Un article écrit par Mathieu HAMEL, fondateur de hippocampus.fr – Ce post propose un décryptage de l’actualité financière. Cette lecture peut faire échos à ce que vous avez déjà lu dans La Tribune, Les Echos, Le Financial Times ou le Wall Street Journal. Les conseils chiffrés sont réservés aux clients dans le cadre de la mise en place de sa nouvelle activité d’Active Advisory hippocampus.fr, pour l’instant disponible uniquement par téléphone –

 

A début avril, le krach n’a fait qu’éliminer la sur-valorisation liée à l’état euphorique du marché. Le krach n’a pas rendu les actions indistinctement bon marché. Le problème n’est pas la baisse violente et inédite du mois de mars mais la myopie du marché depuis décembre 2018. Le marché était en état d’euphorie au moins depuis septembre 2019. En absence d’inflation, le garde-fou, la FED s’est soumise au pouvoir politique.

Les citoyens croient depuis 2009 aux miracles venant des banques centrales, le nouvel opium du peuple. Pour cette raison, la lutte contre l’épidémie n’a pas préservé l’activité économique. Les populations croient en la capacité d’un sauvetage de leurs emplois grâce au déficit budgétaire et aux politiques monétaires après le confinement. Mais rien n’est gratuit sur cette terre. Regarder Netflix et s’agiter devant Zoom ne remplira pas les assiettes.

Dans ce contexte, il faut bien sûr investir mais il faut être agressif sur les valorisations. Il faut se réhabituer à tomber amoureux du prix d’achat et non plus se contenter de « buy the dip ». Allons chercher des leaders, qui ne seront pas émasculer dans l’exécution de leur stratégie de reprise par des États actionnaires en recherche de buzz, et plutôt sur des activités fondamentales, dont l’existence ne sera pas remise en question.

 

On ne fait l’effort de comprendre que lorsque l’on perd

Depuis 2009, l’intelligence collective du marché n’a pas été chahutée. Un peu en 2012 lors de la crise des dettes souveraines et un peu en 2016 lorsque la chute du pétrole a créé du stress. Mais pas plus. La reprise après la chute de décembre 2018 a été tellement rapide que personne ne s’y est véritablement attardée. En 2020, le marché nous apporte l’addition.

 

2020, année du bilan

Quelles qu’en soient les raisons, les solutions mises en place pour répondre à la grande crise financière de 2008 n’ont pas pris en compte certains enseignements majeurs :

  1. sur les attraits du marché (intelligence collective) par rapport à l’intelligence isolée (économie centralisée) dans l’allocation des ressources rares
  2. et sur l’indépendance nécessaire des banques centrales pour protéger les citoyens contre les manipulations monétaires. Le danger, l’inflation, n’existant plus.

Depuis 2008, non seulement la FED a gagné en pouvoir, mais plus grave, l’indépendance de la FED a été laissée sans protection.

 

Quelques noms pour reposer le contexte

En 2010, lorsque les régulateurs commencent à apporter une réponse à la grande crise financière de 2008, cela fait 19 ans que le mur de Berlin est tombé. Les défenseurs de l’intelligence collective du marché, les disciples d’Hayek et de Friedman, n’ont plus autant d’espace d’écoute qu’au temps de Reagan.

Et comme la Chine s’industrialise à marche forcée depuis Nixon et Deng Xiaoping (réformes de 1979) et que l’OMC lui a ouvert ses portes depuis 1999, en 2010, l’ennemi n°1 de l’économie contre lequel ces économistes nous mettaient en garde, l’inflation, a disparu.

 

Le secteur bancaire, entre ICU* et PTSD**

Or, depuis 2010 avec la loi Dodd-Franck (activité de trading des banques, séparation des activités, etc.), puis depuis 2013 avec Bâle 3 (nouvelle réglementation mondiale concernant les réserves obligatoires à détenir par les banques auprès des banques centrales lorsqu’elle font des crédits), l’industrie bancaire s’est métamorphosée. 500 000 emplois disparus en Europe depuis 2008 par exemple.

Ces lois ont défini le nouveau cadre réglementaire de la liquidité sur les marchés (en encadrant qui peut acheter quoi pour combien et pour quelle taille, réduisant de fait les tailles achetées et vendues sur les obligations d’État) et de la distribution de crédit (en limitant le crédit que les banques commerciales peuvent créer sans détenir des réserves et en en déposant auprès des banques centrales).

* ICU : Intensive Care Unit (Unité de soin intensif)

** PTSD : Post-Traumatic Stress Disorder (Syndrome Post Traumatique)

 

Restaurer la confiance, quoiqu’il en coûte

Dans le même temps, les banques centrales ont conduit des politiques monétaires inédites de « Quantitative Easing » (QE). Elles ont réussi à restaurer grâce à cela la confiance entre les institutions financières dans un premier temps, puis entre les citoyens et le système financier en second temps.

Les actifs ont augmenté. Le SP500, de 666 points à 3400 points. Ce « fois 5 » nous a, en revanche, réduit notre vigilance collective. Et nous n’avons pas questionné les conséquences de long terme de ces mutations réglementaires, en dehors de quelques visionnaires comme Zoltan Pozsar dont nous allons reparler dans quelques minutes.

 

« Plata o plomo »

Les QE successifs ont assommé les « crieurs d’alerte » des marchés, notamment le VIX (le coût de l’assurance contre la baisse du cours des actions). Les thermomètres ont été cassés, les bébés ont été jetés avec l’eau du bain.

Pendant plusieurs années, le réflexe du « buy the dip » (acheter après une petite baisse), marqué au fer rouge dans l’esprit des investisseurs par les achats massifs et répétés des banques centrales, a réduit les variations des cours, oblitérant le VIX jusqu’à 8 (équivalent à des baisses maximales de 0,5% par jour).

Le deuxième « canari dans la mine » éviscéré par le QE n’est autre que le marché du crédit. Les CDS (coût de l’assurance contre le risque de défaut de paiement) ont été eux aussi aux plus bas historiques malgré la durée très importante du cycle de crédit aux entreprises et des niveaux d’endettement très élevés.

 

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Pour l’aspect « crieurs d’alerte ». Les algorithmes (algo) de trading automatisé qui « buy the dip » (achètent après une petite baisse), sont aussi ceux qui « sell the swing » (vendent après une grosse baisse). En d’autres mots, les structures de marché post-2009 (QE et automatisation du trading) font que lorsque le marché est calme, il est très calme. Et lorsque le marché commence à baisser, il panique très vite (« the swings »).

Les algo de trading sont majoritairement :

  • de « trend following » ou « pro-cyclique » : les algo achètent lorsque tout le monde achète pour suivre la tendance et vendent quand tout le monde vend (Il existe aussi des algo de « Relative Value » ou de « Mean Reversion », ce sont les algo contra-cycliques, mais ils sont nettement moins présents sur les marchés)
  • de trading à haute fréquence : les algo génèrent des achats en très petites quantités et font des paris de très court terme, souvent sur moins d’une journée. Pour générer des montants importants, il est donc nécessaire de faire de très nombreuses transactions, d’où le terme de « haute fréquence ». Avant le développement de ces activités, les fonds investissaient des montants importants et gagnaient plus en moyenne par transaction. La diminution de la taille moyenne des transactions générées par les algo de trading réduit l’effet « amortisseur », à la hausse, comme à la baisse, des mouvements de marché.
  • « short gamma », du fait du retour des produits structurés. Pour « fabriquer » les produits structurés, les opérateurs de marchés doivent acheter lorsque le marché monte ; et vendre lorsque le marché baisse; accentuant de fait, et le calme, et la panique. En somme, la volatilité quotidienne a disparu mais celle-ci s’est transformée en possibilité de « sauts » et de « chutes » de presque 10% en quelques jours.

