Et si on arrêtait de se mentir ? Il est de bon ton d’expliquer que la transition énergétique est une politique volontariste qui vise à lutter massivement contre le réchauffement climatique.
Que de belles idées au profit de l’intérêt commun et de la protection de la nature. À bas, le méchant pétrole qui détruit la nature et tue les abeilles et réchauffe la planète.
Mais en réalité, que d’hypocrisie !
L’objectif de la transition énergétique n’est pas la lutte contre le réchauffement climatique. La lutte contre le réchauffement climatique ne sera, au mieux, qu’une conséquence heureuse de cette politique volontariste de transition énergétique.
En Europe, et notamment en France, c’est bien connu, nous n’avons pas de pétrole… mais nous avons des idées, et surtout de l’électricité.
La croissance économique a besoin d’une énergie abondante et peu onéreuse pour s’installer durablement. La prospérité d’un pays repose sur l’énergie abondante. Sans cette énergie abondante, il n’y a pas de croissance économique.
Ainsi, depuis l’avènement de l’économie carbonée (depuis la fin de seconde guerre mondiale principalement) l’Europe subie.
Une économie carbonée, c’est une économie dont le moteur de croissance est le pétrole. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale principalement, le pétrole est cette énergie abondante et pas chère qui a permis au monde de croître.
Ce n’est pas un hasard si la première voiture électrique a été inventée en France à la fin du 19ième siècle.
En Europe, on n’a pas de pétrole. On a donc une économie qui s’affaiblit au gré de sa dépendance face aux puissances pétrolières. CQFD.
La transition énergétique est cette politique volontariste qui vise à réduire notre dépendance au pétrole au profit d’une nouvelle énergie abondante et pas chère : L’électricité.
Nous devons donc massivement investir dans l’électrification de notre économie :
- Une industrie qui doit faire évoluer ses modes de production au profit de l’électricité,
- Des ménages qui doivent rouler avec des véhicules électriques ou du moins à base d’une énergie autre que le pétrole,
- Des ménages qui doivent se chauffer à l’électricité et non plus au gaz ou au pétrole, ….
- Investir dans la production électrique. Construire des centrales nucléaires, installer des panneaux photovoltaïques sur chacune de nos maisons, installer des éoliennes (c’est moche, mais avons nous d’autres solutions ?), métaniser nos déchets, …
Nous sommes en train de construire notre indépendance énergétique. Le chemin est long. Nous avons presque 100 ans de croissance économique à reconstruire, mais cela n’empêche pas de commencer et d’y croire.
En France, nous avons là un avantage compétitif incroyable : Nous sommes une nation nucléaire. L’énergie nucléaire est une énergie électrique abondante et peu onéreuse pas excellence.
Une énergie nucléaire complétée des énergies renouvelables (soleil, vent) et de l’hydrogène, énergie de stockage des énergies renouvelables, qui permettront de réduire considérablement notre dépendance au pétrole.
L’énergie électrique abondante, notamment à base de nucléaire, sera à la base de la réindustrialisation de la France. Une industrie décide d’investir dans un pays parce que l’énergie est peu onéreuse, le pouvoir stable et respectueux du capital et sa population bien formée.
La France a le potentiel d’être le prochain leader de la zone Euro.
Nous avons tout ce qu’il faut pour reconstruire cette croissance forte dont nous avons tant besoin. C’est là le renouveau qui nous attend (pour répondre à cet édito de Julien Bonnetouche « La chute de l’empire européen« ).
Et si la faiblesse de l’économie de la zone Euro s’expliquait par notre dépendance au pétrole ? Cette transition énergétique volontariste sera-t-elle à la base de notre renouveau économique ?
Et la lutte contre le réchauffement climatique alors ?
Peut-être que la transition énergétique au profit de l’électricité sera vertueuse, peut-être pas.
Je crois qu’en réalité, nous ne sommes pas prêts à lutter contre le réchauffement du climat.
Cela nous demanderait beaucoup trop d’effort. La perte de qualité de vie serait tellement monstrueuse que cette belle idée sera rapidement abandonnée.
On veut tous lutter contre le réchauffement climatique, mais continuer d’aller en vacances trois fois dans l’année, travailler 35h, avoir 2 voitures, profiter de la mondialisation pour acheter à bas prix des produits fabriqués de l’autre bout du monde, …
La véritable lutte contre le réchauffement climatique suppose d’abandonner le capitalisme, accepter la décroissance et donc l’effondrement de notre civilisation développée.
Je n’y crois pas. Tout cela n’est que du cinéma.
Le réchauffement climatique pourtant, lui, n’est pas du cinéma. Il est réel, incontestable que l’activité humaine en est un des principaux facteurs, mais il est aussi une conséquence de notre civilisation développée.
Deux options face au réchauffement climatique : Renoncer à notre vie actuelle ou s’adapter.
Nous allons nous adapter, car il n’est pas envisageable de renoncer à notre qualité de vie.