Lentement, mais surement, les taux d’intérêt augmentent… ou du moins, on ( = les banques centrales ) prépare le monde à une augmentation lente mais certaine des taux d’intérêt long terme. Les taux d’intérêt court terme devraient rester très faibles pour longtemps, mais les taux long terme semblent s’engager dans un nouveau cycle de hausse.
Progressivement, sans que le consensus ne l’admette nous sommes peut être en train de vivre la fin de la bulle obligataire qui peut se terminer que par un krach… On ne peut dégonfler lentement, sans heurt, une bulle spéculative de cette importance.
 

Le fait que personne ne partage l’idée selon laquelle les taux d’intérêt long terme pourraient augmenter rend cette prospective  possible !

N’oubliez pas que la crise ne vient jamais de là ou on l’attend ! JAMAIS : Sinon, elle est anticipée et donc ce n’est pas une crise puisque les acteurs auront eut le temps de s’adapter pour limiter son impact (cf » Rien ne sert de prédire la prochaine crise. Elle n’arrivera pas tant que nous l’attendrons »).
La hausse des taux d’intérêt fait partie de ces crises que personne ne prend au sérieux réellement ! (On peut aimer à ce faire peur… mais on finit toujours par se rassurer en disant que de toute manière, les banques centrales nous sauverons – Sauf que cette fois, ce sont les banques centrales qui organisent cette remontée des taux).
Mais attention, il ne s’agit pas d’anticiper un retour au taux d’intérêt ante 2008, une augmentation rapide de 1% des taux d’intérêt pourrait avoir un impact très fort sur les portefeuilles obligataires … mais aussi sur la valorisation des actions et plus généralement de tous les actifs dont la valeur est subventionnée par ces taux d’intérêt excessivement faible.
Et je dois vous avouer que l’empressement de tous les acteurs à faire sortir les épargnants du fonds euros pour les faire investir sur les marchés actions ne me semble pas être un très bon signe lorsque l’on sait que les épargnants investissent systématiquement au mauvais moment (cf »Résistance ! Cette obsession à détruire l’immobilier et les fonds euros n’est pas saine. »).
 

 
Au moment ou je rédige ces lignes (29/01/2018), le taux de l’OAT 10 ans s’inscrit à 0.93% contre seulement 0.63% au 22/12/2217… Cela représente une hausse des taux d’intérêt de 46% en un peu plus d’un mois.
Prudence! Les taux augmentent bien rapidement, même s’il n’y a rien de très grave pour le moment. Ce sont des mouvements que nous avons connus régulièrement en 2017. Il faut néanmoins surveiller la tendance de long terme ! C’est essentiel !

PS : les lecteurs attentifs sauront prendre du recul. Nous avons déjà attirés votre attention sur le krach obligataire à de nombreuses reprises ces dernières années… et les taux ont continué de baisser. 
 
 

Une hausse des taux d’intérêt serait source de moins-values pour tous les actifs : Obligation, mais aussi actions et immobilier (notamment dans les régions en situation de bulle).

Dans la théorie financière sur lesquelles se base toute l’industrie de la gestion financière, la diversification est la réponse naturelle à une telle situation. En effet, les actifs (action, obligation, immobilier) sont dits décorrélés, cela signifie simplement que lorsque l’un augmente l’autre baisse, et que lorsque l’un baisse, l’autre monte…
Mais, cette théorie de la diversification a t’elle encore un sens au moment ou TOUS les actifs justifient leur valorisation extrêmement élevée par le niveau de taux d’intérêt. C’est une interrogation sur laquelle nous vous avons alerté depuis fin 2015, notamment dans cet article « Faut il remettre en cause la théorie de la diversification du patrimoine pour réduire les risques ? ».
 
 

Une hausse des taux d’intérêt, destructrice de la valeur de tous les actifs ?

Même la banque fédérale américaine semble le penser lorsqu’elle justifie le niveau des cours de bourse par le niveau très bas des taux d’intérêt. Dans un discours de Juin 2017 « Le retour de l’exubérance des marchés actions selon Janet YELLEN. 2017, début d’une bulle pour les actions ? », elle expliquait

« Asset valuations are somewhat rich if you use some traditional metrics like price earnings ratiosbut I wouldn’t try to comment on appropriate valuations, and those ratios oughtto depend on longterm interest rates » 

« La valorisation des actifs est un peu exubérante si vous utilisez les ratios traditionnels comme les PER , mais je ne voudrais pas essayer de faire des commentaires sur les évaluations appropriées, mais ces valorisations sont dépendantes des taux d’intérêt à long terme. »

Depuis Juin 2017, le S&P 500, indice de la bourse américaine a augmenté de plus de 20% ! No comment ! 
 

 
 

Quel placement si la hausse des taux d’intérêt détruit la valeur de tous les actifs ?

Nous sommes donc face à un problème non négligeable : La hausse des taux d’intérêt sera à l’origine de moins-values sur tous les actifs selon les mécanismes traditionnels que nous avons déjà très longuement présentés, notamment dans cet article « Pourquoi la hausse des taux d’intérêt est dangereuse pour votre patrimoine ? » :

Prenons un exemple simpliste à l’extrême ( mais efficace ) pour comprendre le rôle des taux d’intérêt sur la valeur de votre patrimoine.

Un investissement X permet de générer un revenu net de 1000€ par an. Ce revenu est indexé de +1% tous les ans.

En 2008, compte tenu du niveau général des taux d’intérêt, de la prime de risque, les investisseurs exigeaient un rendement de 9% pour investir dans un tel bien. La valeur théorique peut donc être estimée à 12500€.

En 2015, le même investisseur qui exigeait un rendement de 9%, demande un rendement de 3.5%. Les politiques monétaires modifient en profondeur le marché obligataire, le manipulent et nous assistons à un effondrement des taux d’intérêt. Dans ce nouvel environnement de taux d’intérêt, le même bien peut être estimé à 40 000€.

Vous venez de comprendre pourquoi la valeur des actions ou de l’immobilier explose à la hausse en dépit de toute rationalité économique. La valeur des actifs en 2015 est totalement dépendante du niveau général des taux d’intérêt.

 
Quant à la question de la pertinence de l’investissement immobilier, la réponse est complexe :

 

  • Dans d’autres villes, le cycle de hausse des prix de l’immobilier recommence tout doucement depuis 2016 avec presque 8 ans de léthargie. Les prix y sont encore très faibles par rapport au niveau extrêmement bas des taux d’intérêt. L’impact d’une hausse des taux d’intérêt devrait y avoir un impact négligeable puisque les prix recommence tout doucement à augmenter malgré des taux bas depuis 3 ans ; Souvenez vous que fin 2015, nous étions encore à espérer la fin de la baisse des prix de l’immobilier (cf »Vers la fin de la baisse des prix de l’immobilier ? », un article écrit fin 2015)

 

 
 

Mais alors comment placer son argent dans un tel contexte ? Cash is king ?

Mais attention, rien n’est certain ! Il ne s’agit pas d’affirmer que nous sommes à la veille du grand soir d’une nouvelle grande crise.
Cette tentative de hausse des taux long terme sera t’elle un succès, ou un échec source d’une nouvelle baisse dans le prochain mois ? (cf »Stratégie d’investissement 2018 « Marché financier » : La tentative de normalisation ratée ? »)
 
A suivre…

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