– Une chronique rédigée par Mathieu Hamel, fondateur de Mariequantier – Nous publierons cette chronique, tous les lundis matin, si elle vous plait – Merci de me l’indiquer dans les commentaires de l’article – )

Le but de cette note hebdomadaire est de vous aider à suivre la narration des marchés afin de comprendre et d’anticiper ces derniers. Construisez ainsi une opinion critique sur nos recommandations et personnalisez vos investissements quand vous le souhaitez.

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Voici ce que nous devons retenir de la semaine dernière.

  • Déjà un tiers des entreprises du SP 500 ont annoncé leurs résultats pour le premier trimestre 2018. Et pourtant, y compris lorsqu’elles ont battu les estimations, en moyenne, elles n’ont pas vu leur valeur augmenter. Que l’on évalue l’attractivité des actions à partir du ratio P/E « classique », le rapport entre le prix de l’action et le résultat par action, les actions sont surévaluées, à un niveau d’environ 25 années de profits ; ou que l’on utilise le P/E « forward », le même rapport mais avec les estimations de résultat à 1 an, le ratio reste à environ 17 années de profits. Toujours surévaluées. Avec le multiple Marie Quantier, plus sophistiqué, qui ajuste le P/E « classique » avec le taux de croissance et les taux d’intérêt, le prix du SP 500 s’établit à environ 22 années de profits. Surévaluées. C’est pour cela que le deuxième axe que nous regardons avec attention est l’amélioration ou la détérioration de l’économie, qui a un impact direct sur la croissance économique et donc un impact indirect sur les résultats d’entreprises à venir. Or ces deux dernières semaines, toutes les analyses ont montré non pas que la croissance baissait, mais que la croissance avait arrêté d’augmenter. Donc si les actions sont surévaluées et que l’économie a arrêté d’accélérer, il est logique de voir le consensus stopper ses paris à la hausse sur les actions. Malgré les bons résultats, nous restons en retrait des les actions US.
  • Les actions européennes présentent des valorisations attractives et des taux de dividendes importants. Nous restons cependant prudents car historiquement lorsque le marché est « euphorique », quelque soit les valorisations en Europe, les actions européennes présentent un risque de baisse important. Cependant de nombreux marchés voient leurs habitudes modifiée par le rééquilibrage actuel des puissances économiques : relation entre la Chine et les USA, relation entre le « quantitatives easing » en Europe et au Japon et la réduction du bilan de la Fed, émergence réelle ou fantasmée de la gouvernance économique de l’EU, etc. Il est donc possible d’envisager que le comportement des actions européennes ne soient plus d’actualité. Mais à l’heure actuelle, nous ne sommes pas capables de prouver que le risque de baisse est faible. Nous restons donc toujours en retrait des actions européennes.
  • Les « hedge funds » ont enfin arrêté de parier sur la hausse de l’euro avec une intensité historiquement haute. Le dollar a d’ailleurs connu une hausse notable cette semaine. Nous saurons vite si c’est le début d’une nouvelle tendance. Deutsche Bank (DB) a publié une étude intéressante sur le risque d’une crise de la dette venant des USA. En quelques mots, DB montre qu’historiquement, le déficit budgétaire US a toujours été financé car seuls les bons du trésor américains apportaient autant de profondeur et de protection : puissance militaire, attractivité culturelle et force des institutions pour reprendre leurs termes. Or la rhétorique de l’administration Trump a remis en question le statut de valeur de réserve du dollar. Cela a eu comme première conséquence de rendre les obligations d’État américaines moins performantes que les mêmes obligations européennes, malgré leurs taux négatifs, une fois pris en compte le taux de change. Cela pourrait d’après DB générer une crise de la dette. Est-ce un changement de paradigme véritable ou est-ce Cohn et Mnuchin qui ont préparé le terrain pour les souscriptions d’obligation historiques de 2018 ? Les émissions massives d’obligation à court terme dues à la réforme fiscale de Trump qui a fait exploser le déficit publique américain et qui doit être comblé par des emprunts sont avancées par certains analystes pour expliquer l’augmentation récente et importante des taux d’intérêt à court terme aux USA. Si nous étions à la place de Cohn et Mnuchin, dans le but d’éviter la même conséquence et une hausse des taux d’intérêt nécessaire pour attirer des investisseurs sur les émissions d’obligations à long terme, nous aurions cherché, au préalable, à déprécier le dollar. Ainsi, le pitch de vente serait devenu : vous avez 3% d’intérêt et potentiellement 10% ou plus de hausse sur le taux de change. Ce serait un raisonnement très « Goldman Sachs »… ancien employeur de nos compères. De ce fait, nous restons dubitatif sur le scénario présenté par DB et restons haussier sur le dollar.
(Les opinions exprimées sont une lecture des résultats produits par nos modèles. Vous pouvez visualiser les résultats du diagnostic de l’économie et des marchés directement dans votre espace au niveau de la météo des marchés).

