C’est lorsque la marée redescend que l’on voit ceux qui se baignaient nus. Voilà en quelques mots, ce qui attend le petit monde fantasmé de la startup nation. Vous le savez, toutes ces entreprises qui sont créées sans modèle économique qui surf sur la seule capacité de leur fondateur à lever de l’argent et à faire de beau power-point.

La vague vient de disparaître. Il n’est plus question de lever des fonds, ou du moins, la sélection va être drastique. Nombre de ces startups vont tout simplement disparaître faute de capital frais à gaspiller pour continuer à faire illusion.

La bulle des startup vient d’éclater ! Sans bruit, ni fracas … mais non sans dégâts pour l’emploi, l’immobilier de bureaux et l’argent des investisseurs.

La crise économique profonde dans laquelle nous entrons risque de mettre un terme à de nombreuses aventures entrepreneuriales. C’est la fin du monde fantasmé de la startup nation ! Le retour à la réalité risque d’être violent.

Les startup ne sont qu’une illusion, un passe temps entre deux cycles économique. Il fallait bien trouver une narration pour maintenir l’espérance des citoyens. La miracle de la startup nation sauveuse de l’économie était parfaite.

Combien de ces sociétés non rentables se sont elles créées depuis 5 ans ?

Combien d’emplois créés dans ces entreprises sans client, sans chiffre d’affaires, sans modèle économique qui survivaient à coup de levée de fonds et de marketing douteux ?

Combien de bureaux loués par des startups rapidement insolvables si elles ne peuvent pas lever des fonds rapidement ?

Le sujet le plus préoccupant, est à mon sens la question de l’emploi. Combien de salariés de ces entreprises sans modèle économique viable alors même que la conjoncture était favorable vont ils se retrouver au chômage sous 2 mois ? Car si les modèles économiques n’étaient pas viables lorsque la conjoncture était favorable, il est à craindre qu’ils ne le seront pas plus dans une conjoncture dégradée.

Les emplois dans les startups sont très fragiles. Un CDI dans une entreprise sans modèle économique ne veut strictement rien dire. Du jour au lendemain, l’aventure peut s’arrêter. Combien de temps, ces entreprises peuvent elles tenir ?

Toutes ces questions auront rapidement des réponses. Mais je crains que le fantasme se révèle aux vues de tous. La définition de fantasme est parfaitement adapté à la startup nation : « Production de l’imaginaire par laquelle le moi cherche à échapper à l’emprise de la réalité »

Le retour à la réalité risque d’être violent ! Il n’est pas possible de créer de la valeur sans modèle économique ! Et tout d’un coup, il devient beaucoup plus compliqué d’être entrepreneur. Certains vont se rendre compte qu’il faut trouver des clients et faire des bénéfices pour survivre.

 

Nous sommes en train de vivre une crise globale qui cristallise tous les sujets qui nous préoccupaient depuis longtemps. La question de la bulle des startups est probablement l’un des plus gros sujet tant il touche l’économie réelle (cf »La bulle des startups est elle une pyramide de Ponzi comme les autres ? »).

A court terme, la retour à la réalité risque d’être violent, mais à long terme, une remise en cause de cette concurrence inégale et déloyale est est une bonne nouvelle pour les vrais entrepreneurs, c’est à dire ceux qui savent qu’il n’est pas possible de générer de la valeur sans capacité à générer des bénéfices, et sans modèle économique viable (cf »La bulle des startup est destructrice de l’économie ! Ces entreprises zombies doivent disparaître« ).

C’est la vengeance des ringards ! comme je l’écrivais en Aout 2019 dans cet autre article « Pourquoi 2019 me fait penser à la bulle internet des années 2000 ? » :

« En 2000, nous avons déjà entendu ce discours d’un nouvelle modernité. A l’époque, il s’agissait d’essayer de trouver une explication aux valorisations irréelles des startups de l’internet. Il s’agissait alors d’expliquer que les ratios de valorisation attachés aux bénéfices ou aux chiffres d’affaires n’avaient plus aucun sens ; On inventait donc de nouveaux ratios de valorisation qui permettaient d’expliquer pourquoi les valorisations de ces entreprises de l’internet étaient justifiées en 2000, juste avant l’effondrement.

En 2000, cette fois aussi c’était différent. Nous étions aussi en train de construire un nouveau monde ; La capacité à générer des bénéfices n’était plus un critère de valorisation des entreprises. Ceux qui ne comprenaient pas cette nouvelle modernité étaient des ringards.

