Les expansions ne meurent pas de vieillesse !
Toute la situation du moment pourrait se résumer dans cette phrase. Depuis 2015-2016, nous pouvons avoir le sentiment de vivre un drôle de marché. Un marché financier qui sait que les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel ; Un marché qui sait que la théorie des cycles, c’est accepter que la baisse vienne après la hausse.
Depuis 2016, nous attendons l’inévitable évènement qui déclenchera la prochaine crise. D’où viendra t’elle ? Quel sera cet évènement ? Personne ne le sait ; Mais une chose est certaine, un jour, quelque chose se passera et on retiendra qu’il a déclencher un crise économique. Ce pourra être un évènement majeur tel qu’une attaque internet mondiale, telle que nous la vivons depuis vendredi ; une nouvelle crise de l’endettement du fait d’une spéculation excessive ; Une crise sociale qui aurait pour conséquence de mettre le populisme au pouvoir … ou un évènement anodin qui cristallisera l’ensemble des désordres du moment.
Bref, un évènement non anticipable viendra casser la belle musique inarrêtable que nous entendons depuis quelques années maintenant.
« Les expansions ne meurt pas de vieillesse ». Cela signifie tout simplement que pour le moment, rien dans les chiffres et les statistiques ne peuvent expliquer une prochaine baisse majeure des cours de bourse ! C’est la raison pour laquelle, Patrick ARTUS expliquait la semaine dernière que les valorisations des cours des entreprises étaient très faibles et donc qu’une hausse des cours de bourse serait logique. (cf »Il faut anticiper une forte remontée de la valorisation des actions par Patrick Artus, Natixis »).
Et c’est probablement la raison pour laquelle, dans 5 ans, nous pourrons dire que Patrick ARTUS se sera encore trompé dans son analyse. Il n’aura pas réussi à anticiper l’évènement anodin qui déclenchera la prochaine crise. Il faut bien comprendre qu’une crise n’est pas déclenchée par un seul évènement… mais par une accumulation de situations inconfortables qui se révèlent toutes en même temps par l’arrivée de ce petit évènement inattendu. C’est la théorie des narratives economics mise en avant par Robert SHILLER et parfaitement détaillée dans cet article « Les petites histoires font les grandes crises« .
En 2019, nous vivons un monde complexe dans lequel tout le monde sent, du haut de son bon sens, que rien ne va.
Tout le monde sent bien qu’il n’est pas normal que les banques centrales renoncent aussi rapidement à normaliser leur politique monétaire excessivement laxistes ; Tout le monde sent bien qu’il n’est pas sain que les peuples se tournent vers le populisme et crient leur désespérance devant l’évidence d’une situation pourtant bien meilleure grâce au libéralisme ; Tout le monde sent bien que l’incapacité de nombres de pays à réduire leurs déficits n’est pas sain ; Tout le monde sait bien que nous ne pourrons continuer à détruire notre environnement pour satisfaire l’avarice de quelques uns qui courent toujours après plus d’accumulation ; Tout le monde sait bien qu’il n’est pas sain que les pays « riches » tirent leur « consommation » et leur « puissance » de esclavagisme des travailleurs des pays les plus pauvres ; …
Bref, tout le monde sent bien que les choses ne tournent pas rond… Pourtant, l’économiste vous expliquera que tout va bien jusqu’au jour ou … un évènement inattendu, et non anticipable viendra mettre un grain de sable dans cette belle mécanique et révèlera la réalité de ce monde qui ne tourne pas rond.
Dans un telle situation, que doit faire l’épargnant ? Doit il accepter de jouer d’hypocrisie proposée par les marchés financiers et les économistes ou y renoncer pour écouter son bon sens ?
Personnellement, je crois que le bon sens n’a pas de prix. D’ailleurs, il est amusant de constater que nous utilisons le verbe « déclencher » pour parler de crise. Comme si les choses couvaient et que nous étions dans l’attente de cet évènement qui les révéleraient.
Ainsi, à mon sens, nous sommes déjà en crise… et nous attendons simplement l’évènement qui révèlera les fractures du monde.