Dès qu’on en parle,  les passions se déchaînent autour du bitcoin, partout dans la presse et jusqu’ici dans leblogpatrimoine.

Le débat tourne toujours autour de la même question : Le bitcoin est-il une monnaie ?

Je vais tenter de vous démontrer pourquoi le bitcoin n’est pas tout à fait une monnaie, mais possède plutôt toutes les caractéristiques d’un objet d’art, qui entre dans la catégorie dite «Art Contemporain»

Dans l’Histoire,  art et monnaie suivent des chemins parallèles.

De tout temps, l’art comme la monnaie, a joué un rôle politique.

Depuis l’origine, les hommes de pouvoir l’ont utilisé à fins d’orienter l’opinion.

Pendant longtemps, les Dieux puis les religions étaient l’un des bras armés du pouvoir, et naturellement ce dernier au travers de représentations statuaires ou picturales racontait l’histoire officielle qui devait être fédératrice pour les populations.

Les batailles, les événements importants de l’Histoire du pays, mais aussi les portraits des puissants jalonnent le déroulement la vie des États et des sociétés. Les artistes devant jouer le jeu de leurs commanditaires s’ils voulaient que leur talent soit reconnu.

Les monnaies anciennes (aujourd’hui souvent élevées au rang d’objet  d’art) n’échappaient pas à la même règle : représentations divines et impériales de l’antiquité, monnaies royales à l’effigie des monarques, même la république n’est pas épargnée, avec ses pièces d’or  représentant  Marianne.

Puis vint le temps de la réaction.

Il arrivait que certains artistes décident de rompre avec le dogme et en firent les frais.

Ce fut le cas les impressionnistes à leurs débuts, dont les premiers critiques prétendaient  que ce n’était pas de l’art.

Aujourd’hui encore, le même problème se pose avec l’Art Contemporain, que beaucoup ne comprennent pas et en disent la même chose.

Mais à l’Époque moderne, la libération des esprits a permis de redéfinir l’art, lui conférant une nouvelle dimension universelle dans laquelle chacun est libre de son adhésion ou pas, et de son  ressenti, en face de l’œuvre qui lui est présentée, comme c’est le cas avec l’abstraction par exemple.

L’Art Contemporain apporte un élément supplémentaire discriminant, dans le sens où l’aspect esthétique matériel de l’objet, si longtemps considéré comme indispensable, passe au second plan, voire disparaît devant «l’intention de l’artiste»

Le message de l’artiste revient alors au premier plan dans sa représentation du monde comme l’était autrefois celui des puissants.

L’artiste contemporain non officiel parmi les plus connus, Bansky, est sans doute le représentant du  «street art» qui délivre le message politique le plus fort pour  la partie  de la société en réaction à l’ordre établi.

Et, clin d’œil de l’histoire,  tout comme Satoshi Nakamoto, on ne sait pas qui est Bansky.

L’art est un terme générique, mais il ne saurait se définir en dehors du talent de l’artiste, si tant est, que seules les œuvres talentueuses présentent un intérêt.

Afin de bien cerner le sujet, j’aimerais vous proposer une définition du talent sur laquelle je crois, tout le monde peut s’accorder :

«Ce qui est inaccessible au petit talent, c’est l’aspect convaincant de l’œuvre indépendamment de la façon du rendu»

Mais l’art a ses époques, et ce ne sont pas les mêmes qui apprécient la peinture classique, la peinture impressionniste, l’abstraction et l’art contemporain.

En général les plus âgés préfèrent le classicisme auquel ils ont été habitués de longue date.  Pour eux, passer à l’abstraction, même au cubisme demande un effort souvent au-delà de leurs possibilités.

Ces mêmes personnes vont avoir une conception extrêmement classique de la monnaie, telle que définie déjà depuis l’Antiquité.

Ils ne pourront admettre que la monnaie fut autre chose qu’un instrument de paiement et de réserve de valeur garantie par l’État.

Et pourtant tout le monde sait depuis longtemps, que nous ne pouvons pas faire confiance aux États pour ce qui est de la valeur de la monnaie…

Les plus vieux, et ce n’est pas une question d’âge, ne peuvent adhérer au bitcoin en tant que  monnaie, du fait de son immatérialité et de sa marginalité vis à vis des institutions officielles.

En effet, la monnaie est censée représenter la contrepartie d’une création de richesse en face.

Or, le bitcoin n’est basé sur aucun support matériel  !!

Les plus jeunes au contraire (et ce n’est pas non plus une question d’âge), reconnaissent le message politique délivré par le bitcoin.

La clé du succès du bitcoin réside dans la conviction que génère son message politique et artistique.

Le message politique est le suivant :

Puisque les États sont incapables de gérer la quantité de monnaie en circulation, nous préférons utiliser notre monnaie (le bitcoin), dont la quantité est déterminée pour toujours à 21 millions, et en même temps l’anonymat des transactions sécurisées par la blockchain flatte la face libertarienne de notre égo. (pas étonnant que Elon Musk en ait acheté)

Mais alors pourquoi le bitcoin et pas une autre, puisqu’il existe plusieurs milliers de cryptomonnaies ?

Réponse : à cause de son message artistique :

Parce que le bitcoin, du fait de ses caractéristiques propres, est reconnu comme une œuvre de grand talent par les intervenants de marché. Elle est celle qui délivre le message le plus fort, elle parle à la communauté de ceux qui doutent du rôle classique des États.

Et son créateur, comme tout grand artiste est «pile-poil» dans son époque. Il est arrivé au bon moment ( juste après la crise de 2008 qui a vu apparaître les premiers QE)

Il est également contemporain d’une certaine philosophie de la déconstruction des valeurs sociales largement développée par Jacques Derrida quelques années plus tôt, et que l’on constate maintenant d’une manière ouverte.

Le bitcoin est l’œuvre d’art contemporaine la plus aboutie puisque complètement dématérialisée.

En effet, les représentations du bitcoin sous forme d’une pièce de monnaie que l’on nous montre parfois dans la presse, ne sont là que pour l’expliquer à ceux qui n’ont pas encore eu la «révélation»

Les autres, les vrais aficionados, n’ont besoin  que du message qu’il porte, et d’une ligne de code.

Et puis, tout le monde le dit,  le bitcoin sert aussi à blanchir de l’argent, et alimente les trafics. Justement, de tout temps jusque dans l’Antiquité, les objets d’art ont joué ce rôle, payés en liquide, passant de mains en mains sans laisser de trace, atterrissant parfois dans des collections les plus prestigieuses.

A quand le recel de bitcoins volés ?

Il existe peut-être déjà.

Enfin, tout comme une œuvre d’art  unique et célébrissime, son prix ne peut que monter.

Combien peut valoir la Joconde ?

On n’en sait rien, si ce n’est qu’il n’y a probablement pas tableau plus cher au monde.

Quel que soit son prix, celui-ci pourra il baisser ? En dépit de variations spéculatives momentanées,  sur le long terme, certes non.

Le bitcoin, c’est la même chose…

Le fait même qu’il soit divisible, le rendant ainsi accessible à presque toutes les bourses, le rapproche des impressions lithographiées (mais signées et numérotées) d’œuvres de peintres majeurs, également destinées à un public plus large.

Si le bitcoin est une œuvre d’art contemporain, pour sa pérennité, il vaudrait peut-être mieux qu’il en  reste là …

Car il n’est  pas étonnant de voir les États et institutions officielles s’inquiéter de l’apparition de cette concurrence, sur un champ d’action, qu’ils ont toujours considéré comme leur  monopole historique.

C’est là le risque pour le bitcoin !!!

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