Tout comme hier, aujourd’hui, en 2019, les taux négatifs ne sont pas le signe d’un contresens économique.

Tout comme hier aujourd’hui, en 2019, les entrepreneurs à l’ancienne sont ringards devant toutes ces startups qui font fortune sans jamais être rentables ;

Tout comme hier aujourd’hui, en 2019, nous entrons dans un nouveau monde qui nécessite de dépasser les repères économiques ancestraux.

Malheureusement, l’expérience de l’explosion de la bulle internet des années 2000 doit nous servir. Non, cette fois, ce n’est pas différent !

Probablement vivons nous à nouveau une exubérance irrationnelle ! Le retour à la réalité pourrait être violent.

Ce n’est qu’une question de temps pour que l’imposture de cette nouvelle modernité ne soit révélée. Mais aurez vous la capacité de conserver un minimum de bon sens pour ne pas céder à la tentation ? Pendant combien de temps aurez vous le courage de passer pour un ringard face à tout ceux qui vous expliqueront bientôt que cette fois c’est différent ?

Garder la tête froide, c’est renoncer à cet enrichissement facile qui vous est proposé avec certitude.

Garder la tête froide, c’est refuser de s’endetter de manière déraisonnable sur le simple prétexte que l’argent est gratuit et c’est peut être même utiliser son épargne pour rembourser partiellement ses crédits.

C’est refuser d’invertir dans ces startups non rentables qui ne gagneront jamais d’argent.

Garder la tête froide, c’est conserver votre bon sens et accepter d’être un ringard ! »

 

ps : C’est dans les moments de crise que les talents se révèlent. Les mauvais (très nombreux) vont disparaître, les génies vont se révéler. C’est dans les moments de crise que les véritables entreprises s’imposent.

Besoin d’un conseil ?

Vous rêvez d’un conseil en gestion de patrimoine qui n’a rien à vendre à part ses conseils ? Ça tombe bien, c’est notre métier !

Qu’il s’agisse d’une simple question ou d’un audit complet de votre situation patrimoniale, nous sommes en mesure de vous accompagner au gré de vos besoins et de vos projets de vie. Pour bénéficier de nos conseils, trois solutions :

 

 

L’assistance patrimoniale – Une solution rapide et efficace pour bénéficier de notre expertise pour gérer votre patrimoine ou trouver les réponses à vos questions fiscales, juridiques, financières. L’assistance patrimoniale, c’est un rendez vous téléphonique d’une durée moyenne de 45 minutes pendant laquelle nous travaillons ensemble sur votre situation patrimoniale – Un service au tarif unique de 69€ TTC –

 

Découvrir en détail notre offre d’assistance patrimoniale

 

Nouveau ! L’accompagnement patrimonial PREMIUM– Un abonnement mensuel pour bénéficier à tous moments des conseils de votre conseiller en gestion de patrimoine indépendant ! – Un service proposé au prix de 250€ TTC / mois (sans engagement de durée – 1 mois, 3 mois, 6 mois, 10 ans, c’est vous qui choisissez pendant combien de temps vous avez besoin de nos conseils).

 

Découvrir notre service d’accompagnement patrimonial

 

– La gestion conseillée – Un service de conseil financier indépendant pour vous accompagner dans la gestion financière de votre épargne ou de votre assurance-vie. Comment diversifier votre épargne sur les marchés financiers ? Quelles unités de compte choisir ? Comment prendre du risque pour espérer améliorer le rendement de votre épargne ?

Découvrir notre service de gestion conseillée

 


30 Comments

  1. C’est clair, les GAFA ont pris leur envol après la crise des subprimes.
    Qui va s’affirmer dans le monde post-covid? Le dev durable?
    Les industries traditionnelles relocalisées?
    Mais il y aura tjs des bulles et phénomènes d’emballement pour offrir aux initiés des possibilités d’enrichissement rapide.

  2. adnstep says:

    Les vendeurs de matériel de protection.
    Doctolib.
    Suivi médical personnalisé.
    Livraison à domicile.
    Concurrents de Colissimo (Amazon continue de livrer tandis que les petits e-commerçants livrant par Colissimo sont bloqués).
    Outils collaboratifs (Teams et Slack vont exploser).
    Cloud.

  3. adnstep says:

    Et sinon, plombier, c’est un bon métier.

  4. Philippe30 says:

    On peut toujours vilipendés les start up etc ….

    Toutefois le problème actuellement est de nature pour le moins inhabituelle et n’a pas vocation à avoir un précédent peut être cela va devenir plus fréquent.

