C’est un peu l’histoire de l’œuf ou de la poule :

– Est ce que les taux très très bas trouvent leur origine dans une politique monétaire ultra agressive qui manipulerait le niveau normal des taux d’intérêt ?

– ou alors les taux très bas sont ils naturellement les conséquences de la déflation … et  les banques centrales ne font que s’adapter à cette conjoncture mondiale déflationniste ?

 
PS : Autant vous le dire tout de suite, ce n’est qu’une réflexion ! N’y lisez aucune affirmation, certitude… J’aimerai seulement vous proposer cette réflexion qui influence l’analyse stratégique. J’aimerai surtout lire vos commentaires et vos analyses. 
 
 

Le fantasme d’un politique monétaire « suicidaire » à l’origine d’une gigantesque bulle spéculative ?

Cette idée d’une politique monétaire jusqu’au-boutiste, manipulatrice et destructrice de la valeur de la monnaie est la base d’un grand nombre de fantasmes et autres craintes autour d’une explosion d’une bulle spéculative consécutive à ces politiques monétaires ultra-agressives. Le schéma régulièrement mis en avant est le suivant :

Politique monétaire non conventionnelle –> Baisse des taux d’intérêt –> Hausse de la valeur des obligations (du fait de la baisse des taux ) –> hausse de la valeur des actions –>Bulle spéculative mondiale –> politique monétaire non conventionnelle pour éviter l’explosion de cette bulle –> Baisse des taux d’intérêt …

 
La question est alors : Quel serait le niveau des taux d’intérêt lorsque les banques centrales adopteront une politique monétaire moins agressive ? Si les taux d’intérêt sont le fruit d’une « manipulation » des taux d’intérêt par les banques centrales, demain, l’arrêt de ces politiques monétaire « suicidaires » pourrait conduire à l’explosion du système. CQFD.
Et c’est la crainte majeure d’un grand nombre d’investisseurs ou d’épargnants qui attendent patiemment le grand soir… le retour à la normale et l’effondrement d’une magnifique chaîne de Ponzi par la hausse des taux d’intérêt et la fin de leur manipulation par les banques centrales. 
 
 

Admettre l’idée que les taux d’intérêt sont naturellement faibles du fait de la déflation et que les banques centrales ne font qu’accompagner ce mouvement naturel remet en cause l’idée d’une bulle spéculative…

Oui, les taux d’intérêt sont aujourd’hui au plus bas et la valeur des obligations atteint des niveaux stratosphériques. Pour autant, peut on évoquer l’idée d’une bulle spéculative ? Ce niveau très bas des taux d’intérêt n’est il pas le résultat naturel d’une déflation mondiale qui trouverait sa source dans l’incroyable (et bien heureuse) innovation technologique et dans le vieillissement de la population ?
 
Admettre la déflation comme à l’origine du niveau actuellement très bas des taux d’intérêt, c’est admettre que les taux d’intérêt resteront très faibles tant que la déflation caractérisera la conjoncture locale. La politique monétaire ne devient plus le facteur explicatif du niveau général des taux d’intérêt mais simplement la conséquence de cette conjoncture particulière.
De manière empirique, on estime que le taux d’emprunt d’un état (taux sans risque local) doit être la somme de :

 Taux d’emprunt d’un pays = Taux de croissance du PIB du pays + Inflation – Déflation

C’est ainsi qu’en considérant une inflation 0 en France, le taux d’emprunt naturel de l’état Français devrait être compris entre 1% et 1.50% pour 2016. Ainsi, en dehors de l’effet Brexit qui provoque ponctuellement un effondrement des taux d’emprunt de l’état Français à 0.20%, le niveau observé depuis quelques mois n’est finalement pas éloigné de ce taux théorique.

taux oat 10 ans

En 2015, entre un taux de croissance du PIB à 1.10% et une inflation à 0%, on constate un niveau du taux d’emprunt en parfaite adéquation avec ce taux théorique. En d’autres termes, croyez vous vraiment que les taux d’intérêt seraient très nettement supérieurs en l’absence de banques centrales ?

La politique monétaire de la banque centrale ne serait donc pas l’origine principale de ces taux bas, mais la simple conséquence de la déflation ! Admettre cette idée, c’est abandonner l’idée d’un prochain krach obligataire (et c’est l’idée qui nous anime depuis quelques mois (cf « Faut il abandonner l’idée de la grande baisse des prix de l’immobilier ?« ).

C’est alors que votre stratégie d’investissement doit tenir compte de cette configuration déflationniste (cf »Stratégie d’investissement 2016 : Comment investir ? Le retour de l’immobilier locatif ? Assurance vie ? Action ?« ), et oubliant le spectre d’une prochaine très forte augmentation des taux d’intérêt.

Au final, la politique monétaire des banques centrales accentue le phénomène permettant un désendettement facilité des états surendettés (lorsque le taux d’emprunt est inférieur au taux de croissance + inflation – déflation, le taux d’endettement se réduit mécaniquement) mais, il ne faudrait pas exagérer l’influence réelle de ces qui essaient de simplement de s’adapter à cette conjoncture déflationniste mal maîtrisée.

Alors qui de la déflation ou de la politique monétaire des banques centrales explique le niveau très bas des taux d’intérêt ?

 
 
 
 

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