Tous les ans, vers la fin de l’année, nous vous proposons notre vision stratégique et notre analyse afin de vous permettre de prendre les bonnes décisions pour une gestion de patrimoine sereine. Cette année, nous vous avons proposé 3 articles :

 
Revenons au premier article, le plus important qui constitue le cœur de mon analyse : Nous vivons un moment de remise en cause du néolibéralisme, du libéralisme financier qui est à l’origine d’une mondialisation excessive. L’élection de TRUMP, le Brexit, l’élection de Salvini en Italie, L’élection de Macron puis des #giletsjaunes ne sont que l’expression de cette nécessaire remise en cause des excès de la mondialisation.
Extrait de ce que nous vous écrivions en Décembre 2018 :

« En 2019, nous confirmons le cycle de mutation engagé depuis quelques années. En 2019, et la violence des mouvements sociaux dans tous les pays développés doit nous en convaincre, nous pourrions entrer dans une période inconnue ou tout est possible. Nous n’avons plus aucun repère ! Il vous faut vous convaincre que TOUT est possible ! Le meilleur, comme le pire.

L’explosion du populisme partout dans les pays occidentaux doit nous persuader que la démocratie est en train de demander la mise en œuvre d’une politique différente ! Le peuple exige l’invention de nouvelles règles économique !

Rien de plus, rien de mois. La mise au pouvoir de gouvernants anti-système, qui passe malheureusement par les extrêmes, est le symbole de peuples qui veulent de nouvelles réponses à leurs véritables préoccupations. Il ne faut nier ces changements majeurs !

En 2019, et les élections Européennes devraient en être l’exemple parfait, le mouvement de reprise du pouvoir par le peuple (= populisme) devrait se confirmer. A la clef, des réponses nouvelles aux inquiétudes légitimes des populations en pleine désespérance. Les populations veulent retrouver la confiance dans l’avenir ; Le recours aux votes extrêmes n’est pas la bonne solution… mais les citoyens ne savent plus quoi faire pour être écouté.

Les populations hurlent leur désespoir et exigent de nouvelles réponses ! Quelles seront elles ? Excellente question. Le soulèvement des #giletsjaunes confirme qu’il n’est pas possible d’anticiper la forme que pourrait prendre cette contestation. Il n’est pas possible d’anticiper aujourd’hui quels seront nos dogmes de demain.« 

 
En cette fin d’année 2018, nous avions trois axes de réflexion :

  • Tendance à la revalorisation du travail et de sa rémunération dans le partage de la valeur ajoutée ; Le capital est abondant, la force de travail employable de plus en plus rare ! Nous devrions assister à une meilleure répartition de la valeur ajoutée au profit du travail ;
  • Remise en cause des excès de la mondialisation des processus de production. Tendance à une tentative de réindustrialisation des pays occidentaux consommateurs ; Développement de la tendance à la consommation et production locale ; Cette relocation de la production pourrait avoir pour conséquence une accélération de l’inflation après des années de désinflation importée grâce à la délocalisation dans les pays à main d’œuvre toujours moins chère ;  Il pourrait s’agir de décision politique telle qu’un plus grand protectionnisme suivant l’exemple de TRUMP.
  • Accélération de la prise en compte du développement durable dans les processus de production ; Cela pourrait d’ailleurs être une solution pour justifier la relocalisation et l’inflation incontournable. Les consommateurs prennent conscience de l’exportation de la destruction de l’environnement : Nous avons, en France, des exigences fortes pour protéger l’envirronnement … mais acceptons de consommer des produits fabriqué dans les pays asiatiques dans des conditions dégradées de protection de l’environnement et des salariés

 
Patrick ARTUS, Chef économiste de la banque Natixis, vient de publier une nouvelle analyse dans laquelle, il livre, à son tour, ses propositions pour une nouvelle mondialisation heureuse ; pour redonner l’espérance.
Voici sa réflexion :

Durant les années 1990-2000, de grands espoirs étaient nés, et ils sont aujourd’hui déçus :

– Les Nouvelles Technologies, le numérique, l’Intelligence Artificielle allaient conduire à une accélération des gains de productivité, qui allait permettre de compenser le vieillissement démographique, de réduire le temps de travail, de faire disparaître les emplois pénibles. En réalité, malgré le numérique et les robots, les gains de productivité ont continué à diminuer, et le progrès technique a conduit à la « bipolarisation des marchés du travail » : la concentration des emplois aux deux extrêmes, avec surtout une baisse de la qualité et de la rémunération des emplois ; on a vu aussi la concentration des entreprises, l’apparition de positions dominantes, ce qui explique une partie du freinage de la productivité ;

– L’« économie libérale » (globalisation de la production des biens, libre circulation des capitaux, dérèglementation des marchés du travail) devait amener la croissance, l’allocation efficace du capital, le plein emploi. Les désordres apportés par ce choix apparaissent clairement aujourd’hui : destruction d’emplois industriels et inégalités dans les pays de l’OCDE ; déstabilisation des pays émergents par la volatilité des flux de capitaux ; déformation du partage des revenus et des risques au détriment des salariés.

Le message d’espoir est qu’on peut corriger aujourd’hui certaines de ces conséquences défavorables, avec de nouvelles politiques qui font l’objet d’un consensus croissant :

– On peut rétablir l’« anti-trust » pour faire disparaître les positions dominantes et une des causes du freinage de la productivité ;

– On peut corriger certains excès de la globalisation, par exemple en taxant les importations depuis les pays où la protection sociale est très faible, ou des efforts de réduction des émissions de CO2 ne sont pas réalisés ; en réhabilitant une politique industrielle visant à créer de grandes entreprises dans les industries d’avenir ; en revenant à des chaînes de valeur globales à des chaînes de valeur régionales ;

– On peut limiter les flux spéculatifs de capitaux, ce qui n’est plus un tabou même dans les institutions internationales ;

– On peut rééquilibrer le partage des revenus : hausse du salaire minimum, redressement de la capacité de négociation des salariés.

 
 

Vivons-nous une seconde grande transformation ?

Entre les discussions autour d’une politique monétaire favorisant le financement « gratuit » des déficits budgétaires via l’émergence de la Théorie Monétaire Moderne (cf »La théorie monétaire moderne (MMT) ouvre de nouveaux horizons pour les marchés financiers. ») et ces nouvelles réflexions venant de la part d’économiste, nous entrons clairement dans une nouvelle ère. Une période de remise en cause du tout marché et le retour des protectionnismes.
Nous assistons en direct à la mort du mythe du tout marché autorégulateur. Nous entrons dans une seconde grande transformation en référence à Karl POLANYI !

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