    Les modèles économiques qu’ils soient de type start up ou plus traditionnels sont forcement touchés par l’arrêt quasi total de la France et de la plupart des pays dans le monde.

    De là à exprimer qu’une bulle existait , que cela était prévisible etc …..
    Je trouve le raccourci un peu rapide car on peux toujours prophétisé le pire , un moment il y a toujours des problèmes

  5. Un chinois en france says:

    Le moment est juste venu de rééduquer la planète finance sur la valeur de l’argent et en finir avec cette distribution à n’importe qui pour n’importe quoi !

    Le risque existe et c’est qui doit rapporter !

  6. julien bonnetouche says:

    Certes, investir dans des start up bidons, n’est pas le bon plan pour les gens ordinaires (nous).

    Mais c’est quand même essentiellement le fait des « capital risqueurs ».

    J’ai toujours aimé cette expression : on a « levé » X millions !!! (et avec ça on va faire la fête …)

    Par contre si effectivement ceux qui n’ont pas de maillot risquent de boire la tasse, on ne sait rien encore du plan de relance mondial qui sera mis en route dès la décrue de l’épidémie.( pour le moment nous n’en sommes qu’aux mesures de soutient dans la crise)

    Nous verrons, mais je suis prêt à parier qu’il sera bien plus énorme que nous l’imaginons…

    • Michel 2 says:

      Le plan de relance mondial qui sera mis en route dès la décrue de l’épidémie, celui-là même qui nous précipitera non pas dans une crise (tte) mais dans l’hécatombe monétaire, économique, sociale, …. et j’en passe des moins belles !
      2022, tu me fais peur !

  7. adnstep says:

    L’écosystème technologique français a connu une très forte accélération ces dernières années. Cependant, de nombreuses start-up sont encore des PME fragiles du fait de leur modèle de développement, fondée sur des investissements conséquents, une forte croissance et l’atteinte de la rentabilité seulement après plusieurs années d’activité, et de leur positionnement sur des produits et services innovants.

    Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique a déclaré : « Les start-up ont un poids croissant dans l’économie, en particulier dans les emplois. Elles développent également des produits et services innovants dont l’utilité est d’autant plus reconnue par les Français dans le contexte du confinement, notamment pour la téléconsultation, le télétravail ou la livraison. Du fait de la spécificité de leur modèle de développement, il convenait de prendre des mesures d’urgence dédiées afin de soutenir, aux côtés de leurs actionnaires, celles dont l’activité est fortement affectée par le COVID-19. Au total, ce sont près de 4 milliards d’euros dont vont pouvoir bénéficier les start-up pour leur trésorerie. »

    Le financement des start-up est essentiellement assuré par les investisseurs en capital-risque que sont les business angels et fonds d’investissement. Il convient que ces derniers, en particulier en tant qu’actionnaires, continuent à assumer leur rôle central dans cette période de difficultés. En accompagnement de ce soutien des investisseurs privés et en plus des mesures ouvertes à toutes les entreprises (disponibles ici), les start-up peuvent ainsi bénéficier de mesures spécifiques :

    1. Une enveloppe de 80 millions d’euros, financée par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et gérée par Bpifrance, afin de financer des bridges entre deux levées de fonds
    Les cibles de ce dispositif sont les start-up qui étaient en cours de levée de fonds ou qui devaient en réaliser une dans les prochains mois et qui sont dans l’incapacité de le faire du fait de la contraction du capital-risque. Ces financements prennent la forme d’obligations avec accès possible au capital et ont vocation à être cofinancés par des investisseurs privés, constituant un total d’au moins 160 millions d’euros.

    2. Des prêts de trésorerie garantis par l’Etat pouvant aller spécifiquement jusqu’à deux fois la masse salariale France 2019, ou, si plus élevé, 25 % du chiffre d’affaires annuel comme pour les autres entreprises
    Adossés à la garantie de 300 milliards d’euros de l’Etat adoptée en loi de finances rectificative, ces prêts sont distribués à la fois par les banques privées et Bpifrance, interlocuteur privilégié des start-up, qui lance un produit dédié. Ils devraient représenter un total de près de 2 milliards d’euros. La garantie peut couvrir jusqu’à 90 % du prêt et est tarifée à un coût modique, en fonction de la maturité du prêt. Plus de détails sur cette garantie dans le dossier de presse ici.

