Patrick ARTUS et l’équipe de la recherche économique de Natixis viennent de publier un étude « Que se passe-t-il avec la valorisation des actions (avec les PER) ?  » au terme de laquelle ils concluent :

« Aux Etats-Unis et dans la zone euro, la valorisation des actions (les PER) est nettement plus faible que celle qui correspondrait à l’écart observé entre taux d’intérêt à long terme et taux de croissance (de manière équivalente, la prime de risque actions est anormalement élevée).

Ceci peut résulter de deux facteurs, de deux comportements des investisseurs :

  • Les investisseurs anticipent un freinage important de la croissance et des résultats des entreprises ; ceci semble incompatible avec le maintien de coûts salariaux en faible hausse, de taux d’intérêt très bas, de politiques économiques expansionnistes, avec, dans la zone euro, la baisse du prix du pétrole ;
  • Les investisseurs anticipent une remontée importante des taux d’intérêt à long terme ; ceci semble incompatible avec ce que souhaitent faire les Banques Centrales.

Au total, il nous semble donc qu’il faut anticiper une forte remontée de la valorisation des actions, aux Etats-Unis et dans la zone euro.« 

 

Comment expliquer cette valorisation anormalement faible des actions ?

Selon Patrick ARTUS et le service des études économiques de Natixis, cette faiblesse ne trouve pas d’explication rationnelle. Deux anticipations pourraient justifier cette faiblesse anormale des valorisations : L’anticipation d’un freinage importante de la croissance et des bénéfices des entreprises et/ou une hausse des taux d’intérêt de long terme.

 

Anticiper un freinage important de la croissance économique et des bénéfices des entreprises ne semble pas une anticipation compatible

Anticiper un freinage important de la croissance économique et des bénéfices des entreprises ne semble pas une anticipation compatible avec :

  • le maintien de coûts salariaux en faible hausse ;
  • Des paiements d’intérêts faibles (graphique 3b) avec les taux d’intérêt restant bas ;
  • Des politiques monétaires expansionnistes, des politiques budgétaires expansionnistes (Etats-Unis, France, Italie, graphique 3c) ;
  • Dans la zone euro, la baisse du prix du pétrole (graphique 3d).

 

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Cette anticipation est tellement peu justifiée que le consensus anticipe même une hausse des bénéfices des entreprises pour 2019.

 

 

L’anticipation de remontée des taux d’intérêt n’est pas non plus un scénario à privilégier.

Selon Patrick ARTUS, « les investisseurs en obligations n’y croient pas (graphiques 4a/b), et les Banques Centrales passent le message, suivi par les marchés financiers, que leurs taux d’intérêt ne vont plus augmenter (graphiques 5a/b), ce qui est cohérent avec le maintien d’une inflation sous-jacente faible (graphique 6). « 

 

Au final ,faute d’être capable d’expliquer la raison de cette prime de risque anormalement élevée, Patrick ARTUS en arrive à la conclusion qu’il doit  » y avoir une forte remontée de la valorisation des actions, des PER ».

Attention, il ne faut pas prendre cette analyse comme un conseil… mais comme une réflexion qui doit permettre de comprendre le niveau des marchés financiers et surtout essayer de comprendre les déterminants de l’évolution future : Inflation, hausse des salaires et du pétrole et politiques monétaires doivent être surveillés avec beaucoup d’attention.


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13 Comments

  1. Jonathan Kaminski says:

    Bonjour, il me semble que la croissance du benefice par action a ete fortement revu a la baisse pour cette annee en tous cas. La croissance du PIB au premier trimestre a ete revue en prevision a 1.5 pct aux US et a 0.1 pct pour l’UE! Ce qui semble favoriser, au moins un court terme, un freinage plus important de la croissance, que ce qui est annonce ds cette etude. Je ne sais pas si cela est suffisant ou coherant avec le niveau de valorisation actuelle, mais regardons si les donnees macro et previsions des BPA et PIB continuent de se deteriorer pour ce trimestre et les prochains ou s’il y a un rebond rapidement…?

  2. Le meme artus qui annoncait un krack pour 2019 il y a peine quelques mois….
    waf waf waf

    Le économistes ne savent rien et se plantent constamment…
    s’ils ne disent pas le tout et son contraire pour apres coup dure qu’ils…. l’avaient dit

    • Jonathan Kaminski says:

      Je suis economiste mais je ne pense pas que cet article soit de la vraie recherche economique operationnelle, c plutot du travail d’analystes actions. Apres, le point de vue est interessant mais les predictions de croissance et de benefices des entreprises changent constamment, et le momentum est plutot a la baisse. Par contre une recherche macro plus fondamentale me semble importante a titre complementaire pour affiner les hypotheses de travail sous-jacentes. Le role d’un economiste n’est pas de faire de bonnes predictions, mais de comprendre les causes ou le mécanisme derriere certains phenomenes, comme un medecin ne pourra prevoir que vous allez tomber malade mais il saura identifier les causes de votre maladie.

      • Oui, et c’est comme ça qu’il faut lire cet article. Il ne s’agit pas de jouer à Mme IRMA mais d’essayer de comprendre les ressorts et les mécanismes. Et en ce sens, le travail de Patrick ARTUS doit se lire comme une continuité, un tout. Ce qui est intéressant n’est pas tant cet article, que le flot d’analyse qui permet de ses construire une opinion.

