Les actions américaines, SP500, continuent d’augmenter.

Elles évoluent toujours autour d’une valorisation de 20 années de bénéfice en ajustant de la croissance économique et des taux d’intérêt alors que le prix des actions européennes, Euro Stoxx 50, selon ce même indicateur, est de 1 année.

Lorsque les taux d’intérêt annulent l’effet de la croissance économique alors le ratio Price-to-Earnings, ratio bénéfice par rapport au prix, ajusté des facteurs macroéconomiques, croissance économique et taux d’intérêt, est équivalent au ratio P/E classique. Ajuster ce ratio des facteurs macroéconomiques permet de prendre en compte le degré d’optimisme du consensus via l’estimation de la croissance économique pour les années à venir, produit par le FMI, mais aussi le stade de vie du cycle économique, traduit par le niveau des taux d’intérêt.

 

Le taux de dividendes du SP500 s’établit à 1,9% alors que le taux de dividende des entreprises européennes est de plus de 3%.

Ces résultats, nous en parlons très régulièrement, sont obtenus certes par l’augmentation des profits, dont la croissance provient pour moitié des de la baisse d’impôt, mais aussi des programmes de rachat d’action directement par les entreprises, les « buy-back ».

En d’autres mots, les entreprises s’endettent pour réduire le nombre d’actions en circulation, ce qui mécaniquement fait baisser le ration P/E et augmenter le taux de dividende.

Le niveau de dette des entreprise par rapport au PIB a atteint son maximum historique. De plus, alors que les actions américaines ont augmenté de 12% depuis fin janvier, les actions européennes ont baissé de 5%.

La divergence de performance entre les actions chinoises, baisse de 24%, et les actions américaines est remarquable.

Le faible attrait des actions européennes s’explique probablement par le même facteur qui inquiète sur l’avenir des entreprises chinoises. Et nous pensons que ce facteur est double : la remise en cause du multilatéralisme, et son corollaire actuel le retour du protectionnisme, ainsi que la fin de l’accélération de la croissance aux USA.

Les baisses de 65% du cours du Bitcoin et de 80% de l’Ethereum ne semblent pas liées à ces mêmes facteurs mais laissent un arrière goût de début de liquidation des positions les plus exubérantes.

 

 

La remise en question du multilatéralisme est une stratégie en cohérence avec le slogan « America First ».

Savoir si la destruction des institutions nées de la seconde guerre mondiale permet de « Make America Great Again » est une autre question.

En première analyse, il est important de rappeler que la mondialisation des échanges est créatrice de richesses. Mais aussi d’inégalités. C’est pourquoi un slogan plus juste serait « Make working-class Great Again ». Au minimum Trump, en changeant la donne aussi violemment apporte une réponse au déclassement de certains travailleurs, victimes indirectes de la mondialisation. Une réponse peut-être bien pire que le mal, mais une réponse tout de même.

 

La valeur perçue de sa politique industrielle protectionniste est positive pour certains travailleurs et électeurs. Perçue. La valeur est-elle réelle ? Il est raisonnable d’en douter.

Mais si le monde pâtit de la fin du multilatéralisme, par une croissance plus faible et la montée des conflits militaires, et malgré la diminution de l’attrait de l’Amérique pour les cerveaux du monde entier, les USA en souffriront relativement moins.

Le marché US est très intégré, autosuffisant et avec une taille autorisant d’énormes effets d’échelles pour la réduction des coûts industriels. Et malgré Trump, la Californie et New York resteront les pôles libéraux principaux du monde. Le monde de Trump, bilatéral, sera un enfer pour les « petits » pays. Sans droit international, les négociations commerciales se résumeront à : « Et votre défense, qui va l’assurer ? ».

Il nous semble que si les marchés financiers Chinois souffrent autant de la politique de Trump, c’est pour cette raison. La Chine n’est que partiellement intégrée, en rien autosuffisante et de taille de son marché bien trop petit pour bon nombre de produits et services.

L’Europe a beaucoup d’atouts, mais pas tous. La performance de l’Euro Stoxx 50 sera probablement fortement corrélée à la dynamique d’intégration tant que l’Amérique poussera un agenda protectionniste.

 

La production industrielle américaine a accéléré un peu en Août alors que l’inflation est restée stable.

Le déficit budgétaire primaire augmente fortement. La réforme fiscale n’entraine pas de rentrées fiscales supplémentaires, les capacités de production étant utilisées quasiment au maximum. Goldman Sachs a noté que le niveau du couple actuel, faible chômage et haut déficit budgétaire primaire, ne se voit historiquement qu’en période de guerre. Dans ce contexte, les taux d’intérêt à court terme n’augmentent que peu et les taux d’intérêt US à 10 ans se rapprochent de 3%.

La banque centrale européenne continue le Quantitative Easing, ce qui maintient les taux d’intérêt européens très bas, moins de 1% pour le 10 ans. Le taux de change euro dollar fluctue toujours entre 1,17 et 1,15. Nous croyons que le dollar continuera à s’apprécier quelque soit les résultats des élections du Mid Term de novembre aux USA.




3 Comments

  1. Bonjour !
    Merci encore à Le Blog Patrimoine pour le partage de nos Weekly chaque semaine.
    Nous sommes disponibles pour échanger par commentaire pour les lecteurs qui le souhaitent 🙂
    L’Equipe Marie Quantier
    http://www.mariequantier.com

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