Nous prolongeons, notre travail d’analyse et de réflexion autour de la question des tokens, cette cryptomonnaies émise à l’occasion des ICO.

Comme je vous l’explique depuis plusieurs mois, une ICO peut être simplifiée comme étant une pré-vente d’un service qui sera développé ultérieurement par l’entreprise émettrice des tokens. Demain, lorsque le service proposé sera effectif, les usagés devront avoir acheté un ou plusieurs tokens. Le token est une sorte de passeport qui permettra au client de devenir client du service.

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Ainsi, comme j’essaie de vous l’expliquer dans cet article « Blockchain : La réglementation des ICO va t’elle relancer le crowdlending et le crowdfunding ? », la valeur future du token dépendra de la valeur d’usage du service proposé : Combien suis prêt à payer pour devenir client de la société émettrice du token ? Attention, il ne s’agit pas d’estimer le prix du service, mais uniquement du prix que je suis prêt à payer pour acheter le service.

 

Prenons un exemple concret : Leblogpatrimoine réalise une ICO à hauteur de 20 000 000€ pour révolutionner la gestion de patrimoine.

Les participants à l’ICO, c’est à dire, les futurs clients du service que leblogpatrimoine va développer avec l’argent récolté, auront l’immense privilège de pouvoir payer un abonnement sur le site et de me payer afin de bénéficier du droit de devenir clients (en d’autres mots, posséder un token, c’est posséder l’immense privilège de pouvoir me payer pour recevoir mes conseils. – Quelle arrogance !).

Mais attention, leblogpatrimoine n’est pas une activité bénévole.  Il s’agit d’une entreprise qui facturera des services. Acheter un token, ce n’est pas acheter le service … c’est acheter le droit d’acheter le service. Il n’est pas possible de devenir mon client sans token.

La valeur du token est donc intrinsèquement faible. Si le prix du service proposé est de 300€ (prix de l’abonnement fictif pour bénéficier de l’espace privatif – bilan patrimonial, simulateur, …), la valeur du token a pour conséquence d’augmenter le prix de revient global du service.

 

Prenons un autre exemple, extrait du site icomentor, site référent :

Surtout, le mécanisme des ICO et des tokens ouvre la voie à de nouveaux business models. Jusqu’alors, figurer parmi les utilisateurs pionniers d’un service numérique n’était pas récompensé ; c’était même le contraire, puisque les grands succès du numérique se sont développés avec l’effet de réseau (selon lequel la valeur d’un service augmente plus que proportionnellement à chaque nouvel utilisateur. Par exemple, BlaBlaCar présentait peu de valeur à ses débuts, puisque très peu de covoiturages étaient proposés ; désormais BlaBlaCar présente un maillage territorial très fin et une quantité d’offres très importante, ce qui rend le service très attractif pour les utilisateurs).

 



NDLR : Cet exemple de blablacar est parfait. Oui, l’offre de service de blablacar est meilleure aujourd’hui, mais combien êtes vous prêt à payer en plus du paiement du conducteur et de la commission de blablacar) pour devenir client de blablacar ? Pas grand chose ! La qualité du service est payée par le montant de la commission. Un éventuel token réduirait d’autant le montant de la commission que pourrait prélever blablacar ou être reversé au conducteur.

 

L’entreprise émettrice du token n’a donc aucun intérêt à ce que le token soit fortement valorisé :

  • Plus la valeur du token sera élevée, plus le prix de revient global du service sera important, réduisant ainsi la liste des clients potentiels. Si le service est valorisé 300€ mais qu’il faut payer 300€ pour y accéder, cela revient à payer 600€ un service qui en vaut 300€. L’entreprise émettrice du token n’a donc aucun intérêt à ce que la valeur du token soit élevée : Plus la valeur du token est importante, moins elle pourra facturer ses clients et développer son activité.