    3.Le remboursement accéléré par l’Etat des crédits d’impôt sur les sociétés restituables en 2020, dont le crédit impôt recherche (CIR) pour l’année 2019, et des crédits de TVA
    Comme annoncé par Gérald Darmanin (voir le communiqué de presse ici), toutes les entreprises ont la possibilité de demander un remboursement anticipé des créances d’impôt sur les sociétés restituables en 2020 et un traitement accéléré des demandes de remboursement des crédits de TVA par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Les start-up en tant que PME et/ou jeunes entreprises innovantes (JEI) sont éligibles à la restitution immédiate du CIR. Elles peuvent donc demander dès maintenant et sans attendre le dépôt de la déclaration de résultat (« liasse fiscale ») un remboursement du CIR pour l’année 2019, ce qui correspond à une avance de trésorerie de l’ordre d’1,5 milliard d’euros. Les services des impôts des entreprises (SIE) se mobilisent pour traiter au plus vite, sous quelques jours, les demandes de remboursement des entreprises.

    4. Le versement accéléré des aides à l’innovation du PIA déjà attribuées mais non encore versées, pour un montant total estimé de 250 millions d’euros
    A la demande de l’Etat, Bpifrance et l’Ademe accélèrent automatiquement le paiement des aides à l’innovation du PIA, comme les concours d’innovation, en versant par anticipation les tranches non encore distribuées pour les dossiers déjà validés. D’autre part, pour les entreprises bénéficiaires d’aides sous forme d’avances remboursement ou assorties de redevances, les prochaines échéances de remboursement sont reportées jusqu’à 6 mois.

    Enfin, l’Etat maintient, à travers Bpifrance, son soutien aux entreprises innovantes avec près d’1,3 milliard d’euros d’aides à l’innovation prévu pour 2020 (subventions, avances remboursables, prêts, etc.). Bpifrance poursuivra par ailleurs ses investissements directs et en fonds de fonds, aux côtés des investisseurs privés.

    • Et au final les contribuables payent…

      • adnstep says:

        Beaucoup de start-up ont pour unique objet la chasse aux financements publics. C’est un métier 😁.

        Les régions se battent (se battaient) pour être celle qui offrait la meilleure « Factory », le meilleur « cluster », …

  8. Un chinois en france says:

    On ne va pas pouvoir sauver des entreprises du destin a chaque épidémie , sinon cela serait trop facile . Il faut permettre un autre modèle d’émerger et arrêter les frais pendant qu’il en est encore temps , et ainsi permettre a de nouveaux entrepreneurs d’entrer à moindre cout et moindre endettement !

  9. adnstep says:

    Comment traverser la crise ? Les conseils de Sébastien Forest, fondateur d’AlloResto

    En lançant AlloResto en 1998, j’ai eu à traverser deux crises majeures. En 2007-2008, la crise des subprimes ; et plus tôt, de 2000 à 2002, une autre, beaucoup plus violente, qui avait vu disparaitre près de 95% des acteurs du numérique de l’époque : l’explosion de la bulle internet.

    À chaque fois, ces crises ont eu pour effet de stopper net l’investissement. Le cash s’est fait très très rare (pour ne pas écrire qu’il avait totalement disparu). Les boites qui ont pu survivre ont été soit celles qui avaient de quoi tenir (qui avaient la trésorerie nécessaire), soit celles qui ont su réagir promptement car à l’exception de cas rarissimes, il n’y a pas eu de levée de fonds pendant de très longs mois.

    La période liée au Coronavirus, dans laquelle nous venons de rentrer est un peu différente. Elle est plus conjoncturelle que les deux précédentes. Pour autant, aujourd’hui on ne peut pas plus prédire la date de fin de l’épidémie, que ses conséquences à court, moyen et long terme sur l’économie, et encore moins à quel moment l’investissement dans les startups repartira.

    Il est donc urgent pour les dirigeants de startup qui pensent avoir un besoin de cash dans les 12 à 18 prochains mois de s’organiser… pour deux raisons :

    Le cash va devenir très rare (comme je l’ai déjà précisé),
    Le cash, quand il y en aura, va devenir très cher et les « valo » vont s’effondrer.

    Je vous propose donc ici d’évoquer les décisions clés que j’avais prises pour AlloResto, surtout entre 2000 et 2002 pour passer le cap. Je précise qu’AlloResto était déjà à l’époque un service online orienté BtoC (je suis bien conscient que les conseils qui vont suivre ne valent pas pour tous les types d’activité).

    Attention, certaines préconisations peuvent apparaitre violentes. Elles le sont, mais plus on réagit tôt moins c’est dur, et à l’inverse plus on repousse, plus c’est difficile et risqué. Pour ne pas l’avoir suffisamment anticipé, j’ai dû me séparer de 27 de mes 30 collaborateurs en 2002… Incontestablement, la plus dure des décisions que j’ai eu à prendre dans ma vie d’entrepreneur.