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19 Comments

  1. OlivierSPb says:

    Diantre, une chronique hebdomadaire des marchés! Moi qui croyait qu’il fallait acheter des « Blue Chips » pour 20 ou 30 ans et ne regarder leurs cours qu’une fois par an! 😉
    Fi, Haro sur GF, cet odieux spéculateur!
    🙂 🙂

    • Patrick says:

      Bravo, la réplique ne s’est pas fait attendre.
      Il est vrai que GF l’aura bien mérité sur ce coup là !!

      • Merci messieurs,

        Comme vous le savez, je sais surtout que je ne sais rien 😉 Ne croyez vous qu’il serait dommage de s’enfermer dans une vision dogmatique qui interdirait de rechercher des alternatives intéressantes ?
        De surcroît, comprendre la narration des marchés est essentiel pour essayer d’anticiper les conséquences sur l’économie et donc notre quotidien

        • OlivierSPb says:

          Mais on vous dit que la gestion doit être 100% passive et que l’on voit le résultat dans 20 ans!
          Vous voulez quelques citations? 😉

    • Thibaut says:

      bien vu

  2. Thibaut says:

    Chronique intéressante, par contre en retrait des marchés US et européen, vous allez sur quoi ? sur l’asiatique?

    • keith kennedy says:

      bien vu également. personne n’est à l’aise avec les marchés actuellement. que faire?
      compte Euros?????

  3. duglan says:

    Il y a déjà surproduction de ce genre d’analyse , pas intéressé personnellement .

  4. Badtimes says:

    Bonne initiative, même s’il y a d’autres analyses, c’est toujours bien de pouvoir comparer pour se faire une idée soi même un peu plus précise ( du moins je l’espere!)

    • Ajnabi says:

      Je suis pour une analyse hebdo, et je trouve que, plus généralement, MQ propose un service intéressant. En plus, ils passent par la plateforme de Interactive Brokers.

  5. pantanel says:

    quelles que soient les valorisations ??

  6. julien bonnetouche says:

    Damoclès es tu là ?

    Deux écoles de pensée s’opposent en ce moment sur le devenir de la reprise économique dans laquelle le monde nage depuis 2 ans ( pour la France ) et un peu plus pour les USA et l’Allemagne.

    D’un côté ceux qui pensent comme moi, qu’elle va durer quelques années, et d’ autres qui croient à une inversion de courbe à brève échéance car nous serions d’après eux, à la fin d’un cycle qui est déjà plus long que d’habitude aux Etats Unis.

    De la même manière deux approches de la société se confrontent dans notre pays entre les tenants du colbertisme protectionniste (cheminots et pilotes d ‘AF associés de circonstance à quelques gauchistes insoumis), et un gouvernement libéral mondialiste.

    je mets en parallèle ces deux oppositions sociétales qui rappellent un peu « la querelle des anciens et des modernes » dont on sait qui sortit victorieux.

    Ceux qui pensent que la reprise sera de courte durée, qui sont les mêmes d’ailleurs que ceux qui agitent le spectre de la dette mondiale (+160 000 milliards) en se projetant déjà dans la prochaine crise, raisonnent de le même façon que ceux qui s’accrochent aux « avantages acquis » monopolistiques :
    Ils tiennent des raisonnements à l’ancienne.

