Le cercle des épargnants vient de publier les résultats de son étude sur la thématique de la préparation de la retraite et notamment pour les moins de 35 ans. Les résultats sont à la fois effrayants et rassurants.
 
Effrayants, car les résultats dressent le portrait d’une jeunesse qui n’a pas encore commencé à travailler et qui a déjà peur de ne pas avoir suffisamment de revenus dans 40 ans. D’une jeunesse qui souhaite épargner davantage en 2016 qu’en 2015 pour préparer cette échéance de la retraite au lieu d’utiliser cette capacité d’épargne pour investir, créer, développer.
Une jeunesse qui épargne (ou souhaite épargner) au lieu de s’investir, n’est ce pas le symbole d’une société qui n’avance pas dans le bon sens ? Cet excèdent d’épargne n’est il pas justement à l’origine de la crise du surendettement que nous subissons depuis 2008. Comment peut on espérer un retour durable de la croissance économique lorsque les états surendettés ne peuvent plus s’endetter et que les ménages épargnent.
Pour comprendre cette idée sur l’excès d’épargne à l’origine de la crise, je vous encourage la lecture de cet article intéressant publié en décembre 2015 sur la Tribune : Quand l’excès d’épargne provoque des crises financières par Joachim Fels, PIMCO Global Economic Advisor.
Cet article explique que le taux d’intérêt négatif est une situation normale dans la mesure ou la quantité d’épargne excède les besoins de financement. Ainsi, considérant que le taux d’intérêt est le résultat de l’offre et la demande de monnaie, celui ci devient naturellement négatif lorsque quantité d’épargne (=offre) est supérieure à la quantité d’investissement (=demande). Le taux d’intérêt négatif permet alors de détruire l’épargne excédentaire pour assurer un équilibre entre l’offre (=épargne) et demande (=investissement).
Et l’auteur de conclure :

« En dépit des efforts accomplis pour rendre le système financier plus sûr et plus résistant aux crises, il sera très difficile d’éviter les bulles et crises tant que l’épargne souhaitée dépassera sensiblement l’investissement souhaité. Tout comme il sera également très compliqué de surmonter l’excédent d’épargne dans un avenir prévisible. Et pour cause : les principaux facteurs alimentant l’épargne souhaitée, tels que la démographie, les inégalités, la demande des marchés émergents en actifs réputés sûrs, ne peuvent pas être influencés facilement. Il est probable que la seule issue viable réside dans un effort conjoint des principaux pays pour augmenter les dépenses publiques d’infrastructures, d’éducation et autres, afin d’absorber l’excédent d’épargne et d’augmenter le taux d’intérêt naturel.
Malheureusement, les obstacles politiques à une telle stratégie semblent importants. En résumé, je ne saurais trop vous conseiller, dans une vision à long terme, de vous habituer à une Nouvelle Neutralité alimentée par un excédent d’épargne et de vous préparer à l’avènement des prochaines bulle et crise – même si nous ne pouvons pas encore prédire où et quand elles éclateront. »

Dans le même ordre d’idée, relisez cet article « Pourquoi collecte en assurance vie et marché immobilier dynamique sont ils liés ? » dans lequel je vous explique que l’endettement massif des plus jeunes pour se loger profite aux générations précédentes qui épargnent excessivement le produit de la bulle immobilière et de l’endettement des jeunes générations. On pourrait s’interroger sur l’utilité pour la croissance économique d’un endettement massif qui se retrouve non consommé ni investi mais épargné.
 
les retraites sujet prioritaire des - de  35 ans
 
moins de 35 ans épargne
 
Pourquoi épargner
 
épargner pour financer la retraite
 
Rassurants, car  cela tend à démontrer que l’avenir de la distribution de l’épargne et le modèle économique des compagnies d’assurance vie ont encore de beaux jours devant eux. cela tend à démontrer que les français sont conscients de insoutenabilité actuelle du système de retraite par répartition et qu’il convient de trouver des solutions :

– Allongement de l’âge de départ à la retraite ;

– Augmentation des cotisations ;

– Aucune, mais acceptation que la retraite doit être anticipée pour celui qui souhaite disposer d’un revenu suffisant pour disposer d’un cadre de vie attrayant.

L’acceptation qu’en l’absence de mesures fortes, le déséquilibre structurel des régimes de retraite aura pour conséquence de réduire le montant des retraites. Comme nous l’exprimions dans cet article « Retraite : Devant la faillite annoncée, la véritable réforme est déjà en marche.« , la retraite pourrait bien devenir un revenu minimum permettant d’assurer les besoins primaires et non un revenu permettant d’assurer un train de vie somptuaire.
Seul celui qui aura anticipé cette situation et organisé son patrimoine pour choisir son train de vie à la retraite pourra disposer d’un revenu attrayant (même si la réponse pourrait rapidement évoluer, notamment sous l’influence de la génération Y aux codes différents… Pourquoi attendre 65 ans ou 70 ans pour vivre ?)
 
Vaste débat.
 
Source : Les Français, l’épargne et la retraite

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