  3. Prédictions des experts: toujours fausses ….. sauf 1 fois par hasard (Les prévisionnistes de marché rempliront vos oreilles, mais pas votre porte-monnaie. (Oracle d’Ohama)
    https://www.cbanque.com/forums/attachments/2018_les_gourous_de_ws-gif.3344/

  4. Et ce même patrick Artus en vidéo ! Objectif +10%

  5. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    Plusieurs remarques :

    Patrick Artus est plutôt un bon analyste, car justement il sait ne pas rester sur ses idées lorsque le contexte change.

    Par exemple, il a été l’un des premiers début 2018 prévoir une croissance à 1% en 2018 alors que beaucoup voyaient + de 2%, moi entre autres. Il n’était pas loin de la vérité.

    Il dit que le CAC est sous évalué de 10%, et 10% ce n’est pas grand chose à parcourir, dans la mesure où sa valeur moyenne jusqu’à l’été 2018 était de environ 5250.
    Or les bénéfices des entreprises depuis un an ont augmenté de 5/10%

    Cela, c’est pour une approche disons estimative de la valeur des entreprises en fonction de leur PER.
    Et il y a encore plein d’ entreprises à la traine comme les constructeurs automobiles ( Renault a un PER de 4)

    Mais la valeur boursière n’est pas seulement basée sur la valeur réelle des entreprises, sinon ce serait trop simple.

    Il y a énormément de psychologie de masse, , et aussi les robots.

    Et si l’on rapproche les arguments de Patrick Artus à propos de l’ensemble des mesures de relance ( qui ne datent que de 1 mois pour les banques centrales) et le fait qu’une grande partie des opérateurs mette du temps à les intégrer, il est légitime de regarder les marchés différemment que par le passé.

    En effet, lorsque l’on écoute les commentateurs, on constate que le pessimisme est encore de rigueur, et que cette hausse (déjà 15% environ depuis le point bas) et ne fait pas plaisir à tout le monde.
    la raison en est simple : ils n’ont pas pris le train en marche ou peut être même sont ils encore vendeurs à découvert.Et il faudra bien qu’ils rachètent leurs positions.

    On peut rajouter à cela, que les institutionnels sont pour beaucoup, passablement sous investis en actions, et que nous vivons depuis assez longtemps avec des flux sortants pour les actions européennes.

    Si l’on avait alors une inversion de tendance dans l’approche du « sentiment de marché » , on pourrait avoir une sorte de cocktail détonnant à la hausse.

    Comprenons nous bien, je ne plaide pas particulièrement pour cela, et il me semble même logique qu’après 6 semaines de hausse ininterrompue une prise de bénéfice de quelques % serait bienvenue.

    Mais il existe un certain nombre d’argument en faveur de la continuation de la hausse.

    Cela fait 8 jours que chaque jour je me dis : ça va baisser. !! et ça ne baisse toujours pas. Cet après midi on vient d’enfoncer 5205 qui était semble t il encore une résistance. Au dessus il y a surement 5250.

    Alors évidemment il y a le contexte politique :

    Si demain on a un réel Hard Brexit ou que les Chinois claquent la porte à Trump ça ira mal.

    Mais peut on vraiment y croire ? Moi je n’y crois pas. il faut bien prendre un pari !!

    Je ne vend pas encore.

  6. La machine est bien huilée… La hausse semble inéluctable… Sur le fond, je pense qu’Artus a raison et la bourse est sous évaluée. Mais le DOW a pris 400% en 10 ans, le NASDAQ, c’est du +500%. Tout cela, sans risque !

    Alors oui, ca va continuer jusqu’au prochain signe noir…

    Si trump signe un accord ambitieux avec les chinois, il est cuit. Il a compris, à l’inverse de notre cher président, que la seule facon de s’lmposer face aux puissants, c’est de leur résister. Il va surement faire durer le film.

    Le brexit? L’Europe paralysée du jour au lendemain… Ca me rappelle le bug de l’an 2000…

    Et, pourquoi pas un flash crash qu’on mettrait sur les dos d’un hacker russe????…Il faudra bien un truc sinon ce sera le dow à 30000 et le NASDAQ à 10000 dans quelques mois.

    A court terme, le consensus est très très prudent, donc peu de chance de retournement…

    Mais je suis un investisseur ‘petit bras’ (pas du tout un exemple à suivre). Je comprends pas comment les US pourrait se relever d’un véritable krach, c’est ce qui leur pend au nez si la hausse supersonique continue…. Par contre, une respiration à -20 ou -30% les relancerait. Ca permettrait aux entreprises de mettre un coup d’arret aux rachats d’action, à l’optimisation fiscale, d’augmenter les salaires….

    J’ai encore vendu un peu cette semaine.

    • Oui c’est exactement ce que dit artus : on attend l’événement inattendu qui mettra fin à ce cycle de hausse. Mais en l’absence de cet événement que l’on ne peut pas prédire à l’avance (c’est le principe) rien ne semble empêcher la hausse.

  7. bof les économistes prévoient tout et son contraire, dans le tas il y en a forcément un qui nous dira après coup  » je vous avais prévenu »

  8. Je me souviens avoir lu une analyse du même auteur, concluant à une sous-évaluation des actions, juste avant la crise de 2008-2009… Depuis, je le lis avec distance.

  9. 2008 2009 en effet, et tant d’autres prévisions battues en brèche depuis, et avant (!), dont on dit que c’est de « l’adaptabilité « aux flux mouvants de l’information, des fondamentaux, des robots,du magnétisme terrestre ….

    Du bruit et peu de résultats.

    Je les lis donc TOUS avec distance, soyons justes avec lui car au stade d’incertitudes où nous sommes, il s’agit plus d’opinions que d’analyses…

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