– Avertissement : le « Défi 6 % » est une initiative pédagogique qui vise à montrer qu’une prise de risque maîtrisée permet d’obtenir un rendement supérieur à celui des placements sans risque. Le défi 6 % ne fournit aucun conseil ou recommandation d’investissement – Cet exercice pédagogique réalisé par Arnaud SYLVAIN, Conseil en investissement financier INDEPENDANT

 

Rappel des faits

4 000 euros ont été investis sur un contrat d’assurance vie. L’objectif est de montrer qu’une prise de risque maîtrisée permet d’obtenir un rendement supérieur à celui des placements sans risque.

Le défi 6 % vise une rentabilité annuelle moyenne de 6 % et une volatilité maximale de 10 %.

Pour en savoir plus sur cette initiative, vous pouvez consulter les articles suivants :

 

Et aussi, le reporting du mois d’Août 2019 : Turbulences boursières estivales : stop ou encore ? Reporting Août 2019 du #defi6%

 

Vie du contrat

4 000 euros ont été versés initialement sur le fonds en euros en juin, puis deux versements trimestriels de 500 euros ont été effectués. Un investissement progressif a été mis en place pour basculer chaque mois et pendant 5 mois 600 euros du fonds en euros vers des unités de compte.

Cet investissement progressif devait permettre de converger progressivement vers l’allocation cible. La baisse des marchés a contrarié cet objectif et plusieurs arbitrages ont été réalisés pour aboutir à fin décembre 2018 à une allocation plus prudente. Alors que l’allocation cible comporte 90 % d’unités de compte et 10 % de fonds en euros, une répartition avec 30 % d’unités de compte et 70 % de fonds en euros a été privilégiée.

En juin, l’orientation prudente du portefeuille a encore été renforcée. Les fonds les plus volatils (actions États-Unis, obligations internationales, fonds flexible) ont été cédés et les sommes réinvesties sur le fonds en euros. Par ailleurs, le fonds EDR Japan a été remplacé par un fonds couvrant une zone géographique plus large, JPM Pacific Equity Fund.

Depuis janvier 2019, des versements mensuels ont été mis en place, pour un montant de 167 euros chaque mois. Ils correspondent aux versements trimestriels de 500 euros par mois prévus initialement.

Depuis juillet 2019, ces versements sont composés à 100 % d’unités de compte, actions comme obligations. Dans une optique de long terme, il s’agit de rapprocher au mieux les versements programmés de l’allocation cible, tout en tenant compte de la contrainte de versement minimum de 25 euros par fonds.

 

Versement programmé du 9 septembre 2019

 

Composition du portefeuille au 19 août 2019

Note : L’investissement dans le fonds H2O Multibonds s’effectue depuis le 1er février avec des parts SR et non plus R. Les parts SR suivent une nouvelle tarification qui rend le coût d’accès au fonds plus élevé. Par ailleurs, le fonds M&G OPTIMAL INCOME FUND EUR A H ACC a été remplacé par le fonds M&G (LUX) OPTIMAL INCOME FUND

 

Performances

 

Les performances globales

 Le portefeuille affiche au 13 septembre une plus-value de +2,39 % (+155,22 euros) depuis sa création. Sur un an, la hausse atteint +1,8 %. C’est loin de l’objectif de 6 %, en raison d’un choix de privilégier la prudence dans un environnement incertain.

  • Les actions sont à des niveaux historiquement élevés, dans un contexte de ralentissement global de l’activité. Bientôt la correction ?

 

  • Les obligations européennes se tassent tandis que H2O Multibonds atteint des sommets. Incroyable…

 

  • Les fonds flexibles ont progressé ce mois-ci, portés par la hausse des actions.

 

 

Les performances comparées

Sur les 4 dernières semaines, tous les fonds ont progressé à l’exception des obligations européennes. H2O Multibonds progresse de +15 %.

Classe d’actifs Performance sur les 4 dernières semaines* Moyenne de la catégorie
Obligations Europe

LYXOR EUROMTS ALL-MATURITY INVESTMENT GRADE

-1,19 % -0,54 %
Obligations Monde

H2O MULTIBONDS R

+14,45 % +0,88 %
Actions France

MONETA MULTI CAPS C

+5,57 % +6,14 %
Actions Europe

TOCQUEVILLE MEGATRENDS

+3,92 % +6,02 %
Actions Europe

LYXOR EURO STOXX 50 (DR) UCITS ETF

+6,64 +6,02 %
Actions États-Unis

LYXOR DOW JONES INDUSTRIAL AVERAGE D-EUR UCITS ETF

+5,52 % +3,80 %
Actions Pacifique

JPMF PAC EQUITY A

+4,64 % +5,07 %
Actions Émergentes

JPM EMERGING MARKETS EQUITY FUND A ACC EUR

+2,91 % +4,64 %
Flexibles prudents

M&G LUX OPTIMAL INCOME A ACC

+0,84 % +0,96 %
Flexibles

R-CO VALOR F

+6,75 % +1,79 %

* Par rapport à la dernière valorisation fournie par Quantalys au 17 septembre.

 

Contrôles des risques / rendements

 

La volatilité reste inférieure à la limite de 10 % et le rendement sous la cible de 6 %. La décorrélation et la diversification du portefeuille restent satisfaisantes.

 

Perspectives

 

Le portefeuille affiche toujours une performance significativement inférieure à celle de son allocation cible, conséquence directe de l’excès de prudence du début d’année 2019.

Les marchés sont maintenant au plus haut et il est trop tard pour prendre des risques. Il ne reste plus qu’à attendre que les marchés baissent pour renforcer significativement la part d’unités de compte. Ce ne devrait plus être trop long. Jusqu’ici tout va bien…

Au mois prochain.

 

 

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46 Comments

  1. Bonjour, je suis attentivement votre pari ; bravo pour vos performances en ces temps incertains (d’ ailleurs, ne le sont-ils pas toujours ?).
    Mais je ne vois pas de SCPI dans les UC, pouvez-vous expliquer pourquoi ce choix ?
    Merci de participer à ma formation financière.

