Comme le rappelle parfaitement Patrick Artus dans une publication de la fin de semaine dernière sous le titre « Pourra-t-on éviter une crise des dettes ?« , le monde est entré dans une longue période de taux d’intérêt réel négatif pour essayer de se sortir d’une situation d’endettement excessif. Les taux d’intérêt réels négatifs, c’est à dire la situation qui consiste à maintenir des taux d’emprunt des états à un niveau inférieur au taux de croissance de l’économie permettent tout simplement aux états de réduire leur endettement au gré d’une création de richesse supérieure au montant des intérêts qu’ils payent sur la dette.
C’est simple et efficace pour réduire le poids de la dette exprimé en pourcentage de PIB : Si le PIB augmente plus vite que les taux d’emprunt, le poids relatif de la dette diminue.
Malheureusement, un peu comme l’histoire de l’œuf et de la poule, le taux de croissance baisse inexorablement malgré une politique monétaire pourtant agressive. Est ce que ce sont les taux faibles qui sont la cause d’une croissance en baisse ou au contraire la croissance faible qui explique des taux bas ? Personne ne le sait vraiment, même s’il semble acquis que les deux phénomène s’entretiennent l’un l’autre tel un cercle vicieux.
Comme nous vous l’expliquons dans cet article « La politique monétaire est devenue déflationniste ! Les banques centrales à l’origine du mal ? », le remède injecté par les banques centrales est devenu le mal.
Les taux bas entretiennent la croissance faible et empêche de la destruction créatrice qui pourrait nous faire entrer dans un nouveau cycle de l’économie. Au lieu d’accepter la destruction des excès préalable à la reconstruction, nous préférons essayer de maintenir coute que coute l’existant au risque que cela ne devienne insupportable ; A l’instar d’une économie administrée, des pans entiers de l’économie sont maintenus artificiellement rentables grâce à cette politique de soutient excessif que représentent les taux d’intérêt négatifs, empêchant ainsi aux nouveaux acteurs d’innover et de proposer de nouveaux services source de croissance et de valeur.
Nous sommes dans le cercle vicieux d’une politique monétaire qui détruit la croissance pour préserver un semblant de prospérité acheté grâce à un endettement tous les jours plus inquiétant … mais qui devra pourtant être payé, un jour par quelqu’un ! Mais chut… le monde n’a que faire de cette réalité ; Nous préférons vivre dans l’illusion d’une destruction de la valeur de la monnaie qui ne se traduit pas par l’inflation.
Pour le moment, tout fonctionne à merveille. La prospérité apparente (sous l’angle de l’évolution du PIB) profite à tous, les taux de chômage sont au plus bas, les taux de croissance, faible au regard du passé, restent positifs et rien ne semble pouvoir arrêter l’inflation du prix des actifs de recyclage de cette liquidité abondante injectée par les banques centrales (prix des actions ou prix de l’immobilier).
Pour le moment, tout fonctionne à merveille. La croissance forte ne se traduit pas par une hausse des salaires et toute cette belle mécanique de croissance à crédit se fait sans inflation ; Une tendance déflationniste liée à la mondialisation (et l’accès à cette main d’œuvre quasi-gratuite et abondante exploitée par les chaînes de production mondialisée) est accentuée par la politique monétaire comme précisé ci-avant.
Pour le moment, tout fonctionne à merveille. La liquidité mondiale augmente sans limite, l’endettement accélère alors même qu’il est déjà trop élevé, l’inflation du prix des actifs semble sans limite ; Bref, tout cela est formidable et permet de maintenir le système en l’état, même si en réalité tout le monde sent bien que la situation est faussement sous contrôle et qu’il faudra bien payer un jour cette politique monétaire incontrôlable.
Le retour de l’inflation serait une catastrophe qui ébranlerait cette belle mécanique ! Or la démondialisation qui s’organise aura pour conséquence de remettre en cause cette tendance déflationniste qui justifie les taux bas et donc la politique monétaire accommodante.
 

