Assurance vie et gestion de patrimoine

Parfois, sans être capable de l’expliquer de manière rationnelle, vous n’arrivez pas à vos convaincre de la qualité de tel ou tel placement ou investissement. C’est le cas pour moi pour le placement en ETF.

Je comprends parfaitement la mécanique, le raisonnement et l’intérêt de souscrire ces produits financiers qui se contentent de répliquer un indice de référence, sans coût de gestion… mais j’ai l’intuition que ces produits financier, symbole ultime d’une bourse qui n’a plus de sens, seront au cœur d’une prochaine crise.



En seront ils l’élément déclencheur ou un élément de propagation de la prochaine crise, aucune idée. Seulement l’intuition que le développement exponentiel de ces nouveaux produits n’est pas sain. 

Les ETF sont des produits financiers qui permettent à l’épargnant de valoriser son épargne au même rythme qu’un indice de référence dividendes réinvestis. Les ETF sont d’autant plus attrayants qu’ils sont sans frais et que les gérants actifs semblent incapables d’afficher des performances supérieures à leur indice de référence (cf »Pourquoi payer des frais de gestion et un gérant dont l’objectif, rarement atteint, est de suivre un indice ?« ).

Mais que penser de l’utilité d’un marché financier sur lequel les spéculateurs investiraient les yeux fermés dans les entreprises ? Investir en ETF, c’est investir dans toutes les entreprises qui composent un indice tel que la CAC40. C’est donc investir dans les meilleurs entreprises de l’indice, mais aussi les plus mauvaises dans des proportions identiques à celle de l’indice :

N’est il pas contre-intuitif de participer à la hausse d’un cours de bourse d’une société en difficulté (car qui dit investissement, dit hausse de la demande et donc hausse du cours) à cause d’un investissement systématique non réfléchis ?

N’est il pas contre intuitif de participer à la baisse d’un cours de bourse d’une société dynamique au modèle économique porteur pour la simple raison que les épargnants ont décidé de faire des rachats ? 

L’absence de volatilité sur les marchés financiers depuis quelques mois ne trouve t’elle pas son explication dans ces achats systématiques de toutes les entreprises ? 

Que se passe t’il lorsqu’une entreprise sort d’un indice de référence ? Son cours s’écroule puisque tous les spéculateurs en ETF vendront l’action en même temps ? 

La notion de valeur de marché a t’elle encore un sens lorsqu’une partie importante de acteurs de marché achètent sans réfléchir des actions ? N’est pas là une remise en cause de l’efficience des marchés financiers ? 



.

Bref, je n’arrive pas à exprimer avec certitudes ces craintes et cette drôle d’intuition.

Bien évidemment, les arguments rassurants sont nombreux et Edouard PETIT, les avaient magistralement exposés dans cet article « Investir en ETF, une révolution source de risques pour les épargnants ?« .

Pourtant, cela ne change rien : Tout cela ne me semble pas naturel et la très forte explosion des flux m’inquiète. Ce n’est pas tant le concept des ETF que l’importance de la gestion passive qui m’inquiète. A fin Août 2017, l’encours d’ETF atteint 5000 Md$, soit une progression de 35,5 % depuis le début de l’année 2017. 

 

Les ETF sont en train de passer du statut d’outil de diversification … à outil de gestion principal. Nous ne connaissons pas encore les conséquences sur l’offre et la demande et donc sur la valeur des marchés, mais le bon sens doit nous amener à utiliser ses excellents outils avec parcimonie. 

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Les ETF sont la réponse à la question de l’absence de performance des gérants actifs. Mais la question est elle bien posée ?

Devant le constat de l’incapacité des gérants à générer des performances supérieures à l’indice de référence, les ETF apparaissent comme une excellente solution. Mais comment peut il en être autrement ? N’est il pas normal que la performance des gérants soit collée à leur indice référence ?

Suivre l’indice de référence est dans l’adn de la gestion active. Le gérant :

  • Doit investir en très grande majorité sur les actions composant son indice de référence ;
  • Doit diversifier ses investissements pour ne pas prendre de risque ;
  • Se payer 3% de frais de gestion ;
  • Supporter un processus réglementaire très lourd ;
  • Payer les frais sur les transactions …

 

Bref, les règles sont faites pour que la gestion active ne puisse pas battre son indice de référence. C’est alors que la question est peut être autour de la légitimité des modes de gestion et de la réglementation qui oblige à toujours chercher à suivre un indice de référence. 

N’est il pas urgent d’abandonner la gestion indicielle (active ou passive) pour retourner aux fondamentaux de l’investissement à long terme dans le capital de l’entreprise ? 

