Après la BCE, la FED convainc les investisseurs du bien-fondé de son intervention
Nous savions que la semaine dernière devait être capitale pour les marchés : après les déclarations de la BCE, étaient attendues les annonces de la Fed. Une des premières leçons que tous les observateurs auront désormais retenue est qu’il est interdit de jouer contre les banques centrales. Ceux qui ont parié contre ces dernières doivent revoir leurs copies et ajuster les positions en particulier couper les positions vendeuses. Les effets ont en effet été immédiats : moindre aversion aux risques pour les différentes classes d’actifs, forte remontée de l’Euro surtout par rapport au dollar (on est passé de 1,23 à 1,31 en quelques jours). Nous reviendrons donc rapidement ici sur l’analyse des interventions de la FED, en remettant aussi en perspective la situation économique des différents pays. En effet, même s’il est dangereux d’être contrariant, on peut tout de même énoncer quelques alertes pour les prochaines semaines. La principale question nous semble être celle-ci : quel va être le bon équilibre entre récession économique en Europe, ralentissement aux Etats-Unis et niveaux de valorisation des actifs ?
Comme attendu, il s’agit d’un nouveau QE3, associé à un autre Twist
Revenons sur les décisions de la FED. Si la BCE avait sorti l’arme lourde la semaine dernière, on peut considérer que la FED a joué la chevauchée fantastique. Sa nouvelle stratégie repose sur 2 points importants :
1/ Un QE3, où la FED n’achètera que des MBS, à hauteur de 40 Md$ par mois, jusqu’à ce que le marché du travail s’améliore de façon substantielle (petite question saugrenue d’un néophyte : les MBS – Mortgage-Backed Securities – sont des titres hypothécaires sur des actifs immobiliers et on voit mal le lien avec le marché du travail, sauf en dérivée seconde, voire plus !, en revanche, c’est probablement une façon de consolider le marché immobilier américain). Par ailleurs, on ne connait pas les critères qui seront utilisés pour juger de l’amélioration de la situation de l’emploi, mais d’après le consensus des économistes pour retrouver un taux de chômage de seulement 6%, ceci se fera au mieux mi-2014, ce qui ferait une intervention globale de 960 Md$, source d’augmentation de la taille du bilan de la FED, donc générateur d’inflation.
2 / L’extension du programme Twist jusqu’à la fin de l’année. Ceci va permettre à la Banque Centrale d’acheter des obligations longues du trésor US et de vendre les maturités comprises entre 2 et 5 ans afin de relancer l’économie. Il faut en effet baisser les taux longs afin que les ménages et les entreprises s’endettent à nouveau. Au total, (Twist + QE3 + réinvestissements des coupons à maturité), les différentes opérations représenteront 85 Md$ d’achat mensuel sur les marchés. Pour les investisseurs, le message est donc assez clair : soit vous continuez à acheter des obligations sans risque avec un rendement réel durablement négatif (taux bas jusqu’en 2015 ! – Que ceux qui continuent à investir dans les fonds euros réfléchissent bien à cette situation !), soit vous achetez des actifs plus risqués et dans ce cadre là, il faut aller chercher refuge dans les actions, puisqu’à bien y regarder, sur une approche moyen terme c’est la classe de risques qui sera la plus attractive ! La baisse du dollar est par ailleurs logique puisqu’on observe une forte corrélation entre le comportement des banques centrales et les parités de change. Après cette annonce d’une hausse du bilan de la FED, le dollar ne pouvait que descendre face à l’Euro puisque la BCE, par le principe de « stérilisation » n’augmentera pas sa taille de bilan. L’annonce d’un déficit budgétaire US de 191 Md$ sur le mois d’Août n’est évidemment pas de nature à soutenir la monnaie. Reste à savoir quel sera le nouvel équilibre de la parité, 1,30 ou 1,40 ?
Les banques centrales achètent du temps pour permettre aux Etats de réduire leurs dépenses.
L’autre question à résoudre est la suivante : la croissance économique en Europe et aux Etats-Unis va-t-elle repartir ?
D’une certaine façon, avouons que les marchés voient ce qu’ils veulent bien voir et ont des œillères. En effet, si les banques centrales interviennent avec une telle intensité, c’est que nous assistons à une situation économique qui se dégrade un peu partout. Les banques centrales viennent donc d’acheter du temps pour que les Etats mettent en oeuvre des mesures destinées à rétablir d’abord les équilibres budgétaires, puis la croissance. Tout ceci prendra du temps et nous restons prudents désormais sur la suite de l’évolution du marché. D’un côté les banques centrales mettent en garde la spéculation en mettant clairement en place des moyens de soutien quasi illimités (mais il faudra peut être un jour clarifier d’où provient l’argent de cette garantie !). De l’autre, le ralentissement économique aura une incidence sur les prochaines publications des entreprises, aussi nous pouvons avoir un trou d’air « boursier » dans les prochaines semaines après cette très belle recovery depuis juin.
C’est bien pour éviter cette austérité qui menace la zone euro que la chancelière allemande semble maintenant lâcher un peu de lest quant à l’atteinte par les pays du Sud des objectifs de réduction de déficit. Le Portugal vient en effet de bénéficier d’une année supplémentaire pour arriver au 3% (2014). Le centre de réflexion économique Bruegel, assez écouté du côté de l’Union Européenne, va ainsi présenter mardi prochain une étude où il préconise de reporter d’un an pour tous les pays, les objectifs de retour des déficits en deçà de 3% du PIB. Il faut alléger la pression collectivement pour contrer le ralentissement économique et si tout le monde le fait, il n’y aura pas de sanction des marchés financiers. Ceci fera évidemment en premier lieu les affaires de la France qui ne pourra pas tenir les engagements de passer sous les 3% en 2013 puisque la réalité sera plutôt à 4,5% de déficit eu égard au ralentissement de la croissance.
Privilégier les fonds patrimoniaux et flexibles
En conclusion, les politiques monétaires vont donc rester très accomodantes et devraient continuer à soutenir les actifs risqués, ce signal nous semble indéniablement très positif pour les actions sur le moyen terme. Nous pensons néanmoins que les prochaines semaines seront beaucoup plus difficiles, car ces décisions ont déjà été jouées par les marchés. Aussi, dans les choix d’allocation d’actifs sur le court terme, nous privilégions toujours les fonds patrimoniaux et les fonds flexibles. Nous rappellons ainsi l’existence au sein de HiXANCE ASSET MANAGEMENT de deux fonds Hixance Patrimoine et Hixance flexible international. Le premier va fêter cette semaine ses 4 années et réalise une performance cumulée de 18,55% au 14/09/2012 et de 8,62% depuis le début de l’année. Hixance flexible international a été lancé fin juin, fonds investi en ce moment à 53% actions dont 15% US, le reste européen, 37% d’obligations corporate et 10% de liquidités. La flexibilité s’effectue par l’intermédiaire d’exposition aux actions entre 0 et 120% par le biais de futures (depuis le lancement fin juin, nous avons été exposé entre 0 et 105%). Aujourd’hui l’exposition actions est de seulement 17%. Sur un mois glissant la performance du fonds est de + 4,3% contre un indice de référence à -0,6% (50% Msci World et 50% Eonia).
