Christian NOYER, actuel gouverneur de la Banque de France, l’annonce haut et fort à l’occasion d’une audition à la commission des finances du SENAT : « Les rendements des fonds euros des contrats d’assurance vie devront baisser de manière « significative » dans les prochaines années ».
Selon Christian NOYER, les compagnies d’assurance vie portent un risque important en maintenant des rémunérations sur les fonds euros alors que les rendements des sous-jacents enregistrent des rendements toujours plus faibles années après années.
Confirmant totalement l’analyse que nous vous livrons ici depuis de nombreuses années, les compagnies d’assurance vie doivent craindre une remontée des taux d’intérêt et s’y préparer au plus vite. La bataille du meilleur rendement doit cesser, l’assurance vie doit retrouver son statut d’épargne long terme.
La baisse des rendements servis sur les fonds euros, mais également le basculement progressive de l’épargne des Français vers les contrats Euro-croissance devient une nécessité pour assurer la solvabilité à long terme des compagnies d’assurance vie.
 

Pourquoi les rendements des contrats d’assurance vie baisseront inexorablement.

Comment ne pas être séduit par la promesse des fonds euros : Un placement dont le rendement est historiquement supérieur à l’inflation (+1,5% en moyenne depuis 20 ans), sans aucun risque en capital et surtout une disponibilité à tout moment de l’épargne. Malheureusement, cette belle histoire prend fin avec l’effondrement des taux d’intérêts. A l’avenir, les épargnants devront choisir entre rendement et capital garantie et disponible.
 
L’argent des épargnants est principalement investi par les compagnies d’assurance vie dans les obligations les plus sécurisées dont les rendements baisse inexorablement. Par exemple, le taux d’emprunt de l’état Français atteint ce jour 1,26%.
Comment espérer un rendement intéressant lorsque 70% à 80% des investissements des compagnies d’assurance vie est réalisé à un rendement inférieur à 1,5% en 2014. Une fois les frais de gestion prélevés (entre 04% pour les meilleures à 1% pour les plus chères), le rendement résiduel devient ridicule.
Bien évidemment, les fonds euros sont construit dans le temps et les compagnies d’assurance vie ont investi, dans le passé, dans des obligations dont le rendement était nettement plus favorable. Le temps passant, les obligations rémunératrices arrivent à échéance et les nouveaux investissements sont réalisés dans des conditions nettement moins favorables.
 
Il n’y a pas d’alternative … Les fonds euros et l’assurance vie telle que nous la connaissons depuis 30 ans ne sera plus le placement miracle, les rendements baissent et baisseront inexorablement.
 
 

Les compagnies d’assurance-vie doivent craindre une remontée des taux d’intérêt. Les risques pour les fonds euros sont grands.

Comme nous vous l’expliquions dans cet article « Assurance vie : Quels risques pour les fonds euros ?« , les compagnies d’assurance vie proposent une garantie intégrale du capital et des intérêts des épargnants et c’est d’ailleurs cette garantie du capital qui est à l’origine du succès des fonds euros depuis le début des années 80.
Ainsi, au delà d’un rendement condamné à chuter, la véritable question est la solvabilité des fonds euros et des contrats d’assurance vie en cas de hausse des taux d’intérêt.
Avec la baisse des taux d’intérêt, les compagnies d’assurance vie ont engrangées de très forte plus-values (leur permettant de servir des taux de rendement insolant). La hausse des taux d’intérêt aurait la conséquence contraire : les plus-values se transformeraient en moins-value et les compagnies pourraient se trouver en difficulté pour continuer à garantir le capital aux assurés.
 

Analysons le comportement de la valeur une obligation en cas de hausse ou de baisse des taux d’intérêt pour comprendre pourquoi il existe un risque sur les fonds euros des contrats d’assurance vie.

La valeur d’une obligation évolue en fonction des taux d’intérêt selon le schéma suivant (volontairement simplifié) :
risque des contrats d'assurance vie en cas de hausse des taux d'intérêt
Prenons un exemple pour comprendre cette mécanique :

  • En 2014, vous réalisez un prêt de 100000€ au taux de 1,25% à l’état Français. C’est un prêt obligataire qui est négociable en cours de vie.
  • En 2018, vous avez besoin de votre argent et envisagez de vendre votre obligation à un autre investisseur. En 2018, les taux d’intérêt de la place ne sont plus à 1,25% mais atteignent maintenant 4%.

En 2018, aucun investisseur n’acceptera de payer 100 000€ votre obligation dont le taux de rendement est de 1,25%, soit 1250€ par année, alors que les taux d’intérêt du marché sont de 4%.
Pour pouvoir vendre votre obligation, vous serez dans l’obligation de réduire la valeur de l’obligation afin de proposer un rendement au moins équivalent.
Ainsi, pour proposer un rendement de 4%, conforme au marché des taux d’intérêt en 2018, vous devrez réduire le prix de l’obligation afin de séduire les investisseurs.
La hausse des taux d’intérêt entre 2014 et 2018 aura pour conséquence de réduire la valeur de l’investissement obligataire.
 
 
Dans un tel scénario de hausse des taux d’intérêt, les compagnies d’assurance vie devraient donc :

  • Assurer une garantie intégrale du capital et des intérêts capitalisés aux assurés
  • Mais leur portefeuille obligataire, qui représente entre 70% et 80% de leurs investissements, serait en moins-value et en perte.

C’est donc les fonds propres de la compagnies d’assurance vie qui devront assurer la garantie aux assurés. Toutes les compagnies seront elle suffisamment solvables pour garantir l’épargne des assurés ? Telle est réellement la question.
 
 

Mais rassurez vous, le code monétaire et financier permettra d’éviter toute faillite… en bloquant l’épargne des assurés.

Dans son article L612-33, le code monétaire et financier prévoit cette hypothèse et permet, « Lorsque la solvabilité ou la liquidité d’une personne soumise au contrôle de l’Autorité ou lorsque les intérêts de ses clients, assurés, adhérents ou bénéficiaires, sont compromis ou susceptibles de l’être, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution prend les mesures conservatoires nécessaires. A savoir :
3°Limiter ou interdire temporairement l’exercice de certaines opérations ou activités par cette personne, y compris l’acceptation de primes ou dépôts ;
4° Suspendre, restreindre ou interdire temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs de la personne contrôlée ;
 
Au final, le risque pour les compagnies d’assurance vie ne pourrait se matérialiser qu’en cas de rachat massif… La simple interdiction de la libre disposition des actifs permet de régler le problème…
 
 

Pour aller plus loin :
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