Assurance vie et gestion de patrimoine

Mince et re-mince ! Encore raté. Depuis quelques semaines, le taux de l’obligation d’état Française (OAT 10 ans) ne cesse de baisser pour atteindre 0.62% au moment ou je rédige ces lignes. Comment l’expliquer alors que nous n’avons cesse de vous expliquer depuis plusieurs mois que la tendance à la hausse des taux d’intérêt est acquise à moyen terme ? 

Ne jamais oublier que Je sais que je ne sais rien ! et tout ira mieux.



 

Dans sa dernière note Carmignac Gestion avait anticipé cette baisse des taux d’intérêt en ces mots :

« Si la banque centrale américaine se montre résolue dans sa volonté de normaliser sa politique monétaire, la BCE reste quant à elle extrêmement prudente quant au calendrier et aux modalités de sortie des mesures non conventionnelles. Ceci pourrait continuer à ancrer les taux d’intérêts européens à un bas niveau, malgré l’accélération de la reprise économique et la stabilisation de l’inflation dans la zone euro. »

 

Evolution du taux d’intérêt OAT 10 ans depuis 1 année

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Sur twitter, Philippe Waetcher explique cette baisse des taux long terme par la baisse des anticipations d’inflation.

 

 

Avec deux graphiques éloquents :

anticipation-inflation-us-pw

 

 

decomposition-taux-interet-10-ans

 

 



Mais attention, cette baisse de l’anticipation de l’inflation de court terme ne doit pas faire oublier la haute probabilité d’un retour d’une inflation plus élevée à moyen terme.

En effet, selon Geoffroy Lenoir, Responsable gestion OPC taux souverains zone euro chez Aviva Investors France :

Le consensus des économistes sur les prévisions d’inflation en zone euro s’établit à 1,6 % pour l’année 2017 (source : BCE). Cette prévision se fonde sur une hausse des prix des matières premières et du pétrole, appelés à se stabiliser prochainement. Après avoir pointé à 2 % en février, l’inflation en zone euro est revenue à 1,5 % en mars et est ressortie en première estimation à 1,9 % en avril. Les données d’inflation sous-jacente, hors matières premières et énergie, ressortent modérées, à 0,7 % pour le mois de mars et 1.2% pour avril (estimation).

Portée par des effets de second tour sur le prix des biens et services, une remontée graduelle de l’inflation sous-jacente à horizon un ou deux ans semble hautement probable. Et dans ce scénario de retour à une inflation soutenable, sinon soutenue, les risques sont plutôt orientés à la hausse. 

Il existe un risque politique, lié à la mise en œuvre de la politique du nouveau président américain Donald Trump – perçue comme inflationniste, aux négociations de sortie de l’Union Européenne que le Royaume-Uni s’apprête à engager, et bien évidemment, à l’élection d’une nouvelle assemblée en France et dans plusieurs pays européens.

L’attitude des banques centrales fait également peser un risque à l’accélération de l’inflation. En 2018, la Banque centrale européenne (BCE) commencera à retirer une partie des liquidités injectées massivement pour soutenir l’activité dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif. Le tapering de la BCE interviendra de manière graduelle et ne marquera pas une rupture brutale avec la politique monétaire ultra-accommodante menée depuis trois ans par le gardien de l’euro.

La BCE sera tentée d’adopter une position attentiste avant d’engager le resserrement monétaire afin d’éviter de briser un retour fragile de la croissance en zone euro. L’inflation dépasserait alors les anticipations actuelles du marché.

 

A suivre…

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13 Comments

  1. Patrick says:

    Ça me plait, ces ‘experts’ qui prédisent ce qui n’arrive finalement jamais!
    Laissez les tomber une bonne fois pour toute.
    Après le dégagisme en politique, peut-être que le dégagisme en économie/finance/bourse nous ferait du bien.
    Pas besoin d’être sorti d’une grande école pour comprendre ce qu’il se passe.
    L’inflation a été entretenue uniquement par la hausse du pétrole en 2016 après son point bas en début d’année.
    Pour le reste, la composante qui pourrait faire monter l’inflation est dépendante des salaires qui n’augmentent pas, de la croissance qui reste molle et du chômage qui est élevé.
    Dans ces conditions, cette composante ne risque pas d’alimenter la reprise de l’inflation, alors que du côté du pétrole, les cours se sont stabilisés autour de 50$ (+/- 4 ou 5 $).
    L’inflation ne peut donc que se stabiliser, ou refluer légèrement au gré des aléas climatiques ou géoéconomiques.
    Si on y ajoute la fin de l’épisode électoral français qui avait vu une nette surprime donnée aux taux français par rapport aux taux allemands… Tout est normal aujourd’huien matière de taux.
    Pas la peine de s’alarmer pour leur niveau et de parler d’écroulement!
    Par contre, les actions étant surévaluées, les investisseurs risquent d’en prendre conscience et de les quitter pour aller sur les placements obligataires… ce qui ferait baisser encore plus les taux.
    Vous n’avez peut-être pas fini de vous alarmer du taux de l’OAT!!

