Le traditionnel ajustement du livret A au 1er août nous permet cette année encore de nous émouvoir de son niveau historiquement faible (0,75% depuis le 1er août 2015), tout en tempérant immédiatement ce propos en soulignant que son niveau réel (corrigé de l’inflation) demeure significativement positif. D’après l’Insee en effet, l’inflation sur les 12 derniers mois atteint +0,3 % en juin 2015.
Plus intéressant, cet ajustement nous offre l’occasion de nous pencher plus en détail sur le livret A et sur l’épargne financière des ménages. Les éléments d’analyse qui seront présentés dans cet article sont issus du rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée pour 2014.
 

Le livret A n’est pas le placement préféré des Français

En 2014, les placements financiers nets des ménages ont atteint 74 milliards d’euros. En conséquence, le patrimoine financier détenu par les ménages s’élève à 4 259 milliards d’euros fin 2014.
Le patrimoine financier des ménages est composé pour près des deux tiers d’actifs non risqués. Ceux-ci s’élèvent à 2 674 milliards d’euros, contre 1 585 milliards d’euros pour les placements risqués.
Parmi ces actifs non risqués, l’encours du livret A (y compris livrets bleus) s’élève à 256 milliards d’euros et celui du LDD à 102 milliards d’euros. Le livret A représente donc 6 % des placements financiers des ménages et le LDD, 2,4 %. En comparaison, les supports en euros des contrats d’assurance-vie en représentent près du tiers (1 332 milliards d’euros d’encours à fin 2014).
Cet écart est encore plus criant lorsqu’on examine les flux nets annuels en 2014. Alors que le flux net annuel s’élève à +43 milliards d’euros pour les supports en euros des contrats d’assurance-vie, il est légèrement positif pour le LDD (+1,1 milliard d’euros) et négatif pour le livret A (-3,6 milliards d’euros). L’écart de rendement entre ces deux placements sans risque explique vraisemblablement cette divergence.
OER graphique 4 - placements financiers des menages - taux de remunération reel

source : rapport annuel de l’Observatoire sur l’épargne réglementée pour 2014

 
 
Quel est le placement (financier) préféré des Français ? Les supports en euros des contrats d’assurance-vie, assurément.
 

La baisse de la rémunération du livret A bénéficie au PEL … et aux dépôts à vue ?

Comme le signale l’Observatoire de l’épargne réglementée, « En 2014, les épargnants privilégient le PEL au détriment des livrets A et LDD, arbitrant entre les rendements proposés par ces deux supports d’épargne même si les conditions de disponibilité des fonds sont différentes ». Arbitrer entre le livret A et le PEL sur la base du seul différentiel de rendement, alors que le support en euros des contrats d’assurance-vie semble une alternative naturelle au livret A, il faut oser le conseiller. Bâle 3, quand tu nous tiens …
L’Observatoire de l’épargne réglementée pointe également une hausse des dépôts à vue qu’il explique par la baisse de rendement des dépôts rémunérés et un comportement attentiste en période d’incertitude. On ne peut cependant totalement exclure que la baisse du taux du livret A ait conduit certains ménages à laisser sur leur compte courant des sommes qu’ils auraient auparavant placées sur leur livret A.
 
61,6 millions de livret A fin 2014, pour une valeur moyenne de 4 000 euros
S’il n’est pas le placement préféré des Français, le livret A est certainement le plus fréquent. En effet, 61,6 millions de livrets A étaient détenus par des personnes physiques au 31 décembre 2014. La structure par âge des détenteurs de livret A est proche de celle de la population française. Les plus de 65 ans sont légèrement surreprésentés, et les moins de 25 ans plutôt sous-représentés.
 
OER graphique 18 - ventilation des livrets A par montant

source : rapport annuel de l’Observatoire sur l’épargne réglementée pour 2014

 
 
L’encours moyen des livrets A atteint 4 092 euros. Cet encours moyen masque cependant une grande diversité. Ainsi fin 2014, 45 % des livrets A ont un montant inférieur à 150 euros. Seul un gros tiers des livrets (37 %) ont un montant supérieur à 1 500 euros et 12 % un montant supérieur à 15 300 euros. Un examen de l’encours total dessine cependant une hiérarchie inverse et une forte concentration : Les livrets A dont le montant est inférieur à 150 euros représentent 0,3 % de l’encours total, contre 97 % pour les livrets A dont le montant est supérieur à 1 500 euros. Les livrets A dont le montant est supérieur à 15 300 euros absorbent près de 60 % de l’encours total du livret A.
 
OER graphique 22 - concentration de l'encours au 31 décembre 2014

source : rapport annuel de l’Observatoire sur l’épargne réglementée pour 2014

 
 
Le livret A n’est donc pas le placement préféré des Français. En revanche, il est très certainement le plus fréquent. Sa détention massive masque cependant de fortes inégalités puisqu’une minorité des livrets regroupe une majorité de l’encours.
Par ailleurs, le rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée confirme que l’encours du livret A dépend de sa rémunération relative. Néanmoins, alors qu’un arbitrage en faveur des supports en euros semblerait le plus logique, c’est un transfert vers le PEL qui a été observé en 2014. Osons paraphraser Pascal : les banques auraient-elles des raisons que la raison ne connaît point ?

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