Nous poursuivons notre analyse des programmes pour les prochaines élections présidentielles 2017 et profitons de la publication du livre « révolution » par Emmanuel MACRON pour essayer de comprendre le sens de son programme et de sa stratégie concernant l’immobilier.
Ce livre n’est pas une accumulation de proposition diverses et variées, mais un livre « projet » qui décrit la vision d’Emmanuel MACRON concernant l’avenir de la France.
Je vous propose de vous livrer quelques citations qui pourraient vous aider à comprendre l’esprit dans lequel il construit son projet concernant l’immobilier :
« Est il logique de ne pas réformer les 18 milliards d’euros d’aides personnalisées au logement (APL) alors qu’elles bénéficient moins aux attributaires qu’à leurs propriétaires et alimentent l’inflation des prix de l’immobilier. »
« Alors mettons la lumière sur toutes les réussites Françaises, qu’elles soient entrepreneuriales, intellectuelles, sportives ou culturelles. Pour que cet entrepreneuriat réussisse et se développe en France, je souhaite deux choses simples. D’abord, une fiscalité qui récompense la prise de risques, l’enrichissement par le talent, le travail et l’innovation plutôt que la rente et l’investissement immobilier. »
« La nouvelle écologie que nous devons mettre en place n’est nullement contradictoire avec la nouvelle économie que nous souhaitons promouvoir. Elle est même l’une des ses composantes essentielles. Elle représente une opportunité économique pour les entreprises qui sauront apporter des réponses nouvelles, construire des maisons qui consomment moins d’énergie qu’elles n’en produisent, développer l’agriculture biologique. C’est pour ce faire que des investissements publics ou des accompagnements sont nécessaires. Une opportunité aussi pour notre société parce que ces solutions nous permettront de mieux manger, d’être en meilleure santé, de respirer un air moins pollué… de mieux vivre tout simplement. »
« En matière d’efficacité énergétique, on sait que l’effort principal est d’abaisser les consommations d’énergies des bâtiments en les isolant et en les équipant de moyens de chauffage performants. Les progrès sont en cours : les chaudières à condensation sont devenues la norme, les rendements des pompes à chaleur et des chauffages au bois se sont considérablement accrus tandis que les entreprises du bâtiment œuvrent à rendre plus facile l’isolation des toitures et des façades. »
« Dans les métropoles, si nous voulons recréer de la mixité, et répondre aux nouveaux défis, nous devons construire plus de logements. Notre politique du logement est obsolète. Elle a été conçue pour les famille d’hier et beaucoup moins pour les Français d’aujourd’hui. Elle a été pensée dans le cadre d’une société sédentaire avec des équilibres territoriaux et familiaux traditionnels. Or désormais, les Français ne vivent plus de la même façon. Ils doivent déménager beaucoup plus souvent qu’avant, ne serait ce que parcequ’ils doivent changer plus souvent d’emploi. Ainsi, les besoins de logements explosent. Quand un couple divorce, et que les gardes sont partagées, il faut construire non pas un logement avec deux chambres, mais deux logements avec deux chambres.
Ces dernières années, le taux d’effort des ménages pour se loger s’est considérablement accru : le prix des logements anciens a augmenté de 150% en vingt ans, alors que le revenu disponible n’augmentait que de 50%. Ce problème de prix cache principalement un problème de quantité : l’offre est insuffisante pour satisfaire la demande, principalement dans les zones tendues, comme on dit techniquement, c’est à dire notamment l’Ile de France, le Côte d’Azur, et quelques autres grandes métropoles, où se concentre la très grande majorité des situations de précarité par rapport au logement.
Je veux construire plus massivement et beaucoup plus rapidement dans ces zones tendues. Pour cela, nous avons d’abord besoin de cohérence. Nous ne pouvons pas continuer de complexifier encore le droit de l’urbanisme, multiplier les règles techniques et allonger encore la durée des procédures. Il faut cesser de tergiverser. Soit la priorité absolue est de construire plus de logements, soit notre volonté est d’accroître encore et toujours la réglementation. Faire les deux, ensemble, c’est échouer sur les deux plans. Pour ma part, je veux tout faire pour construire là ou nos concitoyens l’attendent.
Ensuite, nous avons besoin d’une détermination sans faille. On ne peut accepter que, pour préserver des équilibres politiques locaux ou des prix de l’immobilier élevés, des élus locaux ne remplissent pas leur mission. La répartition de la construction en Ile de France montre que, dans chaque département, ce sont quatre ou cinq communes qui concentrent l’essentiel des nouveaux chantiers. Or ces communes ont les mêmes caractéristiques globalement que celles ou l’on ne construit pas : Le problème est donc politique. L’Etat doit, dans ces quelques métropoles ou se concentre le problème, mettre en oeuvre des procédures d’exception afin de libérer le foncier accélérer les procédures et permettre rapidement de construire, chaque année, les dizaines de milliers de logements supplémentaires nécessaires.
Cet effort de construction ciblé est la seule manière efficace pour répondre, dans les métropoles, à la demande de logement et faire baisser les prix. Cela permettra de faire baisser les aides publiques massivement octroyées ces dernières années. Car en voulant aider les ménages, sans régler le problème de la construction, nous avons alimenté l’augmentation des prix. »
[…]
« On sait en effet, que faute d’avoir pensé un urbanisme commercial à la bonne échelle, on a laissé se constituer dans leur périphérie [NDLR : des villes moyennes] des centres commerciaux trop important. Le cœur des villes tend donc à se vider de ses commerces. Progressivement, le bâti s’y dégrade, entraînant, à la chaîne, de grandes difficultés. Ces cœurs des villes devraient, au contraire, être le premier lieu du développement économique avec des PME qui alimentent en emplois tout le territoire de la commune. La « ville-centre » est donc à conforter ».
A suivre …