Entre doute et Indécision... Les marchés sont flous

Dans un environnement toujours teinté d’indicateurs en repli et le brouhaha entourant le refinancement forcé de a dette grecque, il était très étonnant d’assister à une hausse significative des indices actions le dernier jour du mois. D’autant plus que le comblement du gap (trou de cotation) laissé à 2849 sur l’eurostoxx 50 nous enjoignait à augmenter notre couverture pour revenir d’un taux d’exposition de 24% à 19%.
Nous fumes donc surpris par tant d’allégresse sur les marchés au regard d’une conjoncture toujours empreinte de doute et de nos convictions que la hausse n’était pas pour tout de suite.

Fort heureusement, cette envolée n’était qu’un leurre et résultait plus de volonté de tirer les indices en fin de période que d’un retournement de tendance. Car si la lisibilité économique s’assombrit quelque peu justifiant pour le moins de l’attentisme sur les marchés, les niveaux d’indices ne justifient pas de baisses excessives d’autant que la Réserve Fédérale reste en soutien.
Donc sauf événement majeur négatif, ce sera plus de l’ennui qui animera les marchés pour les semaines à venir, probablement un effritement des indices qu’un « sell off » de grande ampleur. Une fois de plus, ce sont les marchés actions qui offrent la meilleure résistance, l’indice SP500 s’accrochant jusqu’à ce jour à la barre de support des 1310 points.

Pourtant, les mauvaises nouvelles sont plus du côté des Etats-Unis où les indices de conjoncture, les nouvelles commandes se replient plus nettement qu’en Europe. Les espoirs de stabilisation du marché de l’immobilier ont fait long feu et les prix des maisons repartent en baisse après quelques mois d’amélioration. Les ménages ne pourront espérer un effet richesse venant de cet actif.

Forte déception aussi sur le marché de l’emploi après quelques mois d’amélioration, celui-ci n’a créé que 54.000 postes contre 232.000 le mois précédent. Certes, les conditions climatiques exceptionnelles sévissant dans le centre des USA peuvent en expliquer une partie comme l’absence de composants dans l’industrie automobile.

Mais ceci accentue les interrogations des investisseurs : ralentissement passagé ou retournement de conjoncture plus marqué.
Rappelons qu’en sus des questions sur la conjoncture américaine, les investisseurs s’interrogent aussi sur les pays émergents où les durcissements de politique monétaire freinent l’activité. En Chine, l’indice ISM manufacturier reste en croissance mais marque un nouveau repli. Inversement, l’ISM services reste sur des niveaux satisfaisants même s’il subit une légère contraction.

Est-ce la preuve qu’une fois de plus, les autorités chinoises réussissent à gérer remarquablement leur politique économique, désormais tournée vers la demande domestique.

Dans cet environnement, est-il si important de se focaliser sur le Grèce ? 2% du PIB de la zone euro, beaucoup de palabres mais une certitude, la zone euro ne peut se permettre aujourd’hui de laisser tomber la dette grecque au risque de créer un environnement encore plus méfiant vis-à-vis de nos déficits et nos politiques économiques aussi variées que le nombre de pays composant cette zone.

Donc, gagner du temps…mais n’impliquera pas de gagner de l’argent.

Au sein de votre sicav, nous avons donc diminué le taux d’exposition en fin de mois. La pondération sectorielle n’st pas modifiée. Quelques  enforcements sur les valeurs agro-alimentaires et la sortie de deux lignes résiduelles comme Telecity suite à son bon parcours et apurement de STM Microélectronic, jugée bien trop volatile pour remplir un rôle d’investissement pérenne dans ce type de placement.

Enfin, fort heureusement, nous avions coupé la valeur Nokia dès la reprise de la gestion, il est toujours plus difficile pour une société de maintenir son rang de premier de la classe que d’y accéder. Sur un second profit warning, la valeur décrochait de 17%.

 

Mais si la crise européenne attire toutes les attentions, nous pouvons nous étonner de l’attitude obligeante des investisseurs face au déficit américain et à l’absence totale de décisions tendant à réduire son astronomique montant soit 14.300 milliards de dollars. Silence radio à quelques mois des élections et sur bataille verbale entre républicains et démocrates. Toujours pas d’accord non plus sur le relèvement du plafond de la dette annuelle qui pourrait provoquer la mise au chômage de nombreux fonctionnaires faute de pouvoir les payer.

Ce risque ne perturbe en rien le marché obligataire américain où le 10 ans US repasse sous les 3%.

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