    • Bonjour Maryse,

      Aucune SCPI ne présente un rendement vraiment intéressant dans le contrat sélectionné. Compte tenu des frais, il faut au moins deux ans pour retrouver son investissement initial…

      Par ailleurs, l’investissement en SCPI doit respecter certaines contraintes (acune option de gestion).

      J’ai donc choisi de ne pas retenir de SCPI pour l’instant.

  2. Pour être provocateur il est toujours trop tard pour investir quand ça monte et toujours trop tôt quand ça baisse.
    Quelle est la baisse acceptable pour se réinvestir ?

    • Bonjour Bibi,

      Je pense qu’il est possible d’effectuer des versements réguliers à chaque point du cycle, quand les marchés sont au plus haut comme au plus bas. Le plus difficile, c’est la gestion du stock.

      J’ai raté la reprise du début d’année parce que je n’ai pas voulu perdre, alors que j’aurais dû suivre ma stratégie première et converger vers l’allocation cible. J’ai refusé une volatilité élevée que je paie par un rendement faible et maintenant, je suis bloqué avec un portefeuille prudent.

      Comment se réinvestir ? Avec 80 % de fonds en euros pour une cible à 10%, je pense pouvoir commencer à basculer vers des UC dès que la baisse atteint -5%. Il faut néanmoins que celle-ci soit durable car sinon, avec les délais de traitement des ordres, il est facile de se rater.

      • Je trouve votre analyse pertinente et lucide sur le début d année, et je partage vos difficultés à prendre une décision’ c e qui rend l expérience toujours aussi intéressante.
        Quelle est la volatilité de votre allocation cible

        • La volatilité cible est de 10 %, bien plus élevée que la volatilité actuelle. L’objectif est de l’accroître progressivement par des versement réguliers en UC, en attendant un repli.

      • Trop prudent encore une fois.
        Depuis le début du défi il y a eu une forte baisse donc une belle opportunitée pour investir fin 2018 et faire une belle perf mais il me semble que la part d’UC n’a pas augmenté significativement malgré cette belle baisse.
        Pourquoi à la prochaine baisse ce serait différent? 5% c’est rien.
        Compte tenu de votre prudence, il faudrait une baisse bien plus importante il me semble.
        En attendant on reste plus sur un PF prudent dont le but est de perdre le moins possible de peur de prendre une vrai correction ou krach.
        Mais sur le long terme rester investi 100% sur des supports risqués type etf world , h2o , smalls caps sans rien gérer semble être la meilleure solution, on obtient +6% sur 10 ans malgré la volatilité.
        En tout cas l’objectif de la volatilité est tenu, reste plus qu’à attendre une vrai correction et être patient pour rattraper le retard de perf du défi 6%

        • Bonjour Idéo,

          Etant investi à près de 80 % en fond euros, je peux commencer à basculer vers des UC assez vite. c’est pour cela qu’une baisse de -5 % me semble être un premier seuil intéressant, Je renforcerai ensuite vers -10, -15, etc. tout en maintenant des versements programmés à 100% en UC.

          Je veux converger vers l’allocation cible mais sans perdre trop de plumes en chemin.

  3. bjr,
    Vous obtenez de bons résultats avec votre stratégie prudentielle. il est toujours facile de refaire l’histoire après coup.
    Au stade actuel, vous avez raison de profiter de tout repli pour converger vers l’allocation cible.
    mais il faut avoir des critères de décisions définis au préalable car en période de correction sur des plus hauts on a toujours peur de l’enclenchement d’une fin de cycle qui viendra tôt ou tard.
    personnellement, je reste optimiste jusqu’à l’élection US d’octobre 2020 ; mais aussi pour d’autres raisons.
    merci pour ce bel exercice pédagogiquement réussi.

  4. Et comme tous les mois, tu te plains de manquer la hausse du marche et que c’est « trop tard » pour acheter.
    Il y a plein d’opportunites mais tu refuses d’y regarder car c’est toujours risque.
    Ca sert a quoi d’avoir un budget de risque de 10% si tu l’utilises pas?

    L’immobilier commercial (iShares Euro Property Yield ou EStoxx 600 Real Estate) ca yield 4/5% par example. Pourquoi ne rien allouer quand les taux sont au plus bas?
    Tu essaies d’avoir une allocation flexible mais tu ne prends pas profit sur les obligations en AOut apres un rally de 60bps pendant l’ete avec les actions down 10%…

    Bref, ce defi ne marchera jamais car tu refuses de consommer ton budget de risque.

    • Mais un conseiller financier est il un spéculateur / trader ? Si l’idée est que les épargnants doivent pouvoir utiliser le défi pour gérer leur portefeuille, Arnaud me semble avoir raison de ne pas se transformer en gestionnaire de portefeuille.

      Au contraire, je trouve que le défi fonctionne parfaitement ! Arnaud est parfaitement aligné avec les intérêts des épargnants… même s’il faut avouer que le rendement n’est pas au rendez vous.

    • Bonjour John,

      Je confirme que j’ n’ai pas pris assez de risque et que j’ai pêché par excès de prudence en début d’année. Je ne m’en plains pas mais je le constate. J’ai refusé de perdre car nous étions au début de l’exercice et que je n’ai pas voulu me retrouver en perte. Pas de risque, pas de gain.

      J’estime en revanche qu’il n’est pas approprié de prendre des risque dans le contexte actuel. Je refuse effectivement de consommer mon budget de risque et je me limite à investir dans des UC chaque mois par des versements réguliers,

      Effectivement, le défi ne marchera jamais si je ne tend pas vers l’allocation cible. Je pense simplement que ce n’est pas le bon moment et je préfère être patient.

      Je ne suis pas devin mais je ne pense pas que la hausse se poursuivra encore très longtemps et dans le doute, je préfère m’abstenir.

      • Comme je l’explique toujours, la masse monétaire augmenté de 10/15% par an, les taux sont au plancher donc quand tu m’investis pas et reste en cash, tu appauvris l’épargnant.
        .
        L’erreur que tu fais c’est de penser que benchmark soit le cash, ton benchmark c’est au minimum l’inflation et en réalité plutôt le prix des actifs mondiaux.
        Une allocation prudente se doit au moins d’être investis dans pour couvrir ce risque or tu ne le fais pas. Si demain l’inflation passe à 10% tu fais quoi ? Ton client perd 5% car il est investis en cash. Si l’immobilier augmente de 50%, tu vas être content de dire a ton client que tu as fais 2% car tu voulais être prudent ?

