L’année 2022 aura donc été l’année de l’explosion de la bulle spéculative des taux négatifs.

Baisse des prix de l’immobilier parisien, baisse du prix de l’immobilier de rendement , effondrement du cours des cryptomonnaies, des startups et entreprises de la tech, doute sérieux sur les rentabilités prochaines du crowdfunding immobilier, krach obligataire…

L’année 2022 aura été une année charnière, une année qui marquera la fin d’un cycle et le début d’un autre. Toute la question est alors d’essayer de comprendre quels seront les moteurs de ce nouveau cycle sur lesquels devront porter vos investissements.

La fin d’un cycle d’excès monétaire qui aura débuté avec la crise de 2008. Un cycle de tous les excès dont l’apothéose aura été la création des taux d’intérêt négatifs. Des taux d’intérêt négatifs qui permettaient d’espérer une valorisation sans limite de tous les actifs.

En application des théories classiques de valorisation des actifs, les prix pouvaient atteindre l’infini. Plus personne n’était alors capable de donner un prix aux actifs.

Cette folie monétaire sera à l’origine d’une incroyable bulle spéculative sur de nombreux actifs :

  • Cryptomonnaie ;
  • Actions des entreprises de la tech type startup, Gafam, et quelques autres entreprises valorisées à des niveaux stratosphérique malgré des rentabilités faibles ;
  • immobilier parisien ;
  • Obligation ;

L’année 2023 sera l’année de la construction d’un nouveau cycle.

Après la purge de l’année 2022 qui pourrait se poursuivre une bonne partie de l’année 2023, nous allons construire les bases d’un nouveau cycle.

Un nouveau cycle de croissance, d’espérance… et probablement d’excès. Les excès font partie de la vie économique.

Les excès de la bulle des années 2000 aura été à l’origine de la croissance des années 2020 ; Les excès de la bulle des années 2020 seront peut être à l’origine de la croissance des années 2040. On verra bien. En tout état de cause, les bulles font partie de la vie économique car elles permettent l’afflux considérable de capitaux qui permettront de financer les investissements à l’origine de la croissance futures.

Comme nous vous l’expliquions dans cet article « Les cryptomonnaies sont mortes ; Vive la blockchain.« , la technologie blockchain (qui est la véritable innovation apportée par les cryptomonnaies) pourrait bien être au cœur de la croissance économique dans 10 ou 15 ans.

Il ne faut pas en douter, il y aura de nouvelles bulles spéculatives dans les prochaines années. L’argent va abonder dans un secteur d’activité vendu comme prometteur ; Les prix vont exploser indépendamment des fondamentaux : Une bulle spéculative se formera ; Cette bulle éclatera, mais l’argent et les investissements autorisés grâce à cette folie spéculative permettra d’investir massivement et sera probablement à la base de la croissance de demain, et après demain.

C’est toujours le même schéma qui se répète inlassablement.

2023, ou les bases d’un nouveau cycle.

Des bases d’un nouveau cycle dont nous voyons déjà les prémices.

Un nouveau cycle qui sera centrée sur le développement durable. Un cycle dans lequel la protection de l’environnement pourrait prendre une place importante avec notamment des investissements considérables dans la décarbonation de l’économie, c’est à dire dans la construction d’une sociétés sans pétrole.

Énergie / La fin du pétrole et la recherche d’une énergie renouvelable, abondante et gratuite ou presque

Dans les décennies à venir, les investissements vont être considérables dans l’énergie renouvelable en tout genre ; Les capitaux vont affluer massivement pour trouver l’énergie gratuite et abondante qui est indispensable à la croissance économique ;

On pense :

  • Photovoltaïque qui va se généraliser sur tous nos toits ; Demain, tout le monde aura ses deux ou trois panneaux photovoltaique sur le toit de sa maison ;
  • Hydrogène à base d’électricité renouvelable :
  • Méthanisation
  • Eolien
  • Énergie marée motrice
  • Mais aussi, économie d’énergie car l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas. Dans l’immobilier, l’obsolescence immobilière va s’accélérer et la qualité énergétique des logements va devenir un moteur de la valorisation des biens immobiliers.

La France est un pays d’ingénieur. Ils vont trouver des solutions !

Consommation : C’est la fin de la consommation de masse

Les prix des biens de consommation vont fortement augmenter afin d’y intégrer le coût direct et indirect pour l’environnement.

Lorsque l’on pense à la fin de la consommation de masse, on pense évidemment aux produits inutiles fabriqués en Chine dans des conditions indignes pour l’humain et l’environnement (vendus sur Amazon ? -> Remise en cause du modèle Amazon ?).

