à la fin de la publication des résultats des entreprises. Le tableau a été relativement favorable, sauf quelques accidents ciblés à certains secteurs et/où à certaines entreprises. L’effet sur le marché n’a toutefois pas été à la hauteur, on a le sentiment que le marché aurait même tendance dans certains cas à « vendre la bonne nouvelle », (et ce n’est pas la station du métro parisien !).
Ne nous trompons pas d’analyse, la hausse que l’on peut qualifier de forte depuis le début de l’année, ne résulte d’aucun des éléments mentionnés ci-dessus, mais doit s’interpréter comme une rotation sectorielle d’envergure au sein des portefeuilles des gérants.
L’enseignement se résume simplement : les titres des sociétés exposées à la croissance mondiale sont vendus (comme si le marché anticipait déjà une déconvenue sur ce point) alors que les valeurs défensives, « les value » ou celles qui ont été délaissées en 2010 sont recherchées, cf les financières. La performance sectorielle du mois de janvier 2011, calculée sur la base du Stoxx 600 est assez éloquente. Les financières ont largement été à l’honneur (+10%), suivi par les technologiques (+7,7%), le pétrole (+7,4%), les services collectifs (+5,8%) alors que les valeurs des biens de consommation et les matières premières sont à la peine, respectivement -3,4 et -3%.
En conclusion,
nous restons assez inquiets sur l’évolution de la prime de risque du marché des actions auregard de la situation actuelle. On assiste à une brutale décélération de la prime de risque (de 6,5 à 4,5%), ce qui constitue une anomalie assez dangereuse. On revient à un niveau de prime de risque de l’année 2007, envolée donc les questions des dettes souveraines, le ralentissement de la croissance, les plans d’ajustement, les hausses des matières et surtout les risques géopolitiques ! A notre avis, le danger se situe très clairement sur une élévation prochaine de la prime de risque.
Au 04/02, la Sicav est composée d’actions pour 88 %, (Vente de Francotyp, achat de BME) d’obligations pour 1,5%, le cash étant de 10,5%. Les couvertures étaient à 82%, ce qui donne une exposition nette aux actions de 7,5%, cohérente avec l’attente d’une consolidation imminente d’envergure. Depuis le début de l’année, nous progressons assez légèrement, proche de 1% et +6,7% sur l’année. Surtout, le graphe ci-dessous témoigne de la stratégie que nous mettons en place qui consiste à casser la volatilité, à la hausse comme à la baisse afin de pouvoir s’inscrire dans une performance régulière. D’une volatilité annuelle de 8%, nous avons ainsi amené celle à 100 jours à seulement 5%.
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