Je le sais, toutes les études expliquent que la gestion active ne peut pas être source d’une meilleure performance que la gestion passive à long terme.

Nous sommes d’accord. Pourtant, j’ai comme l’intuition que la théorie pourrait bien bégayer. Et si nous étions à l’aube d’une période profitable au stock picking ? Et si, pour les prochaines années, les performances de la gestion indicielle étaient moins bonnes que les performances de la gestion active qui consiste à sélectionner les entreprises par un gérant professionnel.

Je voudrais partager avec vous cette intuition.

En effet, en théorie, il est quasi impossible pour un gérant professionnel de générer une meilleure performance que son indice de référence. Les résultats de l’étude SPIVA le confirment, années après années.

C’est incontestable sur les années passées. Mais ce qui nous intéresse, c’est l’avenir, c’est-à-dire la performance de votre portefeuille pour les prochaines années.

Tout comme l’indice MSCI World qui a atteint des sommets à la fin de l’année 2021, j’ai l’impression que le CAC40 est proche des sommets qui pourraient ne pas être atteint avant de très nombreuses années.

La raison est simple : L’absence de diversification des indices. Les indices sont aujourd’hui concentrés autour de quelques entreprises exceptionnelles, des entreprises dont les cours de bourse atteignent des sommets que l’on voit difficilement franchissables.

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

L’indice MSCI World, c’est 16% de l’encours qui est concentré sur les 10 premières entreprises, quasi exclusivement sur les GAFA.

Ma question : Est-ce que l’indice MSCI World peut afficher des performances élevées à l’avenir si le cours des GAFA ne rebondit pas fortement ? Difficile.

Pire pour le CAC40.

Les 10 premières lignes du CAC40 représentent 60% de la pondération totale. 10 premières entreprises du CAC qui atteignent des sommets qui pourront difficilement être dépassés !

On parle des entreprises du luxe, évidemment, mais également de l’Oréal (souvent classé luxe) ou encore Air liquide, Vinci et Schneider électrique.

La hausse future du CAC40 passera inévitablement par la hausse de ces 10 premières lignes. Dit autrement, le CAC40 ne pourra pas continuer d’augmenter si ces 10 lignes ne continuent pas leur chemin à la hausse.

Est-ce vraiment raisonnable ? Je ne crois pas. Les cours sont aujourd’hui déjà très (trop) élevés. Une poursuite de la hausse semble vraiment peu probable.

Pire, si les cours de ces magnifiques entreprises devaient fortement chuter, le CAC40 pourrait ne pas se relever avant très longtemps.

Ces entreprises sont les grandes gagnantes du récent cycle de hausse. Elles ne seront probablement pas les gagnantes du prochain cycle.

En 2000, avant l’éclatement de la bulle internet, France Télécom était l’une des plus importantes pondérations du CAC40. On sait ce qu’il en est aujourd’hui ;

En 2007, idem pour les bancaires avant l’effondrement.

…

Le retour de la gestion active.

Bref, je ne sais pas comment évolueront les indices dans les prochaines années, mais j’ai l’intuition que nous sommes à des sommets infranchissables. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

Néanmoins, loin de moi l’idée de déconseiller l’investissement en action. En effet, dans le CAC40, on a parfois le sentiment de faire face à deux salles, deux ambiances :

  • Quelques entreprises atteignent des sommets de valorisation, des plus hauts historiques. On vient de les citer.
  • D’autres, beaucoup plus nombreuses, affichent des cours totalement déprimés malgré une activité qui ne semble pas catastrophique.

Pour s’en convaincre, il suffit le PER (Price Earning Ratio) des entreprises du CA. Le meilleur côtoie le pire.

Palmarès des plus forts PER 2022

Palmares des plus faibles PER 2022

A suivre.

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