Dans le prolongement de cet article « Et si vous deveniez investisseur en capital lieu d’être spéculateur sur le marché action« , au terme duquel je vous encourage à abandonner la spéculation en bourse au profit de l’investissement dans le capital des entreprises, je crois indispensable de revenir sur la différence entre « spéculateur » et « investisseur« .
Cette différence est d’une importance majeure pour l’épargnant qui souhaite enfin profiter des marchés financiers pour investir dans le capital des entreprises. Car n’oubliez pas, on n’investit pas en bourse, on utilise la bourse pour acheter des actions d’une entreprise dont on juge le prix raisonnable au regard de sa capacité à générer des bénéfices à long terme. La bourse n’est que le lieu de confrontation entre un acheteur et un vendeur qui poursuit une dynamique interne qui lui est propre et non anticipable pour les petits épargnants que nous sommes tous.
Je m’en voudrait de m’attribuer la paternité de ces réflexions sur la différence entre le « spéculateur » et « l’investisseur ». Voici l’extrait d’un livre ‘investisseur intelligent » que je considère comme ma bible :

« Imaginons que vous soyez propriétaire d’une part d’une entreprise privée qui vous a coûté $1000. L’un de vos associés, qu’on appellera Monsieur le Marché, est une personne assurément très obligeante. Il vous dit tous les jours ce que vaut, à son avis, votre participation. Qui plus est, il se propose de vous acheter tout ou partie de cette participation à ce prix. Parfois, son opinion vous paraît plausible et justifiée par les perspectives de l’affaire. D’autres fois, par contre, Monsieur le Marché se laisse influencer par ses émotions, et le prix qu’il vous propose est trop bas ou ridiculement élevé.

Si vous être un investisseur prudent ou un homme d’affaires raisonnable, allez-vous vous laisser influencer par l’opinion de Monsieur le Marché ? Bien sûr que non, à moins que vous soyez d’accord ou vouliez faire affaire avec lui. Vous serez alors enchanté de lui vendre votre participation quand il est prêt à en donner beaucoup trop, ou d’acheter la sienne lorsqu’il vous l’offre pour deux fois rien. Mais dans les autres cas, vous aurez intérêt à évaluer vous-même la valeur de votre participation à partir des comptes de l’entreprise, de sa situation commerciale et de sa situation financière.

L’investisseur, le vrai, est exactement dans cette position quand il détient une action. Il peut profiter des cours quotidien ou ne pas s’en préoccuper du tout, suivant son propre jugement et ses inclinations naturelles. Il a un intérêt à prendre connaissance des évolutions importantes des cours, car il y a là matière à exercer son jugement. Ces mouvements sont parfois des mises en garde, auquel cas, il vendre ses actions parce qu’il verra dans la chute des cours le présage de graves problèmes. Mais à notre avis de tels signaux l’induiront en erreur le plus souvent qu’ils ne lui seront utiles. Fondamentalement, les fluctuations des prix ont une seule signification utile pour le véritable investisseur. Elles lui permettent d’acheter prudemment après que les prix sont tombés fortement et de vendre dans de bonnes conditions quand ils avancent fortement. Dans tous les autres cas, il ferait mieux de ne pas se préoccuper de la bourse et ne porter attention qu’aux rendements offerts par les dividendes et aux résultats d’exploitation de l’entreprise.

La distinction la plus réaliste entre l’investisseur et le spéculateur est donnée par leurs attitudes respectives face aux mouvements de marché. Si le spéculateur est en premier lieu intéressé par l’anticipation des fluctuations de marché, le principal intérêt de l’investisseur sera d’acheter et de détenir les titres adéquats à des prix adéquats ou ils engendrent alternativement des niveaux de prix planchers où il est sage d’acheter, et des niveaux plafonds où il est prudent de vendre.

Rien n’indique que l’investisseur privé ait intérêt à différer régulièrement ses achats jusqu’à ce que les cours atteignent des niveaux planchers. En effet, l’attente peut être longue et couteuse en termes de pertes de revenus. De plus, il est possible de passer à côté d’une opportunité d’investissement. Sans doute, est il donc préférable que l’investisseur passe ses achats chaque fois qu’il a de l’argent pour ce faire, à l’exception toutefois de ces périodes ou le niveau général du marché est bien trop élevé par rapport au normes de valeurs courantes. S’il veut être plus fin encore, il recherchera les bonnes affaires toujours présentes.

En dehors des anticipations sur l’évolution du marché, Wall Street déploie beaucoup d’efforts et d’habilité à sélectionner ces titres ou ces groupes d’industries qui, en matière de prix, feront mieux que les autres à court terme. Aussi logique que puisse paraître cette tâche, nous ne pensons pas qu’elle soit appropriée pour le véritable investisseur. D’autant plus qu’à ce jeu, il sera en concurrence avec bon nombre de traders professionnels et d’analystes financiers de premier ordre. Comme dans toutes les autres activités qui reposent d’abord sur les mouvements de prix, et, en second lieu, sur la valeur sous-jacente, les efforts déployés par beaucoup d’esprit intelligents ont tendance à se neutraliser et s’auto-détruire sur le long terme. 

L’investisseur muni d’un portefeuille de titres de qualité doit s’attendre à voir leurs prix fluctuer et ne devrait, ni trop inquiété par des baisses importantes, ni excités par les belles avancées. Il devrait en permanence, se rappeler que les cotations sont là pour sa commodités,qu’il en profite ou qu’il les ignore. Il ne devrait jamais acheter un titre parce qu’il à trop monté ou le vendre parce qu’il est tombé.

 
Ps : L’investisseur intelligent, un livre écrit, pour sa première édition, en 1949 par Benjamin Graham. On constate encore une fois, qu‘ »il faut que tout change pour que rien ne change ».
 
A suivre …

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