 

Pour l’aspect « canari dans la mine ». Le risque de crédit sur les obligations est plus complexe à appréhender que le risque de baisse des actions. Il y a le risque :

  • de liquidité, ne pas avoir de cash sur son compte en banque
  • de solvabilité, ne pas réussir à obtenir le cash sur son compte en banque
  • de défaut, ne pas avoir les moyens d’obtenir le cash sur son compte en banque
  • de faillite, ne plus avoir le droit de demander du cash sur son compte en banque

Habituellement, toutes ces subtilités font la saveur du marché du crédit. Mais lorsque les banques centrales achètent directement des obligations, sans laisser l’intelligence collective du marché faire son travail de digestion de l’information, les prix n’ont plus la même valeur de signalement. Mais ces risques ne disparaissent pas pour autant …

 

… tout se transforme »

Les risques réapparaissent au moment des défauts de paiement, lorsque les entreprises doivent négocier l’étalement de leur dette. A ce moment-là, la banque centrale ne peut plus intervenir. C’est pourquoi, ce risque se comporte comme la pression d’une cocotte-minute, dont la sirène est le « FRA-OIS spread » (nous allons développer dans 1 min).

  1. En 2008, les tensions sur le marché du financement s’exprimaient par le « TED spread » : la différence entre le coût de financement des T-bills (les obligations d’état américaines) et les eurodollars (le coût de financement à 3 mois en dollars pour une banque étrangère). Cela permettait d’évaluer le supplément de risque de faillite des banques par rapport à celui du trésor américain.
  2. En 2020, les tensions sur le marché du crédit s’expriment par le « FRA-OIS spread », la différence entre le coût de financement au jour le jour entre deux banques et le coût de financement au jour le jour entre une banque et la banque centrale. Les banques, lorsqu’elles se prêtent de l’argent entre elles, hypothèquent certains de leurs actifs en portefeuille. Par cette hypothèque, le risque de contrepartie est éliminé. Sauf lorsqu’un doute devient généralisé sur la valeur des actifs, au global. Dans ce cas, le « FRA-OIS spread » explose. Un risque de crédit généralisé se révèle alors au grand jour. Et c’est ce qui s’est passé le mois dernier.

 

Du « Cash is Trash » au « Cash is King » : autopsie d’un krach

En 2019 et au début de 2020, le maître mot était « Cash is trash ». Il fallait être investi, car le cash ne rapportait rien. Et les actions ne faisaient qu’augmenter. Pour autant, chacun savait que les valorisations étaient très hautes, voire euphoriques.

 

[Phase 1] C’est pourquoi lorsque le consensus des investisseurs, l’opinion qui devient prépondérante parmi, a été confronté aux deux nouvelles :

  • arrivée du Covid-19 en Europe et perspective de confinement
  • baisse massive des cours du pétrole,

il s’est immédiatement focalisé sur les estimations de croissance des PIB. Les perspectives partout dans le monde étant dès lors équivalente à une période de « guerre », la chute vertigineuse du cours des actifs a commencé.

Ce faisant, de « Cash is Trash », nous sommes passés au « Cash is King » : « mieux vaut vendre maintenant, aux plus hauts historiques et sans perspective de continuation de la hausse, afin de racheter demain à prix cassés ».

Or, du fait de ces ventes, les actifs hypothéqués pour assurer le financement à court terme des activités financières (via le Repo) ont perdu de la valeur. L’accès aux réserves (dépôt en cash auprès des banques centrales) s’est tendu.

 

[Phase 2] Face à la première baisse des cours, les institutions financières ont vendu des actifs de manière désordonnée pour respecter les ratios réglementaires (dépôt de « cash » auprès des banques centrales). La baisse s’est alors accélérée, du Bitcoin, à l’or, des actions, aux obligations.

 

[Phase 3] C’est pour cela que les banques centrales ont tout de suite répondu.

  • En ouvrant les vannes de leur propres facilités de « repo » (prêt de liquidités en échanges de prêt de titres, comme des obligations). Ainsi, les institutions financières n’ont pas la nécessité de vendre rapidement des actifs de leur portefeuille pour obtenir des liquidités. Il leur suffit de prêter ces actifs aux banques centrales qui, en échange, leur fournissent les réserve (le cash) nécessaire au respect de leurs obligations réglementaires.
  • La FED (banque centrale américaine) a ouvert des lignes de « cross-currency swap » avec les banques centrales du reste du monde. Ainsi, au niveau local, les banques ont pu emprunter des dollars pour répondre à leurs obligations en dollars. Le dollar étant la monnaie de réserve mondiale, le mouvement de panique sur le marché a entrainé une forte augmentation de la demande de dollar avec, dans le même temps, une réduction de sa disponibilité du fait de la baisse massive du prix du pétrole, vendu en dollar. Il fallait augmenter la disponibilité du dollar partout dans le monde.
  • Les actions massives de la banque centrale européennes pour éliminer les risques d’implosion de la zone euro (réduction drastique des différences de taux d’intérêt entre les emprunts de l’état allemand et l’état italien en particulier)

Il faut ici comprendre qu’avant 2008, les activités en dollar des banques étrangères (le marché des « eurobonds » de Londres) n’avaient pas l’obligation de détenir des réserves en dollars auprès de la FED. La demande structurelle de dollars est donc plus importante que de par le passé. La FED est devenue, en conséquence, plus sensible à la croissance mondiale et plus « dovish » (tendance à pratiquer des taux d’intérêt bas).

Ce faisant, les taux d’intérêt bas renforce l’effet TINA (« There Is No Alternative »), le fait qu’il n’y a pas d’alternative aux actions. Les taux d’intérêt sont proches de zéro, les obligations sont à leur plus haut. Il y a un effet de bulle à la fois sur les actions mais aussi sur les obligations (quand les taux d’intérêt baissent, le prix des obligations montent).

Afin d’illustrer ce stress, le Financial Times a rapporté que les volumes de « cross-currency swaps » entre la FED et les grandes banques centrales mondiales ont atteint 200 milliards en mars (par rapport à 45 millions pour une semaine normale), entrainant la baisse de la valeur du dollar, après la hausse spectaculaire au début du krach.

C’est pourquoi il est possible que la réponse des banques centrales en termes de gestion de la crise de liquidité ait comme conséquence induite, mais non recherchée, l’arrêt de la chute.

 

Après la purge, la réalité économique de la crise sanitaire

La réponse à la pandémie a été l’arrêt de l’activité économique pour près de la moitié de la population mondiale.

L’économie est un organisme vivant :

  • Rigueur budgétaire = alimentation saine
  • Politique industrielle et d’innovation = activité physique
  • Formation continue des travailleurs = système immunitaire
  • Marché = réseau de neurones
  • Relance fiscale = vitamine C
  • Relance monétaire = morphine

Les mesures prises lors de la [Phase 2] (repo et ouverture des lignes en dollars entre les banques centrales) ont permis de régler l’aspect financier de cette crise, mais pas les conséquences économiques du confinement.

