En préambule, jetons un coup d’œil sur le cas de nos voisins suisses.

Là bas le SMIC avoisine des 4000€ et tous les autres salaires sont aussi 3 fois plus élevés que chez nous à emploi équivalent. (avec un taux d’imposition et de charges un peu  plus faible)

Le coût de la vie en Suisse est un peu plus élevé qu’en France, mais pas d’avantage qu’à Paris, que ce soit pour les courses ordinaires ou les loyers.

La richesse de cette nation ne s’est pas construite en un jour, mais en plusieurs décennies, progressivement depuis les années 50/60, car à l’époque les niveaux de revenus étaient assez comparables entre les 2 pays et 1 Franc suisse valait à peu près 1 franc français (contre 6 aujourd’hui)

Mais voilà, les suisses ne sont pas des français.

Nous pouvons tout de même en tirer quelques enseignements : c’est à force de travail, de gestion saine, et surtout de continuité dans le sérieux, que l’on parvient petit à petit à améliorer le niveau de vie des gens.

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Et en France, les candidats à la présidence de la république promettent d’augmenter les salaires.

Les élections présidentielles approchant, la ritournelle sur l’augmentation des salaires prend de l’ampleur.

Certaines des ces chansons sont franchement comiques comme le doublement du salaire des enseignants ( 30 milliards/an) d’autres plus  ou moins raisonnables ( passer le SMIC de 1270€ net à 1400€ net) mais elles sont toujours démagogiques, c’est leur point commun.

La crise que nous venons de connaître, a eu pour effet d’accentuer les écarts entre ceux dont les situations sont stables et les autres, c’est vrai pour les individus comme pour les entreprises.

Nous savons que les français auront «économisé» globalement 150 à 200 milliards d’euro supplémentaires d’ici la fin de l’année, mais d’une manière inégalement répartie selon que l’on avait un emploi CDI, une entreprise solide ou le contraire.

Pour exemple, certaines brasseries au chiffre d’affaire élevé ( disons 100000€/mois) ont reçu 30000€ d’aide/mois pendant la période de fermeture, alors que leur personnel était lui même en chômage partiel, autrement dit il restait une grande part de bénéfice.

A contrario,  d’autres entreprises plus fragiles parce que débutantes par exemple, ou certains individus qui n’avaient pas d’emploi stable  se sont vus pénalisés, ont fait faillite pour les unes et se sont durablement éloignés de l’emploi pour les autres.

Il y a donc des gagnants et des perdants.

Là dessus, nous avons maintenant une tendance à l’inflation liée aux difficultés d’approvisionnement en toutes choses, et à une reprise forte induisant des tensions sur les prix, surtout de l’énergie.

Si le plein d’essence et le plein de fioul  augmentent sérieusement,  les gilets jaunes risquent de redescendre dans les rues….

Bien sur, le gouvernement doit  prendre cela en considération, (il le fait d’ailleurs actuellement en encadrant momentanément les prix de l’énergie) mais il doit aussi garder  à l’esprit que le niveau des salaires dans un pays donné est à la fois déterminé :

  • Par la richesse globale de ce pays,
  • Par les conséquences  d’une hausse des salaires sur l’inflation et sur la compétitivité des entreprises, et ceci dans un monde où on ne peut plus dévaluer la monnaie comme on le faisait allègrement du bon temps des 30 glorieuses et de l’«échelle mobile  des salaires» ( supprimée en 1982)

Le lecteur qui suit régulièrement le blog sait que l’inflation est supportable tant qu’elle est modérée (2à 3%). Au-delà, le risque d’emballement est fort, car les salaires devront suivre pour conserver le pouvoir d’achat, et les banques centrales seraient alors tentées de remonter les taux pour endiguer cette inflation.

L’exemple des années 1980 à 2000 nous montre que pour que être efficaces, les taux doivent au minimum s’aligner sur l’inflation.

( Je rappelle que la pire inflation, car difficilement contrôlable, est celle induite par la spirale prix/salaires bien d’avantage que par l’inflation importée, due  aux  prix du pétrole et des matières premières, qui eux, peuvent rebaisser)

Or nous l’avons mainte fois répété, les taux ne peuvent pas monter beaucoup, car cela grèverait les investissements, donc la croissance absolument nécessaire, mais aussi les possibilités de refinancement  de la dette ( qui a enflé) et créerait un véritable tsunami sur les marchés financiers, à commencer par les marchés obligataires ( comme en 1994, en pire, vu les masses d’argent en jeu.)

Avertissement aux lecteurs rousseauistes :  il leur est fortement conseillé d’arrêter la lecture ici, car ils risquent d’être pris de vertiges….

Cet article vient à la suite de celui de la semaine dernière, qui traitait de «l’industrie en France un défi impossible ? » : [EDITO] Et si la croissance était plus forte que prévue en 2022 et 2023 ?

Si nous voulons vraiment améliorer le sort général de la population française, il est indispensable de reconquérir des parts de marché tous azimuts, et cela passe de nos jours par des entreprises et des industries de haut niveau.

Qui dit industries de haut niveau dit aussi accroissement en nombre et en qualité de techniciens, ingénieurs, chercheurs de pointe, spécialistes des «sciences dures», mathématique, physique, chimie, informatique.. et des structures adaptées, tant dans le secteur privé que public.

Tous les salaires des gens qui  se trouve en bas de l’échelle du savoir, à commencer par les chômeurs de longue durée (dont 80 % n’ont pas le bac, pourtant donné à tous ceux qui se présentent à l’examen) mais aussi ce que l’on appelle les «bad jobs» autour du  SMIC (livreurs, manutentionnaires, garde à domicile…..) mais également ceux qui sont un peu au dessus de ce niveau, n’ont pas de raison d’être particulièrement revalorisés parce que même si leurs rôle social est utile ( il faut bien des livreurs de pizza) la valeur ajoutée qu’ils apportent est faible.

source : INSEE

Ceux qui sont en haut de l’échelle du savoir par contre, doivent être choyés. Il faut leur offrir des conditions de vie et de travail équivalentes à celles qu’ils trouvent, hélas pour nous, en partant vers d’autres cieux plus accueillants.

Mais cette élite doit également être bien formée, avec un niveau identique  à celui des meilleures universités mondiales.

Il faut donc aussi des professeurs de haut niveau.

Ces professeurs doivent être recrutés en France comme à l’étranger, et payés au niveau international, naturellement en fonction des résultats, ce qui n’est pas le cas actuellement.

En conclusion, comme nous l’avons vu plus haut, il ne faut donc pas augmenter les bas ou moyen salaires, largement majoritaires, car cela risquerait de faire exploser un système financier déjà sous pression, et pénaliserait la reconquête industrielle.

Des aides ponctuelles et ciblées sont préférables quand c’est nécessaire.

Par contre, il serait souhaitable de revaloriser très nettement les conditions de travail des professions minoritaires en nombre mais à forte valeur ajoutée, (sous condition de résultats bien sur) dans le but d’en finir avec le déclin programmé de notre pays ; tout cela dans un contexte plus large de redéploiement industriel.

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