    Se mettre en situation d’équilibre à la plus brève échéance possible
    Je sais c’est assez violent mais la survie de votre boite passe par là. Retravaillez votre business plan et regardez comment à un horizon proche ( pour estimer cette période : considérez votre disponibilité de cash. Si vous avez 12 mois de cash, faîtes en sorte qu’au ⅔ « donc à 8 mois »), vous pouvez faire en sorte que vos dépenses ne soient pas supérieures à vos rentrées. Ne vous mentez pas à vous-même.

    Il ne s’agit pas de mettre des chiffres incohérents en termes de chiffre d’affaires pour faire passer la pilule. On ne va pas se mentir, dans la plupart des cas, l’exercice se résume à « comment je dépense moins ? » . Plusieurs pistes s’offrent à vous. La plus brutale et la plus délicate, se séparer de certains collaborateurs. Mais il peut aussi s’agir de différer un recrutement. Repousser le lancement d’un nouveau service ou en fermer un.

    En 2000, nous avions lancé « la réservation de tables » en plus de la livraison à domicile. Nous avions signé de beaux partenariats (Gault-Millau, Orange…). Ce fut un vrai crève-cœur, nous avons dû l’abandonner car c’était notre service le moins mature et le plus éloigné de l’équilibre.

    Dans le même esprit, l’idée de stopper toute initiative marketing est une véritable option car (sauf cas particulier) le retour sur investissement sera beaucoup trop long et ne vous sera pas profitable dans les temps impartis.

    L’exercice dans la période actuelle est encore plus complexe parce qu’il passe par une phase inédite (confinement dont on ignore la durée) qui à part quelques cas particuliers se traduit par « 0 » business. Par mesure de précaution, raisonnez à « 0 » sur Q2 (2ème trimestre), faible sur Q3 et à 75% de vos prévisions sur Q4.

    Préparer l’avenir, réduire ses charges et booster son CA…
    Possible ? Ok donc je résume le paragraphe précédent. Il est primordial de tenir le plus longtemps possible (idéalement même en parvenant à l’équilibre), en réduisant ses charges, en supprimant le marketing… Mais comment j’augmente mon chiffre d’affaires ?

    Rassurez-vous, c’est possible. Augmenter son chiffre d’affaires, ce n’est pas forcément aller chercher de nouveaux clients… Et si vous profitiez de cette période pour vous intéresser à des personnes que vous connaissez déjà un peu… : vos clients !

    En fait augmenter son chiffre d’affaires dans les 6 à 8 mois à venir peut aussi passer par l’augmentation de la fréquence d’achat de ces clients ou encore de leur panier moyen. Pour autant, tout cela ne se décrète pas non plus. Inutile actuellement de chercher à leur vendre quoique ce soit. Ils ont bien d’autres préoccupations. Ecoutez-les plutôt ! Un client vous sera d’autant plus fidèle que votre service ou produit correspondra à ses attentes, qu’il se sentira considéré.

    Alors pourquoi ne profiteriez-vous pas de cette période de confinement pour réaliser un sondage auprès des vôtres (a priori, ils devraient avoir un peu de temps pour y répondre…). Mieux les connaitre. Savoir qui ils sont et à quelle famille de consommateurs ils appartiennent. Ce qu’ils attendent de votre service ou produit. Ce en quoi ils l’apprécient et ce qu’ils souhaiteraient vous voir améliorer.

    Profitez de ces semaines à venir pour analyser les retours, définir des grandes familles d’évolutions et les rendre concrètes dans votre organisation. Enfin dès lors qu’elles seront opérationnelles et que la vie sociale et économique aura repris ses droits, partagez avec eux les nouveautés dont ils sont à l’origine. Les effets ne tarderont probablement pas à se faire sentir.

    Sonde ou crève !
    Ça peut paraitre élémentaire ou même simpliste mais le décryptage de l’ensemble de ces retours va toucher au cœur votre entreprise. Son produit ou service, ses capacités d’évolutions, son positionnement, ses cibles, son organisation, sa logistique, ses process d’approvisionnement, son sourcing, sa communication, la qualité de son service clients… Vous allez ainsi passer au révélateur votre boite sous le prisme de vos clients qui souvent en connaissent bien mieux certaines failles et faiblesses que vous malgré le temps que vous pouvez lui consacrer.