        Quand tu construis un portefeuille, tu le fais a partir de tes attentes de performance et de volatilité, ça a sert a quoi de construire une allocation d’actifs si tu ne la respectes pas ?

        En résumé, si tu veux être prudent, achètes un produit diversifié qui investis dans le marché tous les mois avec une faible exposition actions, mais investis. Rester en cash est la pire allocation qu’il soit pour faire perdre du pouvoir d’achat aux épargnants.

        • 1/ Je fais des erreurs, mais certainement pas celle de penser que le cash est mon benchmark.

          2/ Je n’appauvris pas l’épargnant quand j’investis dans un fonds en euros puisque sa rémunération est supérieure à l’inflation.

          3/ Si l’inflation passe à 10 % ? Les rendements des actifs évolueront en conséquence et les taux d’intérêt remonteront. Je reverrai l’allocation cible.

          4/ Le défi 6% n’est pas destiné à un client. C’est une initiative pédagogique. L’approche est différente.

          5/ J’ai une allocation cible vers laquelle je converge en tenant compte du cycle. Je ne pense pas qu’il soit urgent de tendre vers une volatilité de 10% dans la situation actuelle.

          6/ Rester en cash, la pire allocation ? Encore une fois, tout dépend du cycle.

          • 1 – C’est quoi ton benchmark alors ?
            2 – Si le prix des actifs augmentent de 50% sur 5y, inflation 10% et tu fais 12%; relativement parlant tu perds en pouvoir d’achat. Si l’argent est destine a voyager a la retraite (soumis au taux de change EURUSD), payer les études des enfants (prix des écoles de commerces augmentent plus vite que l’inflation) ou acheter un appartement a Paris…Je pense qu’il est raisonnable de dire que tu as perdu en pouvoir d’achat !
            3 – Sauf qu’en attendant ton cash a perdu 10% de pouvoir d’achat !
            6 – Je suis d’accord mais ça arrive environ une fois tous les 10 ans…Tu dis attendre la baisse mais quand ça baisse de 10% comme en Août, tu n’utilises pas l’opportunité pour acheter. En attendant, tu perds 4/5% par an de dividendes a ne pas être investis…

            • Pour donner un ordre d’idée, Vanguard LifeStrategy 20% (20% Equity/80% Obligataires) rapporte 9.7% sur 1 an.
              Vanguard Global Short Term Corporate Bond rapporte 3.9% sur an (Fond obligataires investissant en obligations d’entreprises de qualité avec une maturité de 2/4y max).
              Juste investir son argent dans des obligations a 3 mois de l’Etat américain a rapporte 2.4%, on ne peut pas faire moins risque que ça, non ?

              Bref, je ne suis pas un génie, loin de la mais je fais tout pour expliquer aux amis que je conseiller d’arrêter de passer 100% de son temps a laisser dormir son argent sur un compte en banque !

            • Mon objectif, c’est 6 % par an avec une volatilité inférieure à 10 %. Rien d’autre. Je fais de mon mieux pour y arriver et je vous fais partager mon expérience.

              Ce que je veux, c’est que les épargnants comprennent qu’il existe un lien entre rendement et risque.

              Après, chacun ses convictions.

              • Au moins ça confirme que l’erreur principale des épargnants est d’avoir peur d’investir « car le marche est au plus haut » sans comprendre que sur le long terme, le marche est très souvent au plus haut historique…
                Enfin ce n’est pas grave, il faut bien que certains laissent l’argent dormir pour que les autres l’empruntent a zero et investissent a 5% avec a des niveaux de valorisations extrêmement faibles sur de nombreuses classes d’actifs actions.

                • Non, ce n’est pas grave. Et ce n’est pas de la peur, juste la conviction que les marchés ne peuvent continuer à monter alors que la conjoncture se dégrade un peu partout.
                  C’est bien d’avoir des certitudes, John, mais il ne faut pas oublier la macro économie.

                  • J’ai appris dans mon metier (Je suis trader obligations d’Etat) que ca sert a rien d’avoir raison sur la macro si tu n’as pas la bonne allocation d’actif.
                    Si tu penses que l’economie va mal, ok, bon point, mais ca veut dire quoi en termes d’allocation?
                    Tu pensais ques les banques centrales aller croiser les bras (La Fed a coupe de 50bps les taux, ca fait 5% de return sur une obligation 10 ans, 12% sur du 30 ans…) ? Tu pensais que les invetisseurs aller vendre les actions et mettre le cash a la BCE a -0.40%? Pourquoi n’avoir pas acheter des obligations? Tu aurais fais 10% en un an sur un indice europeens voir plus sur des obligations a maturite plus longues…

                    La macro, tu peux faire compliquer ou bien simplifier:
                    L’economie accelere ou ralenti
                    L’inflation augmente ou diminue
                    Dans chacun des 4 scenarios, ton allocation d’actifs doit s’adapter.

                    • Je fais simple : Les marchés sont hauts, et l’économie ralentit, j’investis sur du fonds en euros.

                    • Donc tu as laisses 8% sur la table a ton gérant de fonds euros qui, lui, a acheté des obligations avec ton argent.
                      Quasiment 1,5ans de perf partie en fumée….

                      Toujours pas convaincu qu’il serait judicieux de revoir ton approche en termes d’allocation ?
                      Du genre 30 % Actions / 70% Obligations quand tu trouves que l’économie va mal et 60/40 quand ça va bien ?
                      Et quand tu as peur de l’inflation, tu mets un peu de d’or et tu bouges la poche obligataire sur des obligations indexes?
                      C’est pas complique comme modelé, moins que ton allocation arbitraire sans aucune rationnel quantitatif ou économique. Beaucoup moins de lignes a suivre, d’arbitrage a faire et plus de temps libre pour profiter de son patrimoine!

                    • Non, toujours pas convaincu.
                      Par ailleurs, je regrette la qualification d' »allocation arbitraire sans aucune rationnel quantitatif ou économique »,
                      Je veux bien discuter, mais il faut rester dans les limites du raisonnable. Etre trader en obligations d’état n’autorise pas les jugements péremptoires et à l’emporte-pièce.