 

« Il n’est de richesse que d’Hommes »

En revanche, l’aspect sanitaire du Covid-19 a appelé des mesures de confinements. Le PIB est un flux, une création de richesses supplémentaires tous les ans. Le PIB est généré par la mise au travail de capital (K) par des travailleurs (L). Sans L, le K ne travaille pas et le PIB de l’année disparait. Nul plan fiscal ou monétaire ne remplace les travailleurs dans leurs bureaux ou sur leurs lignes de production.

 

[Phase 4] C’est pourquoi, malgré les mesures monétaires et budgétaires sans précédent dans l’histoire de l’humanité, les marchés ont continué de baisser :

  • le confinement systématique est particulièrement combattu aux USA
  • (Alors que les marchés financiers ne produisent pas de compassion, il est important de rappeler qu’aucune valeur ne peut remplacer une vie pour un proche) l’estimation du nombre total de morts liés au Covid-19 est revu à la baisse : l’estimation haute du Dr. Fauci est à 200k aux USA (3,4 millions de morts pour une année sans pandémie). Cela renforce l’idée que l’impact économique de la tragédie sanitaire et humaine aura peu d’impact direct et que le confinement sera probablement limité en temps, l’impact indirect sera donc lui aussi moins important que craint à un moment de du krach. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne sera pas important tout de même.

 

Le confinement créé de l’incertitude et une récession, la 1ère est plus destructrice que la seconde

Pour bien comprendre pourquoi la crise du Covid-19 est par nature différente de la crise de 2008, il faut se rappeler la différence entre

  • [2008] crise financière : l’explosion du risque de défaut a entrainé l’explosion du risque de contrepartie. Puis cela a provoqué l’apparition du risque de liquidité, suscitant l’arrêt du fonctionnement des banques et donc de l’économie. Pour résoudre la crise, il fallait restaurer la confiance entre les banques pour qu’elles se remettent à se prêter entre elles. Pour qu’elles soient en possibilité de re-prêter aux entreprises et aux particuliers.
  • [2020] crise sanitaire : le confinement entraine l’arrêt de l’économie. Pour résoudre la crise, il faut arrêter le confinement.

L’incertitude avec la crise du Covid-19 réside dans l’opacité de la sortie de crise : que se passe-t-il si tous les ans nous avons du Covid-19 (confinement tous les ans) ? Allons-nous continuer à voyager après ? Allons-nous connaître un protectionnisme sanitaire similaire dans ses effets aux protectionnismes des années 30 ? Est-ce que cela entrainerait la contraction des échanges et de la production ? Allons-nous avoir un sursaut métaphysique et promouvoir la décroissance ? Les chaines de production seront-elles redistribuées ? Re-localisation d’industries stratégiques ? Dé-mondialisation partielle ? etc. ?

Pour autant, en fin de journée, la question que se pose les acteurs du marché est la suivante : de combien d’années dois-je multiplier les bénéfices de l’année en cours.

Le prix d’une entreprise comme Google s’établit entre 25 et 30 années de bénéfices. Lorsque l’incertitude est trop forte, il devient impossible d’imaginer le monde dans 20 ou 30 ans. Dans ces conditions, le consensus de marché peut choisir de ne plus multiplier que par 5 ou 10 années, et le prix de Google est alors divisé par 3. La baisse dans ce cas serait de plus de 60%. Dans le cas d’une grave récession, le consensus ajuste le bénéfice de l’année et le diminue, admettant de 30% sur les 3 prochaines années. Dans ce cas, la baisse sur le cours de Google ne serait (avec cet exemple fictif) que de 3%.

 

Une fois l’incertitude dissipée, c’est le « meat & potatoes » qui prévaut à nouveau

C’est pour cela qu’en dehors des crises métaphysiques sur l’avenir du monde (fin du capitalisme en 2008 ? Fin de l’humanité en 2020 ?), les marchés financiers évoluent en fonction de l’évolution des taux d’intérêt (« meat », la viande) et des résultats d’entreprise (« potatoes », les pommes de terre).

Et c’est l’évolution des taux d’intérêt qui a l’effet le plus important sur le prix des actions. Le raisonnement sur Google tout à l’heure est vrai lorsque les taux d’intérêt sont très faibles comme actuellement. Lorsque les taux d’intérêt sont élevés alors 100 euros dans 20 ans n’a pas du tout la même valeur que 100 euros dans 3 ans (car il y a un coût d’opportunité à investir en action par rapport aux obligations qui paient chaque année un coupon calculé à partir des taux d’intérêt) :

  • avec des taux d’intérêt à 1%, €100 valent 97€ à 3 ans et 74€ dans 30 ans
  • avec des taux d’intérêt à 5%, €100 valent 86€ à 3 ans et 22€ dans 30 ans

Plus les taux d’intérêt sont hauts et plus l’effet d’une récession a un impact important sur le prix des actions. Plus les taux d’intérêt sont faibles comme actuellement et plus le poids de l’incertitude est important par rapport au risque de récession.

Il est intéressant d’avoir en tête que le ratio entre la capitalisation boursière des 500 principales entreprises américaines (SP500) et le PIB US est seulement revenu au pic de la bulle immobilière de 2007. Bien qu’il faille aussi prendre en compte le coût d’opportunité entre les actions et les obligations (dont les taux d’intérêt sont à un plus bas historique et extrêmement bas en absolu), il est possible de dire qu’en mars 2020 (soit après le krach), les actions sont loin d’être extrêmement bon marché. En 2019, les actions étaient en état d’euphorie.

 

On ne devrait pas revoir l’inflation de sitôt, sauf si …

Le bilan des banques centrales a explosé depuis 2008 et c’est une source d’inquiétude pour de nombreux acteurs du marché. De 0,9 trillion (mille milliards) de dollar en 2008, le bilan de la FED est passé à 5,2 trillions pendant la crise du Covid-19. Il est légitime de se demander si cette création de monnaie va générer de l’inflation. D’après Zoltan Pozsar, le spécialiste mondial du financement au jour le jour (le Répo), qu’il appelle le « battement » du cœur de l’économie, le problème n’est pas la taille actuelle du bilan de la FED mais celle qu’il avait en 2008.

D’après Zoltan Pozsar, les modifications de réglementation liées à Bâle 3, entrainent un besoin supplémentaire de création de monnaie.

 

[Phase 0] Et ce serait pour cela qu’en septembre 2019, la FED a dû pratiquer à nouveau le « Quantitative Easing » via des opérations nouvelles de Repo (prêts d’argent pour une journée en échange d’un prêt de titres, comme des obligations).

En somme, l’augmentation du bilan des banques centrales ne créera pas d’inflation supplémentaire. Elle n’est que la réponse mécanique aux modifications réglementaires depuis 2013.

Ces réponses monétaires massives et sans précédent face à la crise sanitaire sont un luxe que nous offrent la mondialisation en général et les travailleurs chinois en particulier. Avant 1999, toutes ces actions auraient garanti le retour de l’inflation, entrainant la hausse des taux d’intérêt et donc une crise économique. Tant que la mondialisation sera préservée, l’inflation sera contenue dans l’ensemble.

Enfin, au niveau mondial, la baisse de la démographie dans les pays industrialisés (y compris en Chine), ne participe pas au retour de l’inflation.

Le danger pour l’économie mondiale ne semble pas devoir venir de l’inflation.

