Lors de la constitution de votre portefeuille d’investissement sur les marchés financiers, il est de tradition de répartir vos investissements entre « marché action » et « marché obligataire ». Nous allons essayer de détailler les stratégies d’investissement sur le marché obligataire dans le contexte particulier et complexe que nous connaissons.

 

Rappel : C’est quoi l’investissement obligataire ?

Le Petit Larousse définit l’obligation comme étant «un titre négociable, représentant une des parties égales d’un prêt consenti à une société privée ou à une collectivité publique lors de l’émission d’un emprunt».

On peut donc considérer ce titre, «l’obligation», comme une créance détenue par une partie prêteuse sur une partie emprunteuse. Les obligations sont émises par les pouvoirs publics ou les entreprises pour emprunter de l’argent «sur le marché», le marché des capitaux en l’occurrence. Ce sont surtout de grands acteurs qui sont actifs sur ce marché des capitaux, comme les banques, les entreprises et les investisseurs institutionnels, mais les investisseurs particuliers y ont également accès, par le biais de leur intermédiaire financier. Le marché public des capitaux, comme celui instauré par Euronext, n’est pas seulement utilisé pour émettre des obligations (le «marché primaire»), mais aussi pour les négocier (le «marché secondaire»).

Les obligations ont généralement une durée de vie limitée, que l’on appelle échéance. Les échéances varient de deux à trente ans. L’échéance moyenne est de dix ans. Il existe aussi des obligations qui ne stipulent pas de date de fin de validité: on les appelle obligations perpétuelles. En raison de leur caractère perpétuel, ces obligations ne génèrent que des intérêts et le capital n’est pas remboursé. La plupart des obligations sont toutefois remboursées à leur échéance. Le capital est alors payé au titulaire de l’obligation.

Quel est le cours d’une obligation ?

Le cours d’une obligation dépend du taux du marché. Le cours évolue toujours dans la direction opposée au niveau des taux. Si les taux baissent, le cours d’une obligation progresse, et si les taux montent, son cours recule.

Les puristes me diront que la courbe n’est pas tout à fait réelle, mais pour mieux comprendre nous avons simplifié.

 

Prenons un exemple pour comprendre :

  • En 2010, vous réalisez un prêt de 100000€ au taux de 3% à un Etat. C’est un prêt obligataire qui est négociable en cours de vie.
  • En 2012, vous avez besoin de votre argent et envisagez de vendre votre obligation à un autre investisseur. En 2012, les taux d’intérêt de la place ne sont plus à 3% mais atteignent maintenant 6%.

Aucun investisseur n’acceptera de payer 100 000€ votre obligation dont le taux de rendement est de 3%, soit 3000€ par année. Pour pouvoir vendre votre obligation, vous serez dans l’obligation de réduire la valeur de l’obligation afin de proposer un rendement au moins équivalent.

Ainsi, pour proposer un rendement de 6%, conforme au marché des taux d’intérêt en 2012, vous devrez réduire votre prix de 50%, soit à 50 000€. (3000€/50000€ = 6%).

La hausse des taux d’intérêt entre 2010 et 2012 aura pour conséquence de réduire la valeur de l’investissement de 50%.

 

Le taux du marché peut augmenter et diminuer, et donc passer en dessous ou au-dessus du coupon de l’obligation. En conséquence, la valeur d’une obligation évoluera elle aussi; lorsque le taux baisse, la valeur et donc le cours de l’obligation progressent, et vice versa. Une obligation peut ainsi devenir plus ou moins attrayante pour l’investisseur. L’importance de ce facteur saute aux yeux lorsque l’on considère un emprunt à par exemple 30 ans d’échéance.Ces 30 dernières années, le niveau des taux a énormément fluctué et il n’y a aucune raison de croire qu’il en ira différemment dans les 30 années à venir. La valeur d’une obligation dont l’échéance est encore lointaine présentera vraisemblablement de fortes variations. Il en découle que plus l’échéance résiduelle d’une obligation est courte, plus le risque de taux est bas.

 

Quel rendement attendre lors d’un investissement obligataire ?

L’intérêt d’investir dans une obligation repose donc sur deux mécanismes de gains :

  • La perception d’un coupon, c’est à dire le paiement d’un intérêt par l’emprunteur à l’investisseur prêteur. L’émetteur fixe le coupon annuel. Leur hauteur est fixe durant toute la durée de validité de l’obligation. En tant qu’investisseur, vous pouvez calculer avec précision le montant que vous allez recevoir au titre de coupon.
  • La perspective d’une plus value sur la valeur de l’obligation dans l’hypothèse d’une baisse des taux d’intérêt sur le marché. Les obligations sont négociables sur le marché secondaire (comme une action, une fois l’obligation en portefeuille, vous pouvez la revendre sans avoir besoin d’attendre son remboursement par l’émetteur). La valeur de l’obligation étant, principalement, fonction de l’évolution des taux d’intérêt, si les taux baissent, l’investisseur pourra enregistrer une plus value sur son investissement.