  5. À contrario, je pense que nous sommes entrés dans une longue phase de TI faibles et de croissance des actifs.
    Peu de croissance économique, vieillissement Occident, pas de rupture technologique, faible augmentation de la productivité à la marge, banques centrales sous tutelle politique. À ce jour, Rien ne laisse présentir Que les TI vont remonter.

    Pour ma part, je surpondere les actions car encore beaucoup de marge.

  6. Quasi 80% de fonds euro… Pourquoi ne pas investir directement dans des obligations ? La performance serait dans votre poche plutôt que dans celle de Suravenir.

  7. @ Arnaud,

    Ok donc expliques comment tu as construis ton allocation?
    1-Pourquoi 14% France et seulement 3% en EM alors que les perspectives de croissance sont supérieures, et les taux réels plus élevés?
    2-Tu regardes le passe, quand les taux obligataires sont passes de 5/6% en 2001 a 0/2% aujourd’hui. Ce qui importe ce sont les retours attendus, pas les retours passes.
    3-Aucune référence au taux sans risque dans ton analyse, ni aux attentes d’inflations ou perspective de croissance. L’allocation d’actifs doit être dynamique et non statique.

    Mon jugement n’est pas péremptoires ou a l’emporte pièce, c’est juste une critique constructive sur un défaut, je pense, de ton allocation d’actifs. Je respecte ta démarche et ton projet, je pointe simplement des erreurs de méthodes que ce soit sur la construction du portefeuille ou bien le manque de discipline par rapport a son application.
    Dans les deux cas, ce sont des biais bien connus qui constituent a long terme la principale raison de la sous-performance des épargnants par rapport au marche.

    • Bonjour John,

      Il y a un lien en début d’article vers la méthode de construction du portefeuille ;-).

      Je ne crois pas – mais peut-être me trompé-je – qu’il y ait une méthode qui garantisse d’obtenir un rendement de 6 % par an tout en respectant une volatilité de 10 % par an.

      Mais si elle existe et si tu la connais, ça m’intéresse et je t’invite à la présenter, à la mettre en application et à en donner les résultats dans le cadre du défi 6 %.

      J’admets bien volontiers que je ne suis pas le meilleur, que je n’ai pas la meilleure méthode, et que beaucoup d’autres sont plus compétents et performants que moi.

      Malgré tout, je reste convaincu que je peux atteindre l’objectif de 6 % par an à moyen-long terme, tout en maintenant une volatilité de 10 %. C’est tout ce qui m’intéresse.

      Je ferai certainement des erreurs en chemin mais cela fait partie de l’exercice. Je ne suis pas pressé…

      • J’ai bien regarde ton article initial, mais a part du backtesting, je ne vois rien qui explique pourquoi si peu en EM et autant en France par exemple? Aucune référence aux attentes de rendements futures, or quand tu mets de l’obligataire par exemple, tu ne peux pas comparer il y a 20 ans quand les taux sans risques étaient a 6% et aujourd’hui ou il est a -0.5%.
        Il n’y pas une méthode et je suis d’accord, mon portefeuille est probablement plus volatile mais je sais qu’historiquement, ma plus grosse erreur a toujours été d’être sous investis.
        J’ai la chance de faire un métier qui me donne beaucoup plus de potentiels de gains si je passe 100h par an a être un meilleur trader plutôt que d’améliorer le rendement de mon épargne par 2/3% donc je n’ai malheureusement (car ca me passionne) pas le temps d’optimiser mon portefeuille.

        Mais en gros j’essaie d’avoir l’allocation suivante:
        20/40% Infrastructure/Immo (Taux reel, protection contre l’inflation)
        30/60% Actions (Diversification en devise car mes dépenses sont en GBP/USD/EUR, approche plutôt Value car comme toi je trouve que il y a des incertitudes et une allocation monde est très exposes US avec un dollar surévalué et des valorisations excessives)
        15/40% Obligataires (Corporate/EM/Etats, protection contre la baisse des actions et rendement de base)
        10/15% Alternatifs (H20 c’est pas de l’obligataire par exemple, c’est un hedge fund qui te donne de l’alpha, j’ai une poche Vietnam et Inde aussi dedans, ce sont des vues plus long terme)

        • La construction du portefeuille est effectuée à partir de l’outil Quantalys. D’après ce qu’ils disent, les corrélations utilisées entre les classes d’actifs sont bien des corrélation espérées et non historiques.

          Quand je regarde l’allocation cible du portefeuille, le cahier des charges est rempli : le rendement dépasse 6% annuels et la volatilité est contenue sous les 10 %.

          Pourquoi n’y suis-je pas parvenu avec le portefeuille de référence ? comme tu l’as signalé et d’autres avant toi, trop peu de prise de risque.

          J’avais prévu de converger vers la cible assez rapidement mais j’ai pris peur fin 2018. Je n’ai pas voulu commencer l’exercice du défi 6% avec une grosse moins-value que j’aurais dû essayer de rattraper, et j’ai donc opté pour un profil plus prudent. Donc depuis, je regarde la hausse et j’attends la prochaine baisse pour prendre des risques.

          Je pense donc que si problème il y a, il ne concerne pas l’allocation d’actifs mais plutôt les choix que j’ai faits. Ceux-ci qui se révèlent pour l’instant perdants, ou en tout cas moins gagnants.

          J’attends mon heure et en attendant, je ronge mon frein.

          Je signale par ailleurs que l’allocation d’actifs est contrainte par le contrat d’assurance vie retenu. L’univers de fonds n’est pas si vaste et ne permet pas tous les raffinements. Mais cela me convient car je ne suis pas un expert capable d’évaluer toutes les classes d’actifs.

