La précipitation des derniers événements dans la politique internationale vis à vis de la Chine doit nous donner l’occasion interroger sur le monde commercial de demain.

La guerre économique que les USA mènent contre les chinois notamment à l’encontre de quelques multinationales dont HUAWEI pour la 5G, a pris un nouveau tournant avec le pacte des « sous-marins » entre Australie, Angleterre, et USA.

Le durcissement idéologique du PCC, avec un fort relent de révolution culturelle maoïste, y est pour beaucoup, accentuant subitement les craintes d’une confrontation sans doute froide pour le moment, mais ouverte, entre le clan des communistes régulateurs de la pensée des individus et les libéraux jaloux de leurs libertés individuelles.

Parfois, plus on le crie fort, moins on est crédible.

Hier, le président Biden expliquait à la tribune de l’ONU que « les États-Unis veulent ouvrir une « ère de diplomatie » après la fin de la guerre en Afghanistan et « ne cherchent pas une nouvelle Guerre froide ». Le simple fait de le dire, c’est déjà avouer qu’il s’agit d’un sujet important.

Dans les articles précédents consacrés au sujet chinois, j’ai essayé d’expliquer que ceux ci ne tiennent pas les mêmes raisonnements que nous quand au respect des individus, et que le repli sur soi de la Chine, n’est pas un phénomène nouveau dans leur Histoire (cf. « Bourse. Et si la chine faisait dérailler la croissance mondiale ? » et « Chine Vs États-Unis. Un durcissement de ton qui profitera aux occidentaux ?« )

L’orientation prise depuis quelques mois, consistant à couper d’abord les têtes qui dépassent, (celles des riches qui deviennent trop puissants) puis les coupes sombres dans les libertés individuelles, pourrait amener les dirigeants du PPC, à privilégier leur maintient au pouvoir au bonheur du peuple.

Jusques là en effet, bon an mal an, on tirait environ 20 à 30 millions de chinois hors de la pauvreté en les faisant travailler dans des usines de productions à bas pour les pays riches pensant ainsi couper court à toutes formes de revendications.

Mais les dirigeants chinois se sont rendus compte qu’en réalité plus les citoyens de l’empire  du milieu accèdent à une niveau de vie meilleur, plus leurs velléités d’indépendance s’accroissent.

D’où ce retour en arrière.

Retour en arrière que les occidentaux (surtout les américains) regardent d’un très mauvais œil tant il va à l’encontre d’un monde correspondant pour eux à l’idéal de la philosophie des lumières.

Parallèlement, le tour de vis intérieur oblige le gouvernement chinois à se montrer intraitable sur le plan extérieur, (Taïwan) tactique bien connue  pour essayer de mobiliser la cohésion nationale autour d’un ennemi potentiel.

Personne n’imagine qu’un conflit militaire puisse se déclarer à brève échéance, mais l’orientation prise  des deux côtés, n’est pas de nature à faciliter les échanges commerciaux, entre ce qui est encore l’usine du monde, et le reste des pays développés.

Pourtant la Chine a besoin d’argent, ( $) et le monde a besoin de produits à bas coût qu’elle fabrique.

Nous allons par conséquent continuer nos relations commerciales, mais la prise de conscience par les pays occidentaux ( qui avait commencé avec la covid et qui s’accentue maintenant nettement)  de la nécessité d’une relocalisation sur tout ce qui est possible de produire chez nous, va nous amener à fournir un effort certain dans ce sens.

Patrick Artus explique ce phénomène sous le terme de régionalisation du monde. Extrait d’un article très intéressant publié sous le titre : « Les économies vont se désynchroniser », estime Patrick Artus« 

« Les flux de commerce intercontinentaux diminuent, tandis que les flux intracontinentaux continuent à progresser. L’Asie échange moins avec les Amériques et l’Europe, l’Europe échange plus à l’intérieur de l’Europe… Quand on regarde les importations des pays de l’OCDE en provenance des pays émergents, on s’aperçoit qu’elles sont en légère diminution depuis 2010, alors qu’elles augmentaient énormément durant la décennie précédente. La dynamique de conversion est enclenchée, mais on ne passe pas de chaînes mondiales à des chaînes régionales du jour au lendemain. »

C’est également la théorie de l’excellent livre « La relocalisation du monde » dont nous vous proposions la recension récemment.

Une diversification des sources d’approvisionnement aux autres pays asiatiques sera probablement aussi  élargie.

Ce phénomène nouveau,  associé au «verdissement programmé de l’économie» dont le coût est très élevé,  sera source d’inflation. (inflation des prix et des salaires).

Jusqu’ici, l’inflation paraissait maîtrisée, et même encore récemment, les présidents des banques centrales tenaient un discours rassurant sur l’aspect transitoire de l’inflation «post covid», mais nous sommes maintenant obligés d’intégrer l’impact moyen/ long terme de ces changements géostratégiques.

Des arguments inflationnistes récemment mis en avant par Emmanuel Combe :

A court terme, nous le voyons, les marchés financiers sont perturbés, par les prises en compte de tous ces éléments nouveaux, concentrant leurs regards sur  l’instabilité potentielle de la finance chinoise avec des sociétés en  quasi-faillite comme Evergrande. Mais il y en a semble t il d’autres.

Les marchés sont hypersensibles : il a suffit aujourd’hui que le patron de ce géant immobilier dise quelques mots rassurants mais sans se mouiller,  pour que les bourses en attente de bonnes nouvelles remonte de 1,5 %.

Mais voilà, ce n’est pas lui le vrai patron….

Inflation, ne veut toutefois pas dire remontée automatique des taux, surtout si la situation reste incertaine.

Au contraire, la continuité de taux bas associés à un maintient des achats d’actifs, et plus généralement la financiarisation de l’économie, devra sans doute continuer, surtout pour financer de nouvelles industries.

L’euthanasie des épargnants est la clefs des prochaines années comme nous vous l’expliquons depuis des années (cf. « L’euthanasie des épargnants comme seule perspective ?« ).

Des taux de rendement de l’épargne durablement inférieur au taux de croissance nominal de l’économie permet un remboursement sans effort de l’endettement excessif des états. Les épargnants s’appauvrissent du fait d’une rémunération faible de leur épargne, tandis que les emprunteurs s’enrichissent sans effort grâce aux taux bas, et parfois même négatifs.

Une guerre « tiède » avec la Chine qui pourrait se muter en « guerre froide » ?

Mais au final, nous pouvons dire qu’après 2 ans de covid, on n’avait pas besoin de cela, même si c’est probablement un mal pour un bien.

Vous connaissez tous le «lac des cygnes».

Le cygne noir des marchés est à l’horizon, tel une marionnette chinoise dont les fils sont entre les doigts de Tsi Jinping.

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