A ce jour, les taux d’intérêt sont à des niveaux historiquement bas. Les perspectives, et notamment après la dégradation de la note de crédit de la France (cf article :Perte du triple AAA de la France : Comment protéger votre patrimoine ?) sont davantage vers une hausse des taux d’intérêt que vers une baisse.

Ainsi, la période n’est pas optimale pour espérer réaliser une plus value lors de vos investissements obligataires. L’intérêt principal des obligations pour 2012 réside dans l’importance du coupon.

Dans ce contexte, la seule stratégie valable tient dans le « buy and hold » (Achat puis détention) des obligations. C’est une stratégie simple qui consiste à investir dans les obligations, puis à les détenir jusqu’à leur remboursement. La plus value en cours de vie n’est pas recherchée.

 

Une stratégie de « BUY AND HOLD » pour 2012 ?

La stratégie de « BUY AND HOLD » est la stratégie la plus simple lors de vos investissements obligataires. Cette stratégie doit être recherchée lorsque l’investisseur anticipe une relative stabilité des taux d’intérêt sur la période de l’obligation. En effet, dès lors que les taux d’intérêt devaient augmenter sur la période, le niveau du coupon pourrait sembler relativement faible par rapport au niveau des  taux disponibles.

Bref, dans un contexte de taux stable, la stratégie de « BUY AND HOLD » permet de profiter d’un coupon intéressant sans rechercher une plus value.

Quelques fonds (SICAV ou FCP) proposent d’investir dans cette stratégie. Se sont des fonds commun à enveloppe limitée dont la durée de vie est fixée dès l’origine. Ces fonds d’investissement achètent des obligations, puis les détiennent jusqu’à leur terme. Au terme, les obligations sont remboursées, et le fonds est remboursé.

Il s’agit d’une stratégie intermédiaire qui peut trouver un intérêt actuellement.

 

Vous trouverez ci après une liste des fonds proposant cette stratégie d’investissement :

N’hésitez pas à nous contacter pour connaître les conditions de souscription de ces fonds.

Vous le constatez, la stratégie buy and hold présente un intérêt mais les rendements proposés après déduction des frais de gestion, et de la fiscalité restent limités. Cette stratégie trouve son intérêt dans une relative stabilité des taux. Dans l’hypothèse d’une hausse, ces taux de rendement pourraient rapidement souffrir de la comparaison.

Mais attention au taux de rendement estimé, plus celui ci est important plus les obligations sont risquées !

 

Une solution alternative pour celui qui anticipe une hausse des taux.

C’est mathématique : Une augmentation des taux d’intérêt entraine une baisse de la valeur des obligations. Alors, celui qui anticipe une hausse des taux n’aura aucun intérêt à réaliser un investissement obligataire actuellement (sauf à se contenter d’un rendement faible en contrepartie d’une garantie en capital en se portant acquéreur d’obligations de l’état allemand).

Il existe pourtant une solution : investir dans un ETF / un tracker dont la valeur évoluera comme les taux. En cas de hausse des taux, c’est la valeur du produit qui augmente dans les mêmes proportions.

Ainsi, contrairement à l’investissement obligataire traditionnel, la hausse des taux est bénéfique pour l’investisseur. Dans une période ou les taux sont historiquement bas, un produit financier qui permet de suivre une éventuelle hausse des taux pourrait être une bonne idée.

 

Voici la liste des ETF disponible par exemple chez AMUNDI.

Zone Euro

Libellé
Code ISIN
Devise VL* YTD Performances glissantes depuis
1 an 3 ans 5 ans
Amundi Etf Short Govt Bond Euromts Broad (C)
FR0010821850
EUR 110,96
12/01/2012
-0,56%
12/01/2012
-1,76%
Amundi Etf Short Govt Bond Euromts Broad 1-3 (C)
FR0010821876
EUR 122,61
12/01/2012
-0,66%
12/01/2012
-0,85%
Amundi Etf Short Govt Bond Euromts Broad 10-15 (C)
FR0010823385
EUR 108,49
12/01/2012
-0,92%
12/01/2012
0,61%
Amundi Etf Short Govt Bond Euromts Broad 3-5 (C)
FR0010823401
EUR 113,05
12/01/2012
-0,84%
12/01/2012
-1,70%
Amundi Etf Short Govt Bond Euromts Broad 5-7 (C)
FR0010823443
EUR 108,60
12/01/2012
-0,98%
12/01/2012
-1,89%
Amundi Etf Short Govt Bond Euromts Broad 7-10 (C)
FR0010823450
EUR 107,01
12/01/2012
-0,91%
12/01/2012
-2,56%

 

A mon sens, il s’agit là d’un investissement qui pourrait présenter un intérêt fort pour celui qui croit dans une hausse durable des taux à long terme.

De surcroît, ces fonds sont des produits financiers sans frais d’entrée et avec des frais de gestion très très faibles. N’hésitez pas à nous contacter pour connaître les conditions de souscription.

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