Certains trouveront le propos vieux jeu et peu en accord avec une société moderne basée sur le capitalisme financier et l’éternel enrichissement de la valeur des actifs, pourtant, j’ai la conviction d’une grande modernité et surtout d’une réflexion de long terme qui dépasse les enjeux financiers pour prendre en compte la solidarité inter-générationnelle et sociale indispensable à la vie en société.
Attention, il ne s’agit pas de faire de la politique. Encore une fois, je ne suis pas partisan, et n’ai aucun idée politique. Je veux simplement vous proposer quelques clefs de réflexion sur l’avenir de la retraite dans un monde complexe, financiarisé, dans lequel la valeur des choses est inconnue car déterminée par des gouvernants dont les objectifs ne sont pas toujours en accord avec les projets de vie des citoyens.
 
Le cœur du raisonnement repose sur cette idée :
Comment peut on « parier » sa retraite future, c’est à dire son cadre de vie lorsque vous ne serez plus en capacité d’apporter suffisamment de valeur monétisable à la société, sur la spéculation de long terme ?
Comment peut on parier sa survie financière sur la valeur future d’un actif sur laquelle vous n’avez aucune prise et dont vous ne comprenez pas les ressorts ? 
 
 

Dans le système de retraite par capitalisation, le travailleur devient son propre bourreau.

La retraite par capitalisation telle qu’elle est « vendue » par nos amis les assureurs et les financiers qui se proposent de gérer votre patrimoine financier repose sur leur capacité à valoriser votre épargne à long terme en spéculant sur la valeur future des actions, des obligations, des matières premières, …
Un système de retraite par capitalisation contre intuitif qui pousse les entreprises à générer toujours plus de bénéfices pour verser toujours plus de dividendes (les bénéfices ne servent plus à investir pour construire le bénéfice de demain, mais pour verser des dividendes), et donc à chercher à réduire les coûts de production, augmenter les prix de vente au détriment des travailleurs qui cotisent dans ces systèmes de retraite par capitalisation pour espérer vivre mieux passer l’âge d’incapacité productive.
Indirectement, le travailleur qui cotise dans un régime de retraite par capitalisation et le retraité qui profite de sa capitalisation passée, détruit sa propre qualité de vie. Dans le système de la retraite par capitalisation, le travailleur devient son propre bourreau.
Ce mécanisme est accéléré dans un monde incapable d’augmenter la croissance telle que nous la connaissons depuis 30 ans. Dans un monde sans croissance, la réduction des coûts est la solution pour augmenter les bénéfices et donc les dividendes versés aux retraités par capitalisation… sur le dos des travailleurs qui cotisent dans ce système. 
Ainsi, lorsque la majorité de la population mondiale des pays dits riches survit grâce à ce système de capitalisation, il n’y a pas d’autres alternatives que de pousser la valeur des actifs vers des sommets.
Si tout le monde vit sur la spéculation d’une valeur future toujours plus élevée, le système économique devient dépendant de cette valeur future et les gouvernants (banque centrales, états, grandes entreprises, vous pouvez les nommer comme vous le souhaitez) doivent encourager ces valorisations toujours plus élevées. C’est une théorie que nous vous proposions pour la première fois dans cet article « Pourquoi la hausse des actions ne fait que commencer… (idée et réflexion) » publié en 2015.
Ce système de la retraite par capitalisation, et plus globalement de la capitalisation nécessite toujours plus de profit pour pouvoir verser toujours plus de dividendes et non pour investir en construire la croissance future.
Dans un monde ou le profit devient rare, les gouvernants n’ont plus le choix, ils doivent maintenir la valeur des actifs à des niveaux déconnectés de la réalité de l’économie pour maintenir un système à bout de souffle (et vous comprenez les politiques monétaires non conventionnelles qui détruisent la valeur de la monnaie, mais donnent l’impression de maintenir la valeur des actifs à des niveaux très élevés. Ce n’est malheureusement qu’une impression de valeur, car la monnaie dans laquelle cette valeur est exprimée est ou sera détruite par les taux d’intérêt négatif, l’inflation ou le taux de change).
 
