Cette question est au cœur de l’industrie qu’envisage de devenir le crowdfunding : Qui a besoin d’emprunter de l’argent sur les plateformes de crowdfunding et plus particulièrement sur les plateformes de crowdlending ?
Faut il croire le marketing des plateformes qui ne cessent de clamer que les emprunteurs choisissent d’emprunter sur les plateformes de crowdfunding et cela en malgré leur capacité à emprunter moins cher dans les banques ? Les plateformes de crowdfunding « prêt aux PME » ne seraient pas l’ultime solution pour des emprunteurs qui ne parviennent à trouver d’autres sources de financement.
En effet, les plateformes de crowdfunding ne cessent d’affirmer qu’elles n’ont pas vocation à devenir la « poubelle » des banques et financer à taux élevés les projets risqués que les banques refusent de financer. A écouter la grande majorité des plateformes, les raisons de l’engouement des emprunteurs résideraient dans :

Leur capacité à octroyer des prêts de manière très rapide, en quelques jours seulement ; Les plateformes aiment à dépeindre l’image du « vieux banquier bedonnant » derrière son bureau qui n’en fini pas de se débattre avec sa hiérarchie pour octroyer un crédit.

Ne pas demander autant de justificatif d’activité et se contenter d’un bilan et d’un prévisionnel là ou les banques demandent les trois derniers bilans ; Récemment une plateforme expliquait qu’elle pouvait se permettre de demander moins de justificatif que les banques car la plateforme ne prenait pas de risque, et c’est l’épargnant qui assumerait l’éventuelle défaillance en contrepartie d’un rendement élevé. Cette plateforme se contentait du dernier bilan et d’un prévisionnel pour mettre en place le prêt. Ne peut on pas y voir la porte ouverte à toutes les déviances ? La banque exige elle un grand nombre de justificatif uniquement pour mettre des bâtons dans les roues de l’emprunteur ? Je ne crois pas. Valider la qualité du risque pris me semble fondamental !

Octroyer des prêts sans indemnité de remboursement anticipé, ni garantie ; Naturellement, c’est l’épargnant qui assume le risque ! Mais cette grande liberté ne pourrait elle pas se retourner contre les plateformes de crowdfunding lending ? L’emprunteur astucieux ne pourrait il pas profiter de la capacité des plateformes à octroyer des crédits dans des délais très courts, obtenir son prêt rapidement (quelques jours), pour ensuite le faire racheter par sa banque dans des conditions nettement plus favorables ? 

 Et, selon les explications régulièrement avancées par les plateformes de crowdfunding lending, ces trois avantages majeurs seraient de nature à compenser le taux d’intérêt particulièrement élevé régulièrement entre 6% min  et 12% max alors que les banques pourraient se contenter de 2%. 
 

Les plateformes de crowdfunding tentent d’imposer leur marketing contre intuitif.

Je n’y arrive pas. Je ne suis pas convaincu par tous ces arguments. Car, s’il est populaire et facile de « taper » sur le méchant banquier qui ne prête qu’aux riches, il ne faut pas oublier que le métier de banquier est un métier et que tout le monde ne peut prétendre l’exercer.
Une banque est une entreprise guidée par le profit réalisé lorsqu’elle réalise un prêt : Si la banque refuse de prêter, c’est surement car elle estime que le risque de perte est supérieur au risque de gain. Si elle exige de nombreux justificatifs, c’est probablement parce qu’elle souhaite approfondir l’analyse « risque » du dossier  et vérifier toutes les données comptable et juridique du candidat emprunteur.
Enfin, les besoins de financement se matérialisent rarement en quelques jours. A part des besoins de trésorerie et le financement du BFR (besoin en fonds de roulement = Il représente les besoins de financement à court terme d’une entreprise résultant des décalages des flux de trésorerie correspondant aux décaissements et aux encaissements liés à l’activité opérationnelle), qui ne doivent pas trouver un financement long terme (on ne finance pas un besoin de trésorerie court terme, avec un crédit long terme, c’est la base du métier de banquier), une entreprise à rarement un besoin immédiat d’une somme importante pour financer un projet : Un investissement est un processus de long terme qui demande naturellement quelques mois de maturation et l’exigence de capitaux en quelques jours ne semble pas fondée (sauf à déguiser un besoin de fonds de roulement (BFR) en projet d’investissement éligible au crowdfunding).
 