 

Le pire n’est jamais certain, il peut être pire

Les régulations d’avant-2008 avaient comme objectif de laisser l’intelligence collective du marché décortiquer le flot des informations et d’allouer les ressources le plus efficacement possible, mais sans générer d’inflation.

Maintenant que l’inflation n’est plus le problème, le système réglementaire est dessiné de manière à garantir la rapidité d’exécution des politiques monétaires. On peut même parler de politique monétaire préventive ou « chasse-neige ». Pour cela, il a fallu éliminer tous les obstacles à la capacité d’action des banques centrales. Nous sommes passés de 1 an de coordination en 2008 à 1 semaine en 2020.

Nous sommes passé d’un système de validation progressive d’entités ayant un rôle à jouer dans l’intelligence collective à une régulation permettant aux banques centrales (la Fed en premier lieu) d’agir rapidement partout, tel un Leviathan. Une décision à la tête de la FED doit pouvoir se déverser instantanément sur tous les marchés.

Mais cela augmente la vulnérabilité du jugement des banques centrales. La FED devient de plus en plus l’équivalent du Parti Communiste Chinois. Tant que la méritocratie assure que l’élite, au sens propre, des USA y est à la tête, le système fonctionne. Mais que se passe-t-il lorsque la FED n’est plus indépendante de la Maison Blanche ? Le système devient vulnérable à l’immixtion du manque d’expertise inhérent au populisme. Et pour que tout cela soit bien claire, la réponse actuelle du congrès américain face la crise du confinement consiste à :

  • Demander à BlackRock de créer infrastructure de fonds
  • Faire financer ce fond par la FED, par du « Quantitative Easing » au besoin
  • Laisser le Trésor gérer ce fond (soit le pouvoir politique)

La Maison Blanche est maintenant en pouvoir d’investir des milliers milliards créé ex-nihilo par la FED, dans n’importe quelle entreprise ou instruments financiers.

Et que s’est-il passé entre Powell et Mnuchin à Noël 2018 [Phase 0 bis] ? L’indépendance de la FED a-t-elle disparu lors de ce point de rupture du marché ?

L’économie américaine, mais aussi mondiale, est en voix de centralisation. Ce qui aura tendance à diminuer la croissance potentielle à l’avenir.

 

Conclusion

Un état de marché euphorique est une maladie pour les investisseurs. Les baisses y sont violentes et imprévisibles. N’importe quelle nouvelle négative peut catalyser l’esprit vendeur du consensus de marché, Covid-19 ou autre, et provoquer des baisses colossales. Et il n’y a pas de raison fondamentale au retour des acheteurs après une baisse, car la valeur est absente.

Besoin d’un conseil ?

Vous rêvez d’un conseil en gestion de patrimoine qui n’a rien à vendre à part ses conseils ? Ça tombe bien, c’est notre métier !

Qu’il s’agisse d’une simple question ou d’un audit complet de votre situation patrimoniale, nous sommes en mesure de vous accompagner au gré de vos besoins et de vos projets de vie. Pour bénéficier de nos conseils, trois solutions :

 

 

L’assistance patrimoniale – Une solution rapide et efficace pour bénéficier de notre expertise pour gérer votre patrimoine ou trouver les réponses à vos questions fiscales, juridiques, financières. L’assistance patrimoniale, c’est un rendez vous téléphonique d’une durée moyenne de 45 minutes pendant laquelle nous travaillons ensemble sur votre situation patrimoniale – Un service au tarif unique de 69€ TTC –

 

Découvrir en détail notre offre d’assistance patrimoniale

 

Nouveau ! L’accompagnement patrimonial PREMIUM– Un abonnement mensuel pour bénéficier à tous moments des conseils de votre conseiller en gestion de patrimoine indépendant ! – Un service proposé au prix de 250€ TTC / mois (sans engagement de durée – 1 mois, 3 mois, 6 mois, 10 ans, c’est vous qui choisissez pendant combien de temps vous avez besoin de nos conseils).

 

Découvrir notre service d’accompagnement patrimonial

 

– La gestion conseillée – Un service de conseil financier indépendant pour vous accompagner dans la gestion financière de votre épargne ou de votre assurance-vie. Comment diversifier votre épargne sur les marchés financiers ? Quelles unités de compte choisir ? Comment prendre du risque pour espérer améliorer le rendement de votre épargne ?

Découvrir notre service de gestion conseillée

 


31 Comments

  1. Francois says:

    Quelles qu’en soient..les raisons
    Feminin p’uriel

    • petitJoe says:

      Comment peut-on prétendre promouvoir un seul genre de l’espece humaine sans en mesurer les consequences desastreuses ET se considérer moderne en même temps ?

      Une sorte de « f*** you all, I am right ».

      La domination masculine d’avant (si elle existait) est suivi depuis 30 ans d’une domination féminine.

      Il ne saurait exister une réponse valable autre que la disparition de la lutte des sexes. Les femmes ont un role d’ancrage a la terre, et les hommes le role sortir de son corps.

      A bon entendeur

  2. Patrick D says:

    Merci pour cette analyse.
    Pour suivre les débats

  3. julien bonnetouche says:

    Bonjour,

    j’aime bien la comparaison entre la FED et le PC chinois.

    Tout comme la Chine, le reste du monde qui se situe dans les Zones dollar, euro yen, est devenu une sorte de vase clos monétaire.

    Souvent les intervenants raisonnent en termes de taux ou d’inflation voire pourquoi pas de dévaluation.

    En fait tout est contrôlé par les banques centrales. les taux bien sur, et surtout les liquidités, la masse monétaire.

    Mais que la masse monétaire enfle à l’infini, n’a pas d’importance puisque c’est pour acheter des dettes que ces mêmes banques centrales remettent dans leurs caisses.

    Elles ne valent pas plus, pas moins, que la monnaie émise : rien.

    D’ailleurs il est probable qu’un jour on finira pas annuler les dettes puisque ce sont les banques centrales qui les détiennent.
    Voilà on tirera un trait dessus et que se passera t il ? : rien.

    Le États ne remboursaient déjà rien puisque les taux sont à zéro ( et vont le rester définitivement ou à peu près a dit Villeroy de Galhau ce matin sur Europe 1)

    Mais pour le moment, l’important, c’est que chacun admette que l’argent sur son compte en banque vaut quelque chose, et c’est le cas puisqu’il n’y a pas d’inflation.

    La baguette tradition coûte toujours 1€20.

    Qui donc se préoccupe de la politique monétaire chinoise ? du taux de change du yuan ? personne. Il mettent le taux de change qu’ils veulent.

    Alors effectivement les banques centrales vont mettre des milliers de dollars dans l’économie après le confinement.
    No limit !

    Cela ne leur coûte rien ni à nous non plus. !!

    Entre nous, heureusement !!

  4. François says:

    Les millions déversés vont permettre la stabilité et la reprise.
    Mais est-ce pour autant que les banques centrales ont perdu leur indépendance vis à vis du politique ?
    De tout temps les deux sont liés par l’économie, la défense de l’intérêt commun ne signifie pas pour autant la perte d’indépendance.
    Après la relance, il y aura un lendemain. Mais quand ?

