Et la lumière fut….

Toute la semaine dernière, les marchés ont été fébriles en raison de l’échéance du Sommet européen des 28-29 juin, considéré comme crucial à la fois pour l’avenir de la Zone euro, mais aussi pour la croissance mondiale. Ce sommet a souvent été considéré comme celui de la dernière chance alors que les craintes de ralentissement économique refont surface un peu partout dans le monde. En conséquence, les investisseurs ont d’abord réagi avec fébrilité aux allers-retours des déclarations des dirigeants politiques qui, une fois de plus, ne parvenaient pas à afficher leur unité en début de semaine. Puis la nuit de jeudi/vendredi a donné son verdict et heureusement, les dernières évolutions ont semblé enfin apporter une vision claire sur le futur de l’Europe et, même si le marché est toujours dans l’attente de la mise en oeuvre de mesures concrètes, un vent d’optimisme a soufflé sur les marchés boursiers ce dernier vendredi. Reste à savoir si tout ceci est bien légitime.

 

Un certain « satisfecit » des dirigeants européens un peu surprenant

Vu l’importance du sujet, nous donnons in-extenso les conclusions de ce sommet telles qu’elles ont été publiées. Le texte est le suivant : « Au cours des deux ans et demi qui se sont écoulés, l’Union européenne a pris des mesures importantes et ambitieuses pour surmonter la crise et améliorer la gouvernance de l’Union économique et monétaire (UEM). Cependant, l’Europe traverse à nouveau une période de fortes tensions. La crise liée à la dette souveraine et la faiblesse du secteur financier, conjuguées à une faible croissance et à des déséquilibres macroéconomiques persistants, retardent la reprise économique et font peser des risques sur la stabilité de l’UEM. Cette situation a un impact négatif en termes de chômage et est susceptible d’affecter la capacité de l’Europe à bénéficier d’une amélioration progressive des perspectives économiques mondiales. Nous sommes par conséquent déterminés à prendre des mesures énergiques pour faire face aux tensions sur les marchés financiers, rétablir la confiance et relancer la croissance. Nous réaffirmons notre volonté de préserver l’UEM et de l’asseoir sur une base plus solide pour le futur. Une croissance forte, intelligente, durable et inclusive, reposant sur des finances publiques saines, des réformes structurelles et des investissements destinés à stimuler la compétitivité, demeure notre principale priorité. C’est pourquoi les chefs d’État ou de gouvernement ont décidé aujourd’hui d’un « Pacte pour la croissance et l’emploi », qui englobe les actions que les États membres et l’Union européenne doivent mener pour relancer la croissance, l’investissement et l’emploi, et rendre l’Europe plus compétitive. Nous avons également approuvé les recommandations par pays, destinées à orienter les politiques et les budgets des États membres. Enfin, nous avons insisté sur le rôle que le prochain cadre financier pluriannuel devrait jouer dans le renforcement de la croissance et de l’emploi. Le président du Conseil européen a présenté le rapport intitulé « Vers une véritable Union économique et monétaire ». Nous sommes déterminés à prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la stabilité financière, la compétitivité et la prospérité de l’Europe et, partant, pour améliorer le bien-être de ses citoyens ».

 

L’accord est d’abord un compromis

Décryptons quelque peu ce qui s’est passé ce week-end et essayons de définir une stratégie d’investissement. D’abord, ce texte est clairement un cadre de compromis qui permet à chacun de sauver la face. Il existe une première certitude, le traité mis en place en mars dernier ne sera pas modifié, contrairement à ce qu’avait affirmé François Hollande lors de la campagne. Ce qui a été ajouté, le pacte pour la croissance, sera un simple complément du traité, mis en annexe des conclusions du Conseil européen, il n’aura pas la force juridique du traité budgétaire en cours de ratification. Par ailleurs, les principaux effets de ces mesures, telle que l’augmentation des capacités de prêt de la Banque Européenne d’Investissement ne sont pas clairement définis. Ce plan de 120 milliards, s’il a le mérite d’exister et de faire diminuer les effets négatifs des plans d’austérité, reste faible, 1% du PIB européen et n’aura d’effet que dans très longtemps, s’agissant de financement d’infrastructures. Finalement c’est principalement l’Italie qui aura fait fléchir Merkel puisque Mario Monti a menacé de bloquer l’adoption du pacte de croissance si n’était pas aussi actée une solidarité avec certains Etats du « Club Med ». Le point positif de ce sommet tient au quasi-sauvetage des banques européennes en difficulté. Il y aura ainsi recapitalisation directe des banques espagnoles par le fonds de secours et intervention sur les marchés pour les pays respectueux de la discipline, comme l’Italie. En contrepartie, la BCE interviendra comme superviseur du secteur bancaire, sans que l’on donne toutefois plus de moyens à la BCE et aux autres mécanismes de soutien.

