Premier rappel à l’ordre du marché.

Comme attendu dans nos précédentes lettres, les marchés boursiers viennent de décrocher fortement au cours de la semaine dernière, le CAC perdant 4,98%, le DAX 3,16% alors que l’Espagne recule de 6,34%. Ceci amène les performances du mois de septembre à des chiffres négatifs ou proches de zéro.
Après les interventions des banques centrales, ce sont les « politiques » européens qui ont rejoué un numéro auquel ils sont devenus experts, celui de la cacophonie. L’axe « du froid » Allemagne, Finlande et Pays-Bas vient ainsi de frapper en donnant une lecture du MES européen très particulière. Par ailleurs, on attendait avec impatience les programmes budgétaires de la France et de l’Espagne sur 2013, disons que les marchés n’ont finalement pas trouvé les ajustements très cohérents, nous allons ainsi décrypter ces différents éléments.
 

Le groupe des bons élèves fait de l’autoritarisme.

La ministre des Finances du gouvernement finlandais Jutta Urpilainen a confirmé, jeudi dernier, les positions des trois pays du triple A selon lesquelles la recapitalisation des banques par le MES ne sera pas destinée à aider les pays en difficulté. Selon elle, on ne peut pas faire payer au MES les erreurs et les dettes du passé. « Notre point de départ a toujours été que les erreurs et les pertes constatées au temps des instruments de surveillance nationaux ne seront pas réglées par le MES », a-t-elle confirmé. La Finlande a exprimé cette condition lors de la réunion, mardi, des ministres des Finances finlandais, allemand et néerlandais. Cela a suscité des irritations en Europe, notamment en Espagne et en Irlande. Mme Urpilainen reconnaît que les différents pays européens peuvent avoir des attentes différentes sur l’utilisation du MES. « Si l’on regarde les déclarations du sommet de la zone euro de juin, on y lie directement la recapitalisation des banques à l’existence d’un mécanisme de surveillance unique. Il sera alors naturel que les erreurs et les crises qui interviendront pendant que ce mécanisme fonctionnera, impliquent l’intervention du MES », dit-elle. Ainsi, la ministre souligne que l’union bancaire n’est pas instaurée pour gérer la crise actuelle mais les crises à venir.
Le trio du triple A a donc ouvert de manière très singulière le débat par lequel les Etats membres doivent s’accorder sur les détails du fonctionnement du MES. La question sera abordée le mois prochain tant au niveau des ministres des Finances que des chefs d’Etat et de gouvernement.
 

Les prochaines discussions concernant le fonctionnement du MES vont être difficiles.

Reconnaissons pourtant que la déclaration du sommet de la zone euro de juin ne stipule pas que la recapitalisation des banques ne concernerait que des problèmes survenus après l’instauration d’un mécanisme de surveillance unique. La seule condition écrite est que cette recapitalisation ne peut être possible qu’après sa création. La position de la Finlande est que les aides au secteur bancaire espagnol doivent être payées comme prévu cet été par le FESF et par l’intermédiaire du fonds d’aide aux banques espagnoles. Ces aides seront transférées ensuite au MES lorsqu’il aura été instauré.
On peut donc considérer qu’il y a encore un important travail pédagogique et politique à réaliser pour savoir comment on conçoit la gouvernance européenne : Diktat des triples A ou volonté commune de sortir de la crise avec le moins de pertes économiques et sociales et le plus vite possible ?
 

Dans l’attente de la demande d’aide de l’Espagne.

Sans vouloir justifier la réticence de Mariano Rajoy à demander l’aide européenne, on peut comprendre sa difficulté « politique » face à une certaine intransigeance.
On ne sait si comme à l’issue des combats de tauromachie, il cherche à se faire couper les oreilles, mais sa récente déclaration qu’il pourrait appeler à l’aide si les taux des obligations espagnoles demeurent « trop élevés, trop longtemps » laisse pantois.
Il ouvre évidemment la porte à la spéculation et d’une certaine façon, il attend que les marchés lui imposent son choix. Il risque d’être rapidement servi, peut-être dès la semaine qui vient !
Toutefois, l’audit du secteur bancaire espagnol révèle que les besoins de recapitalisation des banques s’élèvent à 59,3 Md€, chiffre conforme aux attentes, il serait même de 53,7 après prise en compte de certaines fusions en cours et de certains effets fiscaux. Cette nouvelle rassurante pourrait à nouveau conduire l’Espagne à retarder l’appel à l’aide européenne.
 
 

Les budgets présentés ont un fort goût d’austérité

Autre motif d’inquiétudes pour les investisseurs, les politiques budgétaires restrictives mises en place en Europe, la France venant de nous en donner une illustration en présentant son projet de budget pour 2013. Le projet présenté est sans surprise et ne saurait justifier la forte baisse du marché de vendredi dernier.
Afin de ramener le déficit public à 3% du PIB, la consolidation budgétaire prévue l’an prochain s’élèvera à 1,5 point de PIB et passera par la hausse des prélèvements obligatoires. Aux 6 Md€ de prélèvements supplémentaires prévus par la deuxième loi de finances rectificative (LFR) pour 2012 s’ajouteront 10 Md€ de prélèvements nouveaux sur les ménages, 10 Md€ sur les entreprises et 10 Md€ d’économies en dépenses.
Eu égard à la forte dégradation du climat conjoncturel observée ces derniers mois, et compte tenu des effets probables d’une telle cure d’austérité sur l’activité, la résorption du déficit budgétaire à 3,0% du PIB prévue l’an prochain nous paraît loin d’être acquise. En l’état actuel des choses (hors nouvelles mesures correctrices prises en cours d’exercice), les économistes prévoient une croissance annuelle négative en 2013 (-0,4%) et une amélioration du solde public limitée à 1,1 point de PIB (à -3,4% au mieux). L’objectif de retour à l’équilibre budgétaire est confirmé pour la fin de la législature (2017), l’équilibre structurel pour 2016. Le ratio de dette publique atteindrait ainsi son maximum l’an prochain (91,3% du PIB) avant de décroître de plus de 8 points de PIB à l’horizon de prévision (82,9% en 2017). Ceci reste un espoir vain, car les problèmes sont d’ordre structurels et la baisse de croissance ne permettra pas de tenir ces engagements.
 

Attention à la publication des chiffres du T3.

Alors quel scénario privilégier ? Le risque est très clair : nous entrons dans une récession qui durera au moins jusqu’au début 2014. En réduisant assez significativement le pouvoir d’achat des ménages et en manque d’investissement, on voit mal les entreprises maintenir un niveau élevé de croissance bénéficiaire. Les analystes vont devoir très rapidement revoir leur copie. En effet, les 13% de croissance des bénéfices pour les entreprises du CAC 40 ne seront pas atteints. En plus il est à craindre une explosion du chômage, qui va alimenter un fort mécontentement social. Bref, l’hypothèse d’un retour du CAC 40 autour des 3000 points reste possible.
Nous maintenons toujours un choix d’allocation d’actifs prudent sur le court terme, en privilégiant des fonds d’obligations corporate et des fonds flexibles internationaux.
Le fonds Hixance Patrimoine (90% d’obligations corporate et 7% d’investissement en actions) confirme des performances sérieuses avec +8,15% depuis le début de l’année.
Dans Hixance flexible international, le fonds est investi en ce moment à 48,71% actions dont 16,5% US, le reste européen, 37,8% d’obligations corporate et 13,5% de liquidités. Sur septembre, la performance est de + 2,14% contre un indice à +0,34%.
Nous continuons à jouer fortement avec la volatilité du marché en profitant de la latitude du fonds qui est un investissement actions entre 0 et 120%.