L’investissement en obligation redevient sur le devant de la scène patrimoniale après des années de taux négatifs peu propices.

Aujourd’hui, même si ce n’est pas encore la panacée, disons que les obligations retrouvent de l’intérêt face à un fonds euros moribond, probablement condamné à brève échéance.

Les très bons rendements boostés pour 2024 et 2025 pourraient bien être le chant du cygne d’un placement qui n’a pas d’avenir.

Bref, l’investissement obligataire retrouve de l’intérêt pour l’épargnant qui cherche à placer de l’argent à long terme et qui ne voudrait pas prendre le risque de l’investir en actions ou dans l’immobilier.

Une obligation, c’est un prêt. L’épargnant prête de l’argent à un état ou une entreprise pour une durée variable. En contrepartie, cet état ou cette entreprise verse un coupon sous forme de taux d’intérêt à l’épargnant.

Un coupon dont le taux varie en fonction de la durée du placement et de la qualité de l’emprunteur. On parle alors de notation de l’emprunteur. Plus l’emprunteur est solide, moins le taux est élevé et inversement.

Le rendement et le risque de défaut sont liés comme toujours. Aujourd’hui, selon la notation de l’emprunteur, on peut obtenir cette courbe des taux :

Le coupon, c’est-à-dire le taux d’intérêt de l’obligation, est la première source de performance du placement obligataire. L’épargnant qui achète une obligation connaît par avance le rendement de son placement s’il le conserve jusqu’à échéance et si l’entreprise ou l’état ne fait pas défaut.

C’est la promesse des fonds à échéance dont on a parlé depuis quelques mois.

Il existe néanmoins une seconde source de performance ou de contre-performance à l’investissement en obligation : La variation du prix de l’obligation en fonction de l’évolution des taux d’intérêt.

La variation du prix de l’obligation en fonction de l’évolution des taux d’intérêt.

Une obligation est donc un prêt rémunéré par un taux d’intérêt. Le coupon, c’est-à-dire le taux d’intérêt, rémunère le risque de l’émetteur. Simple.

Ainsi, celui qui détient l’obligation jusqu’à son terme connaît par avance le rendement de son placement sur la durée du placement. Un seul aléa, le risque de défaut si l’émetteur (emprunteur) connaît des difficultés de remboursement.

Le taux d’intérêt rémunère le risque. Classique.

Néanmoins, il existe un autre risque qu’il ne faut pas négliger : L’évolution des taux d’intérêt.

Lorsque je prête de l’argent à un état avec un coupon de 4% par an pendant 10 ans par exemple. Est-ce que je fais un bon placement ? Difficile à savoir lors de la réalisation du placement.

En effet, la pertinence de ce prêt à 4% sur 10 ans dépend de l’évolution future des taux d’intérêt. Si dans 3 ans, les taux baissent à 2%, alors, mon placement à 4% sera vraiment un très bon placement pour les 7 années à venir.

En revanche, si les taux continuent d’augmenter, alors mon placement à 4% ne sera pas un bon placement.

Une obligation est négociable en cours de vie.

Vous pouvez revendre votre obligation en cours de vie. Vous n’êtes pas dans l’obligation d’attendre l’échéance de l’obligation pour récupérer votre épargne.

Ainsi, cette obligation est négociable. Elle a un prix à tout moment. Un prix mathématique fixé en fonction de l’évolution des taux d’intérêt.

•Lorsque les taux baissent, le prix d’une obligation monte sur le marché secondaire ;

•Lorsque les taux montent, le prix d’une obligation baisse sur le marché secondaire ;

Ex : En 2019, j’ai prêté 10000 € à l’État Français sur 10 ans rémunéré à 0,50%.

Tous les ans, l’État français me verse 50€ d’intérêt et me remboursera le capital emprunté à l’échéance des 10 ans.

En 2024, j’ai besoin d’argent et je souhaite revendre cette obligation. En 2024, l’État français emprunte à 2,83% sur 10 ans et 2,64% sur 5 ans.

Combien vais-je revendre cette obligation ? Réponse : 9009.79€

Le raisonnement est relativement simple. En 2024, l’investisseur à deux possibilités :

  • Soit il achète une vieille obligation qui remunère 0.50% pour les 5 prochaines années et qui sera remboursée 10 000€ au terme des 5 ans ;
  • Soit il achète une nouvelle obligation qui rémunère 2.64% pour les 5 prochaines années et qui sera remboursée 10 000€ au terme des 5 ans.

Le choix est rapide. L’obligation à 0.50% n’a aucun intérêt dans le nouveau contexte de taux d’intérêt. L’épargnant va donc devoir baisser le prix de son obligation pour attirer un nouvel investisseur.

Il va devoir baisser le prix de son obligation pour permettre à l’investisseur de réaliser un placement dont le taux sera au moins égal à 2.64%.

En baissant le prix de son obligation à 9009.79€, il devrait attirer un investisseur.

  • Prix d’achat : 9009.79€ ;
  • Coupon : 50€ pendant 5 ans
  • Nominal remboursé = 10 000€.
  • => Un placement au TRI de 2.64%

Voilà, vous venez de comprendre l’impact de la hausse des taux sur le prix d’une obligation !

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