Tout le monde parle des fonds obligataires datés comme le bon plan placement du moment. Il est vrai que la hausse des taux constatée depuis quelques mois redonne de l’intérêt à ce placement moyen terme que les taux négatifs avaient enterré.

Une réflexion de cet article qui s’inscrit directement dans le prolongement de cet article important « Quelle stratégie d’épargne et d’investissement pour fin 2023/ 2024 ?« 

Un fonds obligataire daté, c’est un panier d’obligations d’entreprises à échéance fixe (cf. « Placements : qu’est-ce qu’une obligation ? » et « Investir dans une obligation« ). Vous prêtez votre épargne à des entreprises, de qualité et de secteurs différents. Ces entreprises vous payent un taux d’intérêt dont le niveau sera fonction du risque de l’entreprise, de sa solidité, de sa notation et de la durée de l’emprunt obligataire.

Lorsque vous souscrivez ce placement, vous connaissez précisément la date à laquelle vous récupérerez votre argent (en espérant que toutes les entreprises présentes dans le fonds remboursent leur emprunt obligataire – Il n’y a pas de garantie en capital, même si une bonne diversification limite les risques de pertes importantes).

Voici la courbe de taux d’intérêt selon les différentes notations :

Comme vous pouvez le constater, les entreprises les plus sûres empruntent aujourd’hui autour de 3.50% – 4.50%. La semaine dernière, nous vous expliquions que Danone et Worldline avaient récemment émis une obligation à respectivement 3.87% et 4.12%. Nous sommes dans cette fourchette.

Il s’agit d’un taux qui est très faible et particulièrement avantageux pour les entreprises qui peuvent encore s’endetter à un taux inférieur à l’inflation.

Les taux négatifs sont encore une opportunité pour ces entreprises. Les rendements proposés sont moins mauvais qu’avant, mais ce n’est vraiment pas exceptionnel.

Cela signifie qu’un fonds obligataire daté composé d’entreprises notées « Investment grade » devrait proposer un rendement brut de frais et d’imposition autour de 3.50% à 4.50%. Net de frais de gestion du fonds, net de frais de gestion du contrat d’assurance-vie dans lequel vous allez placer ces obligations, le rendement ne devrait pas dépasser 2.50% à 3%.

Ce n’est pas significativement supérieur au fonds euros. Bref, je n’arrive pas à comprendre l’intérêt. Un simple CAT, sans frais, ni contrainte, proposerait un rendement au moins équivalent.

Cela signifie que l’épargnant à la recherche de rendement va devoir prêter de l’argent à des entreprises notées « high yield ». Le rendement proposé par les entreprises dites « high yield » apparaît comme particulièrement attrayant… mais attention, si le taux est plus élevé, c’est que ces entreprises sont plus risquées, moins solides… (même si ce sont toujours de très belles entreprises).

UBP explique avec ces mots simples (et efficaces) :

« Les obligations à haut rendement (ou «high yield») sont des obligations d’entreprises émises par des sociétés ayant reçu d’une agence de notation une note de crédit faible (BB+ ou inférieure). Compte tenu de leur risque de défaut plus élevé, elles ne font pas partie de la catégorie des obligations «investment-grade». Pour compenser ce risque de défaut, les obligations «high yield» offrent aux investisseurs un rendement largement supérieur à celui des obligations mieux notées. De nombreux investisseurs achètent des obligations «high yield» par le biais de fonds, afin d’améliorer la diversification de leur portefeuille et de réduire sa volatilité. »

Le high yield ne peut donc être qu’une stratégie de diversification. Une stratégie au rendement élevé, mais aussi une stratégie aux risques plus élevés.

Le high yield ne peut pas être une alternative au fonds euros. C’est une stratégie de diversification dont il ne faut pas minorer le risque qui se matérialisera lors d’une prochaine récession.

L’éventuelle alternative au fonds euros, c’est le investment grade dont le rendement net de frais, nous l’avons calculé, ne devrait finalement pas être supérieur à un bon vieux CAT.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Cet article est une réponse à notre ami Julien Bonnetouche, qui m’a envoyé ce mail ce week end :

Bonjour Guillaume,

Je voulais écrire un commentaire sur le dernier article ( stratégie d’épargne 2024), mais j’ai eu un problème de navigateur qui a tout effacé, d’où le » test ».

Mais finalement je préfère vous écrire pour vous faire part de ce que je vois, en essayant de prendre un maximum de recul.

le dernier article sur la stratégie d’épargne 2024, sujet hautement important  et difficile, qui motive ce mail :

Vous êtes CGP, et il me semble qu’à ce titre, vous ne pouvez pas sortir d’une rigueur qui doit caractériser la profession, sous peine de semer un certain doute dans les esprits.

Si je reprends les 3 thèmes que vous développez :

-Vendre les SCPI pour les racheter plus bas, alors que vous avez toujours, à juste titre, plutôt été contre les SCPI

– arrêter les ETF pour passer au Stock Picking alors que vous avez toujours plaidé pour les ETF

– dépenser pour son projet de vie

OK pour le dernier point, pourquoi pas, mais les 2 premiers sont carrément de la haute voltige inaccessible à la plupart des gens.

Ce ne sont pas des conseils raisonnables me semble-t-il.

A côté de cela, vous passez carrément à côté de l’investissement obligataire donc vous n’avez jamais parlé comme si c’était anecdotique, et qui pourtant est revenu à l’ordre du jour, et puis il y a aussi les arbitrages possibles sur les différents marchés actions qui devraient tenir compte de l’évolution géo politique du marché chinois.

Se positionner pour 2024 est très important pour nos finances, et mérite une analyse rigoureuse.

Voilà, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop, mais je reste je crois, dans le rôle que je me suis donné depuis le début, celui  de vous donner mon sentiment.

Je vous souhaite un bon week end chaud et ensoleillé  😉

Julien

À suivre.

ps : Je comprends Julien qui s’inquiète d’articles qui pourraient déstabiliser le lecteur. Il faut bien comprendre que j’avance en même temps que vous. Mes articles doivent être lus comme une histoire, un cheminement, une réflexion que je construis au gré des mots.

L’exemple sur les SCPI et des ETF sont parfaits.

  • Je ne suis pas fondamentalement contre les SCPI, je trouve juste que les prix sont trop élevés et les rendements trop faibles au regard des risques (et notamment de l’obsolescence accélérée des bureaux à cause du télétravail et normes énergétiques). Le jour où le marché retrouve de la cohérence, je n’aurais aucun problème pour vous dire d’y aller.
  • Je crois toujours qu’à long terme, il est difficile de battre les indices et donc que les ETF sont une excellente idée ; Néanmoins, je crois aussi que les indices et la trop forte pondération au profit de quelques entreprises n’est pas saine et pourrait amener à des contre-performances indicielles dans les prochaines années. Je cherche donc une solution. J’ai trouvé le stock picking.

Je reconnais aisément la complexité de ma pensée, mais si les choses étaient simples, nous saurions. Force est de constater qu’en réalité, personne n’en sait rien.

La pensée « en même temps » n’est pas toujours facile à vulgariser. Nous sommes dans un monde complexe. J’essaie humblement de le comprendre puis de vous l’expliquer simplement. Ce n’est pas facile.

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