On doit également penser à la fin du tourisme de masse. Voyager va redevenir un luxe car le prix des billets d’avion va devoir fortement augmenter pour intégrer le coût carbone (cf. « Selon Google, l’inflation et la durabilité vont impacter notre façon de voyager« ) ;

Comme expliqué dans cet article « Inflation, fin de l’abondance monétaire et réchauffement climatique mettent fin à une société de rentiers« , la fin de la consommation de masse va s’accompagner de la paupérisation de la classe moyenne qui n’aura plus les moyens de sa consommation actuelle.

Une réindustrialisation sur fonds de robotisation des chaînes de production.

Les petits chinois vont être remplacés par des robots en France. Le changement de cycle, c’est également la remise en cause de la mondialisation des échanges et plus particulièrement de la Chine, comme usine du monde.

Nous devrions assister à un vaste mouvement de réindustrialisation de nos pays sur fond de robotisation de nos usines. C’est la robotisation qui permet d’envisager la réindustrialisation et la remise en cause de la mondialisation.

Nous n’avons pas d’autres choix. Nous sommes au plein emploi ; Il n’y a plus de salariés disponibles pour travailler dans les usines. La robotisation en France permettra de remplacer l’ouvrier en Chine.

Depuis quelques mois, nous assistons à des communications autour de la relocalisation des usines de fabrications de voitures en France (cf. « Nouveaux modèles, embauches… Renault va relocaliser en France« ).

La raison est simple :

« Moins de composants dans le moteur, des techniques d’assemblage plus simples et pas de circuit d’échappement : même en intégrant la fabrication de la batterie, une automobile électrique demande 39 % de moins de main-d’œuvre qu’une diesel et 15 % de moins qu’une voiture essence »

Alternative économique : « Véhicule électrique : comment éviter la casse sociale ?« 

Idem dans l’industrie du textile.

La robotisation et la prise en compte du carbone d’une production mondialisée rend possible une relocalisation des chaînes de production (cf. « La relocalisation du textile en France gagne du terrain » publié sur Lesechos ou encore « Textile : le retour du tissu industriel » sur France Culture)

Un nouveau cycle inflationniste mais une politique monétaire qui se donne pour objectif la lutte contre le réchauffement climatique

Relocalisation, prise en compte du coût carbone de notre consommation, rareté de l’énergie sont des facteurs inflationnistes. Le nouveau cycle sera probablement inflationniste.

La déflation importée par la mondialisation des échanges et plus particulièrement par la Chine, usine du mode, laissera sa place à l’inflation écologique liée à la volonté de lutter contre la pollution et le réchauffement climatique et la prise en compte du coût du carbone dans nos consommations.

Néanmoins, cette inflation devrait s’accompagner d’une politique monétaire toujours accommodante afin de faciliter le financement de la transition écologique de notre modèle de sociétés (cf. « La BCE fait sa révolution climatique » sur les Echos)

La Banque centrale européenne va prendre en compte les enjeux climatiques dans la gestion de son portefeuille d’obligations, mais aussi pour les titres qu’elle accepte en garantie. Objectif : inciter les entreprises à redoubler d’efforts vers leur verdissement.

C’est le plan le plus ambitieux jamais mené par une banque centrale en matière climatique. La BCE a présenté lundi matin les mesures qu’elle compte adopter pour verdir sa politique monétaire, pour favoriser ainsi le combat contre le réchauffement et la transition énergétique, et réduire le risque financier lié au réchauffement climatique. « Avec ces décisions, nous traduisons en action notre engagement en faveur de la lutte contre le changement climatique », a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, dans un communiqué.

Cette nouvelle stratégie s’appuie en premier lieu sur le portefeuille d’obligations d’entreprises que s’est constitué la BCE au travers de ses programmes d’achats pour soutenir l’économie. Même si les acquisitions nettes viennent de prendre fin, la banque centrale compte utiliser les réinvestissements des montants liés aux remboursements des obligations arrivées à échéance pour verdir son bilan.

L’institut d’émission privilégiera les entreprises adoptant les comportements les plus vertueux en matière d’environnement. Cette bonne performance climatique sera caractérisée par de faibles émissions de gaz à effet de serre, des objectifs ambitieux de réduction des émissions de carbone et des reportings satisfaisants en matière de climat.

[…]

Autre mesure phare, l’institution de Francfort va inciter les banques à verdir elles-mêmes leur bilan. Elle va en effet limiter les volumes de titres de dette émis par des entreprises polluantes que les établissements financiers apportent en garantie de leurs opérations. « La BCE entre dans une démarche de pénalisation des financeurs du carbone », s’est félicitée dans un tweet l’économiste Daniela Gabor.

La banque centrale a rappelé toutefois que c’était aux Etats d’être en première ligne de ce combat. Et elle s’est fixé un garde-fou, dans une période ou la lutte contre l’inflation est sa priorité. Ses actions en faveur du climat ne devront jamais entraver son mandat principal, celui de maintenir la stabilité des prix.

Source : La BCE fait sa révolution climatique

A suivre.

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