          • Les corrélations sont une chose, c’est la partie risque mais quid des performances futures? Oui ceci est difficile a prévoir, mais il ne faut pas être savant pour comprendre que l’assurance vie et l’obligataire ne peut pas rapporter autant qu’en 2001.
            Les rendements passes ne prédisent pas les rendements n’est pas seulement pour répondre a une demande du régulateur mais une réalité et c’est pour ça qu’on ne peut faire une allocation d’actifs sans prendre en compte les niveaux de valorisations actuels et les attentes futures.
            Sur le manque de prise de risque, tu as fais un travail d’optimisation de portefeuille, pourquoi ne pas faire confiance a ton travail et suivre la méthode, pourquoi s’arrêter après 3 mois ?
            Le contrat semble avoir bien plus de contrat que nécessaire, je construirais un portefeuille bien plus simple pour la majorité des épargnants:
            – Actions US/Japan/Europe/EM
            – Infrastructure/Immobilier
            – Obligations US/Europe/EM/Inflation
            Soit max 10/15 fonds/ETFs a suivre.

            Concernant ronger ton frein, tu dois utiliser les périodes de baisser pour rattraper l’équilibre, du genre chaque baisse de 5% tu utilises pour augmenter l’allocation actions jusque ce que tu rattrapes ton allocation cible.

            • Il y a les corrélations (pour la volatilité) et les rendements. Sinon, je ne pourrais pas obtenir d’espérance de rendement pour mon portefeuille ;-).

              Je n’ai pas fait confiance à mon travail et je me suis arrêté au bout de trois mois parce que je me suis dit qu’une baisse d’ampleur du portefeuille après une si courte période risquait d’enterrer l’expérience du défi 6%.

              Alors que cela ne me pose aucun problème avec mes clients, je n’ai pas suivi la stratégie initiale. J’ai dévié et j’agi en fonction de l’avis qu’auraient les lecteurs du blog. Ce n’était pas prévu…

              Oui, j’attends maintenant les périodes de baisse pour augmenter le risque et converger vers l’allocation cible.

              Il y a des obligations et des actions dans le portefeuille mais ni infrastructures ni immobilier. Que me conseillerais-tu ?

              • Mon cas est un peu différent dans le sens ou je n’ai pas de résidence principale ni de locatif, et je suis base au UK donc je chercher surtout a diversifier mon risque de devise.
                La majorité des épargnants étant déjà surexpose immo, pas sur que ce soit nécessaire d’en ajoute sur l’assurance vie.

                Enfin, de mon cote, j’achète iShares EuroStoxx 600 Real Estate ou iShares European Property Yield UCITS ETF
                car avec mon boulot, c’est un peu complique d’acheter un nom spécifique et les frais sont faibles.
                Si je dois acheter un nom, Tritax BBox qui investit dans des entrepôts de logistique au UK avec des contrat a long terme lie a l’inflation.

                Infrastructures, je regarde un nom comme Utilico Emerging Markets qui investit dans les infrastructures des pays émergents. Encore une fois, protection contre l’inflation, diversification en devise, et exposition la croissance EM.

                En obligataires EM, Vanguard EM Dollar Bond et iShares EM Asia Local Bond. Faible vol et decorreles des actions, le rendement est ok.

  8. Il faut garder un oeil sur cette histoire de taux interbancaire aux Etats-Unis… La Fed a prolongé les facilités de 75 milliards (c’est un minimum) jusqu’au 10 octobre. Elle a aussi ajouté plusieurs facilités de 30 milliards sur plus longue échéance à partir du 24 septembre. Le trou de liquidité devrait donc augmenter à partir de mardi…. A suivre, mais si les prévisions de la Fed se confirment, ça commencera à faire beaucoup d’argent pour un simple problème technique.

    • @John

      Il faut en penser quoi de ces injections de la FED ?

    • Il faut comprendre ce qu’est cette injection de liquidité.
      Un marche dont personne ne parle mais qui est très important est le Repo (Repurchase Agreement). Cela permet a intervenant qui dispose d’un actif financiers (Obligations, Actions essentiellement) de le prêter pour obtenir du cash, et a un autre qui a soit trop de cash, soit a besoin d’emprunter cet actif de l’obtenir.

      Pourquoi prêter un actif?
      1-Je suis une banque, j’ai besoin de cash, emprunter en mettant un actif en garanti est moins risque qu’emprunter sans garanti donc j’emprunte moins cher.
      2-Je suis un hedge fund, j’ai 1Mds de capital mais je veux parier sur 10Mds donc j’achète 10Mds d’obligations que je finance via un Repo. Si je gagne 2% sur l’obligation et j’emprunte a 1.8%, mon rendement devient 3.8% au lieu de 2% (1 * 2% + 9*0.2%). Ca me permet d’augmenter mon rendement en utilisant l’effet de levier.
      3-Je suis un investisseur, j’ai un portefeuille d’actions ou obligations que je détiens a long terme. Je peux prêter mon actif a disons 1.8% et re investir l’argent dans un actif monétaire qui me rapporte 2.25% pour améliorer le rendement de mon portefeuille.

      Pourquoi emprunter un actif?
      1-Je suis un trader/hedge fund, j’ai vendu une action ou une obligation a un client que je n’ai pas. En attendant de la racheter, je dois l’emprunter pour pouvoir la livre.
      2-Je suis une banque, j’ai du cash, je prête ce cash contre une garantie, c’est moins risque que de prêter sans garanti.

      Ces cas sont non exhaustifs mais expliquent qui utilisent ce marche.

      Dans un marche qui fonctionne, une banque qui a trop de cash prête contre du collatéral. Il semble qu’il y ait 1400Mds de réserves excédentaires la Fed ce qui veut dire que certaines banques ne prête pas l’argent qu’elles ont en trop. Soit ce niveau est bidon, il n’y a pas d’excédent, soit il y a une perte de confiance, soit autre chose.

      Pour être honnête avec vous, personne ne comprend vraiment ce qu’il se passe, le taux de la Fed est a 2.25% et le Repo est passe a 10% la semaine dernière avant ces injections de liquidités. Certaines commencent a dire que la Fed va devoir recommencer un programme de QE rapidement car il n’y a simplement pas assez de cash dans la système (Le fait que les US empruntent 1,000Mds par an est un drain de cash énorme dans le système de liquidité mondial).

      En résumé, oui c’est a surveiller car les crises arrivent souvent via des problèmes de liquidités mais je ne pense pas qu’a ce stade quelqu’un soit capable d’expliquer l’origine ni les implications sur le prix des actifs. Simplement, il faut rester investi sur des actifs liquides car je pense que les risque d’une crise de liquidité sont importants.