 

  • La seule situation qui expliquerait une valeur élevée du token serait le cas ou le service proposé par l’entreprise serait gratuit ou avec une forte décote. Dans cette hypothèse, la valeur du token serait représentative de la (valeur du service – prix du token) proposé par l’entreprise, afin d’obtenir un prix de revient conforme à la valeur du service. En revanche, ce prix de vente inférieur à la valeur du marché serait très pénalisante pour l’entreprise qui ne pourrait espérer réaliser suffisamment de bénéfice, et donc survivre à long terme.

 

A suivre…

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11 Comments

  1. C’est tout simplement faux.

    Je vais prendre trois exemples de tokens :

    RLC (iExec)
    PBL (Publica)
    WAX

    Par exemple avec des tokens publica/wax vous pouvez acheter des livres ou des biens immatériels (jeux vidéo) sans repayer en + avec des dollars.

    Avec du RLC vous pouvez acheter de la puissance de calcul.

    • Bonjour,

      Merci de ce retour. Pour essayer de comprendre, je vous propose de prendre l’exemple de Publica.

      Si j’ai bien compris, il s’agit d’une entreprise qui souhaitent créer une blockchain pour gérer la diffusion d’ebook et/ou livre et rémunérer les auteurs plus facilement.

      Mais surtout, cela permet de gérer la revente des livres acheté. Mais attention, dans cette hypothèse, l’auteur ne touchera pas de nouveaux des droits d’auteur.

      Cet exemple est parfait. Je suis moi- même auteur, nous pourrons donc utiliser mon expérience personnelle.

      Lors de l’ICO, vous achetez des token READ. Pouvez vous m’expliquez comment vous pourrez utiliser vos tokens ?

      D’avance merci de jouer le jeu, cet exemple devrait permettre de mieux comprendre le mécanisme.

  2. Autre exemple, PAYMIUM vient d’annoncer une ICO de 60 millions d’euros ! C’est énorme !

    Cette société créée en 2011 a déjà réalisée une levée de fonds auprès, notamment de Xavier NIEL.

    Elle lance maintenant une ICO de 60 000 000€. Les participants pourront acheter des tokens qui leur permettront de bénéficier de réduction sur l’utilisation de la plateforme que va lancer cette société.

    L’ICO n’est pas une levée de fonds !! Ce n’est qu’une campagne commerciale !

    Dans une tells situation, le token n’a aucun valeur intrinsèque ! Combien seriez vous disposez à payer pour bénéficier d’un bon de réduction chez leclerc ? Le raisonnement est exactement le même ici !

  3. Pour Publica, la valeur intrinsèque du token est donc de gérer le marché secondaire du livre, mais ce n’est qu’accessoire.
    Plus sérieusement cela permet de rémunérer les auteurs avec des tokens ce qui permet un plus juste partage de la création de valeurs : la quasi totalité revient à l’auteur et non à la maison d’édition.
    C’est tout simplement une révolution du partage de la création de valeur.

    Ainsi la demande en tokens publica augmente ce qui fait augmenter son prix.

    De plus pour l’acheteur, payer en tokens est souvent de paire avec une réduction par rapport à un paiement en dollars.

    • Oui, je comprends l’intérêt de républica ! Je fais de l’auto édition, je commercialise mes livres sans maison d’édition, et c’est parfait (mais je n’ai pas besoin d’une blockchain pour cela).

      Je fais la différence entre la valeur apportée par l’entreprise REPUBLICA et la valeur du token.

      Au final, j’ai le sentiment que la seule utilité du token est de bénéficier d’une réduction (des frais prélevés par la société rupublica). Ainsi, la valeur du token ne pourra jamais augmenter fortement. La valeur est pas nature limitée au montant du « bon de réduction ».

      N’êtes vous pas d’accord ?

  4. Je ne suis pas spécialiste de publica mais la blockchain permet d’authentifier et de tracer les opérations sans contestation possible.

    Le token, sous jacent de la blockchain est le carburant nécessaire.

