Une stratégie d’investissement 2019 rédigée le 15 Octobre 2018 et publié pour la première fois à cette date.

Les marchés financiers vacillent depuis plus ou moins 15 jours [NDLR : Depuis début octobre 2018]. Les taux d’intérêt montent faisant baisser la valeur des obligations ; Les actions baissent parfois violemment. Nous entrons dans une nouvelle phase de grand stress qui remet le monde face à la réalité d’une croissance économique droguée aux politiques monétaires excessivement accommodantes.
Warren Buffet pourrait expliquer que c’est « lorsque la marée redescend que l’on voit ceux qui se baignent nus« . La banque centrale américaine débute l’introduction de son resserrement monétaire (vous noterez l’extrême lenteur du process… « Débute l’introduction… » ; Nous sommes encore très loin du resserrement réel)… et déjà, des craquements se font entendre dans le monde des dépendants des états-Unis et du dollar.
Nous entrons dans une phase de grand stress qui devrait nous permettre de répondre à la question fondamentale que nous posions dans cet article « Bulle globale ou destruction de la valeur de la monnaie et hyper-inflation sur les actifs ? ».
Allons nous tous droit vers l’éclatement du grande bulle spéculative globale construite par l’abondance de liquidité depuis presque 10 ans…. ou allons nous faire le constat de la persistance de ce dérèglement monétaire et entrer dans une nouvelle phase d’hyperinflation sur la valeur des actifs ?
C’est la question majeure du moment ! Il est malheureusement impossible de connaître la réponse avec certitude.

  • Soit les banques centrales maintiennent le cap du resserrement monétaire et acceptent l’idée selon laquelle les marchés financiers vont littéralement s’effondrer. Noter que si le retour de l’inflation durable dans l’économie réelle venait à remplacer l’inflation dans l’économie financière, la baisse de la valeur des actifs indexés sur l’inflation serait limitée par la hausse quasi-mécanique des revenus (action ; immobilier par exemple) ;

 

  • Soit les banques prennent peur devant les conséquences financière d’une politique monétaire moins accommodante … et se relancent dans un nouvel épisode d’expérimentation monétaire. Ce serait  alors le retour d’une politique monétaire excessivement accommodante qui détruirait la valeur des monnaies par l’hyperinflation. Nous pourrions alors entrer dans une nouvelle phase de taux d’intérêt négatifs. Il pourrait s’agit de la construction de nouveaux marchés haussier qui dépasseraient allègrement les niveaux actuels; Mais attention aux mirages… ce ne serait pas la valeur intrinsèque des actifs qui augmenterait … mais la monnaie qui permet d’exprimer cette valeur qui perdrait de la valeur.

 
Notons aussi, que les deux scénarios peuvent également se réaliser successivement ! C’est d’ailleurs un scénario qui m’apparaît sérieusement envisageable !

 
 

Les banques centrales ont conscience de l’impossible retour à une politique monétaire « normale ».

Elles perçoivent la destruction des modèles monétaires anciens… mais elles ne peuvent pas l’admettre. Les banques centrales se doivent de faire semblant de croire qu’il est possible d’augmenter les taux d’intérêt. Elles n’ont pas le choix, elles doivent maintenir la pression sur les états et tous les spéculateurs !
Des taux d’intérêt qui sont annoncés en augmentation, ce sont des états qui doivent se réformer, réduire leur dépense et se plier à ces nouvelles exigences financières ; Ce sont des spéculateurs qui doivent de perdre du capital, c’est la matérialisation de l’indispensable aléa qui justifie l’enrichissement des spéculateurs.
Nous entrons donc dans une période de la grande illusion. La grande illusion des banques centrales qui se doivent d’essayer l’impossible resserrement monétaire. Les banques centrales doivent crever les bulles… elles doivent faire baisser la valeur de tous les actifs tant que la croissance économique est suffisamment forte pour rendre ce moment le moins douloureux possible pour l’économie réelle…. Mais au fond, les banques centrales savent qu’elles devront remettre le couvert dans quelques mois, années tant les déséquilibres sont puissants.
 
 

… sauf à accepter l’effondrement du capitalisme financier.

