La fin de l’année approche et les prochaines annonces de baisse de rendement de votre fonds euros devraient être l’occasion idéale pour votre banquier ou votre conseiller vendeur d’assurance vie de vous encourager fortement à diversifier votre épargne sur les marchés financiers via les unités de compte de votre contrat d’assurance vie.
J’entends déjà le discours : « Vous comprenez, ma bonne dame, le fonds euros du contrat d’assurance vie ne permet plus de rémunérer votre épargne à un niveau suffisant, vous devez prendre davantage de risque pour espérer un meilleur rendement ! » … et blablabla, et la bourse c’est le meilleur rendement à long terme, et blablabla, …. les risques sur le fonds euros, …. blablabla, … la faillite de l’état … 
C’est toujours la même histoire. Les banquiers, assureurs et autres intermédiaires ont tous le même objectif : Vous faire sortir du fonds euros devenu trop cher et dangereux à gérer (pour la compagnie d’assurance vie) et surtout vous orienter vers la bourse et les marchés financiers nettement plus rémunérateur pour tous (sauf peut être pour l’épargnant qui n’y connait rien et qui ne saura probablement pas gérer cette épargne de manière dynamique). 
Et pour ceux qui croient encore que votre conseiller ne réalise ce conseil que dans votre intérêt, voici le mail que je viens de recevoir d’une compagnie d’assurance vie :

« Cher Partenaire, 

 Nous avons le plaisir de vous informer de la mise en place d’une campagne de sur-commissionnement des versements (initiaux et complémentaires) sur les contrats assurés par XXXX. 
 
Bonus de 0,20% sur tous les versements (initiaux ou complémentaires) d’un montant supérieur à 50 000€, réalisés entre le 17/10/16 et le 31/12/16 et dont la part investie sur des supports UC est au moins égale à 50% des sommes versées.
Et oui, votre conseiller vendeur est sur-commissionné s’il vous vend une répartition 50/50 entre fonds euros et unité de compte. Pour information, cette même compagnie vient d’annoncer que dorénavant, les versements 100% en fonds euros ne seront plus possible (cf « Des compagnies d’assurance vie interdisent d’investir en fonds euros ! Faut il céder au chantage ?« ).

 
 

Le fonds euros est probablement le meilleur placement pour ceux qui ne souhaitent pas prendre de risque sur leur épargne !

N’écoutez pas votre intermédiaire ! Vos intérêts ne sont pas nécessairement convergents !
Résistez ! si vous ne voulez pas prendre de risque, restez sur le fonds euros de votre contrat d’assurance vie, c’est probablement le meilleur placement malgré un rendement qui devrait progressivement disparaître ! (cf  » Que faire du fonds euros de votre assurance vie ? Un rachat ? Le conserver ? Diversifier sur les unités de compte ?« ).
Les lecteurs les plus fidèles pourront être perdus devant une telle affirmation ! Comment oser dire cela aujourd’hui, alors que la semaine dernière je vous écrivais « L’épargne est une erreur, débarrassez vous en avant qu’il ne soit trop tard ! » ? A vrai dire, le discours reste très cohérent, il s’agit simplement d’une question de temps :
 

L’épargnant capable de se projeter, de s’investir dans le temps, capable de prendre des risques et surtout de les comprendre, doit modifier sa manière d’appréhender l’épargne et la valorisation de son patrimoine : Il n’est plus possible de se constituer un patrimoine avec de l’épargne tel que les fonds euros des contrats d’assurance vie ! Seul l’investissement dans des biens dont la valeur d’usage est élevée permettra de tels enrichissements ; L’épargne en fonds euros ne permet plus de s’enrichir, ce ne peut plus être une solution d’épargne de long terme.

L’épargnant qui au contraire ne dispose plus de ce temps et de cette capacité à comprendre et assumer les risques pour son patrimoine ne doit pas être contre nature : Le fonds euros est alors le meilleur des placements. Certes, il perdra progressivement en pouvoir d’achat et verra son patrimoine baisser au gré de la répression financière mais c’est le prix à payer pour la tranquillité et l’absence de risque. Et rassurez vous, la loi SAPIN 2 n’y changera rien, ce n’est peut être qu’un élément supplémentaire pour effrayer l’épargnant et lui faire abandonner un fonds euros qui coûte trop cher pour la solvabilité des compagnies d’assurance vie.

C’est la théorie que nous avons développée dès la mi-juin 2016 après les premiers débats parlementaires autour de l’article 21 bis. Nous résumions alors notre analyse en ces mots :

« Ne trouvez vous pas étrange qu’un organisme chargé de la stabilité financière fasse état dans la presse nationale de risque majeur pour la garantie et la liquidité de votre assurance vie ?

Cela semble totalement dément ! Un organisme d’état, sous la tutelle du ministre de l’économie, tient un discours anxiogène et effrayant de nature à remettre en cause cette même stabilité financière qu’il doit défendre ! 