Dans un système de capitalisation financière (le système capitaliste est devenu système de capitalisation financière), ou le profit devient une valeur rare, le secret reste la recherche du profit futur et donc de la valeur d’usage. Demain, si les gouvernants ne parvenaient plus à maintenir la valeur des actifs à ces niveaux, l’usage retrouverait toute sa valeur (cf  » Quelle stratégie d’investissement et de placement pour 2017 ?« ).
 
 
 

Dans la retraite par répartition, la solidarité inter-générationnelle assure un équilibre dans la société

A la différence de la retraite par capitalisation, dans la retraite par répartition, les cotisations des travailleurs d’une année permettent de payer les retraites des retraités de cette même année. L’équilibre à long terme repose sur l’adéquation entre montant des cotisations d’une année et montant des retraites versées cette même année et induit donc une nécessaire solidarité inter-générationnelle.

  • Le niveau de cotisation des travailleurs doit tenir compte du nombre des retraités ;
  • Le niveau des retraites doit tenir compte du niveau de vie des travailleurs et donc de la croissance du pays ;
  • La durée de cotisation doit évoluer pour équilibrer le nombre de cotisants et le nombre de bénéficiaire.

 
Les retraités font une erreur lorsqu’ils se considèrent comme bénéficiaire d’un droit. Ce n’est pas parce que vous avez cotisé beaucoup que vous aurez une bonne retraite, vous aurez une retraite dont le montant sera fonction du niveau de richesse du pays et des travailleurs lorsque vous serez à la retraite. 

  • Le niveau de cotisation est fonction des retraités (nombre, besoin pour assurer leur cadre de vie) ;
  • Le niveau des retraites est fonction de la situation économique des travailleurs pendant votre retraite.

 
Dans un système de répartition, on ne cotise pas pour soi, mais pour les retraités. Celui qui préfère cotiser pour lui, doit spéculer dans une régime de retraite par capitalisation dont nous faisons l’éloge ci avant.
C’est malheureusement le discours que nous entendons ici et là : Les Français veulent une retraite par répartition avec une réflexion de capitalisation.
Idéalement, la retraite par répartition est un lien entre les générations :

  • Les retraités, dont le niveau des retraites dépend de la vigueur à long terme de l’économie et du salaire des travailleurs, sont intéressé à la bonne santé économique des travailleurs ;
  • Les travailleurs, dont le niveau de retraite future est dépendant de la bonne santé économique du travail de leurs enfants auront à cœur d’en avoir (des enfants) et cesseront de jalouser les retraités qui profitent aujourd’hui d’une rente insupportable.

 
 

Et vous qu’en pensez vous ? Retraite par répartition ou retraite par capitalisation ?

Vous l’aurez compris, je crois dans l’avenir de la retraite par répartition.
Bien évidemment, du haut de mes 34 ans, j’ai conscience de devoir payer « beaucoup » pour assurer la retraite des mes aînés, mais n’est ce pas la seule solution pour profiter de la solidarité de mes enfants ? Entre nous, je préfère faire le pari de la solidarité nationale et intergénérationnelle que sur la spéculation sur la valeur future des actifs financiers.
Je crois être légitime dans cette affirmation, je suis de ceux qui cotisent plus qu’ils ne bénéficieront au régime de retraite. Si j’étais normalement formé, je devrais militer pour la capitalisation qui me serait profitable personnellement.
Enfin, demain, cette solidarité inter-générationnelle qui pèse aujourd’hui principalement sur les travailleurs va progressivement peser sur les retraités qui devront faire leur part d’effort. Cela passera dans les prochaines années par une baisse de leur pension, via une non indexation de la pension par rapport à l’inflation ou plus forte imposition des revenus des retraités.

Leblogpatrimoine.com vous conseille dans la gestion de votre patrimoine
Bilan patrimonial
  • Conseil en gestion de patrimoine INDÉPENDANT
  • Un tarif unique de 89€ TTC, sans surprise
Découvrir le service
Assistance patrimoniale
  • Un abonnement pour un accompagnement patrimonial PREMIUM
  • Un tarif unique de 350€ / mois, sans surprise, sans engagement de durée
Découvrir le service
Livres et formations

3 livres pour vous former et apprendre à gérer votre patrimoine

Découvrir les livres

55 commentaires