  5. Score invest says:

    Remarquez c est vrai que la crise amène à une sur réaction des autorités pour faire un semblant de préservation actuelle de la société. Les sociétés utilisent le chômage partiel et certaines d entre elles font travailler les gens malgré tout . D autres vont faire des crédits garantis avant de mettre la clé sous la porte ! On jette l argent par les fenêtres , alors que le destin , le marché, la destruction créatrice sont les critères de long terme . Un gros n importe quoi pour ensuite faire payer les bons gestionnaires . Pourquoi Paul ne ferais pas mieux que Jacques qui a failli . Un monopole de connivence qui n a plus sa place

  6. julien bonnetouche says:

    Score invest,

    Je suppose que vous n’avez jamais lu mes commentaires, sinon vous sauriez que je suis volontiers provocateur en essayant d’extrapoler des vérités pas toujours évidentes.

    C’est le cas sur la dette.

    la crise que nous vivons est véritablement extraordinaire, non pas seulement du fait d’un virus rare mais su comme une possibilité existante, mais surtout par les mesures d’arrêt de l’économie en réalité disproportionnée par rapport à la létalité de ce même virus.

    les États jouent aux apprenti-sorciers en confinant la partie la plus productive du monde, pour essayer de sauver ( sans certitude) quelques dizaines/centaines de milliers de personnes supplémentaires au maximum à l’échèle mondiale..

    Je dis bien sans certitude, car le confinement n’arrête pas la progression du virus, mais la ralentit seulement.
    le cas graves seront donc aussi (peu) nombreux mais plus étalés dans le temps. (1 à 3 morts pour mille personnes contaminées si on compte les asymptomatiques)

    Si nous persistons dans cette façon de procéder, l’économie, peut être arrêtée très longtemps, trop longtemps et entraîner une récession catastrophique comme l’évoque par exemple l’économiste dans votre lien.

    On imagine facilement qu’une telle récession et l’appauvrissement généré, ferait à terme beaucoup plus de morts que le virus lui même.

    Il y a donc quelque part une incohérence qui ne pourra pas durer plus longtemps que les populations le supporteront.

    Nos politiques le savent et espèrent une sorte de miracle permettant une reprise des activités au moins partielle et progressive en mai.

    Mais que se passera t il si l’amélioration ne vient pas ? Si la chloroquine est insuffisante en efficacité ou pire en quantité disponible ?

    les médias, les politiques sur les plateaux télé partout dans le monde entretiennent l’angoisse, mais nous n’en sommes qu’à 15 jour de confinement.

    Dans peu de temps les conséquences économiques ( autre que boursières) prendront de plus en plus de place.

    le cas des USA en ce moment est intéressant.

    ils auront beaucoup de morts là bas, car les co-morbidités sont nombreuses ( obésité, diabète …)

    Mais ce qui préoccupe le plus les gens en premier lieu, ce ne sont pas les morts, c’est la perte de leur emploi, le chômage qui là bas est très peu indemnisé.

    Qui gagnera : les tentes médicalisées dans Central Park ou les 30% de chômeurs envisagés ?

    Pas évident.

    Mais si je devais prendre un pari, je dirais qu’il faudra reprendre le boulot avant qu’il ne soit trop tard.

    En attendant la pompe à finance fonctionne à gogo pour maintenir le bateau à flots, mais j’en conviens volontiers ce ne peut être éternel, et surtout ce doit être justifié et admis par tous..

    D’autant plus qu’il faudra en faire encore bien davantage pour le redémarrage post crise.

    • François says:

      Il est vrai que vous pousser au paroxysme, c’est une méthode pour faire réagir.
      Je préfère le pragmatisme, mais pour le prévisionnel c’est plus compliqué, donc je lis, j’écoute et essaye de me faire ma propre opinion de français moyen mais gaulois réfractaire revendiqué.

      Votre approche de l’économie américaine est très vrai, mais il me semble avoir lu ou entendu que Trump avait décidé de débloquer des enveloppes pour les plus pauvres qui n’ont pas de couverture sociale.

      Pour l’économie plus le confinement sera court, mieux cela sera. Mais on ne maîtrisera pas ce temps. En revanche, le temps gagné par le confinement sur l’extension permet outre l’étalage des patients (sous réserve qu’il n’y ait pas de récidive), des progrès et enseignements dans les traitements. Le retrait progressif fait parti des tactiques de guerre pour limiter les pertes dans l’attente de la reconstitution des forces pour la contre attaque.

  7. François says:

    En effet, c’est très noir, sans doute trop même.
    La chute des bourses est une chose, mais l’économie réelle de la France n’est pas basée que là dessus. Mais cette dernière n’est elle pas, en partie (qu’il serait intéressant de connaître) du à des « investisseurs » qui ont besoin de liquidités pour couvrir leurs engagements, voire d’opportunistes qui font des coups (quand je regarde le yoyo de certaines bourses).
    Mais la France n’est pas constitué que de ces grandes entreprises et personne ne tient compte des capacités humaines de résilience, solidarité, ….
    Par rapport aux crises précédentes, l’action du gouvernement a été de préservé l’outil de travail en assurant globalement les charges et les salaires d’une part et, d’autre part les approvisionnements ne sont pas coupés, mais suspendus. Si la Chine reproduit, beaucoup de liens seront rétablis. Maintenant, il ne faudra pas que cette situation de confinement total dépasse les deux mois, peut-être trois.
    Les salaires étant maintenus et la capacité de production également, la consommation, source essentielle de l’économie pourrait repartir relativement rapidement, mais sous déconfinement progressif pour des raisons sanitaires.
    L’inconnu sera dans l’attitude des consommateurs.
    Après, l’on assistera peut-être à une démondialisation, mais aux vues des investissements nécessaires et de leur réalisation cela pourrait prendre un peu de temps. A moins que le plan de relance permettent des investissements immédiats, mais j’ai des doutes aux vues des finances.
    Sur l’emploi, remontée du chômage plus que possible, mais 30% me semble excessif.

  8. Bonjour

    Suivre le débat

  9. julien bonnetouche says:

    François,

    Merci pour votre effort de réflexion, parce qu’effectivement nous ne savons pas du tout où nous allons.

    Sans doute le confinement, en retardant un peu le développement de l’épidémie, permet il de sauver quelques vies avec la réanimation dont une majorité en France bénéficie jusqu’ici.

    Nous n’avons pas, et peut être nous n’aurons jamais les chiffres concernant le nombre de réanimations lourdes effectuées ( avec intubation, pas juste un peu d’oxygène)) et qui récupèrent.
    Car finalement ce serait cela qui justifierait le confinement.

    A ce sujet, les, informations venant de Chine, disent que les « réanimés » ont tous des séquelles graves de type neurologique.Et là il n’y a pas de raisons de ne pas les croire.

    • François says:

      En effet, Julien fort possible pour la réanimation lourde sous coma artificiel. Il serait en effet intéressant d’être informé des « revenants ». Certains sont interviewés mais est-ce des réanimés profonds ?
      L’on peut souhaiter que la réanimation française soit plus soft que le chinoise.

      A titre personnel, tout en reconnaissant les progrès de la médecine et son utilité, je préfère limiter mes relations à des visites de contrôles et examens. Peu enclins au médicaments et opérations.

  10. Bonjour

    A ce sujet il faut se méfier ( quant aux réanimations à outrance) .
    Dans la mesure ou chacun nous dit ce qu’il veut bien nous dire.
    Suivant la politique qu’on veut mener chacun raconte l’histoire à sa manière.
    S’il a envie de tuer son chien il dit qu’il était enragé.
    Quant aux chinois ils nous ont déjà tellement menti.
    Comme disait Dutronc « on ne nous dit rien on nous cache tout »
    C’est certain on ne saura jamais rien.
    C’est vrai, je parle simplement pour moi une réanimation lourde + des séquelles —–> pas la peine d’insister

  11. julien bonnetouche says:

    Il semble que nous n’ayons pas encore en France de réanimés lourds revenus à la vie « normale ».

