L’édito de Julien Bonnetouche, notre lecteur passionné de finances personnelles, bourse et qui adore provoquer le débat pour faire réfléchir.
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Note liminaire de Guillaume FONTENEAU.
Julien m’a envoyé ce texte avec le titre « Quels conseils donner à vos enfants (ou petits enfants) afin de devenir riche au 21eme siècle ? ». Je me suis autorisé à changer le titre (comme souvent) pour mettre en avant la liberté et l’indépendance plutôt que la richesse financière.
Tout simplement, car je crois que l’un ne va pas sans l’autre. Je crois que l’on ne peut pas être riche pour celui qui ne serait pas libre et indépendant.
À titre personnel, j’aimerais voir mes enfants libres de choisir leur vie, libres de développer leurs idées, libre de construire leur vie. Être riche, mais subir la vie et prendre le risque de ne pas être épanoui est-il viable ? Je ne crois pas. La vraie richesse suppose d’être libre.
Combien d’entre nous subissent leur vie ; Combien ont renoncé à créer une entreprise, à s’investir dans un projet par convenance sociale ou par confort d’un salaire élevé (mais la contrepartie d’un job qui vous fait mal au ventre tous les lundis matins). Je ne souhaite pas cette vie à mes enfants.
Peut-être que cette liberté s’accompagnera d’une réussite patrimoniale ou pas. Peu importe. Le principal, pour moi, est qu’ils assument leur vie et qu’ils soient fiers de leur réussite, même si elle n’est pas financière.
Ainsi, dans le prolongement de cet article « L’héritage n’est pas un dû ; Transmettre n’est pas un devoir« , je considère que mon devoir de parent n’est pas de leur transmettre du capital économique ; Mon devoir est de leur transmettre ce capital intellectuel, culturel et ce goût du travail qui leur permettra d’atteindre cette liberté et indépendance.
De même, je ne veux pas faire d’eux des héritiers qui se considéreraient comme tel.
Si leur projet de vie n’est pas compatible avec la réussite patrimoniale, s’ils ne veulent pas travailler plus que les autres pour capitaliser, ils devront assumer leur choix et ne pourront pas compter sur mon travail ou celui de leurs grands-parents pour assumer leur propre choix de vie ; (c’est facile à dire aujourd’hui, ils n’ont que 3, 9 et 11 ans).
Merci Julien pour ce bel article qui nous permet à tous de réfléchir sur notre vie et notre rapport au patrimoine et à l’argent.
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Quels conseils donner à vos enfants (ou petits enfants) afin de devenir riche au 21ᵉ siècle
Cet article fait écho à ceux de Guillaume la semaine dernière, intitulés «comment devenir riche» et «l’héritage n’est pas une obligation»
Je me souviens d’une vieille femme de la campagne dans les années 60, me confiant à propos d’un de ses petits enfants : «il n’est pas bon à l’école, alors il ira à l’usine». (il y avait encore des usines…)
Sans s’en rendre compte, elle m’a été très utile, car révélatrice d’un mode de pensée assez répandu, selon lequel le destin de chacun devrait être vécu comme une fatalité, dépendant de facteurs plus ou moins déterminés, de sorte que la responsabilité de l’entourage en serait réduite.
Mes parents, non plus, ne m’ont jamais ni guidé ni conseillé, cela ne leur venait pas à l’esprit, mais heureusement à cette époque, nous avons eu l’ascenseur social comme tremplin.
Le rôle des parents, des grands-parents, et des éducateurs, d’une manière générale, devrait être d’expliquer comment fonctionne le monde économique à l’instant T de l’époque qui est celle du jeune qui entre dans la vie, en tenant compte des aptitudes et différences de chacun.
Par exemple, les garçons et les filles n’ont pas le même relation à l’argent.
Attention, je ne dis pas que les hommes préfèrent gagner l’argent et les femmes le dépenser !! Non pas du tout… Mais seulement que selon la loi bien connue des 80 %/20 %, une minorité de femmes seulement considère l’argent comme un instrument de pouvoir.
Dans les 30 glorieuses, s’enrichir était relativement simple pour qui comprenait l’exode rural. L’immobilier était au centre de tout : Il suffisait de construire autour des villes, l’inflation aidant, les prix augmentant de 10 ou 15 % chaque année il n’y avait quasiment pas de risques.
En gros, les promoteurs construisaient 4 appartements, en vendaient 3 et en gardaient 1 avec le bénéfice réalisé, qu’ils mettaient en location. J’en connais comme cela, anciens maçons italiens immigrants, qui ont légué à leurs descendants des centaines d’appartements…
Aujourd’hui, après la phase de valorisation du patrimoine immobilier du début des années 2000 par la magie des taux bas, il faut se rendre à l’évidence, qu’envisager de s’enrichir avec la pierre devient plus que problématique, et Guillaume nous rappelle régulièrement les contraintes de plus en plus lourdes qui pèsent sur les propriétaires.