      • Merci pour ta réponse et tes explications.
        C’est grave une crise de liquidités, non ?

      • Guillaume FONTENEAU says:

        Merci pour ces explications très intéressantes.

        Elles illustrent parfaitement le fossé très grand entre les « pro des marchés » et les « épargnants (et leurs conseils) », d’où, je crois l’incompréhension de base entre Arnaud et John.

        L’épargnant, n’est pas un joueur. L’épargnant, est une personne qui a réussi à mettre un peu d’argent de côté après de longues années de travail souvent ou vient de recevoir un héritage, lui aussi le fruit de longue année de travail.

        En règle générale, l’épargnant ne cherche pas à faire fortune avec son argent. L’épargnant cherche juste à se protéger, garantir une revalorisation raisonnable de son capital. L’épargnant cherche avant tout la tranquillité.

        Lorsque je lis « Pour être honnête avec vous, personne ne comprend vraiment ce qu’il se passe… Simplement, il faut rester investi sur des actifs liquides car je pense que les risque d’une crise de liquidité sont importants. ». Je me dis, en tant que conseil d’épargnant : Trop de risque pour moi et mes clients, je n’ai rien à faire sur ce marché, je me retire, même si le risque est de perdre une opportunité de gagner beaucoup. Ce n’est pas le plus important.

        Et cela explique simplement le succès du fonds euros !

        Qu’en pensez vous John ? Arnaud ?

        • J’en pense effectivement que dans le contexte actuel, la prudence s’impose. Trop d’incertitudes, et encore plus après l’analyse de John.

        • J’ai deux facettes, d’un cote mon boulot et de l’autre celui d’épargnant. Je viens de la classe moyenne, j’ai la chance d’avoir un revenu élevé mais un patrimoine encore relativement faible (par rapport a mes revenus).
          Mon objectif est donc de préserver le pouvoir d’achat de mon épargne, me protéger d’une hausse des prix des actifs que je devrais consommer (Education futures de mes enfants, voyages a l’étranger, immobilier) tout en limitant le temps que cela me prend afin de profiter de ma famille.

          Sur la liquidité, je ne dis pas de ne pas être investis mais plutôt de privilégier des actifs liquides ou bien si vous êtes investis sur des actifs peu liquides, d’être sur que nous ne serons pas amener a devoir les vendre dans une crise (La fameuse vente panique au plus bas…)…Il est important de comprendre que ne pas investir est un plus gros risque a long terme que de rester en cash!

          Cela veut dire se retirer des obligations d’entreprises vers souveraines si les primes de risques ne sont pas assez importantes, éviter les ETFs/Fonds qui investissent dans des actifs peu liquides mais donnent une liquidité journalières ect..

      • Que pensez vous de cette analyse https://www.alt-m.org/2019/07/25/fed-watchers-should-keep-an-eye-on-the-ioer-sofr-spread/ qui a pour intérêt d’avoir été publiée en Juillet, c’est à dire avant que le phénomène ne soit très visible.

        Le coeur de l’article  »

        Bien que plusieurs raisons aient été avancées pour expliquer ce changement, la plus simple l’attribue au redressement du bilan de la Fed. Ce dénouement, qui a débuté en octobre 2017 et devrait s’achever quelque temps après ce mois de septembre, aurait suffisamment réduit les réserves excédentaires des banques (ligne violette et échelle de droite du graphique) de manière à obliger certaines banques à emprunter à nouveau des fonds pour éviter les pénuries de réserves. Le fait que cela se produise avec quelque 1 300 milliards de dollars de réserves excédentaires encore à la disposition des banques peut sembler invraisemblable. Mais entre eux, les exigences de Bâle en matière de LCR, les autorités de contrôle de la Fed ont déclaré (mais elles ne sont pas officiellement reconnues) que les banques respectent une partie de ces exigences en utilisant des réserves excédentaires, ainsi que la répartition très inégale des réserves excédentaires en circulation entre les banques, semblent pouvoir expliquer les pénuries occasionnelles de réserves. »

        ‘Si les taux du marché ne suivent pas le taux de l’IOER, la politique monétaire ne fonctionne pas correctement … Et à en juger par le dernier changement de taux de l’IOER, la politique monétaire pourrait ne pas fonctionner du tout.’

  9. L’analyse de Bruno bertez sur les taux repo

    Le marché américain a connu une puissante crise de liquidité la semaine dernière. Les pénuries ont été considérables, les écarts de taux également et si on en juge par les masses colossales injectées par la banque centrale, la Fed, les besoins ont été proprement surprenants.

    La dimension extraordinaire des remèdes ai- je coutume de dire révèle l’ampleur du mal, l’ampleur que bien sur, ils nous cachent. Ils, le grand « ILS »!

    Le retour de la Fed aux injections de liquidités dans le système après une pause de dix ans a reçu une couverture médiatique abondante. Pas très informée ou très perspicace mais ce qui a retenu l’attention c’est le spectaculaire, l’apparence.

    Wall Street Journal : «La Banque de réserve fédérale de New York proposera d’ajouter au moins 75 milliards de dollars par jour au système financier d’ici le 10 octobre, prolongeant ses efforts pour atténuer la pression de financement sur les marchés monétaires.

    En plus d’au moins 75 milliards de dollars de prêts au jour le jour, la Fed de New York… proposera également trois contrats de prise en pension de 14 jours d’au moins 30 milliards de dollars la semaine prochaine…

    Vendredi, les banques ont demandé 75,55 milliards de dollars de réserves, soit 550 millions de plus que la montant proposé par la Fed, en offrant une garantie sous forme de titres de trésorerie et de titres hypothécaires.

    C’est la quatrième fois cette semaine que la Fed intervient pour calmer les marchés monétaires disloqués. Les taux des pensions à court terme ont brièvement grimpé à près de 10% plus tôt cette semaine, alors que les sociétés financières cherchaient désespérément un financement au jour le jour. C’est la première fois depuis la crise financière que la Fed est obligée de prendre de telles mesures. »

    Avec l’effondrement de Lehman, qui a déclenché la «pire crise financière depuis la Grande Dépression», l’instabilité en cours sur le marché des pension/repos portant sur des dizaines de milliards de dollars suscite un vif intérêt.