Ne faut il pas regarder avec distance les théorie financière optimisation des portefeuilles dont la finalité éloigne toujours plus l’épargnant de l’investissement de l’entreprise pour le transformer en spéculateur ? 

Par exemple, la question de la diversification dont l’objet premier est la répartition du risque entre plusieurs  est intéressante. D’une saine décision de gestion, la diversification devient une priorité qui conduit à investir dans tous les actifs pour obtenir une performance la plus proche possible de l’indice de référence, sans même se poser la question de l’intérêt de l’indice et de son risque intrinsèque. (cf »Faut il remettre en cause la théorie de la diversification du patrimoine pour réduire les risques ?).

 

 

Au final, la gestion indicielle n’est elle pas l’aboutissement de la déconnexion entre l’économie réelle des entreprises et la spéculation financière ?

Quelle est la valorisation de la qualité des entreprises dans un tel marché dominé par les ETF ?



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23 Comments

  1. delperbe says:

    Les 2 %/3 % de frais de gestion annuels des gérants actifs sont très difficiles à compenser sur le long terme.
    Les indices sont autorégulés par les Comités scientifiques qui les rajeunissent
    Grace aux ETF on peut investir hors Europe dans un PEA

  2. Bonjour

    Je pense tout le contraire
    Je suis nul en bourse, mais je vois bien que les gestionnaires de fonds ne sont pas capables de faire mieux que le CAC 40.

    Alors pourquoi ne pas investir dans un tracker du cac40 directement ?

    Si une entreprise n’est pas bonne elle sort du CAC et du coup cela me semble justement intuitivement une bonne solution d’investissement

    • Oui, mais la question est : Si tout le monde fait pareil … le marché n’existe plus ! Tout le monde achète la même chose … et tout le monde vend la même chose au même moment.

      Lorsque les ETF représentent 1% de la cote ce n’est pas grave … lorsqu’il représente 30% les conséquences peuvent être plus lourde.

  3. Il y avait les même craintes avec la finance haute fréquence…. les hedge funds … etc .. etc… le marché est censé être efficient… non ? 🙂

  4. Le trading haute fréquence me paraît 10 000 fois plus inquiétant et tordu que les ETF.
    Je ne suis pas un spécialiste mais pour moi l’ETF c’est comme garder sa place dans les embouteillages plutôt que d’essayer de passer d’une file à une autre ( gestion active ). La deuxième méthode est totalement inutile ( ça était maintes fois prouvé). Rajoutez à cela le salaire plus que confortable des gus en charge de ce job + leurs cigares + le bureau dans un quartier huppé, et le match est plié : avantage ETF.

  5. Il y a un risque supplémentaire aux autres produits: c’est le risque de faillite des intermédiaires d’ETF souvent une banque. https://www.devenir-rentier.fr/t11124
    C’est pourquoi j’ai abandonné les ETF et que je suis les PTF de revues financières telles que les I10 d’Investir à plus de 10%/an depuis 1980, top5 mensuel ou semestriel de Portzamparc encore mieux ou certains gérants faisant régulièrement plus de 20% l’an comme Buffet ou https://www.devenir-rentier.fr/t10613

  6. delperbe says:

    Mon experience : les gérants actifs battent l’indice dans des marchés non efficients comme les marches smallcaps europe
    Aux usa c’est le contraire car les marchés sont larges et donc efficients; sur 10 ans seuls 5 % des gerants battent le S&P
    En fait la performance vient du chois de l’allocation d’actifs entre marchés , les ETF ne répondent pas cette problématique essentielle

  7. Personnellement je préfère les fonds actifs avec des gérants au commande ( Indépendance et expansion, id France Smidcaps, Quadrige rendement, Amundi Europe Microcaps, Gemequity pour les émergents…) car la sélection de valeurs me semble importante.
    Et quelques bons fonds flexibles ( h2o multistrategies, Sextant Grand Large, Hmg rendement entre autres ) en panachant.

  8. Un etf peut être supprimé si je ne me trompe Guillaume?
    quelles conséquences?

  9. Un lecteur qui souhaite rester anonyme m’apporte la réflexion suivante :

    Il est simpliste de parler des ETF en renvoyant au simple CAC40.

    L’intérêt des ETFs est précisément qu’il existe de très nombreuses possibilités de diversifications sectorielles, style de gestion, capitalisation,… et que les émetteurs crèent de + en + de supports d’investissements originaux (ISR, Value, Growth,…).