Toute cette belle mécanique monétaire repose sur l’absence d’inflation !

Cette belle mécanique monétaire repose sur une absence d’inflation. En effet, il suffirait que l’inflation redevienne un sujet de préoccupation pour que ce cercle faussement vertueux révèle sont véritable caractère nuisible.
Demain, le retour de l’inflation obligerait les banques centrales à augmenter les taux d’intérêt au risque de déclencher une crise boursière et immobilière dont les conséquences sur l’économie réelle pourrait être violente. L’inflation est donc ce petit grain de sable qui pourrait enrayer une économie mondiale téléguidée par la politique monétaire magique !
Les banques centrales augmentent de manière considérable la quantité d’argent disponible dans l’économie, mais l’inflation, telle que calculée par les statisticiens, n’est aucunement impactée. C’est le rève de l’économiste qui vient de trouver la martingale pour imprimer de la monnaie sans limite sans dégradée, au moins en apparence, la valeur de celle-ci. Magnifique.
Pourtant, l’homme de la rue sait bien que tout cela n’est qu’illusion. Le bon sens de chacun sait bien que les choses sont en train de changer et que l’absence d’inflation est un sujet fragile ; Il suffit de faire ses courses et d’écouter ses envies de consommation.
Aujourd’hui, le consommateur est en grève. Il refuse de continuer à consommer « de la merde » à petit prix pour le bonheur de consommer. Aujourd’hui, le consommateur devient acteur de sa consommation ! Il veut de la traçabilité, de la transparence, du respect de l’envirronnement au risque de devoir moins consommer !
Le consommateur veut consommer moins, mais mieux et rejette la mondialisation excessive de la production. Tous les jours, un article de presse, un reportage pointe les excès d’une mondialisation destructrice.
Hier, je lisais cet article « Allons voir si la rose… » sur l’économie de la rose (fleur) dans Le Monde Diplomatique. C’est à vous dégouter d’être romantique ! Et des exemples comme celui-ci, nous en avons tous les jours. Le consommateur rejette massivement cette mondialisation qui consiste à exploiter des humains ou environnement pour fabriquer le profit des multinationale des pays développés (cf »La grève de la mondialisation se généralise ! Nous vivons la grande transformation du monde ! »).
A ce titre, l’expérience du coronavirus pourrait accélérer cette prise de conscience. Nous allons nous rendre compte à quel point, notre train de vie d’aujourd’hui dépend de l’exploitation des conditions de vie des salariés des pays émergents (dont la Chine) et de leur environnement. Le coronavirus pourrait être en cela un accélérateur de démondialisation. Nous ne pouvons durablement accepter d’être dépendant d’un pays ! (cf »La crise du coronavirus ne sera pas sans conséquences car l’économie est un système complexe irréversible »).
Nous allons nous rendre compte de la vacuité de cette économie qui ne peut fonctionner sans un endettement toujours plus important.
Cette démondialisation est inflationniste. L’homme de la rue le sait bien lorsqu’il va faire ses courses.
Nous voulons tous consommer local, faire vivre les artisans qui pourront alors payer leur cotisations sociales et financer notre retraite de demain, nous voulons tous consommer bio pour protéger la qualité de la terre que nous transmettrons à nos enfants… mais tout cela coute très cher.
Et tout cela, sans évoquer la question du changement climatique qui bouleverse les rendements agricoles et donc les prix.
A quoi bon vous réjouir de la hausse du prix de votre maison ou votre appartement, si vous n’avez plus les moyens de vous acheter un steak haché ?
Je le vois au quotidien lors de mes rendez vous d’assistance patrimoniale. Vous êtes riches en patrimoine, mais vous vous considérez comme pauvres car vos revenus ne vous permettent pas d’avoir le train de vie que devrait vous autoriser l’importance de ce patrimoine.
 
A suivre…

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