Ne devrions nous pas en déduire que le risque n’est peu être si important que cela ? Ces institutions ne cherchent elles pas simplement à détourner les français d’un produit financier « Le fonds euros » trop protecteur de l’intérêt des épargnants (et peut être pas suffisamment de celui des compagnies d’assurance vie).

Le véritable risque pour les compagnies d’assurance vie n’est il pas que les épargnants continuent de faire confiance au fonds euros des contrats d’assurance vie ?  » extrait de « Que faire du fonds euros de votre assurance vie ? Un rachat ? Le conserver ? Diversifier sur les unités de compte ? » publié le 23 Juin 2016 après les premières discussions autour de l’article 21 bis de la loi SAPIN 2

Alors :

– OUI, le rendement du fonds euros ne fait que baisser années après années ;

– OUI, une remontée brutale des taux d’intérêt serait de nature à bouleverser l’équilibre et entraîner la faillite des fonds euros ;

– Mais NON, cette remontée des taux d’intérêt n’est pas probable, les banques centrales dominent la fixation des taux d’intérêt de court terme, mais également de long terme avec des politiques monétaires actives en ce sens ;

– Mais NON, prendre des risques sur la simple raison que le rendement de l’épargne garantie baisse n’est pas une bonne idée ; (cf »Quelles alternatives au fonds euros des contrats d’assurance vie ? » ;

– Alors, OUI, le fonds euros malgré un rendement nul est probablement le meilleur placement pour l’épargnant qui ne dispose pas de la capacité à se projeter dans le temps et à investir. Faute de pouvoir investir son capital, il devra se contenter de l’épargner, d’en tirer un rendement nul et probablement inférieur à l’inflation… mais c’est le prix à payer ! (cf »Pour ne pas subir les taux d’intérêt négatifs, il faut s’endetter et investir…)

 
 

Faites la différence entre votre épargne et vos investissements…

L’épargne, c’est la partie non consommée du revenu d’un agent économique, employée pour constituer un capital (définition : larousse).
L’épargne n’est qu’une consommation différée, c’est la part de votre capital que vous souhaitez disponible pour répondre à un besoin de consommation futur (achat immobilier ou d’un bien d’une valeur importante, dépendance, problème de santé, retraite éventuellement, ..). Bien évidemment, l’importance de l’épargne sera fonction de votre cycle de vie. L’épargne doit être investie en fonds euros, PEL, livret … et éventuellement sur les marchés financiers pour ceux qui veulent épargner pour satisfaire un besoin de consommation très lointain.
Un jeune actif, en construction patrimoniale devra probablement investir beaucoup pour se loger, se construire un toit, investir dans son entreprise et sa famille, … et ses perspectives de revenus futurs et sa capacité à les générer devrait lui permettre de disposer d’une épargne faible. Pourquoi épargner, si l’on est convaincu de sa capacité à générer des revenus plus importants à l’avenir ? Néanmoins, le jeune actif, devra anticiper ses besoins futurs.
Un jeune retraité qui verra ses revenus baisser, aura besoin d’une épargne plus importante pour maintenir son cadre de vie et prévenir des dépenses exceptionnelles (maladie, entretien du patrimoine, dépendance) dans un contexte de revenus plus faibles et surtout d’incapacité à en générer davantage dans le futur. Pour autant, il ne faudrait pas sur-estimer ce besoin d’épargne…
 
Mais attention à ne pas confondre épargne et investissement, car dans la pratique, l’épargne est abondante et les investissements plutôt limités dans les patrimoines. Quelle est l’utilité de disposer d’une épargne de 200 000€, 500 000€, 1 000 000€, 2 000 000€, dans des contrats d’assurance vie pour une personne à la retraite dont le revenu perçu lui assure un cadre de vie satisfaisant ? Ne faudrait il pas transformer une partie de cette épargne en investissement ? Ne faudrait il pas investir davantage et ne conserver qu’une épargne plus faible ?
Idem pour un jeune rentier qui aurait vendu son entreprise ! Pourquoi conserver le fruit de la vente de son entreprise dans des fonds euros … si ce n’est pour attendre le prochain investissement ? L’épargne ne peut être qu’une consommation différée et en aucun cas une source d’enrichissement.
 
Demain, alors que l’épargne ne sera plus une source d’enrichissement et plutôt une source d’appauvrissement du fait de rendement plus faible que le taux d’intérêt naturel (inflation + croissance), les épargnants devraient progressivement revoir cette allocation inefficace de leur patrimoine.
L’investissement pourra prendre différente forme telle que l’immobilier, l’entrepreneuriat, et plus globalement tout investissement dans un actif dont la valeur dépendra de l’usage donné par son propriétaire investisseur. C’est le sens du propos lorsque j’écris « Pour devenir riche, il ne faut pas épargner, il faut investir ! »
 
 
PS : Les lecteurs assidus reconnaîtront l’immuable discours de notre ami ANKOU, fidèle parmi les fidèles… Merci à lui 😉

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