    Chez AlloResto, l’analyse qui s’en était suivie en 2002 nous avait montré qu’une fidélisation renforcée de nos clients allait devoir passer par :

    – l’incentive… Et nous avons créé notre programme de fidélité

    – une meilleure information sur les restos et leurs produits. Et nous avons ajouté : des photos des plats : « j’ai besoin de voir ce que je vais commander » ; des notes attribuées par les clients : « j’ai besoin de connaitre la qualité du resto ». Ca a été un vrai game changer car cette info n’existait nulle part à l’époque (même demander son avis à un client et l’afficher sur un site ne se faisait pas à l’époque, c’est devenu un standard du e-commerce et ce sont nos clients de l’époque qui y ont pensé !)

    En 2002, AlloResto était au bord du dépôt de bilan, en 2003, nous étions quasiment à l’équilibre et la société était devenue rentable en 2004. Elle n’a depuis plus jamais cessé de l’être.

    Et après ?
    On l’a dit, la période que nous vivons, annonce des jours très compliqués pour les entreprises qui n’ont pas encore atteint la rentabilité et qui vont avoir un besoin de cash à moins de 18 mois. Les incertitudes qui pèsent sur notre économie sont légion et il est impossible de dire quand l’investissement dans les startups repartira. Cette ère va faire de nombreuses victimes dans l’éco-système. Tout le monde ne s’en sortira pas.

    Pourtant, celles et ceux qui traverseront cette passe très délicate trouveront à l’horizon de deux à trois ans, un univers nouveau. Un univers la plupart du temps dépeuplé de la concurrence actuelle (et ce, en France comme à l’international) qu’ils aborderont sous un nouveau jour puisque beaucoup moins dépendant des financements extérieurs. Ils auront ainsi renversé le rapport de force et les « valos » repartiront à la hausse… mais plus important encore, ils seront vivants !

    • Michel 2 says:

      « Elle est plus conjoncturelle que les deux précédentes. »

      NON ! ce n’est pas une crise conjoncturelle, c’est une crise « accidentelle », tout comme l’a été pour le Japon la crise post Fukushima (crise localisée principalement à ce pays, alors que celle-ci est plus globale).

      La crise conjoncturelle, ce sera après ! justement quand la conjoncture explosera, en conséquence des innombrables bulles et erreurs crées ces dernières années/ décennies.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Conjoncture_(%C3%A9conomie)

  10. chysalide says:

    bien dit, je suis sure de cela, seule les bonnes idées bien construites et pérennes vont faire de bonnes entreprises rentables, le problème c’est la concurrence sauvage, de ceux qui prennent les idées , cassent les prix, et souvent mettent la clé sous la porte en ayant mis a mal celui dont ils ont pris l’idée du départ…là dessus aussi l’état dev rait mettre en place un obstruction d’installation dans un périmètre donné pour que les petits soient diversifiés dans une rue.
    c’est vrai que les centre commerciaux font recettes car au même endroit il y a « la diversité » (enfin presque car eux aussi ils pensent grandes marques en oubliant qu’il y a trop de fringues (mais çà va changer..sans la chine ou si le client change de mentalité) trop de chaussures (de mauvaise qualité car ..;de chine) et trop de burger etc.…
    parlez aussi de bitcoin !!! çà c’est du pur virtuel ………….;est ce pire ou pareil que la bourse ou les startup…..???
    franchement il y en a pas marre de se faire pigeonner quand on nous incite toujours a « aider » en « investissant » mais sur le long terme (plus que 5 ans) franchement faut vraiment être vigilant et « regardant »… il est temps grâce à ce covid 19, l’arrêt de l’économie pour réfléchir au moyen de verrouiller l’obtention d’une ouverture de sté ou autre à la chambre de commerce sans « UNE VERIFICATION ECLAIREE DE LEUR PART », on en était arriver à laisser se monter tout et n’importe quoi comme « nageurs sans maillot, le dépôt d’entrée de capital ne devrait pas être rendu, il devrait être bloqué par la caisse des dépôt (çà ferait une manne pour l’état) et çà rembourserait en réel les investisseurs en cas de faillite.

    • Michel 2 says:

      Avec des dépôts de capital désormais de 1€, on peut bloquer, ça ne va pas changer grand chose!

    • François says:

      Le jour où les chambres de commerce sauront se prononcer sur la viabilité d’une idée au dépôt de dossier m’intéresse mais me semble improbable. Il appartient aux bailleurs de fonds de prendre leurs dispositions à l’aide du business plan.
      Le blocage des fond de départ ne permettra pas à l’entreprise d’investir. L’analyse de la viabilité est visible par analyse des bilans et autres documents comptable. Il convient donc de solliciter ces documents avant de s’engager, car malheureusement difficilement consultables.

