Après les taux et l’inflation, Nous parlons ici de la dette des États. Une série de plusieurs articles qui essaient de décrypter le moment que nous traversons.

De même que pour l’inflation les commentaires vont bon train sur la dette. Les adjectifs ne manquent par :

  • «abyssale»  revient souvent.
  • «une dette ça se paye toujours»
  • «nous nous endettons, nos enfants paieront»
  • «les enfants qui naissent maintenant en France doivent déjà 35000€ chacun» ( le chiffre est en perpétuelle augmentation..)
  • «on aura un jour le grand reset» ou l‘armaguédon»

Les gens jouent à se faire peur.

Les États (tous) ont deux caractéristiques générales :

  • Ils ont toujours besoin de plus d’argent.
  • Ils  remboursent rarement  leurs dettes, (et ne le disent jamais), surtout la France,  au sens où, lorsqu’ils les remboursent, c’est soit dans leur propre monnaie comme les USA, soit en prélevant de nouveaux impôts, soit en empruntant à Pierre, (ou à Paul lui même)  ce qu’ils vont rembourser à Paul.
  • Il font «rouler leur dette»

Et on a bien l’impression que l’augmentation des impôts n’est plus d’actualité, trois raisons à cela :

  • Les français commencent à savoir que nous somme le pays de l’OCDE le plus imposé.
  • Suite à  l’expérience de l’époque- fin Sarkozy-début Hollande- qui a cassé le peu de croissance que nous avions. Et de toutes façons, ce serait une contribution négligeable, compte tenu de ce qu’il faudrait rembourser. Une goutte d’eau dans la mer  !!
  • restent les argument politiciens, comme «la justice sociale» ou «prendre aux riches pour donner aux pauvres», mais là encore on se heurtera au défi de la croissance.
  • Enfin, comme je l’ai expliqué à propos du nouveau rôle social de la monnaie, dans le chapitre consacré à l’inflation, il sera bien plus facile désormais de s’endetter auprès de la BCE.

 l’État ne fait jamais faillite, il est éternel.

Et cela est d’autant plus vrai qu’il est situé  dans une zone économique forte. On se rappelle par exemple, de la Grèce après la crise de 2008 dont la dette a été rachetée par la BCE, plutôt que de la laisser couler. L’Italie aussi a été sauvée par la BCE.

Le monde vit d’ailleurs sur un océan de dettes : En 2019, avant la covid, la dette mondiale était de 250.000 milliards de $. Aujourd’hui début 2021, elle se situe  au alentours de 280.000 milliards de $.

Cela nous dit trois choses :

  • Cette dette est tellement énorme, que de toutes façons il est inenvisageable de penser à la rembourser.
  • Finalement la dette «covid» ne représente à ce jour, que un peu plus de 10% de l’endettement antérieur..
  • Si nous n’envisageons pas de rembourser 280.000 milliards de$ pourquoi ne pas s’endetter d’avantage ?

Je vous ferai remarquer que ce que je dis ici n’est même pas de la provocation.

En effet :

Avant la covid, nous avions 100% de dette sur PIB en France. Nous devrions avoir maintenant 125% de dette/PIB. Que cela change t il, puisque nous réemprunterons à 0% ou moins, quand nous devrons rembourser le capital, et que 0% d’intérêts ne nous coûtent pas très cher !!

Mais regardons ailleurs :

Le Japon a aujourd’hui un rapport  dette /PIB de 250%, beaucoup plus que nous, et cela ne génère aucune remarque, ni attaque contre le Yen. Bien sur, les japonais détiennent  eux mêmes une grande partie de leur dette, et le Japon est un pays industriel et exportateur.

Certains pensent même, que le ratio dette/PIB au Japon sera un jour à 600% !! et que cela ne changera rien.

Et l’Allemagne, le bon élève de la classe, grâce à qui l’euro se tient, en est tout de même à un ratio dette/PIB de 70%,  (ce que nous avions en France en  avant la crise des subprimes). Mais la zone euro fait aussi bien dans son ensemble, puisque aujourd’hui avec des taux d’intérêts à 0% emprunter rapporte même de l’argent, pour l’Allemagne et la France.

Aux USA l’endettement est encore plus élevé, et comme leur dette est en dollar et qu’ils fabriquent la monnaie du monde, cela n’a jamais, posé de problème à personne.

Le déficit budgétaire chinois est encore plus élevé.

C’est donc partout pareil, chose essentielle, car il n’y a aucun refuge monétaire ailleurs.

Mais pourriez vous dire, et si les taux montent ?

Ce serait catastrophique, les États n’ayant pas les moyens de rembourser des intérêts trop élevés. A l’extrême limite nous serions obligés de demander à la BCE de nous prêter un peu plus !!!!

Et c’est pour cela qu’ils ne monteront pas, et aussi parce qu’ils doivent rester inférieurs à la croissance, pour inciter à l’investissement.

N’oublions pas que les taux sont administrés par les banques centrales, lesquelles sont à la solde des États.

Je crois l’avoir déjà dit, la FED a  prévenu au cours de l’été 2020 : même si l’inflation remonte, les taux ne bougeront pas ou seulement à la marge comme cela a été le cas en ce début d’année sur les taux longs US dans le but de freiner la dépréciation du dollar.

La BCE fera de même. En tous cas pour l’avenir prévisible.

Nous devons comprendre que tout le monde est dans le même bateau (du moins les pays riches).Avant de toucher aux taux, le retour d’une croissance suffisante, et aussi un peu d’inflation seront indispensables.

La dette n’est plus un problème.

Certains disent que c’est la solution…..pour un retour vers la croissance. Mais, la dette seule ne résoudra pas nos problèmes de croissance.

Et notre société européenne sclérosée, autant dans sa structure administrative que dans les esprits, devra faire un gigantesque effort de remise en question pour rester dans la compétition mondiale. Une de nos carences  principales venant de la lenteur d’application des décisions : 

Un exemple :

  • En Europe le plan de relance européen de 750 milliards mettra 2 ans à devenir effectif.
  • Aux USA, on dégagera 1900 milliards avec Biden ; une décision qui met quelques semaines à se mettre en place.

Or l’un des problèmes que met en exergue la crise de la covid, est la nécessité de réagir rapidement.

La croissance est le sujet des prochains chapitres. Pour dire l’exacte vérité,  c’est le problème essentiel.

Je vais  essayer de cerner à partir de maintenant, les différentes questions qui se posent à nous dans un premier temps, en les prenant par la périphérie, et en progressant de manière centripète.

J’espère également que ce sera plus ludique .

Ensuite nous verrons ce qu’il est possible de faire pour s’en sortir.

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