
Citons de nouveau Marx : « les absolutistes du contrat sont les parents de la révolution ».
Aujourd’hui, il faut faire une restructuration sans la nommer comme telle, pour arriver à terme à la décision ultime d’engager un réel moratoire de sa dette en octroyant des prêts à zéro %, garantis par les meilleures notations de la zone et remboursables dans de nombreuses années.
Les optimistes diront que la résurgence régulière de cette crise ne peut que faire avancer cette construction européenne, qui ne peut que progresser dans la douleur. Mais le chemin sera long. Ce fut donc une semaine noire où les tenants de l’apocalypse reprenaient de la voix.
Soyons lucides, ce n’est pas l’assemblée de Bruxelles qui décide mais bien Mme Merkel et Messieurs Sarkozy et Cameron. Une Europe concentrée donc ? A la différence de la crise à caractère systémique de 2008 qui a pris la majorité des investisseurs par surprise, là, tout est potentiellement connu par ces mêmes opérateurs.
La mise à mort de Lehmann, rompant l’adage que « Too Big to fail » a montré ses limites. Il n’est donc pas question de tuer la belle Helene ni de mourir pour elle. Si nous ne pensons pas que le ciel soit d’un bleu limpide, il y a un pas qu’il ne faudrait pour autant pas franchir, celui qui conduirait au catastrophisme général d’où personne ne sortirait vainqueur.
Si les indicateurs américains publiés cette semaine n’offrent pas de signes contraires au ralentissement actuel, notons la poursuite de la consolidation des matières premières, en premier lieu le cours de l’or noir, comme une note d’apaisement sur les risques inflationnistes futurs.
Nous nous préparons donc à une nouvelle semaine de turbulences où le vote de confiance de l’assemblée grecque se déroule désormais dans un contexte social tendu au pied du Parthénon. Les efforts exigés de la population sont à la hauteur des mensonges ou des non-dits des pouvoirs politiques. Si cela est flagrant en Grèce, c’est malheureusement fréquent dans d’autres pays.
Au sein de la Sicav, et conformément à nos derniers propos, les points bas chartistes touchés la semaine passée, nous ont incités à repondérer notre niveau d’exposition pour le porter à 26.50%. La journée de hausse de vendredi qui correspondait à une séance dite des « 3 sorcières » (réponse des options et des contrats futures) n’a pas de signification et il est possible de poursuivre cette consolidation encore quelques temps. Les marchés sont le plus souvent confrontés aux excès, conséquence de la multiplication des instruments financiers existants.
Mais nous ne sommes en aucun cas dans un excès de valorisation et en l’absence d’un scénario de récession, une reprise haussière d’ici cette fin d’année reste des plus envisageables. Nous continuons d’alléger le secteur Télécom qui, en dépit de rendements satisfaisants, reste un secteur à faible croissance sur des marchés matures, confrontés à des investissements technologiques lourds. Faibles marges de manoeuvre donc, sauf à consentir à une croissance externe au sein des pays émergents mais où les prix d’acquisition se renchérissent régulièrement. Nous arbitrons donc sur des valeurs à connotation plus cyclique, qui figureront en tête en cas de reprise des marchés.
La déception de la semaine reste Carrefour qui depuis l’acquisition passée de Promodes, ne semble pas trouver le format idéal sur le marché domestique et n’offre pas de perspectives claires hors de nos frontières. Nous ne voulions pas la sacrifier à 30 euros, un potentiel rebond justifiera sa sortie après 3 Profit warning en trois ans. Le retour du baril sur les 90 dollars ne remet pas en cause notre exposition sur les pétrolières et para pétrolières, le cours de l’or noir justifiant encore la poursuite des investissements dans l’exploration/production. Si le marché obligataire des pays développés reste le réceptacle de l’aversion au risque, l’approche de la fin du Quantitative Easing N°2 devrait nous a pporter quelques tensions sur le 10 ans US même si les vendeurs ont déjà nettoyé leurs portefeuilles ces derniers mois.