    La problématique du choix des ETFs finalement retenus revient donc à déterminer 1 allocation d’actifs, tout en limitant la prise de risque spécifique (ou l’effet de levier) d’un titre. Il est possible par exemple de constituer 1 portefeuille composé d’ETFs ou certains secteurs seraient exclus ou bien, à l’inverse, ou d’autres seraient sur-représentés par rapport au CAC40. Parce que les poids de l’indice ne sont pas forcément optimaux, certains fournisseurs d’ETFs proposent aussi 1 allocation équi-pondérée, ce qui permet d’être moins exposé à certaines déviances mécaniques des indices.

    En étant investi sur 1 portefeuille traditionnel, cela ne protège pas d’être exposé au titre qui va baisser, d’autant que si la diversification est moins importante que dans l’indice répliqué par l’ETF, la baisse sera alors + forte (cf. risque spécifique).

    En fin de compte, chaque stratégie d’investissement qui serait systématique pourrait être répliquée à moindre frais par 1 ETF et devrait donc assurer 1 performance supérieure. Les petites et moyennes capitalisations sont + difficiles à répliquer par des ETFs que les grandes capitalisations, et pourtant leur volatilité s’écrase … les ETFs ne sont pas forcément la cause de la chute de volatilité actuelle des marchés. L’entrée ou la sortie d’un indice n’est pas le gage d’une sous/sur-performance car l’impact est généralement de courte durée 1-2 semaine maximum.

    Contrairement à ce que vous indiquez dans votre article, je pense qu’être investisseur sur 1 ETF ne signifie pas spéculer, au contraire puisque vous cherchez alors à éliminer le risque spécifique! La notion de valeur de marché est + complexe à aborder car, une fois encore, il n’y a pas d’obligation d’être investi sur tel ou tel ETF si ses fondamentaux (valorisation en l’occurrence) ne sont pas sains.

    La réflexion doit porter sur le choix de l’indice/stratégie sur lequel on souhaite être exposé, puis d’identifier l’ETF qui offrira les meilleures qualités de réplication, liquidité,… Tout comme pour les titres vifs, investir sur des ETFs exige un travail de réflexion et d’analyse très élaboré, beaucoup + complexe que cela peut sembler.

  10. Tout produit dérivé ou structuré financier possède ses risques et ses dangers au même titre que les cfd les futures ou encore d’autres.

    Concernant les etf, son succès est inhérent à une vrai demande d’investissement simple et peu onéreuse en frais.

    Pour moi ce sont les etf synthétiques qui représentent une menace car ils reposent sur du vent puisqu’ils sont construits sur des produits financiers comme des futures ou des options qui ne reposent pas réellement sur des actifs tangibles….

    Pour conclure, comme tout package il faut regarder la composition… Si c’est trop complexe à comprendre mieux vaut passer son chemin!

  11. Jeremy Lyxor ETF says:

    Bonjour à tous,
    Je rappelle que les ETF sont avant tout des fonds OPCVM qui sont agrées par l’AMF pour la plupart.
    La plupart de ceux commercialisés en Europe et en France sont également régis par la réglementation européenne UCITS et donc soumis exactement aux mêmes règles que les fonds traditionnels.

    Concernant les suspensions de cotation sur certains ETF, je rappelle également que celà ne concerne pas l’industrie ETF au global. Il s’agit de cas particuliers.
    Sauf erreur de ma part, il y a eu par le passé de nombreux fonds traditionnels qui ont suspendu leur cotation, qui ont également hard ou soft closé.

    Enfin, l’industrie ETF est en forte croissance mais reste très petite dans l’industrie de la gestion mondiale (18% des assets)

    Enfin, un ETF synthétique contient un swap de performance, soit un produit dérivé. Ce swap est transparent dans la composition de l’ETF.
    Les gérants traditionnels n’utilisent ils pas également des produits dérivés pour se couvrir par exemple? Ne font ils pas du prêt emprunt?
    Personne ne s’alarme.

    Il n’y a pas plus transparent qu’un ETF, tout est visible. Les frais, la composition, l’actif…L’industrie ETF est bien en avance par rapport à ce sujet.
    C’est d’ailleurs pour ça qu’ils font autant débat. Mais la reglementation pousse en faveur de plus de transparence et les gérants traditionnels vont bientôt afficher les mêmes niveaux d’informations.

    • Oui, je vous rejoins sur cet aspect. Mais que pensez vous du reste de l’article sur le caractère « systémique » d’une gestion indicielle ? Et notamment son impact sur l’efficience des marchés lorsqu’il ne s’agit plus de sélectionner les entreprises pour leur valeur intrinsèque… pour pour leur seule appartenance au marché ? La valeur boursière de l’entreprise est elle juste dans ces conditions ?

