En dépit de la semaine de la pentecôte, célébrant suivant les religions, l’esprit Saint où la Loi mosaïque, les marchés n’ont été que faiblement transcendés. Cette fête, pour les non-croyants, est celle des moissons. La récolte n’a pas été très bonne, puisque les principaux indices ont assez sérieusement corrigé.

 

Nous retrouvons un marché en tôle ondulée, qui devrait être favorable aux fonds flexibles.

Revenons sur l’environnement actuel. En dépit de ce que nous écrivions la semaine dernière sur « la toute petite lumière au bout du tunnel », nous sommes relativement inquiets de façon assez temporaire sur les toutes prochaines semaines. Nous allons revenir en synthèse sur ce qui peut expliquer cette nouvelle défiance.
Ce sont les indicateurs macro-économiques en provenance des Etats-Unis, qui constituent le déterminant de l’ensemble des marchés. Sur ce point, n’en déplaise à certains économistes très « bull » en début d’année, la situation devient très compliquée.

La croissance du PIB US devrait être de 2,5% en 2011 et de 2% en 2012 contre encore 3,2% pour le consensus. Cette quasi-stabilisation s’explique par l’absence d’amélioration de la solvabilité des ménages. Le ratio dettes sur richesses ne s’améliore toujours pas. L’avenir reste sombre puisque l’on aura une hausse des taux longs avec la fin du QE 2, et le stock de logements anciens pèse toujours sur l’immobilier US. Il existe encore 3,4 millions de maisons à vendre, sachant que 230 000 maisons par mois vont arriver sur le marché à cause de la non solvabilité des ménages. Le prix devrait donc encore baisser d’au moins 10%.

 

La situation américaine est ainsi simple à comprendre et peu encourageante.

Le surplus de croissance économique n’a été réalisé que par l’expansion du crédit et tous ses excès. Ceci a permis de doper la consommation des ménages dans un contexte où les salaires réels sont restés stables. Tous les gains de productivité, (environ 2,5% de croissance par an !), ont été captés par les entreprises.

Cet argent n’a pas vraiment été recyclé dans l’économie puisque ces surplus sont affectés aux rachats d’actions (400 Md$) et aux fusions acquisitions, plus destructrices d’emplois que de création de valeur. Bref, l’échec de la politique américaine se situe bien à ce stade, n’avoir pas pu redonner confiance aux consommateurs, y compris par une politique monétaire très accomodante, n’avoir pas permis la relance du crédit, et n’avoir pas pu modifier la répartition de la valeur ajoutée au profit des salariés.

Dans ces conditions, on voit mal la réélection du président actuel, sachant qu’aucun président n’a été réélu avec un taux de chômage de plus de 8%. En cas de victoire des républicains, on pourrait alors assister à une sortie par le bas, avec baisse des impôts, faiblesse des syndicats, chute du dollar, baisse des salaires, bref en exagérant quelque peu, les Etats-Unis deviendraient un nouveau pays émergent et il semble qu’une bonne partie des entreprises françaises du CAC, souhaiteraient augmenter leur présence dans ce continent pour bénéficier de ces nouvelles adaptations.

Un mot sur la Chine et sur les pays émergents.

Ce pays est manifestement entré dans une politique de durcissement monétaire. Nous avons déjà signalé que la véritable inflation était plus proche de 10% que de celle annoncée (core inflation à 2,2% alors que les salaires progressent de 9% !). Le combat que les autorités veulent mener est assez difficile puisqu’ils veulent lutter contre l’inflation sans renoncer à la hausse des salaires.

Mais la difficulté de leurs politiques est que l’endettement est faible où plus exactement passe par des circuits parallèles. Le relèvement des taux pénalise donc plus le consommateur que les industriels, et on assiste à une bonne santé des dépenses d’infrastructure et à une faiblesse de la consommation dans le PIB.

Les collectivités locales continuent à faire de la promotion immobilière avec une fragilité financière puisque ces derniers peuvent s’endetter à des niveaux très élevés et obtiennent des ressources de leurs vente de terrains. Lorsque ces derniers vont baisser, il y aura un véritable squeeze, …. Ceci rappelle l’histoire des subprimes.

Face à ces difficultés l’Etat Chinois pourrait être amené à racheter une partie de ces dettes, pour l’instant on parle de 490 Md$, en fait pas grand-chose par rapport au 10 000 Md$ de dépôts bancaires en Chine. On ne peut exclure que pour juguler de façon définitive l’inflation, la Chine ne rentre dans une phase de récession volontaire qui lui permettrait de repartir dans une nouvelle phase de croissance.
Un mot sur le Brésil, pour l’oublier assez vite car ce pays va vraiment entrer en récession en raison de taux d’intérêt très élevés, on s’attend à une croissance du PIB négatif en 2012. Donc, nous ne sommes pas loin de penser que cette année ne sera pas celle des émergents, ni celle des Etats-Unis, ni celle de l’Europe, ….. !

En conclusion, cette année sera difficile, mais il y aura des opportunités d’investissements.

Nous avons désormais une certitude, la macro ne sera pas au rendez-vous. Faut-il brûler pour autant les marchés financiers ? Non, mais il faudra beaucoup de tactique pour s’en sortir.

Dans le contexte développé rapidement ci-dessus, les entreprises restent gagnantes et les croissances devraient tenir. Mais des zones de turbulence ne sont pas à exclure à cout terme, en particulier à cause des croissances bénéficiaires du deuxième trimestre que nous suspectons faibles. Donc le marché pourrait encore baisser à court terme….. . Enfin pour terminer, connaissez vous ce que pourrait être la rémunération des fonds euros en 2013 ? … Réponse, 1,90%, à méditer…. Et ceci est peut-être le meilleur atout pour la reprise du risque !

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