
Beaucoup de bruits donc autour de la Grèce d’autant que l’opposition semble refuser le programme de rigueur proposé par le Premier Ministre qui prévoit une vague de privatisations conséquentes. Un brouhaha entretenu par des interventions tous azimuts quant aux risques liés à une restructuration en profondeur de cette dette, de plus en plus d’observateurs doutant effectivement de sa résolution finale.
En dehors de ce programme de privatisations, c’est l’ensemble du système qu’il faut réformer pour mettre un terme définitif à une fraude fiscale presque socioculturelle et à un système de départs à la retraite précoces, propre à faire rougir de honte un allemand qui travaille jusqu’à 68 ans ! Pourtant, si nous recherchons dans les crises passées de l’endettement, force est de constater que le Mexique, soutenu avec acharnement par le Chili lors de son insolvabilité, a du se résoudre à une restructuration profonde de sa dette sous l’égide de Mr Brady.
Cependant, au sein de notre zone €uro, si la Grèce est le pays le plus fragilisé, d’autres dettes nationales posent problème.
Une mise au ban des dettes helléniques peut présenter un risque de contagion ou de défiance généralisée qui serait utilisé à propos par quelques fonds spéculatifs pour enfoncer le couteau au plus profond d’une plaie somme toute bénigne au regard du poids de la Grèce dans le PIB européen. La problématique s’apparente donc bien plus à une tragédie européenne d’une construction non finalisée, bâtie sur des symboles plus que sur des réalités économiques, financières et fiscales.
Nous ne faisons donc que reculer le problème, donner du temps au temps pour que cette éventuelle décision, voire une sortie de l’euro de la Grèce ne provoque pas un effet boule de neige avec des taux de refinancement sur des sommets qui mettraient à mal nos avenirs communs.
Au détracteur de la devise commune, rappelons que celle-ci a permis à l’ensemble des pays de l’union de bénéficier de taux avantageusement bas et d’une protection contre les attaques mémorables des années 1980 sur la Lire, la Peseta et le Franc. Ce contexte a été des plus défavorables aux banques en début de semaine dernière mais ce secteur survendu a rebondi nettement sur des nouvelles positives concernant les règles de solvabilité Bale 3, moins drastiques qu’attendues.
Quant à la dette grecque, si certains établissements européens en détiennent une partie, c’est encore le fonds de retraite grec qui en est le plus gros porteur. Avec en Grèce un âge moyen de départ à la retraite autour de 40 ans, on comprend mieux la résistance qui s’ensuit. Sur le front de l’environnement économique et des marchés, nous sommes toujours contraints par des publications moins favorables qu’en début d’année et le doute des investisseurs s’installe sur la nature de la décélération des économies.
S’agit-il d’une phase d’ajustement conjoncturel, amplifiée par les événements japonais et les impacts des hausses de cours de matières premières ou d’une baisse larvée d’activité durable ?
Ceci explique le quasi surplace des indices actions sur la période et l’absence totale de volumes négociés, confirmant nos anticipations d’une fin mai propice à un début de consolidation, faute de momentum.
La surprise s’est concentrée sur les marchés obligataires où les rendements des 10 ans US et allemand sont au plus bas de l’année, en contradiction avec les prévisions des plus grands gérants mondiaux comme Pimco. Message brouillé ou sentiment d’une stagflation (stagnation activité+ inflation) qui s’installerait subrepticement ?
Peu de grands changements dans le portefeuille de votre Sicav si ce n’est des ajustements de positions comme un renforcement en Allianz et en Alstom en début de semaine.
Nous pouvons noter le retour en grâce des parapétrolières et particulièrement des valeurs liées au sismiques comme CGG Veritas qui avait contre performé début mai. Nous n’avons pas modifié notre exposition sectorielle, le faible poids des cycliques se justifie au regard des hésitations sur le cycle économique. Notre couverture revient sur les niveaux des semaines précédentes, rien ne pouvant justifier selon nous une éventuelle prise de risque actuellement.