J’ai parfois le sentiment que les plateformes de crowdfunding, qui comme le veut la mode des start-up, veulent tout de suite devenir des entreprises mastodontes, y mettent les moyens financiers adéquats, lèvent des millions d’euros auprès de société de private equity devenues leur premier actionnaire, … alors même que le marché n’est pas prêt. La question : Existe t’il beaucoup d’entreprises qui ne parviennent pas à financer leur projet d’investissement en France ?
Au delà des idées reçues qui veulent que les vieux banquiers bedonnants ne savent pas faire leur métier, quelle est la réalité ?
(Bémol, il existe des millions de projets aux risques disproportionnés, mais c’est alors la question même du financement qu’il faut poser. – Le partage du capital ne serait il pas plus adapté par rapport au risque pris par celui qui dispose du capital).
Lorsque les risques sont trop importants, la rémunération du risque par un taux d’intérêt n’est probablement pas adaptée et c’est le partage des bénéfices futurs qui s’impose via une prise de participation au capital ou du crowdfunding royalties. 
 
J’ai le sentiment que les banques font plutôt bien leur travail et qu’il reste facile pour une entreprise saine et viable de trouver des financements de projets d’investissement en France. Il est probablement plus difficile de financer un besoin en fonds de roulement ou un besoin de trésorerie, mais c’est normal et le crowdfunding n’y changera rien : Le crowdfunding ne peut financer que des projets d’investissement.
Je ne comprends pas l’argument des plateformes de crowdfunding lorsqu’elles annoncent que les emprunteurs ne sont pas des exclus du système bancaire. Je ne comprends pas la saine gestion à accepter de payer 8% à 12% d’intérêt annuels pour le plaisir. A la rigueur, l’absence de garanties pourrait être un argument, même si cela reste une explication onéreuse.
Le crowdfunding lending ne serait il pas plus proche du crédit revolving que du crédit bancaire ? 
 
 

Pourtant, une récente étude affirme que -+ 64% des emprunteurs sont dans une situation financière « favorable ».

Suis je totalement dans l’erreur de jugement ? Est ce que je sur-estime le bon exercice du métier de banquier ? Toujours est il qu’une récente étude fait état de statistiques plutôt rassurantes.
Selon cette analyse réalisée conjointement par POUEY International, Montaigne conseil et crowdlendingfr. 

 
risque emprunteur crowdfunding
 
 
 
synthèse risque crowdfunding
 
Si cette étude analyse la situation financière de l’entreprise au moment de l’octroi du crédit, elle fait l’impasse sur l’analyse du projet et sur la situation de l’entreprise après son endettement et l’obtention du crédit : Une entreprise peut être tout à fait saine mais demander un crédit dont le montant est disproportionné ou le projet non pertinent et se voir ainsi refuser le financement. 
Il est heureux qu’un emprunteur qui souhaite investir soit dans une situation financière saine, mais cela n’indique pas pour autant la qualité et la faisabilité de son projet d’investissement.
Il faut néanmoins saluer cette première statistique qui devrait être suivie par de nombreuses autres dans les mois à venir.
 

Et vous qu’en pensez vous ? Les emprunteurs en crowdfunding lending sont ils les exclus du système bancaire ? Si oui, pourquoi ?

Les emprunteurs doivent ils accepter d’autres sources de financement basées sur le partage des profits futurs (tel les prises de participation au capital ou le  crowdfunding royalties) ?

 

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