      Les ETF représentent une part non négligeable des flux d’investissement sur les marchés… l’impact sur la déformation du marché n’est elle pas décuplé ?

      • Jeremy Lyxor ETF says:

        Lorsque l’on regarde les portefeuilles des gérants, on retrouve globalement les mêmes valeurs, dans les mêmes proportions et souvent ils achètent et vendent en même temps. Ces gérants font autant bouger les marchés que les flux ETF/
        Le stock picking ne crée plus de valeurs car tous les gérants font la même chose (je grossis évidemment) et ce n’est pas à cause des ETF.
        Si les investisseurs privilégient les ETF c’est parce qu’ils délaissent la gestion traditionnelle trop couteuse et décevante en terme de performance.

        Les ETF représentent effectivement une part non négligeable dans les flux et la tendance devrait encore se confirmer dans les années à venir.
        Mais cette croissance favorise le développement de l’allocation d’actif comme moteur et source de performance.

        • Nous sommes bien d’accord. Ma réflexion sur la gestion indicielle vise les ETF, mais aussi la gestion active qui n’a d’actif que le nom ! La réglementation oblige à cette dérive…

          • Jeremy Lyxor ETF says:

            d’ailleurs, en réalité, lorsque l’on fait de l’allocation d’actif en utilisant des ETF, on fait de la gestion active.
            Il y avait de la gestion active avec du stock picking, puis de la gestion active avec du fonds de fonds, maintenant il y a de la gestion active avec des ETF.
            Le bon portefeuille mixe finalement toutes ces expertises

            🙂

  12. COVEA vient de publier une analyse qui conforte mon analyse :

    ECLAIRAGE SUR LES ETF
    Les derniers chiffres de collecte du marché des ETF font apparaître une croissance toujours forte de la demande pour les supports indiciels cotés. Ce sont 395 Md $ souscrits cette année qui portent l’encours de ces « trackers » à 4195 Md$. Au-delà de l’engouement pour cette gestion passive, il faut souligner deux éléments : la très vigoureuse montée en puissance des achats sur les produits de taux d’intérêt et la concomitance des sorties sur les OPC de gestion active. En effet, si les ETF obligataires ne représentent que 17,4% de l’encours, ils ont pourtant collecté cette année 105 Md$ soit 26,6% des achats totaux sur ETF. Ces achats d’ETF sont à considérer à la lumière de la décollecte sur la gestion traditionnelle. Sur les 10 dernières années, 416 Md$ sont sortis de l’encours des OPC américains de gestions actions actives contre 669 Md$ déversés sur les ETF de cette même catégorie. Ainsi, nous assistons à un grand remplacement des encours malgré la persistance des risques de contreparties sur les swaps et prêts de titres et sur les mécanismes de règlement-livraison.

    Certes, les promoteurs d’ETF ont beau jeu de mettre en avant le manque de constance des performances en année calendaires, la volatilité et le coût des gestions actives au regard des mesures statistiques des indices. On peut toutefois s’interroger sur l’acte de gestion qui consiste à investir sur des indices actions et taux dont la composition est une fonction croissante de sa cherté et son endettement. En effet, plus le cours de bourse monte, plus sa capitalisation augmente son poids dans le fonds indiciel action et, plus la dette d’une entreprise croît, plus elle est représentée dans le fonds indiciel obligataire.
    S’il est vrai que la décision d’allocation d’actif prime souvent sur le choix de valeur dans la contribution de performance, on peut toutefois s’inquiéter des effets systémiques que représente la concentration des flux. Ils se portent aveuglément sur telles ou telles valeurs mobilières ou créances, présentes dans les indices au regard du poids de leurs valeurs boursières ou de la taille de leurs émissions de dettes. Derniers utilisateurs annoncés de ces ETF, les fonds de private equity qui battent des records de levées de fonds et sont en manque de cibles non cotées. Ce trop-plein de capital est de plus en plus consommé sur les fonds d’indices en attente de meilleures opportunités.

