– Une chronique rédigée par Mathieu Hamel, fondateur de Mariequantier –

 

Le Nasdaq, l’indice des actions technologiques, n’a baissé que de 1% et le SP500, les 500 plus grosses entreprises américaines, est resté stable après que Facebook a perdu 20% de sa valeur.

Le poids de Facebook dans le SP500 est de 2%. En guise de comparaison Amazon pèse 3% du SP500 et Exxon Mobile, 1,5%.

Le prix de Facebook s’établit à plus de 28 années de son bénéfice. Aux yeux du consensus, un tel niveau de valorisation se justifie par l’anticipation d’une croissance de l’activité plus importante que pour le reste de l’économie. C’est pourquoi, dès que les anticipations de croissance sont remises en question par des faits, le prix baisse de manière extrêmement violente.

La chute de Facebook de cette semaine est un bon exemple des risques de baisse encourus pour l’ensemble des actions lorsque la météo des marchés est « Euphorie ».

Twitter aussi a subi une baisse de 20%, pour les mêmes raisons. Mais son poids ne dépasse pas les 0,3% du SP500. A titre plus général, 50% des entreprises ont annoncé leurs bénéfices, dont 80% au-dessus des estimations du consensus.

 

Mnuchin, le secrétaire d’état au Trésor américain a fait une déclaration à la suite de l’interview du président US sur la FED, rappelant l’attachement du président à l’indépendance de la Fed.

Trump avait rompu avec la tradition d’indépendance vis à vis de la banque centrale.

Contrairement à la BCE, dont l’indépendance est institutionnelle, la FED est « par tradition » indépendante. Comme l’on pouvait le dire avant Paul Volcker dans les années 70, la FED est indépendante à « au moins un coup de fil du président ».

Le risque de la disparition de cette indépendance est la monétisation de la dette et donc le retour d’une inflation incontrôlée. D’où la petite augmentation des taux d’intérêt à 10 ans il y a 2 semaines passant de 2,85% à 2,95%.

Cette semaine, le chiffre de la croissance américaine a été annoncée à plus de 4%. Pour autant, les taux d’intérêt américains à 10 ans sont passés de 2,98% à 2,95%. Ce mouvement n’est pas très important. Ce qui est ici remarquable est la baisse de ces taux d’intérêt après la publication du chiffre de la croissance économique. Ils signalent que le consensus a interprété les résultats de la croissance américaine comme décevants.

La croissance annuelle attendue reste 2%. En effet, seule 1,4% de croissance serait structurelle. Le reste proviendrait de la baisse du chômage, et donc du retour à l’emploi de nombreux travailleurs. Mais avec le niveau de chômage actuel, extrêmement bas, pour maintenir un rythme permettant d’atteindre 3% de croissance, ce que laisserait envisager le dernier chiffre annoncé, il faudrait une multiplication de la productivité par 3. Ou bien une accélération de l’augmentation du taux de participation de la population totale dans la population active, celle qui travaille ou cherche du travail. Mais ce taux de participation n’augmente très peu depuis la fin de la crise.

 

 

Avec les discussions entre Juncker de la commission européenne et Trump au sujet de barrières douanières et les bons résultats des entreprises européennes, l’Eurostoxx 50, l’indice des 50 plus grosses entreprises européennes, a augmenté de près de 2%.

Cette semaine, l’administration américaine avait annoncé une aide exceptionnelle de 12 milliards de dollar pour venir en aide aux agriculteurs américains touchés par les représailles des partenaires commerciaux de l’Amérique et de puissantes organisations, comme celle représentant l’industrie automobile, avaient présenté leurs inquiétudes au congrès face à la guerre commerciale.

La banque d’affaires Goldman Sachs vient d’estimer à 15% de baisse du bénéfice des entreprises américaines du fait de l’instauration des barrières douanières. Pour rappel, les estimations d’augmentation des bénéfices, en conséquence de la réforme fiscale, s’établissaient en fin d’année dernière à 10% de hausse. Cela annulerait donc l’augmentation des bénéfices des entreprises.

Si dans le même temps les taux d’intérêt augmentent fortement du fait du creusement du déficit budgétaire, cela pourrait faire dérailler la croissance économique. Ce n’est pour l’instant pas le cas, mais cette crainte expliquerait pourquoi l’administration américaine a fait marche arrière si rapidement au sujet des barrières douanières.

 

A suivre …




One Comment

  1. julien bonnetouche says:

    Facebook

    Parmi les GAFAM, facebook est la seule qui finalement de vende rien, hormis les données et de la pub.
    Et surtout peut se trouver en situation de perdre son monopole plus facilement que google, amazon, microsoft, et apple dont les buisness modèles sont plus étoffés.

    La preuve : la migration des internautes vers instagram et whatsapp pourtant moins performant. Il se trouve heureusement que des deux derniers appartiennent à facebook.
    C’est sans doute cela que la bourse a voulu sanctionner. et pour la même raison que le reste du marché n’a pas bougé.

    On parle souvent d’amazon qui ne fait pas de bénéfices et serait exposée à un risque similaire : mais la politique d’amazon est d’accroitre sa part de marché jusqu’à devenir le leader incontesté de la vente à distance. C’est quasiment chose faite, et pour s’en convaincre, il suffit de chercher à acheter n’importe quoi sur internet.
    Or on sait que la seule chose qui ait de la valeur, c’est la part de marché, car elle précède toujours le bénéfice.

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