L’École aussi bat de l’aile. Nous baissons régulièrement dans les classements internationaux auxquels on doit se référer, alors qu’autrefois, on n’en parlait même pas.
À cet égard, les dernières instructions de notre ministre de l’Éducation nationale qui, si elles sont suivies, vont faire baisser le niveau des Écoles privées en les obligeant à plus de «mixité sociale» plutôt que chercher à remonter celui du public, est révélateur de la nécessaire prise en charge individuelle de l’avenir de nos enfants.
L’environnement économique a structurellement changé
Les études, même convenablement poursuivies, ne sont plus une garantie d’un avenir rayonnant, et des métiers autrefois élitistes, comme médecin, avocat, pharmacien, ou encore ingénieur, voient leurs revenus sinon limités, au moins contraints par des mesures réglementaires, réduisant ainsi les possibilités de sortir nettement du lot commun.
On sait par exemple que les inégalités de revenus, souvent décriées dans notre pays, sont en réalité réduites de 1 à 4 une fois déduites les diverses charges et impositions.
Mais le changement le plus radical porte sur l’environnement mondial.
Autrefois, il n’y a pas si longtemps, l’Europe et les USA étaient le centre du monde.
Aujourd’hui, et cela s’est fait en quelques années seulement, la France ne représente plus qu’une infime partie du PIB mondial, mais surtout, nous baissons régulièrement dans ce classement-là aussi, d’autant que nous sommes entrés dans une période de faible croissance pour une période assez longue.
Et hélas, nous voyons aussi que les têtes qui dépassent dérangent, et l’on ne doit plus compter sur la méritocratie républicaine pour une valorisation individuelle, mais plutôt sur l’action personnelle.
Le jeune qui veut désormais émerger d’un monde léthargique et décroissant, va devoir considérer sa position non pas en la comparant à ses concitoyens, mais à ses alter ego mondiaux, d’un niveau de formation équivalent.
Il doit aussi être bilingue anglais.
La concurrence est partout. C’est redoutable, mais certainement bénéfique.
Mais il est une bonne nouvelle dans tout cela :
En ce 21eme siècle, il existe un secteur porteur en croissance rapide, et qui va laisser loin derrière tous ceux qui seront passés à côté, je parle bien sûr des technologies de l’informatique et du big data.
Les récents progrès de l’intelligence artificielle inquiètent ceux qui en comprennent la portée, ( la majorité, les mêmes qui ne veulent pas travailler plus, ne voient, eux, rien venir) mais c’est justement l’occasion d’entrer dans cette brèche qui s’est ouverte maintenant depuis 5 à 6 ans.
On doit plutôt parler d’intelligences artificielles au pluriel, car si Chat GPT est une «amusette» grand public pour les versions déjà existantes, des outils prédictifs très performants pour l’industrie, ou en ressources humaines sont presque opérationnels. Il s’agit pour le moment d’essayer d’anticiper toutes sortes de dysfonctionnements préjudiciables au bon fonctionnement de l’entreprise, qui coûtent une fortune quand on a des centaines de milliers de salariés.
Et ce n’est que le début.
Les besoins des entreprises mondiales en matière de réorganisation globale, avec réduction des coûts, seront croissants au fur et à mesure que les divers outils d’intelligence artificielle appliqués à toutes les variables de la chaîne de production vont se développer.
Nous le savons, la plupart des métiers intellectuels vont bientôt considérablement se transformer inévitablement, et nous devons expliquer à nos jeunes qu’ils ne doivent pas «louper le coche», car il s’agit là d’une révolution industrielle qui va concerner le siècle actuel au minimum, aussi importante que le furent celles du 19eme et du 20eme siècle.
À chaque époque sa possibilité de profiter de l’environnement favorable qui la caractérise.
Et il ne faut par conséquent surtout pas rester avec les bonnes idées du passé.
Le mieux étant de se trouver à la source, c’est-à-dire de participer à la création de l’outil lui-même.
Voilà donc l’aboutissement de mes réflexions :
Notre enfant ou petit enfant, s’il n’a pas de vocation particulière, cherche sa voie comme nous l’avons fait nous-mêmes, et c’est bien normal.
Si on a pris la précaution élémentaire de lui faire étudier les mathématiques, et qu’il souhaite devenir riche en créant une entreprise, parce qu’on lui a expliqué régulièrement que c’était possible et même souhaitable, une opportunité s’ouvre à lui.
Il doit alors s’orienter vers une spécialisation telle que d’ingénieur Data, ou Data scientist, ou Architecte Data …
Ce n’est bien sûr pas la seule voie possible, mais celle-ci présente l’avantage d’offrir un chemin tout tracé et balisé pour les années avenir.
Puis il doit commencer par comprendre les multiples besoins présents et futurs des entreprises mondialisées en matière de traitement des Data, sans doute en travaillent dedans au début, ainsi que pour se créer un réseau, et ensuite, trouver le/les marchés porteurs, identifier les chaînons manquants, et les opportunités viendront forcément…
Il y a des milliards à la clé.