    Cette concentration des flux pose aussi la question du financement de l’économie et de l’avenir de la cote boursière. Que deviennent les milliers d’entreprises venues sur les marchés pour y rencontrer des actionnaires si l’épargne financière se dirige essentiellement sur les composants des indices internationaux ? Les recompositions d’indices sont à ce titre symptomatique de cette situation : les gagnants prennent tout ! Une décision d’exclusion de l’indice signifie pour l’entreprise cotée la perte annoncée de nombreux « actionnaires » que seul l’ajustement boursier permet de compenser par la rencontre de gérants actifs. Il ne s’agit donc plus de comparer la performance de telle gestion de conviction de long terme au résultat de la trajectoire d’un indice, mais de savoir qui investit dans le capital ou la dette de nos entreprises. Car, ce sont bien les fabricants d’indices qui décident finalement où s’allouent les capitaux. Que l’on estime que la Chine remplisse les critères pour rentrer dans les indices actions et obligataires, et les capitaux « flottants » se retrouveront mécaniquement investis sur les valeurs et dettes chinoises.
    A l’heure où les investisseurs s’efforcent de contribuer à la limitation du gaz carbonique par leurs investissements responsables et leur dialogue actionnarial, on peut aussi questionner le choix des grands indices comme vecteur de décarbonation. Enfin, se pose la question de la transformation silencieuse de la relation entre l’investisseur et l’entreprise à travers ses droits non pécuniaires. Au moment où le dialogue actionnarial est supposé se renforcer, qu’en est-il de l’exercice des droits de vote des ETF par leurs promoteurs dont la concentration s’accélère ? Car, à l’ancien pouvoir d’un institutionnel sur la stratégie d’une entreprise cotée dont il est propriétaire, s’est substituée la détention d’une part de fonds géré par une SGP, souvent anglo-saxonne, elle-même détentrice aveuglément de plusieurs sociétés concurrentes du même secteur de l’indice. Mais, on imagine difficilement un promoteur de fonds exacerber cette concurrence sectorielle jusqu’à faire disparaître d’un oligopole l’un de ses actifs le plus faible au profit d’un autre de son portefeuille indiciel.

    Les ETF ont rencontré auprès des investisseurs un succès considérable. Les explications sont nombreuses : simplicité d’usage, immédiateté du prix même si leur liquidité réelle n’a jamais été éprouvée dans un marché baissier (on se souviendra du parallélisme de leur essor et des politiques monétaires extraordinaires des banques centrales), apparente transparence, coût et accessibilité. Qualités que l’on retrouve chez les nouveaux gagnants de la chaîne de valeur de nombreux secteurs économiques.
    Nous vivons actuellement un bouleversement majeur dans les modes de distribution et la finance n’échappe pas à ces changements de comportement. On peut ainsi imaginer que le développement des robots et automates de conseil contribue encore davantage à la vente de produits standards, supports d’investissement des grilles de recommandations d’allocation. Mais encore une fois, au-delà du risque systémique inhérent à l’essor de ces produits trop largement diffusés et des risques de liquidité et de règlement-livraison (les actifs sous-jacents font l’objet de transferts de propriété), cette captation continue de l’épargne pourrait tarir à terme l’un des modes de développement des entreprises.

    Francis Jaisson,
    Directeur Gestion Actions Europe, Multigestion et Commercialisation
    Achevé de rédiger le 17/10/2017

    source : http://www.covea-finance.fr/conjoncture-marches/tendances-de-marche/eclairage-sur-les-etf

  13. Jeremy Lyxor ETF says:

    On pourrait faire selon moi exactement le même article en remplaçant la notion de gestion passive par gestion active 🙂

  14. Invoquer le réchauffement climatique d’origine anthropique comme argument de défense de la gestion active vs ETF me laisse sans voix……..

    • Jeremy Lyxor ETF says:

      Je dis simplement qui il y a des raisons de crier au loup pour tous les supports d’investissement. même le fonds €.

      Les ETF comme les fonds actifs sont des instruments financiers régulés pour la plupart par des grandes autorités de contrôle.
      La reglementation renforce d’ailleurs de plus en plus ces contrôles.

      Aujourd’hui, tout le monde s’alarme d’un risque sur les ETF car ils rencontrent un succès important et surtout ils cassent les codes de la distribution.

      Personne ne s’alarme à l’inverse du succès des SCPI alors que les flux ne cessent d’augmenter et que la notion de liquidité et de qualité des sous-jacents peuvent poser des questions.

      Comme je le disais plus haut, il n’y a pas plus transparent qu’un ETF à tous les niveaux.

      et il n’y a pas plus de risque lors d’un investissement sur un ETF que sur un fonds actif, ou un produit structuré, ou une SCPI.

      D’ailleurs, de nombreux investisseurs ont critiqué les produits structurés lors de la crise des subprimes, ils les ont même délaissé pendant un moment, pour mieux revenir après.
      Pourquoi?

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