    Nous n’avons pas suffisamment recul sur de temps de réanimation, car on les garde ainsi au moins 1 mois.

    Par contre il y a des morts, et on le suppose sous réanimation lourde : ceux que nous donne Le Pr Salomon tous les soirs.

    Ceux qui sont interviewés, sont les « réanimés légers » sans intubation ni coma artificiel;

  12. adnstep says:

    Bof.
    Il y a bien plus d’informations objectives dans l’article de Mathieu Hamel

  13. Une analyse intéressante

    Les marchés financiers mondiaux sont en territoire inconnu.

    source : https://brunobertez.com/2020/04/02/un-entretien-approfondi-avec-lun-des-meilleurs-jim-grant-il-explique-pourquoi-il-faut-de-lor-et-des-mines/

    Après de lourdes pertes, les actions ont connu une reprise au cours des derniers jours. Les mesures de politique monétaire et budgétaire de dimensions historiques semblent avoir rétabli une certaine confiance – du moins pour l’instant.

    Pour Jim Grant, cependant, il n’y a aucune raison de pousser un soupir de soulagement.

    Pour le rédacteur en chef de l’emblématique bulletin d’investissement «Grant’s Interest Rate Observer», la pandémie n’a pas été la cause fondamentale de la récente crise. Elle a plutôt mis à nu la fragilité des marchés financiers d’aujourd’hui.

    «Je crois que les mêmes banquiers centraux que nous célébrons en tant que pompiers héroïques pour lutter contre cet incendie financier sont en fait aussi des incendiaires», explique l’investisseur endurci au combat.

    Dans une conversation approfondie avec The Market / NZZ, Jim Grant souligne les conséquences inattendues d’expériences politiques telles que les taux d’intérêt négatifs et l’assouplissement quantitatif, il compare la crise actuelle à la grande panique de 1825 et explique pourquoi il s’attend à ce que les actions aurifères et minières brillent.

    Monsieur Grant, vous observez les taux d’intérêt et les marchés financiers depuis près de cinq décennies. Quelle est votre opinion sur la tourmente que les investisseurs ont connue au cours des dernières semaines?
    De tels mouvements extrêmes – à la fois en hausse et en baisse – dans une période aissi comprimée ne se sont jamais produits auparavant. Mais dans l’ensemble, ils sont autant sans précédent que la réponse de nos banquiers centraux. Donc, ce qui me frappe le plus, c’est l’état des choses avant l’arrivée de la pandémie.

    Que voulez vous dire par là?

    Certes, le virus a provoqué beaucoup de chaos, de peur et de perturbation. Pourtant, il me semble que la pandémie n’a pas été la cause fondamentale des perturbations financières que nous constatons. Covid-19 a plutôt démasqué une faiblesse essentielle de la finance américaine qui est due aux dix dernières années de crédit artificiellement bon marché.

    Bien sûr, aucun système financier, quel que soit son financement conservateur, ne pourrait résister à ce genre de choc. Mais ce coup a été particulièrement traumatisant dans un système dans lequel les évaluations des actions et la masse de dette, en particulier la dette de faible qualité sont à des niveaux presque records.

    Comment le crédit artificiellement bon marché a-t-il affaibli le système?
    Non seulement des valeurs spéculatives comme Tesla ou Virgin Galactic ont été envoyées dans la stratosphère, mais des taux d’intérêt très bas et un accès facile à l’effet de levier ont également maintenu en vie des entreprises non rentables qui, autrement, auraient disparu.

    En Europe, il existe de nombreuses sociétés de zombies, et nous en avons également beaucoup aux États-Unis. Par exemple, plus d’un tiers des sociétés de l’indice Russell 2000 ne réalisent aucun bénéfice selon les principes comptables reconnus.

    Ou encore , qu’est-ce qui explique qu’Uber reste en activité toutes ces années sans être rentable? Qu’est-ce qui explique la montée spectaculaire et la chute tout aussi spectaculaire de WeWork?

    Ce que ces entreprises ont toutes en commun, c’est l’accès au capital rendu beaucoup plus facile et moins cher qu’il ne l’aurait été autrement. Cela grâce à l’effort continu des banques centrales ; elles nous ont donné des zombies et des licornes des deux côtés de l’Atlantique.

    Là encore, sans politique monétaire accommodante, nous aurions probablement déjà connu une récession plus tôt.
    Il existe un lien ou une nalogie entre la suppression des symptômes de levier excessif , la mauvaise allocation des capitaux par les banques centrales et la montée du problème américain des opioïdes.

    Il y a quelques années, les médecins aux États-Unis ont décidé que les patients n’avaient pas besoin de souffrir, même si la douleur est considérée comme l’un des signes vitaux de la santé humaine, avec la température, la respiration, le pouls et d’autres choses.

    Quand vous etes admis dans une urgence ou si vous avez eu d’autres problèmes de santé, on vous demande immédiatement de caractériser votre douleur sur un niveau de 0 à 10. ET on vous prescrit des opioides. Bien sûr, vous trouver que c’est bien de supprimer la douleur. Mais vous pouvez également penser que cela conduit à la surprescription de médicaments très dangereux qui créent une accoutumance.

    Et où est le lien avec la politique monétaire?
    Lorsque le marché boursier recule de 15 ou 20%, nous n’aimons pas cette douleur. C’est très inconfortable, surtout dans une économie à effet de levier. Les banquiers centraux baissent donc les taux et nous font savoir qu’ils seront là pour résoudre ces difficultés. Les investisseurs, bien sûr, absorbent ces informations et décident que l’investissement était en fait plutôt sûr puisque que les banquiers centraux étaient là pour els soutenir .

    Donc, essentiellement, les banquiers centraux sont devenus le Dr Feelgood. Je ne veux pas contester leurs motifs. Ils tentent consciemment de garder les choses a peu pres debout, et de maintenir leur emploi. Cependant, ils sont apparemment réticents à considérer les conséquences négatives involontaires de leurs actes immédiats, ce qui est dangereux pour les personnes qui investissent de l’argent.

    Cependant, on pourrait faire valoir que les taux d’intérêt extrêmement bas d’aujourd’hui sont dus aux changements démographiques, à la hausse de l’épargne mondiale et à d’autres facteurs.
    Bien sûr, mais cela n’explique pas le grand désordre sur les marchés obligataires et la hausse soudaine de nombreux rendements au cours des dernières semaines avant que les banques centrales n’agissent de manière aussi agressive.

    Pour en revenir au fait: il semble que la complaisance des investisseurs qui achètent des titres dont le rendement est inférieur au taux d’inflation courant peut être considéré comme le résultat de deux forces titanesques de notre époque:

    a) une intervention monétaire agressive et sans précédent et

    b) les perspectives d’une intervention budgétaire tout aussi agressive et peut-être tout aussi sans précédent.

    Au cours des dernières semaines, la Réserve fédérale a considérablement élargi son bilan et a lancé diverses autres mesures d’urgence pour empêcher un effondrement du système financier. N’était-ce pas la bonne chose à faire?
    Je crois que les banquiers centraux que nous célébrons comme les pompiers héroïques pour lutter contre cet incendie financiersont en fait aussi les incendiaires; involontairement, bien sûr.