Le capitalisme ne pourra survivre durablement à ce retour à la réalité. Les défauts se multiplieront dans d’une économie mondiale surendettée dont les profits ne permettent plus de financer la croissance future. Lorsque la croissance économique est construite sur toujours plus de d’endettement, il n’est pas possible de mettre fin à cet endettement toujours plus élevé … sans détruire la croissance ! Ce cercle vicieux met en exergue la fragilité du capitalisme dont l’élection de dirigeants populistes est le symbole.
Les institutions financières qui dirigent littéralement le monde (les états sont sous la soumission direct de l’arrogance des banques centrales qui ont le pouvoir d’influer sur la politique – Un exemple simple, l’Italie. La banque centrale Européenne a annoncer ne pas vouloir sauver l’Italie dans le cadre d’un plan de sauvetage compte tenu de sa politique actuelle – La démocratie Italienne doit se conformer au pouvoir de la banque centrale européenne…) n’ont pas d’autres choix que de poursuivre la destruction des monnaies par des politiques monétaires non conventionnelle pour sauver le capital !
Demain, la question de la volonté profonde des peuples devra être posée ! L’accumulation d’élection nationale qui dans lesquelles les peuples expriment leur volonté de changer de modèle n’est pas anodin ! Je ne crois pas qu’il faille interpréter ces élections comme une montée du racisme, de l’antisémitisme ou autres désir de haine, mais simplement comme l’expression de la volonté d’une majorité qui souhaite mettre fin à certains excès.
Celui qui se revendique du progressisme aura l’explication simpliste d’évoquer la montée de la haine envers son prochain. Je ne crois pas à cette idée simpliste des « bons » contre les « méchants ».
Je crois simplement qu’il s’agit là de l’expression d’un peuple qui veut changer de modèle ; Il ne faut pas négliger les conséquences de ce nouvel ordre qui est en train de se construire.
L’exemple de Trump est magnifique. Nous l’écrivions dès 2016 au lendemain de l’annonce de son élection « Trump président… De la mutation économique à la mutation sociétale non sans conséquences sur le patrimoine et la fiscalité ? : 

« Systématiquement, ces votes contre le courant dominant des intellectuels, contre la bien-pensance de ceux qui affirment savoir, peuvent être interprétés comme des cris de rages d’un peuple qui affirme savoir ce qui est bien pour lui et refuse de se voir obliger d’être en accord avec l’avis de quelques uns déconnectés de la vie réelle.

Le propos n’est pas ici de disserter, polémiquer, afficher des opinions, simplement de faire le constat suivant, froid et apolitique : Nous pourrions assister dans les prochains mois, années, à une mutation sociétale majeure. Après la révolution économique et financière, nous assistons aujourd’hui à une révolution sociétale.

Les « têtes couronnées » pourraient changer et les politiques financières (via le rôle des banques centrales) et fiscales pourraient bien prendre un tournant inédit (ou du moins opposé aux tendances actuelles). »

 
Nous avons rédigé cet article il y a deux années ! Nous y sommes maintenant !
 
Trump détruit tout, casse les certitudes d’une économie libérale construite autour de fantasmes, … Nous ne savons pas ce qui en ressortira… mais force est de constater que les choses changent, la question est de savoir si c’est dans le bon sens 😉
Dans le prolongement d’une tribune publiée dans le journal La Croix, Olivier Blanchard, ancien chef économiste du FMI affirmait :
« Inspiré par les évènements de France [NDLR : Les gilets jaunes]. Se pourrait-il que, compte tenu des contraintes politiques liées à la redistribution et aux contraintes de la mobilité des capitaux, nous ne puissions tout simplement pas atténuer les inégalités et l’insécurité suffisantes pour prévenir le populisme et les révolutions. Qu’est-ce qui vient après le capitalisme ? »

 
Une phrase fondamentale émerge de son interview au journal La Croix :  « Nous avons en effet à remettre en cause un certain nombre de dogmes du capitalisme mondial tel qu’il a émergé à partir de l’après-guerre, à la fin des années 1940.
Je pense par exemple à la liberté totale du commerce international, qui bénéficie énormément aux consommateurs, mais crée aussi de graves problèmes sociaux. Nous ne pouvons pas continuer à simplement dire que l’on s’occupera des « perdants du système ». Car en réalité, on s’en occupe assez mal. »
 
 
 

Le capitalisme financier serait il sur le point de perdre le pouvoir ? Quel prix le peuple est il prêt à payer pour retrouver le pouvoir de la démocratie ?

 
NB : Cet article de stratégie d’investissement a été rédigé avant la révolution des gilets jaunes. Les gilets jaunes confirment pleinement cette réflexion globale de la recherche d’une correction des excès d’un capitalisme financier à outrance. Je vous encourage donc à relire ces articles importants sur les conséquences encore imprevisibles :

 
A suivre …

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