La France est subitement entrée dans une zone de turbulence qu’il était difficile de prévoir tant la décision du président a pris tout le monde de revers. La France pourrait au mieux ou au pire selon chacun, basculer dans l’immobilisme d’une coalition, au mieux ou au pire, élire une Assemblée Nationale composée d’extrémistes et de populistes.

En tout état de cause, le changement, c’est maintenant. Le changement. Après des années d’une politique au service de l’économie, nous pourrions rentrer dans une période d’une économie au service de la politique.

Toute l’action politique, la pensée et l’analyse était construite pour servir la croissance économique. Symbole de cette politique au service de l’économie, l’élection d’Emmanuel MACRON, banquier d’affaires, économiste, à la présidence de la république.

Depuis 7 ans, l’économie domine notre quotidien. La société toute entière semblait organisée pour servir la croissance économique.

Aujourd’hui, on le voit clairement, le RN n’est pas un animal économique. Le RN est un animal politique. Le RN promet le retour de la sécurité, la lutte contre l’immigration, le retour de valeur traditionnelle. L’économie n’est pas le cœur de leur programme (sic!).

Voici la Une de Alternative Economique ce jour :

L’économie retrouve alors sa place secondaire. Le RN est classé à droite, cela doit vouloir dire qu’ils sont pro-business contrairement aux idées populistes sociales qu’ils continuent de porter (mais qu’ils renient au fur et à mesure de l’approche du pouvoir).

Je trouve que le mouvement est intéressant à analyser. Le retour du politique.

Reléguer l’économie au second rang, n’est pas sans risque. En effet, les premières décisions politiques fortes qui pourraient être prises pourraient aller à l’encontre de la croissance économique telle que la narration libérale la conçoit.

Les acteurs de marché pourraient clairement être déstabilisés par l’incertitude d’un programme politique qui n’est pas dans leur spectre de conviction. Le retour de l’incertitude pourrait alors ouvrir une période de forte volatilité, de variation des cours de bourse.

Pour le moment, nous enregistrons une minibaisse d’environ 10% pour le CAC40. Rien de bien grave.

Au niveau des taux d’emprunt sur la dette Française. Idem. Rien de bien catastrophique. Nous sommes aujourd’hui autour de 3.18% pour l’OAT 10 ans, très proche de ces niveaux pré-dissolution.

Bref, ce n’est vraiment pas la panique sur les marchés. Je crois même qu’il n’est pas impossible que les marchés enregistrent de nouveaux sommets dans quelques mois, lorsque le RN sera au pouvoir.

Le pragmatisme va s’imposer aux nouveaux parlementaires. Le discours va se durcir. Ils vont prendre des décisions symboliques pour le retour de l’autorité à l’école, donner des consignes d’une plus grande rigueur policière probablement.

Au niveau économique, ils vont progressivement abandonner les mesures trop couteuses pour le budget au gré de la prise de conscience d’un état et d’un système social trop dispendieux.

J’ai la conviction qu’au-delà des grands mots et des belles promesses, le pragmatisme va s’imposer à moyen terme. Le pragmatisme, c’est l’adoption indispensable d’une politique économique pro-business, continuité du travail d’Emmanuel Macron.

Les programmes annoncés ne sont pas réalisables au-delà de quelques mesures symboliques qui ne coutent pas grand-chose. Ils le savent et vont devoir progressivement modifier leur discours pour expliquer pourquoi ils ne vont pas les mettre en œuvre.

J’imagine aisément l’accumulation de mesures pour le retour de l’autorité, la sécurité en guise de contre-feu qui permettra d’oublier les promesses de générosité sociale.

Bref, il faut que tout change, pour que rien ne change.

Quelle stratégie d’investissement et d’épargne face au risque politique post-dissolution ? Pragmatisme !

Après cette mise en bouche qui permet de planter le décor, réfléchissons à cette stratégie d’investissement et d’épargne post-dissolution.

Je crois qu’il faut adopter ce même pragmatisme qui va s’imposer aux nouveaux élus : Il faut que tout change pour que rien ne change.

  • Bourse : La France n’est pas grand-chose au niveau mondial. Même si la France devait entrer dans le doute politique, l’influence sur la croissance mondiale sera insignifiante. Ceux qui investissent dans des actions cotées ailleurs qu’en France et Zone euro, ne devraient pas subit de gros changements. La croissance mondiale reste robuste et en accélération. Ceux qui sont exposés au CAC40 devraient se saisir de la baisse actuelle et de la volatilité future pour investir, car les entreprises Française réalisent leurs bénéfices dans le monde entier, et la situation en France pourrait ne pas les pénaliser outre mesure.
  • Immobilier : Emmanuel Macron était un disrupteur vis-à-vis de l’immobilier. Il a fait le pari de ne pas solvabiliser la demande et laisser le marché immobilier s’autoréguler. Résultat, à court terme, les excès passés doivent être purgés. Ça fait mal au professionnel de l’immobilier, mais c’est à mon sens un mal nécessaire tant il était nécessaire d’arrêter de gaspiller l’argent public pour faire monter les prix. Un nouveau gouvernement sera tenté d’adopter une politique moins sévère vis-à-vis de l’immobilier. Et si le meilleur était à venir pour l’immobilier ?

Bref, il faut que tout change pour que rien ne change. Je crois fondamentalement qu’il faut profiter du stress et de l’incertitude pour investir dans des marchés déprimés. En profiter pour acheter de belles valeurs aux fondamentaux de long terme puissants.

Nos très belles entreprises qui ont parfois plus de 70 ans d’ancienneté ont vu de nombreux premier ministre, de nombreuses guerres, de nombreux présidents de tous bords… Elles se sont ajustées, adaptées et sont aujourd’hui encore plus puissantes qu’hier.

Nous devons adopter cette même stratégie d’adaptation, de résilience et de capacité à voir long terme au-delà des évènements d’aujourd’hui.

PRAGMATISME !

Il faut que tout change, pour que rien ne change !

Bref, on ne change rien.

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