  11. Bonjour

    Suivre le débat

  12. Un chinois en france says:

    Le business modèle de allo resto à l’air pas mal , et à cette différence que avec ces virus il est amener à se développer très fortement vu que même après la saison1 de ce mauvais épisode , la majorité des gens éviteront les lieux de regroupement.

    Ceci dit juste un truc à revoir c’est la sélection des livreurs !

  13. En 90, j’ai auto-financé ma micro-entreprise ; au bout d’un an : toujours pas de salaire… Liquidation… Récupération des fonds de départ par la vente du stock.
    J’ai rien gagné, j’ai rien perdu. J’ai tenté, c’est tout. Mais je n’ai floué personne.

  14. Bertrand says:

    Marrant cette article qui est écrit par un gars qui vend de la gestion de patrimoine sur des produits immobiliers (tête de gondole de votre publicité LBG) – tout ça parce qu’il veut vendre ses conseils avisés et tout ça parce ce qu’il a pas bien compris le concept de start UP … Auriez-vous conseillé d’investir dans une boîte qui permet uniquement d’échanger des messages de 140 caractères ?

  15. Pas sur que twitter soit le meilleur exemple, presque 15 ans pour être rentable… Et pas forcement le meilleur investissement non plus je crois. Valait mieux viser le journal intime plus du tout intime ou la librairie en ligne 😉

  16. adnstep says:

    Toute la vie économique ne s’est pas arrêtée avec la crise sanitaire. Exor, le holding de la famille Agnelli, a annoncé lundi soir un investissement de 200 millions de dollars dans la société technologique Via, valorisée par cette opération à 2,25 milliards de dollars. Exor en devient l’actionnaire à 8,87 %, aux côtés d’autres investisseurs comme Shell, Itochu, Daimler ou Macquarie, et prend un siège au conseil d’administration.

    Pour Exor, cet investissement constitue un premier pas dans le secteur de la technologie basée sur les données. Via a développé un algorithme à destination des réseaux de transports urbains, permettant de piloter une offre de bus municipaux par exemple en fonction de la demande et des flux plutôt que sur la base d’une grille horaire figée. Objectif: décongestionner les villes.

  17. adnstep says:

    Start-up nation, overdose bullshit: Parce que c’est notre projet

    Arthur de Grave

    19 sept. 2019 – 128 pages

    Dans ce pamphlet, Arthur de Grave développe une critique drôle et vive du gouvernement actuel, qui cherche à considérer la France telle une entreprise jeune, dynamique et ambitieuse. Il expose les grosses ficelles de ce projet politique qui se prend très au sérieux et cherche à savoir quelle est la réalité de la Start-up Nation, au-delà des tweets et tribunes enthousiastes dont elle fait l’objet. Car le ver est dans le fruit : les ambassadeurs sont invités à être des « entrepreneurs de l’État». On dématérialise à outrance tous les services publics, on noue des partenariats avec les géants californiens du numérique, avec l’idée que, pour renouer avec les bénéfices, la France aurait besoin d’être coachée par un Jeff Bezos ou un Mark Zuckerberg, version 100 % ENA. Pour en finir avec une telle baudruche, Arthur de Grave revient sur l’histoire de cette mythologie, en regardant comme elle s’est forgée sous d’autres cieux : en Israël – premier État à avoir revendiqué le titre de « start-up nation », ou en Estonie – le pays de licornes telles que Skype, Taxify ou TransferWise. Et si la Start-up Nation n’était ni plus ni moins que le véhicule d’un discours de propagande ?

  18. adnstep says:

    Start-up
    Le coronavirus grippe l’investissement dans les start-up françaises

    31/03/20 17:20
    Les fonds d’investissement en capital-risque diminuent leurs prises de participations dans des nouvelles sociétés pour se focaliser sur le soutien aux start-up en difficulté de leur portefeuille.

    Chez les fonds d’investissement, l’heure est au sauvetage, pas à la prospection. Comme le montre notre baromètre mensuel des levées de fonds, l’investissement dans les start-up est en baisse de 65% en mars, sur un an comme sur un mois. En partie parce que des start-up ont retardé leurs annonces face à l’omniprésence prise par le coronavirus dans les médias. Il devrait s’effondrer davantage en avril, premier mois pleinement impacté par la crise économique provoquée par le coronavirus. La raison : les fonds d’investissement en capital-risque (VC) passent en mode défensif. Ils diminuent leurs investissements dans de nouvelles sociétés pour se concentrer sur le soutien aux start-up déjà dans leur portefeuille. Du moins pour celles qui peuvent ou méritent d’être sauvées.

