Au début de la semaine, je vous proposais cet article « L’immobilier locatif n’est pas efficace pour générer un revenu complémentaire à la retraite » au terme duquel je vous expliquais qu’en réalité l’investissement immobilier locatif n’était pas toujours pertinent pour se constituer une retraite complémentaire.
Essayons aujourd’hui d’être plus constructif et de trouver une alternative. Et si cette alternative était l’investissement en action et plus particulièrement les dividendes.
En effet, pourquoi ne pas profiter des dividendes versés annuellement par les entreprises cotées pour obtenir ce revenu complémentaire dont vous aurez probablement besoin à la retraite.
Un dividende qui est certes variable dans le temps et pourrait baisser dans les périodes de récession, mais, à long terme, un dividende qui a tendance à croître pour suivre l’inexorable croissance économique du pays ou même du monde.
Percevoir des dividendes n’est-il pas une excellente solution pour préparer sa retraite ?
Ce n’est pas impossible, même s’il faut être attentif à ne pas tomber dans le piège d’une stratégie d’investissement qui donnerait sa priorité à l’importance des dividendes plutôt qu’à la capacité de l’entreprise à croître à long terme.
Comme toujours, il faut savoir diversifier ses sources d’investissement et de revenus.
En 2022, l’ETF CAC40 aura distribué 1.69€. Au cours actuel de 73.95€, cela correspond à un taux distribution de 2.28% avant impôt, soit 1.59% net d’impôt et de prélèvements sociaux. Ce n’est pas exceptionnel et ne permet en aucun cas d’espérer y voir une stratégie de revenus complémentaires efficace.
En revanche, le petit malin qui aura profité de la chute du CAC40 à la fin septembre 2022 autour de 5700€ aura acheté son ETF 40 au prix de 55.85€, soit avec 1.69€ de dividendes versés en 2022, un taux de distribution de 3.02%. C’est déjà mieux… mais pas encore suffisant pour valider une stratégie « revenu complémentaire à la retraite ».
Logique. Le CAC est composé de 40 entreprises :
- Certaines entreprises sont dites de croissance, elles utilisent leurs bénéfices pour investir dans la croissance et leur taux de distribution de dividendes est très faible (LVMH qui représente -+15% de la pondération du CAC40 a un taux de distribution de 1.37% au cours actuel ; L’oreal, un taux de distribution de 1.41% au cours actuel ; Hermes , 0.65%) ; Ces entreprises de croissance dont le taux de distribution est faible par nature (mais potentiellement en forte hausse du fait de l’espérance élevée de croissance économique à long terme) représentent la pondération majoritaire du CAC40 et affiche des niveaux de valorisation élevés, car les investisseurs acceptent de payer plus cher des entreprises dont la croissance future est annoncée comme plus élevée que la moyenne. .
- Certaines entreprises sont dites « value », elles ont un potentiel de croissance plus modéré, investissent moins dans leur croissance future et préfèrent redistribuer une partie importante de leurs bénéfices en dividendes (Total Energie a un taux de dividende de 6.43% ; Orange a un taux de dividende de 6.01% ; Bouygues, 5.69%).
Voici les 20 premières entreprises de l’indice SBF 120, classées par ordre décroissant du taux de distribution estimé pour 2023 :
Il y a de magnifiques entreprises dont les taux de distribution de dividendes apparaît comme vraiment attrayant.
Il y a de véritables opportunités d’investissement… si les bénéfices restent à ces niveaux dans les années futures.
La gestion « value » plus favorable qu’une gestion « croissance » pour les dividendes.
Un ETF « value » devrait alors permettre d’obtenir un taux de dividendes nettement plus favorable à l’épargnant recherchant un revenu complémentaire.
Par exemple, LYXOR MSCI EMU VALUE (DR) UCITS ETF – DIST aura distribué 5.01 euros de dividendes, ce qui représente, au cours actuel de 117.47 euros, un taux de distribution de 4.26%. Ça commence à être sérieusement intéressant.
L’investisseur opportuniste qui aurait profité du point bas de septembre 2022 pour investir aurait bénéficié d’un taux de dividendes 2022 de 5.47% ! Pas mal du tout ! D’autant plus qu’il s’agit d’un taux de distribution net de frais de gestion, net de contraintes…, avec seulement 30% de taxation à la flat-tax !
Voici la composition des 10 principales lignes du portefeuille au 15/05/2023 (10 premières lignes qui représentent 33.86% de l’indice contre 60% pour les 10 premières lignes du CAC40 – cf. « Bourse : J’ai un problème avec les ETF et les indices. Attention aux désillusions » :
Attention au piège d’une stratégie « tout dividende » !
Il pourrait être tentant d’investir dans les entreprises distribuant tout simplement le dividende le plus élevé, faisant du taux de distribution des dividendes LE principal critère de sélection des entreprises à insérer dans le portefeuille.
Il existe même un ETF : LYXOR STOXX EUROPE SELECT DIVIDEND 30 UCITS ETF – DIST avec un taux de distribution 2022 à 7.52% au cours actuel (1.13€ de dividendes versés en 2022 pour une cotation aujourd’hui à 15.01€).
Il n’est pas impossible que cela soit une mauvaise stratégie. La question qu’il convient de se poser : Pourquoi le taux de distribution est-il si élevé ? Une entreprise qui distribue la majorité de ses dividendes peut-elle continuer à investir dans sa croissance future ?
Il suffit de consulter l’évolution de la valeur liquidative de ce portefeuille dividendes maximum sur les 10 dernières années (mais attention, vous aurez touché des dividendes élevés pendant 10 ans) :
Sur la même période, le CAC40 hors dividendes (pour comparer des choses comparables), se serait valorisé de 85% !
Une stratégie dividendes excessive a souvent pour conséquence une moindre valorisation du capital.
Ne faut-il pas privilégier les entreprises qui ont une politique de distribution modérée+ à défaut d’être généreuse, car elles ont à cœur d’investir les profits d’aujourd’hui dans leurs profits de demain (et donc dans leurs dividendes de demain) ?
Je crois qu’il faut chercher ces entreprises qui savent trouver un juste équilibre entre distribution de dividendes et investissement dans la croissance future.
Parfois le chiffre de 40% est mis en avant. 40% des bénéfices affectés aux dividendes / 60% des bénéfices conservés dans l’entreprise pour financer la croissance future.
À suivre.