 

La résorption des dettes souveraines n’a pas été réellement abordée

En conclusion, cet accord a été salué par les marchés plus, selon nous, par son existence que par sa portée, qui nous semble assez pauvre. Le MES va pouvoir recapitaliser les banques sans alourdir la dette des Etats. On a ainsi acheté du temps en dissociant en quelque sorte crise bancaire et crise souveraine. En revanche, rien n’est proposé en matière d’amélioration de la gouvernance européenne et d’une meilleure intégration budgétaire et politique de la zone euro.

 

L’effet psychologique est réel sur les marchés, le risque d’une forte baisse s’écarte

En conclusion, quel scénario doit-on maintenant retenir pour les marchés ? Les avancées réelles de la semaine dernière ne lèvent pas toutes les incertitudes. On peut simplement en déduire que le risque d’assister à une chute importante des marchés est maintenant derrière nous car l’Europe a montré un début d’existence, ce qui n’était pas gagné au départ. Désormais il faudra vraiment utiliser les retours vers les 3000 points (sur le CAC) pour revenir fortement sur les marchés. Mais maintenant que cette crise importante semble maitrisée, il faudra surveiller l’évolution de la croissance en Europe. La prise de position de Pierre Moscovici hier n’est pas un bon présage. Il a annoncé que le gouvernement s’apprêtait à abaisser ses prévisions de croissance à 0,4% pour 2012 « ou même un chiffre plus prudent encore », contre 0,5% attendu jusqu’à présent. Pour 2013, « tabler sur une progression du PIB comprise dans une fourchette de 1 % à 1,3 % – retenue par toutes les grandes institutions – paraît plus crédible » que les 1,7% attendus jusqu’ici. L’Insee avait estimé cette semaine que l’économie française devrait ralentir fortement en 2012, avec une croissance limitée à 0,4%, après 1,7% en 2011. Le net ralentissement de la croissance complique l’équation budgétaire du gouvernement, dont l’objectif est de ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2012, puis 3% en 2013. La révision à la baisse des prévisions de croissance devrait être actée mercredi puisque le Conseil des ministres doit examiner un projet de loi de finances rectificatives pour 2012 intégrant les premières mesures fiscales du quinquennat Hollande. A n’en pas douter c’est un vaste plan de rigueur qui va sortir de ce conseil. Hollande sait parfaitement que la réussite de son quinquennat se joue en ce moment. Avec tous les pouvoirs, il a toute possibilité d’aller là ou personne ne l’attend et paradoxalement, c’est ce type de comportement que les marchés pourraient applaudir.

 

Date VL Perf.
2012
Perf.
2011
Perf.
2010
Perf.
depuis
création *
HiXANCE Dividendes (C)
FR0010640011
CAC 40
29/06/2012

29/06/2012

72,88 -4,47%

+1,17%

-17,36%

-16,95%

-2,53%

-3,34%

-27,12%

-28,83%

HiXANCE Dividendes (D)
FR0010652875
CAC 40
29/06/2012

29/06/2012

72,85 -4,51%

+1,17%

-17,36%

-16,95%

-2,53%

-3,34%

-27,15%

-28,83%

HiXANCE Patrimoine
FR0010640029
EONIA capitalisé
29/06/2012

29/06/2012

114,76 +5,15%

+0,18%

-5,11%

+0,88%

+1,22%

+0,43%

+14,76%

+3,21%

HiXANCE Focus Brazil (R)
FR0011060276
Indice Composite **
29/06/2012

29/06/2012

85,70 -1,35%

-0,36%

-13,13%

-6,26%

-14,30%

-6,60%

 

 

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