Les jeunes adultes ne veulent plus d’enfant. Comment l’expliquer ? Alors que les enfants devraient être le projet principal d’une vie, il semble que les jeunes adultes soient de plus en plus nombreux à ne pas vouloir d’enfant.

Vous êtes nombreux à me le confier lors de nos consultations patrimoniales s’agissant de vos enfants. À force de vous écouter, j’ai identifié un portrait type que j’aimerais partager avec vous.

Le sujet est délicat et je ne souhaite pas que vous y voyiez un jugement. Juste une réflexion.

L’absence de désir d’enfant est évidemment plus complexe que ces quelques lignes caricaturales qui suivent. Les situations sont nombreuses ; Parfois, les hasards de la vie, la non rencontre avec la bonne personne au bon moment, des blessures personnelles ne permettent pas d’avoir des enfants. Ce n’est assurément pas le sujet de cet article.

Je voudrais surtout réfléchir à cette tendance récente de la mentalité des jeunes générations qui semble se développer. Ce qui m’intéresse, c’est le développement de cette décision réfléchie et aboutie de ne pas avoir d’enfant.

Pourquoi la natalité s’effondre aussi soudainement ?! C’est essentiellement la rapidité de la chute de la natalité que je souhaite aujourd’hui interroger.

Portrait type de ces jeunes qui ont pour stratégie et objectif de ne pas avoir d’enfant.

Ces jeunes qui ne veulent pas d’enfant sont souvent intelligents et relativement diplômés, issus de familles aisées. Ils ont parfois le désir d’une vie simple, pour ne pas dire frugale, mais aussi la quasi-certitude inconsciente de ne jamais manquer de rien grâce au patrimoine suffisant de leurs parents et grands-parents.

Paradoxalement, les jeunes, issus de milieu modeste, ne me paraissent pas se poser ces mêmes questions.

Ceux qui ont faim et qui doivent travailler pour manger ne se posent pas la question du bonheur de la frugalité qu’ils vivent de force au quotidien.

Les jeunes adultes qui ne veulent pas d’enfant ont parfois le fantasme d’une vie de rentier, faites d’expériences, de voyage, de frugalité, de découvertes… Une vie fantasmée sur les réseaux sociaux.

Les enfants sont parfois perçus comme une charge, les empêchant d’atteindre le graal de la liberté financière. Ces jeunes qui aspirent vivre en frugalité de leur rente ou du patrimoine de leur parent, ne veulent pas d’obligation parentale qui les empêcherait d’atteindre cet objectif prioritaire pour eux.

Paradoxalement, ils paraissent très attachés à l’argent, parfois radin/avare, le tout avec un mode de vie frugale. Les enfants coutent trop cher ! Ils obligent à travailler beaucoup plus pour élever le train de vie.

Enfin, les enfants sont parfois vus comme une charge mentale limitant l’épanouissement personnel du couple ou même de l’individu lorsque le couple est lui-même un frein à la liberté individuelle ; Ils (les enfants, mais aussi le conjoint finalement) exigent une attention incompatible avec la volonté d’une vie faite d’expérience et liberté fantasmée derrière un écran de téléphone.

Ils n’ont pas la capacité d’attention suffisante pour consacrer de l’énergie aux enfants.

J’ai parfois le sentiment que ces jeunes adultes qui ne veulent pas d’enfant sont débordés d’un rien, captés par leur écran de téléphone et incapables de consacrer du temps à autre chose qu’à eux-mêmes ou leur téléphone.

Le jugement est dur. Peut-être suis un vieux con, mais cet égocentrisme encouragé par les réseaux sociaux est très inquiétant pour l’avenir de nos sociétés. Le réchauffement climatique n’est rien par rapport à l’effondrement certain de nos sociétés, si la natalité ne devait pas retrouver des niveaux plus élevés.

Un égocentrisme qui tient aussi du rapport à l’argent d’une génération dorée, qui n’a pas faim, des petits bourgeois qui comptent capitaliser sur le travail et les sacrifices de leurs parents et grand-parent pour mener une vie faite d’oisiveté et d’expérience.

Et si le rapport à l’argent, à la spéculation, aux rêves de devenir rentier, à la détention, au fantasme de devenir riche n’était pas totalement étranger à ce désir de ne pas être parent ? Pourquoi cette relation particulière à l’argent, au rêve de devenir rentier, de nombreux jeunes adultes qui ne veulent pas être parents ?

Peut-être suis-je dans l’erreur, mais j’ai le sentiment que le rapport à l’argent et au patrimoine n’est pas étranger à cette absence de désir d’enfant.

Être parent, c’est accepter de faire des sacrifices financiers, de devoir beaucoup travailler pour assurer le train de vie de la famille, limiter ses expériences personnelles au profit d’expérience familiale… Des exigences qui paraissent parfois peu compatibles avec la vie fantasmée sur les réseaux sociaux.

Je crains une belle désillusion, tellement tout cela n’a aucun sens si on ne peut le partager avec sa descendance.

À quoi bon être libre si c’est pour être malade de son avarice ?

Mais ce constat pose aussi la question de notre responsabilité en tant que parent et détenteur de patrimoine ?

Et si nous laissions nos enfants assumer leur choix et construire leur vie au lieu de les protéger de manière excessive ?

Et si on déshéritait nos enfants, peut-être seraient-ils plus heureux ?

Et si on arrêtait de se sacrifier pour cette génération qui ne rêve que d’oisiveté en profitant du fruit de notre travail et de nos sacrifices ?

Plus je réfléchis, plus je pense qu’il est une erreur d’éduquer nos enfants comme des héritiers en puissance ! Laissons leur faire leur vie et s’assumer, être fier de leur réussite ou de leur choix. Laissons-les se planter et l’assumer pour mieux rebondir.

Arrêtons de les élever dans le confort de la facilité, ce sera peut-être leur rendre le plus grand service.

Plus le temps passe, plus je suis personnellement convaincu que le patrimoine que je me construis doit servir mes projets de vie, permettre de donner la meilleure éducation à mes enfants, leur permettre de s’épanouir par leur travail et leurs choix de vie.

Je ne veux pas qu’il se comporte comme des héritiers qui ne manqueront jamais de rien. Je préfère moins gagner, moins accumuler, plus dépenser, davantage me faire plaisir, que leur transmettre cette facilité, cette posture d’héritier qui ne les rendra probablement pas plus heureux.

Je veux qu’ils soient fiers de leur réussite par leur travail ! Une réussite qui ne sera pas nécessairement financière, une réussite qui pourra être culturelle, manuelle, intellectuelle, peu importe finalement dès lors qu’ils sont heureux et assument leurs choix de vie.

Je n’assumerai pas financièrement leur choix d’oisiveté ou de frugalité.

Je crois sincèrement qu’il y a un lien entre le désir de ne pas avoir d’enfant et cette génération d’héritier (cf. « POURQUOI LA GÉNÉRATION NÉE ENTRE 1980 ET 2000 EST EN PASSE DE DEVENIR « LA PLUS RICHE DE L’HISTOIRE« )

Avez-vous l’impression de voir vos enfants dans cette présentation ?

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