    Ou pire encore ils raisonnent en mathématiciens.
    L’exemple le plus intéressant de ce modèle en ce moment, est celui de l’économiste Patric Arthus :
    D’après lui, la reprise va s’essouffler d’elle même dès cette année, car les entreprises ne trouvant pas sur le marché du travail les compétences nécessaires, celles ci vont tout bonnement réduire leur production et ainsi faire retomber la croissance à 1 %
    Mais, comment pourrait on imaginer qu’un entrepreneur, qui sait ce que sont les vaches maigres, ne trouve pas des solutions à un problème de trop plein, que l’esprit (trop) bien structuré d’un polytechnicien qualifie d’insoluble ? A l’évidence, contrairement à l’aveuglement technocratique, on sait que le génie inventif par nécessité n’a pas de limites.

    De leur côté les cheminots CGT, eux, tiennent à leur statut alors qu’on leur explique que ceux qui sont en place le conserveront. Ils tiennent à leur statut car on est encore très souvent de nos jours cheminot de père en fils, un peu comme sous l’ancien régime les nantis disposaient de charges héréditaires. Évidemment personne n’en parle et ils préfèrent mettre en avant le « service public » mais tout le monde voit que cela est devenu insoutenable.
    Il y a quand même du piquant à constater les descendants directs de ceux qui ont voté la nuit du 4 août, se comportent de la sorte.

    Faisons un petit retour sur la dette mondiale qui a doublé en 10 ans surtout avec la crise des subprime :
    45 % se trouve en Chine, en Occident pour l’essentiel c’est une dette des Etats, et c’est dans les pays émergents que la dette privée est la plus importante.
    Le problème est réel, mais je ne vois pas dans quelles circonstances quiconque réclamera le paiement de cette dette à l’État chinois, au gouvernement des USA ou au conglomérat européen malgré tout uni comme on l’a vu avec la Grèce, par la BCE .

    Une crise viendra bien un jour, mais probablement pas par ce biais là. On le voit d’ailleurs, 100 000milliards de dette ou 200 000milliards tout le monde s’en moque.

    Déjà, j’entends certains s’exclamer : « mais quand les taux monteront, et quand la croissance ralentira ça ira mal ».
    Oui tout le monde le sait, même les banquiers centraux, et comme le monde entier se tient par la barbichette du fait le la mondialisation des économies, on peut parier que les taux ne monteront que très lentement, et que tout sera fait pour la croissance perdure encore un bon moment.

    Les règles ont changé, et c’est vraiment ça le nouveau monde économique : une preuve s’il en est : on pensait jusques là que lorsque l’on fabrique artificiellement de la monnaie cela entrainait de l’inflation . Or cela fait 10 ans que les banques centrales inondent le monde de liquidités, et on n’en voit toujours pas la trace.

    Au fur et à mesure que la mondialisation progresse, l’interdépendance des économies s’accroit et limite ainsi les risques de grande crise, qui si elle devait se produire, s ‘étendrait à l’échelle du monde y compris la Chine.

    Le bon côté de la globalisation, c’est que chacun ne peut plus faire sa petite cuisine monétaire dans son coin comme avant, car cela aurait un retentissement tel que l’initiateur du déséquilibre se le prendrait en retour comme une porte de saloon.

    Il semblerait que le passage à vide actuel de la croissance ( surtout en Chine) serait dû aux « tweets de Trump » qui leur font peur.
    Comme je pense que Trump est plus intelligent et surtout plus pragmatique qu’on le croit, ça va s’arranger.

    On le constate, Trump, après avoir pris des positions extrêmes sur le protectionnisme, est obligé de revenir aussitôt en arrière car les marchés ne l’acceptent pas du tout. Or le Dow Jones doit rester vaillant, car c’est là que prospère la retraite des américains.

    L’aspect cyclique de la croissance lui aussi devrait s’atténuer, s’aplatir, pour se transformer en courbe serpentine à pente légèrement croissante , avec des relais pour ré-embrayer lorsqu’elle faiblit :
    Ainsi en ce moment on note un léger ralentissement conjoncturel, mais parallèlement aux USA et en Allemagne, une progression importante des salaires est à l’ordre du jour. ( c’est une nouveauté puisque les salaires sont stables depuis une dizaine d’années).
    La France est en retard sur ce sujet comme d’habitude , mais rattrapera dans 2 ou 3 ans compte tenu de la politique pro business menée par le gouvernement.
    Ces augmentations de salaires accroitront la consommation, elle même favorable à la croissance qui repartira.
    Et puis surtout il y a la croissance mondiale à près de 4 % qui elle ne faiblit guère. Son aspect homogène sur presque l’ensemble du globe en garantit une certaine pérennité.