    Les levées de fonds chutent de 65 % en France
    « En temps normal, nous passons entre un quart et un tiers de notre temps sur le portefeuille existant et le reste sur de nouvelles opérations. Aujourd’hui, c’est l’inverse », résume Jean de La Rochebrochard, partner chez Kima Ventures, un fonds dédié à l’investissement de la fortune de Xavier Niel dans les start-up. Face à l’effondrement de leur chiffre d’affaires, certaines start-up ont besoin de réaliser un bridge, une opération de refinancement qui leur permettra de tenir jusqu’à leur prochaine levée de fonds.

    Risques accrus
    L’investisseur analyse la situation des start-up du portefeuille de Kima en quartiles. « Le premier regroupe les entreprises avec de bons fondamentaux et beaucoup de cash en banque, le second des start-up avec d’aussi bons fondamentaux, mais qui arrivent en fin de financement. Le troisième inclut des boîtes avec des fondamentaux passables qu’on peut refinancer à condition d’une réduction de la voilure. Le quatrième est celui des entreprises en très mauvaise posture, et qui l’auraient été un jour ou l’autre sans le coronavirus. » Il est probable que les sociétés de ce dernier quartile ne soient pas refinancées, reconnaît-il.

    Les investisseurs devront faire des choix et peser les risques supplémentaires que les entreprises de leur portefeuille leur demandent de prendre, explique un investisseur chez un grand VC français qui souhaite rester anonyme. « Quand vous participez à une levée de fonds en tant qu’actionnaire historique, vous remettez au pot pour éviter de vous faire diluer et cherchez de nouveaux entrants. Mais si vous n’en trouvez pas, est-ce que vous voulez prendre le risque de soutenir l’entreprise tout seul ? ».

    « Les valorisations des start-up vont baisser »

    Des arbitrages dont s’inquiète Bpifrance, la banque publique d’investissements, qui distribue prêts, subventions, et fonds en capital aux start-up françaises. « Les fonds seront obligés de mettre plus d’argent dans leurs pépites. Mais nous n’avons pas envie qu’ils abandonnent d’autres start-up qui ont du potentiel, sans toutefois être les plus porteuses », précise Paul-François Fournier, directeur exécutif de Bpifrance.

    C’est le sens du plan de soutien aux start-up annoncé le 25 mars, et qui prévoit 80 millions d’euros de prêts sous forme d’obligations convertibles accordées par Bpifrance. La BPI injectera un euro pour chaque euro mis par des fonds privés, afin de réduire le risque pris par ces derniers pour refinancer les start-up qui ne font pas partie de l’élite de leur portefeuille. « Nous avons un intérêt collectif à préserver ces entreprises, car nous ne savons pas lesquelles d’entre elles vont décoller », ajoute Paul-François Fournier.

    Au final, la situation devrait profiter aux fonds d’investissements. D’abord parce que les valorisations accordées aux sociétés lors de leurs prochaines levées vont baisser, à cause de l’incertitude ambiante et de la position de force dont jouiront les VC dans un contexte où l’offre en capital se raréfiera. « Une start-up qui cède 15 à 20% de son capital ne lèvera plus 5, mais 3 millions d’euros », illustre Jean de La Rochebrochard. Paul-François Fournier estime que la crise recèle aussi des opportunités à plus long terme. « Notre expérience de fonds de fonds (la Bpi injecte aussi de l’argent dans des fonds d’investissements, ndlr) est que les meilleurs portefeuilles se font post-crise. A la fois parce que les valorisations sont réajustées, mais aussi parce que ces crises sont de formidables accélérateurs de transformation dont profitent certaines start-up comme Doctolib ou Livestorm. » Une fois la crise surmontée, il sera donc temps pour les VC de reprendre leur chasse aux licornes. » (JDN)

  19. plombier et tous les métiers manuels ; certains disent que tous ces métiers ou il faut travailler seul sans assistanats seront peut être gagnants ????

  20. adnstep says:

    Un choc pour de nombreux actionnaires :

    Privée de babyfoot pendant un mois, une start-up française sur deux devient rentable

  21. julien bonnetouche says:

    Oui il parait que certaines entreprises se rendent compte qu’elles avaient, avant la crise beaucoup de frais inutiles, et de personnels dont elles peuvent se passer…

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recevez nos conseils pour gérer votre patrimoineInscrivez vous gratuitement à la lettre du patrimoine