    Mais par leurs actions, ils ont contribué à créer une structure très déséquilibrée et très vulnérable aux chocs externes.

    Nous avons eu ce choc externe, et nous sommes ici en train de procéder à des interventions encore plus importantes et des actions politiques encore plus considerables qui sont autant de gaspillages

    Vous avez écrit plusieurs livres fascinants sur l’histoire financière. Y a-t-il eu un épisode dans le passé lorsque les banques centrales sont allées à des extrêmes similaires?
    Au 19e siècle, il y a eu de nombreuses ruées et paniques. En Angleterre, la panique de 1825 fut sans doute la plus violente de ces turbulences. La Banque d’Angleterre l’a combattue comme un lion: elle a prêté de manière agressive et non conventionnelle, et elle a même accordé du crédit contre la garantie de marchandises ce qui était peu orthodoxe.

    Quelques années plus tard, Jeremiah Harman, directeur de longue date de la Banque d’Angleterre, a témoigné comment lui et ses collègues se sont mobilisés pour cette occasion. Voici ce qu’il a dit sur la façon dont la Banque d’Angleterre a prêté son assistance à cette époque: «Nous avons prêté par tous les moyens possibles et selon des modalités que nous n’avions jamais adoptées auparavant. Et, voyant l’état épouvantable dans lequel se trouvait le public, nous avons apporté toute l’aide en notre pouvoir; et nous n’avons pas été trop gentils. »

    Quel est le rapport avec les actions politiques d’aujourd’hui?
    C’est ce qui est différent: la Fed a mis en place de nombreuses politiques peu orthodoxes au cours des dix dernières années lorsque le pays n’était pas en récession. De plus, le Trésor américain – je suppose que nous devrions l’appeler le Département de la dette – affichait un déficit budgétaire de 1 000 milliards de dollars avant l’arrivée du virus. Ainsi, pour tout observateur d’il y a une génération, la politique publique était finalement semblable à celle que l’on aurait si il y avait eu une crise; nous avons eu une gestion en mode de crise pendant une période de prospérité. Une politique monétaire aussi radicale ne conduit pas en fin de compte à un retour au fonctionnement normal du marché, mais elle oblige plutôt à une politique monétaire encore plus radicale. On se demande où tout cela mène.

    Selon vous, quelle est la prochaine étape de la politique monétaire? Par exemple, la perspective de gonfler la dette publique amène les investisseurs à se demander si la Fed se lancera bientôt le contrôle de la courbe des taux.
    Dans une large mesure, les marchés ont été administrés par le gouvernement: M. Market a cédé le contrôle à l’oncle Sam. Les taux d’intérêt qui sont l’un des principaux paramètres de valorisation des titres, sont sous la coupe des banques centrales.

    Pour être clair: l’administration gouvernementale des marchés n’est pas nouvelle, et ce n’est pas sans précédent. Les gens demandent maintenant la réinstauration du contrôle de la courbe des taux, ce qui fut la politique aux États-Unis de 1941 à 1951.

    Mais à ce moment-là c’était exceptonnel, le pays état soit mobilisé pour la guerre, soit démobilisé a la sortie la guerre. Et, dès le début de cette politique jusqu’en 1946, le contrôle des prix a été mis en place. Au fur et à mesure que ces contrôles se sont dissipés, l’inflation des prix à la consommation a atteint près de 20% par an alors que les taux d’intérêt étaient d’environ 2,25%.

    Je ne suis pas sûr que si l’indice des prix commençait à être aussi « bouillant » à notre époque , le marché obligataire serait aussi obéissant qu’après la Seconde Guerre mondiale.

    Quelles sont les chances que nous assistions à un pic d’inflation lorsque l’économie reviendra à la normale?
    Il existe un large consensus – partagé par la Fed – que l’inflation est morte: c’est un problème d’antan, et il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. Vous pouvez certainement penser la même chsoe a en juger par les quelque 9 trillions de dollars de titres dont le rendement est estimé négatif , principalement en Europe et au Japon.

    Cela dit, je pense toujours qu’il est sage de ne pas sous-estimer les conséquences néfastes involontaires de ces actions politiques extraordinaires.

    Où voyez-vous des opportunités pour les investisseurs en ces temps difficiles?
    Le prix de l’or a légèrement augmenté ces derniers jours. Mais les gens préférent encore détenir des titres qui ne rapportent essentiellement plus rien rien ou moins que rien libellés en papier-monnaie.

    Or les administrateurs de ces monnaies de papier ont promis de les rendre abondantes et encore plus abondantes si les circonstances le justifient .

    Je suis donc étonné par la confiance collective continue des investisseurs dans l’institution des monnaies fiduciaires et dans la gestion de nos banquiers centraux modernes.

    Vous êtes connu pour être un admirateur passionné de l’or. Quel est la situation pour l’or en ce moment?
    L’or a deux objectifs dans un portefeuille:

    Premièrement, il constitue une couverture contre le désordre monétaire. Donc, si vous croyez que la politique monétaire pointe vers une répression financière toujours plus grande et vers des probabilités de désordre et d’avilissement des devises toujours plus grandes, alors l’or est indispensable dans un portefeuille.

    Et quel est le deuxième objectif?

    L’or est une forme de trésorerie supérieure aux autres formes de trésorerie. Dans un moment de liquidation profonde lors d’un vaste sell-off, cela vous offre l’opportunité d’investir dans des actifs temporairement en difficulté à des prix très avantageux.

    Ainsi, la première raison de détenir de l’or est que vous avez une forme d’argent qui perdure et qui est susceptible de conserver sa valeur lorsque les banquiers centraux continuent de faire leur travail et parviennent enfin à avilir fortement la monnaie.

    Et puis, deuxièmement, vous aurez une forme de trésorerie qui est très liquide et vous permettra de saisir les opportunités en actions, obligations et immobilier le moment venu.

    Sommes-nous proches de ce moment?

    Je trouve incroyable que la confiance dans les banques centrales soit aussi durable qu’elle l’est. Je pensais qu’elle allait disparaitre en 2008/09, mais les banques centrales s’en sont sorties , elles sont revenues avec plus de pouvoir et apparemment plus de prestige.

    Je ne sais pas si 1600 $ l’once est le bon prix pour l’or, car vous ne pouvez pas l’apprécier comme vous le feriez avec de nombreux autres actifs ou créances financières. Mais pour ce que ça vaut, je pense que ça va aller plus haut et c’est un excellent investissement pour faire face aux conséquences qui vont probablement découler de ces expériences de banque centrale appelées assouplissement quantitatif.

    Qu’en est-il des actions de mines d’or?

    À l’heure actuelle, les sociétés minières envisagent une situation commerciale et opérationnelle très favorable: si elles peuvent obtenir la main-d’œuvre, elles envisagent l’effondrement de l’un de leurs principaux coûts, l’énergie.

    Rappelez-vous qu’à l’été 2008, le prix du pétrole brut a dépassé les 100 dollars le baril, ce qui était meurtrier pour les chercheurs d’or car ils ont besoin d’une énorme quantité d’énergie pour se déplacer dans toute cette saleté. Mais aujourd’hui, ils envisagent une structure de coûts favorable et une perspective de prix de l’or très favorable. C’est pourquoi nous aimons des noms comme Agnico Eagle Mines, Barrick Gold ou Kirkland Lake Gold.

    Depuis le pic de février, le S&P a perdu plus de 20%. Les actions américaines sont-elles désormais attrayantes du point de vue de la valeur?