    Ce marché crucial pour le financement des positions en effet de levier est essentiel pour la «tuyauterie» du système financier. La tuyauterie je vous le dis souvent c’est ce que l’on ne voit pas, c’est ce qui se passe en dessous , sous l’écorce des apparences. Quand la plomberie se colmate, c’est le chaos.

    Il s’agit d’un marché pour des instruments très liquides et pratiquement sans risque. Si le risque devient soudainement un problème dans ce circuit shadow/fantôme, le coût et la disponibilité du crédit pour les joueurs fortement endettés sont soudainement remis en question.

    C’est tout l’édifice du levier, du leveraging, bref de l’endettement spéculatif qui peut être remis en question. Avec sa conséquence: des paniques qui condusient la communauté spéculative à réduire son endettement, donc à vendre au plus pressé.

    J’ai expliqué souvent et encore il y a peu que le système ne pouvait plus se permettre de se metre en risk-off, en position de fuire le risque et le jeu. C’est marche ou crève. Nous sommes rue Quincampoix , chez John Law.

    Toute réduction des expositions au risque / réduction de l’endettement au cœur du système financier mondial produirait un risque systémique en raison des effets de contagion en chaine. Le risque clair et présent sur le « funding » se transmet à l’ensemble des marchés du crédit et automatiquement, plus généralement à l’ensemble des marchés financiers.

    La dislocation du début de semaine sur les marché de «repo» était clairement un développement majeur, cependant il restait comme le disent les banquiers centraux localisé, « contained ». Peu d’effets de contagion sur le crédit aux entreprises.

    Jusqu’à jeudi les swaps , les CDS, c’est à dire les assurances sur les défaillances sont restés contenus. Pas de dilatation remarquable. Idem sur les dérivés des grandes banques. On est resté ordonné.

    Vendredi tout a changé pour le pire. Les CDS de première qualité ont bondi de 15% à 59,7%, soit la clôture la plus élevée depuis environ un mois. Le CDS de Goldman Sachs a augmenté de 9,4% à 63,1%, un sommet de près de quatre semaines. JPMorgan CDS a augmenté de 8,9% (à 42,7%), BofA 11,0% (à 47,5%) et Citigroup de 5,7% (à 61,1%).

    Aie aie aie!

    Les rendements des valeurs refuge ont chuté. Les rendements du Trésor ont chuté de six points de base vendredi à 1,72%, tandis que les rendements du Bund ont reculé de deux points de base à moins de 0,525%. L’or a grimpé de près de 18 dollars vendredi à 1 517 dollars, portant le gain de la semaine à 28 dollars.

    Le vrai problème selon nous, ce n’est pas le coté spectaculaire des masses en jeu, nous sommes habitués à tout cela et nous savons que les sommes que brassent le monétaire, le funding, les changes, les dérivés sont astronomiques. Non ce qui est absolument effrayant c’est de constater que personne n’a une explication crédible à avancer.

    Le vrai problème, pour nous qui avons examiné tout cela avec soin et sollicité toutes nos sources, le vrai problème c’est l’ignorance. On ne comprend pas. Les autorités n’ont rien vu venir, les intervants des marchés non plus et ne parlons pas des gourous , ils sont hébétés.

    Nous savons depuis longtemps et nous le répétons, que personne ne comprend plus rien à la monnaie, personne ne comprend le refinancement de gros, le funding, Personne n’a une vision satisfaisante de ce qu’est la liquidité, de ses caprices, de ses circuits et de ses caractéristiques. La liquidité c’est le mystère absolu. Comme l’a dit un ancien gouverneur de la Fed : la liquidité c’est une croyance!

    Les analystes ont souligné une convergence de facteurs inhabituels: des sorties de fonds du marché monétaire de 35 milliards de dollars pour financer les paiements de l’impôt sur les sociétés du 15 septembre; règlements pour des enchères du Trésor démesurées; et l’approche de la fin du trimestre , où les banques réduisent généralement l’endettement du bilan à des fins « d’information » financière et de réglementation. Tout cela est bien insuffisant et surtout n’explique rien, tout cela était prévisible.

    Notre interpretation est … que l’on ne comprend rien à ce stade et que tout ce que l’on dit est bidon.

    Nous remarquons que cet épisode suit une période de grande volatilité , une période d’instabilité exceptionnelle avec des yoyos et des escarpolettes sur tous les marchés, bonds, actions, taux etc.

    Nous considerons que le renversement extraordinaire du marché obligataire de la semaine dernière a du jouer son role mais sans pouvoir expliquer pourquoi ou comment : les rendements des obligations du Trésor à 10 ans ont bondi de 34 points de base et les rendements de référence des MBS ont bondi de 46 points de base (2,37% à 2,83%)!

    Nous avançons l’idée que les marchés de protection contre les fluctuations de taux sont chaotiques et que les positions sont à la fois couteûses et fragiles.

    On dit que ces derniers mois ont été un cauchemar pour ceux qui tentent de se protéger contre le risque de taux d’intérêt. On dit que l’effondrement des rendements de MBS a généré des vagues de refinancements destabilisantes . On dit , on dit …Le marché pour la couverture de MBS et les autres risques de taux d’intérêt est énorme.

    Les dérivés gouvernent vraiment le monde. Et on ne sait rien, on ne voit rien!

    Lorsque les rendements du marché chutent, les opérateurs qui ont vendu divers types de protection contre des taux plus bas sont forcés d’aller sur le marché chercher des instruments permettant de couvrir leur exposition croissante aux taux. Une grande partie de ces achats avec effet de levier serait généralement financée sur le marché des opérations de pension, c’est à dire sur les «repo».

    Ces type activités de couverture sont auto-renforçantes, nous l’avons souvent expliqué, on se couvre en dynamique (dynamic hedging) c’est dire en intervenant sur les marchés.

    Notre hypothèse de travail est que les évènements de la semaine dernière révèlent un vice, un problème fondamental dans le système et que leur survenue est liée a l’intense activité spéculative d’une part et à la volatilité des taux exceptionnelle d’autre part. Avant la forte reprise des taux du 10 ans US tout le monde était du même coté du bateau!