    Même si vous payez en dollars un livre par exemple, en « transactionnel d’arrière plan » c’est bien le token qui validera la transaction sur la blockchain et permettra d’échanger un livre par exemple.

    Du coup, pour le consommateur, oui je pense que dans le cas de PUBLICA le token ne sert que à la réduction de prix.

    Mais néanmoins le token est indispensable pour le business model :
    – la rémunération des créateurs
    – le fonctionnement de la blockchain (achat/vente/échange).

    Au final la blockchain permet de casser les modèles de distribution existants..

    Néanmoins, concernant la valeur du token, étant donné que l’on a un supply plafonné, plus le service sera utilisé (= parts du marché du livre) et plus le token sera demandé et normalement son prix sera augmenté par le simple jeu de l’offre / demande.

    En effet, si demain publica prend 100% de parts de marché de la demande de livres, cela signifie que les milliards vont devenir de la demande potentielle pour le token publica et faire tourner la blockchain et alimenter les recettes des auteurs.
    En théorie il n’y a pas de question à se poser, si l’auteur publié sur publica il devra recevoir des PBL et donc quelqu’un devra les acheter.
    Les euros/dollars sont temporaires.

    Là où je suis d’accord c’est qu’il est très difficile de donner un objectif de prix au token cela dépend de beaucoup trop de paramètres.

    Enfin, les crypto société ont tout intérêt à avoir une valeur de token élevée tout simplement car ils en détiennent une part non négligeable.

    Vous l’aurez compris, moi j’y crois.
    Vous non

    Rendez-vous dans 3-4 ans 🙂

    • « si demain publica prend 100% de parts de marché de la demande de livres, cela signifie que les milliards vont devenir de la demande potentielle pour le token publica et faire tourner la blockchain et alimenter les recettes des auteurs. »

      Au contraire, plus la token aura une valorisation élevée … moins le service proposé par publica et sa blockchain sera attrayant.

      Imaginez. Je suis un auteur, je publie chez républica.

      Vous êtes un lecteur potentiel. Vous devez donc acheter au moins un token pour pouvoir utiliser la plateforme et m’acheter mon livre.

      Si le token est valorisé 300€ … vous ne l’achetez jamais, car payer 300€ pour avoir le droit d’acheter un livre 52€ n’a aucun sens.

      Pour attirer une multitude d’utilisateur, le token doit avoir une faible valeur … sinon le prix du service est trop élevé et n’intéresse personne.

      De surcroît, tous les achats de token (qui serviront donc à payer l’auteur) seront automatiquement revendu par l’auteur pour se payer dans sa monnaie locale. Ainsi, oui, la demande est importante, mais l’offre également puisqu’un auteur (qui recevra des tokens) ne vas pas conserver pour le plaisir !

      • Jean R says:

        Les tokens sont divisibles …

        De la même manière que pour le bitcoin vous pouvez n’acheter que 0,002 btc si cela vous fait plaisir.

        Dans votre exemple le PBL est valorisé à 300€ et votre livre à 52€, il vous faut donc 0,173 PBL pour acheter votre livre.

  5. La ou vous avez raison c’est que si les auteurs revendent directement oui il y aura beaucoup de volume si les auteurs revendent la totalité et il n’est pas dit que le prix augmentent fortement. Néanmoins il est possible aussi qu’ils doivent payer des frais en publica pour publier donc tout ne sera pas revendu.

    Vous oubliez que les tokens sont decimalisables jusqu’à 6 ou 8 chiffres je ne sais plus.

    Si le token vaut 100000€ on pourra payer 0,0000001 PBL soit rien du tout en euros.

    • De surcroit dans le modèle de cette société, j’ai le sentiment qu’il y a deux type de token :

      – Les tokens créé par l’ICO de républica qui donne accès à une réduction ;
      – les tokens créés par chaque auteur pour chacun des livres édités.

  6. Il n’y a qu’un seul type de token

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