    En fait nous l’avons eu la grande crise, en 2007. On en est sorti par miracle ( en grande partie grâce à Sarkozy, et c’est sa seule réussite) et maintenant nous sommes sur une ligne de croissance plutôt favorable pendant quelques années.

    Naturellement tout cela c’est mon ressenti personnel.

    Sur le plan pratique, le CAC devrait remonter au 2eme semestre, et approcher les 6000 d’ici la fin de l’année.

    • OlivierSPb says:

      @JB
       » car on est encore très souvent de nos jours cheminot de père en fils, un peu comme sous l’ancien régime les nantis disposaient de charges héréditaires ». C’est vrai mais n’exagérez pas, he connais pleins de familles de médecins, d’avocats, de pharmaciens, d’architectes où ils en sont à la 3ième ou 4 ième génération. Aussi des pilotes ou des contrôleurs aériens…
       » quiconque réclamera le paiement de cette dette à l’État chinois » Euh, je ne savais pas que L’État chinois était très endetté sur les marchés internationaux, curieusement pensais qu’à l’international ils étaient prêteurs nets…. 😉
      Pour info, dette de l’État chinois (Hors provinces et municipalités): 20% du PIB dont 7% en dette extérieure…
      Enfin, il n’est pas nécessaire de « demander le remboursement » il suffit d’attendre l’échéance et d’acheter des cacahouètes ou des Bitcoins plutôt qu’une nouvelle émission de dette souveraine…
      « Et puis surtout il y a la croissance mondiale à près de 4 % qui elle ne faiblit guère. Son aspect homogène sur presque l’ensemble du globe en garantit une certaine pérennité. ». Euh, prévision zone € 2,3-2,4% dont France 2%. Pour la France moitié moins que la moyenne, comme homogénéité on fait mieux…
      😉
      JB vos lunettes roses sont un peu déformantes!.

  7. OlivierP says:

    Super cette chronique, merci Guillaume pour le travail et cette chronique complete l’info de ce blog.
    Un petit tableau de synthèse en tête serait un plus …. pour apporter une idée.
    +1 pour continuer.
    OP

  8. Badtimes says:

    @Julien Bonnetouche
    Optimiste invétéré c’est bien, mais en économie les cycles existent bel et bien, plus ou moins longs, mais ils existent. Hollande pensait que le cycle se retournerait avant les élections: il s’est produit un peu tard pour lui, mais il s’est bien produit et Macron devrait le surveiller de près !

  9. julien bonnetouche says:

    @ Badtimes,
    Oui les cycles existent, et comme vous le dites à propos de Hollande, il n’est pas simple d’en prévoir la durée.
    Par exemple aux USA c’est le cycle d’expansion le plus long jamais vu( depuis 2009), et il semble se prolonger avec les mesures fiscales de Trump.
    pas seulement avec cela d’ailleurs car les résultats d’entreprises sont au rendez vous, dans le sillage d’une croissance mondiale plus forte que jamais.
    Concernant notre pays, le début du cycle se situe en 2015. C’est pour cela que Hollande croyait en bénéficier. Nous sommes en 2018, si les cycles durent 7 ans en moyenne, cela devrait aller jusqu’en 2022 ?

    • Badtimes says:

      Peut être, par contre cette fois la donne a changé un peu avec l’intervention massive des Banques Centrales et de la digitalisation de l’economie: il semble que l’on soit dans un monde un peu different qui ne respecte plus les anciens fondamentaux de l’a science économique, l’avenir nous le dira, à part les inconvénients c’est assez passionnant.

  10. martins says:

    Bonjour
    Très bonne idée de cette chronique qui par son contenu et les commentaires divers mais très intéressants permettent à leblogpatrimoine de ne pas rester uniquement sur le sacro-saint immobilier.
    L’immobilier est incontournable il est vrai mais la diversification a du bon aussi car elle apporte d’autres atouts tels que rentabilité, liberté d’action, etc….
    bien amicalement
    Antonio

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