    Nous avons la conjugaison:

    -d’une période de transition dans les politiques monétaires mondiales avec le retour à la stimulation et les persectives de nouveaux QE

    – les banques centrales mondiales sont à nouveau en mode d’assouplissement agressif

    -d’une maladresse de Powell qui a enchainé les faux pas , les contrepieds , multiplié les valses hésitations

    -les fractures au sein de la Fed

    -phase de rotation très appuyée sur les marchés, sur les secteurs et sur les types de classes d’actifs

    -la disparition du soutien des médias à la politique des banques centrales

    -la crainte de récession, mais elle joue l’arlésienne

    -une communauté spéculative à la fois surchargée , mais fragile car sans véritable conviction

    Tandis que tout le monde s’en mettait plein les poches, des problèmes se sont multipliés sous la surface des marchés , dans la «plomberie».

    Le balancier de l’escarpolette a fait mal.

    Lorsque les rendements se sont effondrés, les effets de levier spéculatifs se sont envolés . Le retournement du marché a provoqué la panique des acheteurs de titres du Trésor, de MBS, d’obligations de sociétés, de CDO et de financements structurés, alors qu’ une grande partie est financée sur les «repo» et les marchés monétaires.

    Les activités de couverture par dérivées des joueurs ont également considérablement accru l’effet de levier du système. Tous ces effets de levier spéculatifs ont contribué à donner l’illusion d’une grande liquidité du système, à laquelle les autorités elles même ont du croire.

    Nous le répétons souvent mais cela ne fait pas de mal de le redire: les marchés sont « pricés » pour la perfection. Et quand nous disons cela nous ne visons pas que les cours et les prix, nous visons également les volumes, les profondeurs des carnets d’ordres comme on dit.

    Nous avons toujours soutenu que la liquidité cela n’existe qu’à la hausse, la liquidité est un mirage, c’est comme le mercure, cela coule, cela se dérobe. Et de la même façon que la question majeure de la hausse reste sans vraie réponse : d’ou vient donc tout cet argent? ; la question de la future baisse sera symétrique: mais ou donc s’en va tout cet argent?

    Ma réponse à ce moment là sera: au paradis de la monnaie, au Money Haven.

    No place to hide.

    En Prime

    La Fed de New York examine « pourquoi les banques disposant de liquidités excessives n’ont pas prêté sur le marché monétaire au jour le jour, après une semaine qui a révélé des fissures dans la situation financière des Etats-Unis ».

    Plus précisément, M. Williams a mis en doute l’hésitation des grandes banques liquides, affirmant que « le point sur lequel nous devons nous concentrer aujourd’hui n’est pas tant le niveau des réserves [détenues par la Fed]. C’est le fonctionnement du marché ».

    18 septembre – CNBC : «Alors que la Fed se réunissait pour envisager une réduction des taux d’intérêt, elle a perdu le contrôle du taux de référence qu’elle même gère.

    La semaine a été rude sur le marché du refinancement à un jour, où les taux d’intérêt ont temporairement grimpé jusqu’à 10% pour certaines transactions les lundi et mardi.

    Le marché est considéré comme la tuyauterie de base des marchés financiers, où les banques qui ont un besoin de liquidités à court terme viennent se financer elles-mêmes.

    La hausse irrégulière des taux a obligé la Fed à intervenir avec des opérations sur le marché monétaire destinées à les contenir, et après la deuxième opération mercredi matin, elle semblait avoir calmé le marché.

    La Fed a annoncé une troisième opération jeudi matin. Le taux cible des fonds fédéraux de référence de la Fed s’est élevé à 2,3% mardi, dépassant ainsi la fourchette fixée lors de la réduction des taux lors de sa dernière réunion en juillet …

    «Cela n’a pas l’air bon. Vous définissez votre cible. Vous êtes la toute puissante Fed. Vous êtes censé le contrôler et vous ne pouvez pas le jour de la Fed. Ça a l’air mauvais. Cela a été une course difficile pour Powell », a déclaré Michael Schumacher, directeur, stratégie de taux, à Wells Fargo. »

    16 septembre – Bloomberg : «La hausse rapide des taux des valeurs du Trésor a eu une incidence surla duration hypothécaire, mesure de la sensibilité d’une obligation aux variations de taux d’intérêt, qui a enregistré sa plus forte augmentation hebdomadaire en près de neuf ans. La durée de l’indice Bloomberg Barclays US MBS est passée de 2,45 ans à 3,11 ans, en hausse de 27%. Il s’agit du pourcentage le plus violent en termes de pourcentage depuis l’augmentation de 47% constatée au cours de la semaine se terminant le 24 septembre 2010… »

    16 septembre – Bloomberg : «Les coûts sur l’un des principaux marchés emprunteurs américains ont augmenté lundi avec le règlement des adjudications de bons du Trésor et l’afflux de paiements trimestriels de l’impôt sur les sociétés. Le taux des contrats de rachat au jour le jour a grimpé de plus de 140 points de base, pour atteindre 3,68%, soit la plus forte augmentation quotidienne depuis décembre, sur la base des prix ICAP.

    «Il est clair que les marchés de financement sécurisé ne fonctionnent pas bien», a déclaré Jon Hill, stratège en matière de taux de BMO Marchés des capitaux. Un saut comme celui-ci, est « presque chaotique », at-il ajouté.

    19 septembre – Bloomberg : «Lorsque la plomberie fonctionne bien, vous n’avez pas besoin d’y penser. C’est généralement le cas d’une partie vitale mais obscure du système financier appelée marché des pensions de titres, où de vastes quantités d’argent liquide et de garanties sont échangées tous les jours.

    Mais quand il se produit une fuite, comme il l’a fait cette semaine, il attire l’attention de la Réserve fédérale américaine, des plus grandes banques du pays, des fonds monétaires, des entreprises et d’autres grands investisseurs. La Fed a calmé la situation en injectant des milliards de dollars, mais elle pourrait avoir encore beaucoup de travail à faire sur les tuyaux. »

    https://brunobertez.com/2019/09/21/editorial-alerte-sur-les-marches-les-tuyaux-font-du-bruit/

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