    • excellente réponse

    • Polaris says:

      J’ai la même opinion que vous (étant conscient que je peux moi aussi très bien me tromper !). Je pense qu’il faut oublier l’ancien monde avec des taux souverains européens à 10 ans de 3 ou 4%: nous ne le reverrons probablement pas. Pour retrouver de tels niveaux, il faudrait que l’inflation et donc les revenus augmentent considérablement. Vous y croyez, vous ? Même dans les pays qui se portent bien (UK, Allemagne, Pays-Bas), les taux de chômage officiels de 4 ou 5 % masquent en réalité des armées de mini-jobs à temps partiel et durée déterminée, mal payés. Même pour les privilégiés dans mon genre, salarié d’un groupe international d’aéronautique qui ne s’est jamais aussi bien porté financièrement (4 années de production en commandes fermes, de nouveaux projets et de nouveaux clients en veux-tu en voilà dans le monde entier, bureaux d’études et chaînes de fabrication en surcharge permanente, action +30% et dividende +8% en un an), le budget des augmentation de salaire est de… 1.4% (+0.4 pt au-dessus de l’inflation… une misère !). Et en France, de nombreux économistes pensent sérieusement que le taux de chômage de 9% est devenu le niveau structurel, incompressible. Y a-t’il des personne dans la salle qui Pensent réellement que nos états européens, à la population vieillissante et dont les taux de croissance se traînent à 1.8%, alors que la conjoncture mondiale est exceptionnellement favorable, pourront un jour se payer de nouveau le luxe d’emprunter à 3 ou 4% sans faire instantanément sauter le mur de la dette ? Certes l’Allemagne est actuellement en excédent, mais elle va à très brève échéance faire face elle aussi à un mur d’investissements en infrastructures et surtout en dépenses de santé et de retraite. Bref (je me rends compte que je viens de faire mon Olivier Delamarche, là 🙂 ), la probabilité d’une hausse considérable des taux ne serait-ce qu’à moyen terme me paraît très, mais alors très faible. On aura effectivement quelques variations liées à des facteurs exogènes (crise asiatique ou des émergents, cours des matières premières – mais on n’est pas près de revoir le pétrole à 200 USD le baril comme il y a 12 ans, lorsque la Chine en surchauffe absorbait à elle seule les 2/3 de l »énergie extraite de la planète -), mais je pense que l’on ne reviendra pas au « monde d’avant ». Et cette absence de perspective d’augmentation sensible de l’inflation et des revenus remets beaucoup de choses en question, notamment l’intérêt de l’acquisition à crédit de biens immobiliers locatifs… Si l’inflation, la hausse des salaires ou la hausse des loyers ne sont plus là pour alléger au fil du temps la charge de la dette (c’est le principal intérêt de l’emprunt), les ménages les plus fragiles parviendront-ils supporter sur 20 ans la charge de leur emprunt (surtout si se greffent dessus une augmentation tendancielle des impôts, un accident de la vie ou tout simplement le coût des études des enfants…) ? D’un autre côté, si la hausse massive et rapide des taux ne se concrétise pas, on devrait aussi éviter un crash immobilier…

  2. Antoine says:

    @Patrick : d’accord sur tout, sauf la partie action, car tant que les taux restent bas, il n’y a pas de raison valable pour les quitter, sauf crise financière comme en 2008 ou 2012. Les mini crises provoquées par les problèmes en Chine, le Brexit ou l’élection de Donal Trump sont retombées comme des soufflets.

  3. Extrait des prévisions banque de France Juin 2017 :

    « L’inflation, mesurée avec l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), se redresserait  : après 0,3  % en 2016, elle augmenterait en moyenne annuelle à 1,2 % en 2017, tirée à la hausse par sa composante énergétique.
    Son profil mensuel serait toutefois irrégulier, marqué par de larges fluctuations, en raison essentiellement de ses composantes énergétiques et alimentaires. Elle resterait stable en 2018, mais avec une contribution plus équilibrée de ses diverses composantes  : l’inflation hors produits alimentaires et énergie se maintiendrait en effet à 0,6  % en moyenne annuelle en 2017, mais remonterait à partir de 2018, sous l’effet notamment de la baisse du taux de chômage et de la remontée des prix d’importations hors énergie. Ce mouvement se prolongerait en 2019, soutenu en particulier par l’accélération progressive des salaires nominaux. L’inflation totale et l’inflation hors produits alimentaires et énergie convergeraient donc, pour augmenter en 2019 à 1,4 %. « 

    • Patrick says:

      « sous l’effet notamment de la baisse du taux de chômage » ou « l’accélération progressive des salaires nominaux. »
      Les prévisions de la banque de France ne sont pas paroles d’évangile!
      Je me demande même quel est ce breuvage hallucinogène très efficace qu’ils doivent boire avant de rédiger leurs prévisions.

