La guerre en Ukraine aura marqué la fin de quelque chose. La fin d’un cycle d’hyperspéculation commencé en 2008 et peut être même avant.

Une période de folle spéculation pendant laquelle le bitcoin aura atteint des sommets, les entreprises technologiques à forte croissance de niveau de valorisation sans commune mesure avec leur capacité bénéficiaire.

On pourrait également citer les prix de l’immobilier parisien ou autre objet de collection tels que les voitures rares ou les montres dont les prix atteignent des sommets totalement déconnectés des réalités économiques.

Une période de tous les excès pendant laquelle les actifs spéculatifs pouvaient atteindre des sommets grâce à une politique monétaire excessivement indépendante.

Une période pendant laquelle les producteurs et entreprise de l’économie réelle, c’est à dire les vraies entreprises, celle qui vivent de chiffre d’affaires et de bénéfices et non seulement de levées de fonds, se seront appauvries.

Cette folie spéculative aura pleinement profité aux rentiers et autres détenteurs de patrimoine. Une période pendant laquelle les producteurs auront soufferts.

Nous le constatons tous au quotidien. Le sentiment d’une économie à 2 vitesses :

  • D’un côté les détenteurs de capitaux qui semblent s’enrichir sans effort
  • D’un autre côté les travailleurs, vous et moi les producteurs de l’économie réelle, qui avons parfois le sentiment de devoir travailler toujours plus, dans des conditions toujours plus difficiles pour maintenir un pouvoir d’achat sans cesse grignoté par les charges et autres impositions devenues confiscatoires. Nous, les entrepreneurs, qui travaillons durement pour faire chiffres d’affaires et bénéfices alors que le héros du quotidien sont les bullshit startuppers qui gaspillent l’argent de leurs actionnaires dans des modèles économiques fumeux.

Les gilets jaunes ont été un marqueur de cette fracture. La pandémie aura fini de nous démontrer à quel point ils avaient raison de mettre en avant l’impasse dans laquelle nos économies se dirigeait.

Le fin d’une drôle de période spéculative.

Une drôle de période spéculative qui doit pouvoir trouver son origine dans une politique monétaire toute puissante. L’économie, plus puissante que le politique a pris le pouvoir en 2008.

Aujourd’hui, cette folle parenthèse spéculative semble bien se refermer. La politique monétaire pourrait bien redevenir l’accessoire de l’homme politique.

Au moment où je rédige ces lignes, l’espoir de retrouver des banques centrales surpuissantes permet aux spéculateurs de garder le moral.

Vous êtes nombreux à croire que les choses vont rapidement revenir comme précédemment, c’est à dire juste avant la guerre en Ukraine, dans les quelques prochains mois lorsque les banques centrales inventeront une nouvelle manière d’inonder le monde de liquidités.

Il n’est pas impossible qu’il s’agisse là d’une illusion.

Contrairement à 2008, en 2022 les banques centrales ne sont plus autonomes et indépendantes. En 2022 les banques centrales sont dépendantes des hommes politiques.

La parenthèse monétaire et peut être en train de se refermer. Une nouvelle parenthèse politique pourrait alors s’ouvrir.

Dans un premier temps, le retour à la normale monétaire va faire mal. Tous les excès des 15 dernières années doivent être purgés. À ce niveau-là il n’est pas impossible que nous ne soyons qu’au début des conséquences de ce retour à la normale.

Les entreprises de la tech sont encore très chèrement valorisées malgré leur récente déconvenue. idem pour l’immobilier parisien.

Nous ne sommes qu’au début du mouvement. Il faut maintenant trouver un nouvel équilibre. La politique va alors retrouver son rôle central.

L’expérience des dernières années nous démontre qu’une politique monétaire accommodante n’est qu’un outil et en aucun cas une solution miracle. La politique monétaire permet de gagner du temps, mais n’est pas la solution.

Les véritables mutations doivent être engagées par l’homme politique fruit de la représentation nationale.

Nous sommes aujourd’hui à un carrefour, entre la fin d’un cycle et le début d’un autre. Facile d’identifier le cycle qui se termine. Il est en revanche beaucoup plus difficile d’imaginer le cycle que nous sommes en train de bâtir.

Les gagnants du cycle qui prend fin ne seront peut être pas les gagnants du cycle qui s’ouvre.

Les détenteurs de patrimoine semblent être les grands gagnants du cycle qui se referme. Et s’ils étaient les grands perdants du cycle qui s’ouvre ?

N’est il pas illusoire de croire que les gagnants d’hier seront également les gagnants de demain ?

Par exemple le bitcoin s’écroule. Pourquoi devraient-ils retrouver le sommet atteint au summum de la période spéculative ? Aucune raison. Le bitcoin est typiquement un actif spéculatif né des excès monétaire. Si le moment est venu de purger les excès monétaire, le bitcoin doit disparaître.

Les cours de bourse des entreprises de la tech ont fortement chuté depuis leur point haut de la fin du mois de novembre 2021. Le niveau passé était manifestement spéculatif, peut être ne les retrouveront ils jamais ( ou alors dans de très très très nombreuses années, pour quelques unes de ces entreprises lorsque leurs bénéfices permettront de justifier ces cours) ?

Idem pour l’immobilier parisien pourquoi les prix devraient-ils reprendre le chemin de la hausse ? Et si nous étions à l’aube d’une longue période de stabilisation ou de chute des prix ? Le moteur passé qu’est la spéculation grâce aux excès de la politique monétaire ne semble plus pouvoir justifier la hausse future des prix.

Au contraire le travailleur semblent être les grands perdants du cycle qui s’est referme. Et s’ils étaient les grands gagnants du cycle qui s’ouvre ?

Si les gagnants du cycle précédent sont les perdants du nouveau cycle qui s’ouvre, il va falloir trouver de nouveaux gagnants. Nous ne les connaissons pas encore. Ne connaissons pas la nature du nouveau cycle il semble prématuré d’identifier ces gagnants.

En revanche on doit pouvoir estimer qu’un certain nombre de perdants du cycle précédent vont voir leur situation s’améliorer. On doit pouvoir mettre en avant les entreprises dites traditionnelles, dont les modèles économiques ont énormément soufferts des excès spéculatifs et de la start-up nation.

Peut être que les entreprises dites value vont retrouver de l’attrait.

Au niveau géopolitique, la régionalisation des échanges pourrait bien profondément modifier la donne. La Chine et la Russie pourront elles retrouver la confiance des consommateurs et des entreprises ? Les pays dits développés vont-ils reconstruire une industrie source de croissance et d’enrichissement des travailleurs ?

Enfin la narration autour du réchauffement climatique pourrait participer à la construction d’un nouveau cycle sur des valeurs différentes.

A suivre.

PS : Certains sont les gagnants d’hier, et ont la capacité d’être les gagnants de demain. Ce sont ces investissements qui nous intéressent. Des investissements de grande qualité qui traversent les narrations et le temps en se bonifiant tant leur valeur d’usage est universelle et incontestable.

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