    Pas en général, mais il y a certainement des opportunités, nous en avons étudiées. Il y a eu du chaos, et le chaos crée des opportunités. Par exemple, dans le numéro actuel de «Grant’s Interest Rate Observer», nous examinions les actions privilégiées d’Annaly Capital Management et d’AGNC Investment.

    Et, par pure chance, à notre date de publication, le prix de ces FPI a été divisé par deux entre le moment où nous avons rédigé notre analyse et celui où «Grant’s» est apparu. Et puis, par pure chance tooujours , leur prix a doublé depuis.

    Alors disons simplement que les choses sont volatiles en ce moment.

  14. julien bonnetouche says:

    Bonjour Guillaume,

    Ce monsieur Jim Grant est à tous points de vue un homme du passé, et son propos n’a rien d’original.

    Lorsqu’il affirme que le coronavirus n’est que le déclencheur d’une situation qui de toutes façons devait exploser, il ne fait qu’entonner le refrain de la chorale des « tout le monde savait que ça ne pouvait pas durer »
    Rabâchage un peu trop facile.

    Et lorsqu’il se réfère aux événements économiques passés pour parler du présent, cela montre bien qu’il n’a rien compris au changement majeur dans la gestion des masses monétaires , des taux, et de l’inflation par le consortium des méga-zones économiques du monde depuis la fin de la crise de 2008 et plus encore depuis 2018.

    Le coronavirus est un événement non économique au départ .
    Le confinement est lui un acte économique volontaire d’arrêt de la totalité de l’économie du monde décidé par les États.

    Cela n’a rien à voir avec des déséquilibres financiers en rapport avec ce qui toujours dans l’Histoire a déclenché les crises :
    Endettement et hausse des taux entrainant un manque de liquidités.

    Nous n’avons ni problème d’endettement, ni hausse des taux ni problème de liquidités puisque les banques centrales sont là pour traiter ce problème d’un commun accord mondial.
    D’ailleurs nous le voyons en ce moment.

    Les marchés ont baissé dit il mais on peut aller plus bas.

    Évidemment, le CAC est à 4000 en ce moment mais puisque l’économie mondiale est à l’arrêt, il pourrait tout aussi bien valoir Zéro.
    Oui Zéro, c’est le prix d’une entreprise qui ne fonctionne pas au temps T.

    Serait il intelligent pour autant de laisser les marchés descendre à Zéro ? A moins d’imaginer que la crise du virus devienne pérenne, durable, et que l’on reste dans le confinement définitivement.

    Alors là oui, il faudrait peut être acheter de l’OR, si tant est que les officines qui en vendent soient ouvertes.

    Acheter le l’OR pendant la crise, voilà encore une idée nouvelle de notre « expert » Personne ne l’avait encore eue avant lui !!!

    D’ailleurs il monte en ce moment : le napoléon après plusieurs jours d’absence de cotation pour cause d’excès de demande, à pris 12 % ce jour. Ce qui prouve bien que les français suivent son idée : les moutons se précipitent.

    Qu’attendons nous ?

    Moi je dirais que c’est un signe plutôt positif.

    Quand les français se précipitent sur les « NAP », c’est que nous ne sommes pas très loin d’un revirement de cap.

  15. François says:

    Echange intéressant, basé sur la valeur des actions, de l’or …..
    Par rapport aux commentaires de M. Grant :
    – nous ne devons pas oublier que le marché monétaire est déconnecté de la valeur de l’or depuis de nombreuses années (1969 je crois) ;
    – certes l’argent facile permet l’émergence de n’importe quelle société, même non rentable. Mais ces sociétés non rentable arrivent pour certaines à rémunérer, parfois (souvent ?) indirectement des salariés qui alimentent la demande. Les perdants les investisseurs qui prennent des risques, parfois des institutions, et encore, s’ils trouvent une ou deux licornes sur les 10 dossiers financés, ils sont souvent gagnant.
    Suite à la crise actuelle, certains de ces modélisation peuvent se trouver en danger. Quoique, il semblerait que le confinement oriente vers l’informatisation ou digitalisation à outrance …. donc des perspectives de créations de concepts.

  16. Bonjour,
    Merci pour votre article éclairant et relativement vulgarisateur.
    Est-ce que votre seconde conclusion n’est finalement pas que la principale conséquence de la crise sanitaire est le risque de baisse à long-terme des actions du fait de l’incertitude du marché?
    Si c’est le cas, je comprends le certain optimisme sur lequel vous concluez, car sans véritable impacte sur l’économie réelle.
    Yves
    https://controledegestionpourtous.blogspot.com/

  17. julien bonnetouche says:

    M. Shapira,

    Juste quelques mots :

    En matière de bourse ou d’immobilier qui sont les principaux actifs investissements, cela ne sert à rien échafauder des théories complexes.

    Il y a un seul moteur : la confiance des investisseurs, basée sur l’appréciation globale de la situation.

    Et là, il nous faut mettre dans un sac plusieurs données qui concourent à l’entretien de cette confiance ou pas :

    les taux (zéro ou presque)
    l’inflation (zéro ou presque)
    les perspectives économiques croissantes ou décroissantes ( à vous de voir à cet instant T)
    la solidité des institutions (elles y sont)
    Et surtout les liquidités (autant qu’il en faut parait il)

    Si l’économie repart, comme nous n’aurons pas d’inflation, il est probable que nous aurons encore dans les années qui viennent une inflation des actifs pour recycler une partie des liquidités. (immobilier et actions)

  18. François says:

    Julien,

    Peut- on assurer l’absence d’inflation ?
    Sans avoir une inflation galopante, les augmentations de salaires annoncées, dont transport, et la fermeture des frontières vont naturellement impactées les prix de revient et donc le prix des marchandises. L’enchaînement logique sur les grilles indiciaires, …. ne risque-t-il pas d’entraîner une hausse de l’inflation plus marqué, sans être exponentielle ?

  19. Julien bonnetouche says:

    Bonsoir François, La tendance de long terme est toujours déflationniste. On peut avoir un peu d’inflation passagère pour les raisons que vous donnez. Mais même les augmentations de salaire sont sectorielles. Le pétrole est au plus bas. Alors effectivement les voitures roulent peu. Mais il n’y a pas que ça. Imaginez vous que les frontières restent longtemps fermées ? Les industries rapatriées seront sélectives aussi, et en petit nombre. Il y a déjà des fruits du Maroc et d’Espagne chez les commerçants. Non vraiment je pense que les choses vont reprendre leur cours normal bientôt. C’est une nécessité. le gouvernement est plutôt mauvais mais on voit bien qu’ils «  balisent » devant la crise économique. Restera le problème des voyages, des spectacles des compagnies aériennes et les resto. Signe plutôt encourageant, j’ai l’impression que la bourse «  chauffe »

  20. François says:

    Pour les restaurants une tendance orienterait vers le 15 mai, avec nombreuses mesures de précautions. C’est bien de vouloir faire reprendre le travail, mais comment nourrit-on le personnel ?

    Pour le retour comme avant, tout dépend également du comportement du consommateur.
    la-croix.com/Economie/France/FNSEA-assume-hausse-prix-appelle-manger-francais-2020-04-26-1201091247?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=welcome_media&utm_content=2020-04-27

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recevez nos conseils pour gérer votre patrimoineInscrivez vous gratuitement à la lettre du patrimoine