Hier, journée historique pendant laquelle le taux d’emprunt de l’état Français à 10 ans est devenu négatif avec une clôture à -0.06% ! Pour être clair, cela signifie que la France va être payer pour emprunter ! Les emprunteurs anticipent une baisse de la valeur de la monnaie dans les années futures et préfèrent prêter de l’argent à la France, et même payer la France pour qu’elle emprunte, plutôt que de détenir de l’argent, de la monnaie.
Les taux d’intérêt négatifs sont une forme de dévaluation, c’est à dire l’anticipation d’une baisse de la valeur de l’argent et donc de l’épargne. Si cette situation des taux d’intérêt négatifs devait être durable, l’épargnant verrait son épargne grevée d’un taux de rendement négatif : L’épargnant devra payer pour épargner et ne pas détenir de l’argent dont la valeur pourrait baisser à terme.
Comme je vous l’explique dans cet article « La fuite devant la monnaie peut elle expliquer le boom des crypto-monnaies, de l’immobilier, des actions et la baisse des taux« , les taux d’intérêt négatifs sont une forme de fuite devant la monnaie : Les épargnants certains que la valeur de leur argent va baisser dans les années à venir se précipite et transforme leur stock de monnaie (= épargne) en actif capable de les protéger contre cette baisse de valeur monétaire.
Bref, la situation est complexe pour les épargnants qui doivent intégrer cette nouvelle donnée dans la gestion de leur patrimoine. Nous vivons une période caractérisée par un excès d’endettement des états qui ont été dans l’obligation de s’endetter face à des agents économiques qui ont préféré stocker leur monnaie, c’est à dire épargner, plutôt que d’utiliser leur monnaie dans l’économie réelle. Considérant l’excès d’endettement comme la réponse à un excès d’épargne, il convient de lutter contre l’épargne pour réduire l’excès d’endettement sans remettre en cause nos trains de vie.
Les taux d’intérêt négatifs caractérisent cette possibilité de lutter contre l’excès d’épargne ; Il s’agit d’une forme de taxation de l’épargne qui afin d’encourager l’épargnant à l’utiliser et à la remettre en circulation dans l’économie réelle. Sur ce point, il s’agit d’un outil d’un force redoutable que chacun doit intégrer comme étant une nouvelle donnée.
Pour la petite histoire, lorsque j’étais jeune étudiant, j’ai essayé de donner des cours particulier de mathématiques (vous l’aurez compris, je n’ai jamais essayé de donner des cours d’orthographe) à une jeune collégienne de 5ième. Cette expérience a été un fiasco. En effet, je me souviens tout particulièrement d’une séance pendant laquelle j’essayais de lui expliquer qu’il existait des chiffres en dessous de 0 et que, tout simplement, « -1 » était plus petit que « 0 ». Cette jeune élève était perplexe et n’arrivait pas à comprendre mon explication. Je me souviens encore de sa réponse  : « Mais, non, ça n’existe pas les nombres en dessous de 0 ».
Les taux d’intérêt négatifs sont peut être cette nouvelle réalité qui va s’imposer à nous ! Impossible dans notre réalité actuelle au regard de notre expérience, l’innovation des taux d’intérêt négatifs pourraient parfaitement être la norme de demain, au regard de nouvelles expériences et de nos nouvelles connaissances et volonté de lutter contre l’épargne, c’est à dire contre cette monnaie qui est retiré de l’économie réelle.
Bref, l’épargne en tant qu’accumulation de monnaie sans perspective d’injection dans l’économie réelle est probablement une erreur historique qui pourrait être réglée par les taux d’intérêt négatifs.
 
 

Mais alors, comment les épargnants peuvent ils transformer leur stock de monnaie ? S’ils sont décourager à épargner … doivent ils le consommer ou l’investir ?

Naturellement, les épargnants euthanasiés par les taux d’intérêt négatifs doivent réagir et trouver le moyen d’utiliser leur monnaie pour essayer de protéger la valeur de leur patrimoine. C’est alors qu’une conclusion s’impose : Les épargnants vont essayer de transformer leur stock de monnaie en achetant des biens immobiliers, des actions ou tout autres actifs capables de protéger la valeur de leur patrimoine dans la perspective de la dévaluation monétaire qui se profile.
Lorsque la demande augmente dans un marché ou l’offre est stable, l’augmentation des prix est la seule conclusion qui s’impose tant pour le marché immobilier (cf  » Les taux de crédit immobilier au plus bas à l’origine d’une nouvelle bulle immobilière ?) » et pour le marché action (cf »Et si l’investissement en action était l’investissement le moins risqué ? »).
En France, il y a 1 700 milliards d’euros d’épargne en Assurance vie dont 83% sur le seul fonds euros. Voilà de quoi alimenter la hausse future du marché immobilier et du marché action (dont la capitalisation totale n’est que d’environ 1700 milliards d’Euros).
Enfin, je ne peux que vous encourager à relire notre article de stratégie d’investissement 2019 publié au dernier trimestre 2018 sous le titre : « Stratégie d’investissement 2019 : Forte baisse du marché action et hausse des taux d’intérêt avant retour de l’hyperinflation des actifs ?.
Extrait :

Nous entrons dans une phase de grand stress qui devrait nous permettre de répondre à la question fondamentale que nous posions dans cet article « Bulle globale ou destruction de la valeur de la monnaie et hyper-inflation sur les actifs ? ».

Allons nous tous droit vers l’éclatement du grande bulle spéculative globale construite par l’abondance de liquidité depuis presque 10 ans…. ou allons nous faire le constat de la persistance de ce dérèglement monétaire et entrer dans une nouvelle phase d’hyperinflation sur la valeur des actifs ?

C’est la question majeure du moment ! Il est malheureusement impossible de connaître la réponse avec certitude.

    • Soit les banques centrales maintiennent le cap du resserrement monétaire et acceptent l’idée selon laquelle les marchés financiers vont littéralement s’effondrer. Noter que si le retour de l’inflation durable dans l’économie réelle venait à remplacer l’inflation dans l’économie financière, la baisse de la valeur des actifs indexés sur l’inflation serait limitée par la hausse quasi-mécanique des revenus (action ; immobilier par exemple) ;
    • Soit les banques prennent peur devant les conséquences financière d’une politique monétaire moins accommodante … et se relancent dans un nouvel épisode d’expérimentation monétaire. Ce serait  alors le retour d’une politique monétaire excessivement accommodante qui détruirait la valeur des monnaies par l’hyperinflation. Nous pourrions alors entrer dans une nouvelle phase de taux d’intérêt négatifs. Il pourrait s’agit de la construction de nouveaux marchés haussier qui dépasseraient allègrement les niveaux actuels; Mais attention aux mirages… ce ne serait pas la valeur intrinsèque des actifs qui augmenterait … mais la monnaie qui permet d’exprimer cette valeur qui perdrait de la valeur.

Notons aussi, que les deux scénarios peuvent également se réaliser successivement ! C’est d’ailleurs un scénario qui m’apparaît sérieusement envisageable !

 
Tout y est déjà et semble se mettre en place pour la confirmation de la seconde option ! 

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