      Je préfère nettement les prévisions faites par la BNP en début d’année :

      « Le redressement de l’inflation reste progressif et alimenté par la contribution des prix de l’énergie, désormais légèrement positive.
      L’inflation sous-jacente est, quant à elle, légèrement orientée à la baisse.
      La boucle prix-salaires fonctionne ainsi au ralenti, la faiblesse de l’inflation et la modération salariale s’auto-entretenant.
      L’inflation, moins basse, réduira les gains de pouvoir d’achat des ménages.
      Un net ralentissement de leur consommation devrait s’ensuivre, entraînant avec lui la croissance. »

      Qui ont le mérite d’être en phase avec ce que vivent au quotidien les Français.

  4. Fredy Gosse says:

    La politique inflationniste de Trump????Pour un type qui met le paquet sur les énergies fossiles bon marché.,.,,,faut arrêter de fumer????Je sais bien que c est le diable pour les « investisseurs verts » mais tout de même y’a des limites au n importe quoi.et puis face au mur de la dette qui peut accepter une hausse des taux d intérêt ?on rembourserait avec de la monnaie de singe mais qui coûterait plus chère en termes de financement et qui déclencherait des conséquences salariales et financiers redoutables.,,A lire nos experts ils sauraient manager tout cela.Dans l enseignement sûrement …en pratique.????

  5. Fredy Gosse says:

    lu aujourd’hui

    Le rééquilibrage du marché du pétrole semble être plus compliqué que prévu. La production de pétrole a augmenté de 336 000 barils/jour le mois dernier. Le Brent accuse le coup et revient sous les 48 dollars tout comme le WTI qui repart sous les 46 dollars.

    • Patrick says:

      Oui, et pour cause !
      Publié aujourd’hui :
      « Montréal (awp/afp) – La production canadienne de pétrole devrait être de 5,1 millions de barils par jour d’ici 2030, soit 32% de plus que le niveau de l’an dernier, a annoncé mardi l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP).
      Cette croissance de 1,3 million de barils par jour sera stimulée par la production des sables bitumineux. »

      Quant aux USA, le comptage des forages que fait Baker Hughes ressort à 927 au 09 juin 2017 alors qu’il n’y en avait que 414 à la même date de 2016.
      Les puits fermés à cause d’un pétrole trop bas début 2016 ré-ouvrent à toute vitesse. Ils me semble que leur nombre était tombé à 300 au plus bas.

  6. La baisse des taux du 10y OAT depuis Mars n’a rien a voir avec l’inflation. La remontée depuis l’été dernier était principalement dû a l’écartement des taux francais par rapport a l’Allemagne, ceux-ci aillant ete beaucoup plus stable.

    La menace Le Pen n’étant plus a l’ordre du jour, l’écart entre l’Allemagne et ka France est revenu de 0.80% en Mars a 0.30% environ aujourd’hui alors que les taux allemands n’ont quasiment pas bougé sur la période.

    Les « experts » ont oublié d’acheter la France quand le 10y était a 1% et espère qu’il va vite revenir mais tant que la BCE achète 60Mds par mois (jusque Dec17 pour l’instant mais probablement Sep18 minimum), c’est peu probable que les taux remontent fortement.

    • Patrick says:

      Peut-être est-ce l’écart avec la France qui vous fait penser qu’ils n’ont pas bougé, pourtant les faits sont là :
      10 ans allemand était à -0,2 en juillet, et est monté à +0,5 en début d’année.
      Contre +0,1 en juillet au 10 ans français qui est allé jusqu’à +1,14 avec le risques des extrêmes (Le Pen / Mélenchon) avant le 1er tour de la présidentielle.
      le risque politique a été matérialisé par cet écart maximum de 0,7 ou 0,8 point.
      Quant à la remontée des taux allemands, elle est bien due à la hausse de l’inflation qui a été bien plus élevée que chez nous et qui retombe maintenant.

      Nous constatons d’ailleurs depuis la fin de la présidentielle une flambée du marché obligataire avec le 10 ans allemand à 0,27 et le français à 0,63. C’est 50% de baisse et une forte hausse des obligations.
      Si on y ajoute le plongeon du pétrole…… On pourrait déjà être tentés d’y voir une croissance générale déclinante et un possible retour du cycle déflationniste.

  7. Le niveau des taux allemands l’été dernier était du au Brexit plus qu’a une baisse des attentes d’inflation, c’était un accident. Et je ne vois pas où je parle de l’été dernier dans mon commentaire, seulement depuis le début d’année et maintenant…

    Il faut arrêter de croire que tout est lié à du rationnel et au fondamental. Les intervenants ont du cash (assureurs, trésorerie de banque et d’entreprise, banques centrales ect…) quelque soit leurs attentes d’inflation ils doivent investir ce cash. Ils ne peuvent se permettre de garder du cash quand la seule autre option c’est payer-0.40% pour le mettre à la banque centrale.

    Tant qu’il y a trop de cash dans l’économie, les actifs financiers resteront cher. Et tant que l’inflation reste anémique, les banques centrales ne diminueront pas la masse monétaire dans le future proche.

    • Patrick says:

      Vous ne voyez pas où vous parlez de l’été dans votre commentaire!!
      2ème phrase :
      « La remontée depuis l’été dernier était principalement dû a l’écartement des taux francais par rapport a l’Allemagne »

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