– Un article prospectif volontairement à contre-courant de nos articles qui doit nous amener à réfléchir sur le niveau des taux d’intérêt et sur nos certitudes quant à leur impossible augmentation – Je sais que je ne sais rien ; Et je me lutte contre mes certitudes – 

 

Depuis quelques semaines, je lis de plus en plus d’articles qui attirent l’attention des lecteurs sur le prix du pétrole et la solidité de l’offre de pétrole de schiste venant du marché américain. Je ne comprends pas grand chose sur la question du prix du pétrole, mais lorsque des gens qui disent savoir vous expliquent que la situation est fragile, je crois qu’il faut essayer de comprendre ce qu’ils sont en train de nous expliquer.

Au cœur de cette inquiétude naissante, voici une analyse publiée par Ofi Am : Pétrole de schiste : y-a-t-il un marché pérenne ? dont la conclusions est la suivante :

« Il y a donc de nombreuses raisons de penser que le pétrole de schiste pourrait décevoir dans les mois et les années qui viennent, alors même qu’il est aujourd’hui la seule source de développement de la production internationale de pétrole.
Reste que, pour l’heure, les tenants de cette technologie peuvent arguer que la production de pétrole de schiste est à son plus haut historique et continue de progresser.
Mais les limites physiques et géographiques étant infranchissables, arrivera un moment où un tel développement ne sera plus possible. Pour mémoire, les réserves prouvées de pétrole dans le Bassin permien, sont actuellement d’un peu plus de 8 milliards de barils.
Au rythme actuel de production, ces réserves seront épuisées dans… moins de 6 ans !
Et pour l’ensemble des pétroles de schiste, les réserves étant de 20 milliards de barils et la production frôlant les 6,5 millions de barils par jour, les réserves seront épuisées courant… 2027 ! (lire ici et ici). à noter aussi qu’avec une consommation mondiale de 100 millions de barils par jour et une demande américaine proche des 20 millions de barils par jour, les réserves de schiste représentent aujourd’hui 200 jours de consommation mondiale et un peu moins de 3 ans de la consommation américaine…
Les progrès technologiques seront donc vitaux… D’autant plus si on prend en compte le manque d’investissement dans le pétrole conventionnel qui fait du pétrole de schiste notre planche de salut face à l’augmentation de la consommation. Et ce, même si ce pétrole ne répond pas forcément parfaitement à nos besoins… Espérons qu’à Houston, tout se finira aussi bien que pour la Mission Apollo ! »

 

Cette question autour de la pérennité du pétrole de schiste est d’autant plus délicate qu’il semble que la production conventionnelle de pétrole ait atteint son pic en 2008 et que depuis, c’est ce pétrole de schiste qui permet de répondre à la demande et donc de maintenir des prix du pétrole à un niveau relativement bas par rapport aux niveaux de 2008.

 

 

Et comme le confirme cette étude de Patrick ARTUS en Mai 2019 : Qu’a changé l’apparition du pétrole et du gaz de schiste aux Etats-Unis ?

 

Une hausse du prix du pétrole, un risque qu’il ne faut pas sous-estimer ?

Avec la hausse du prix du pétrole, ce serait toute l’analyse du moment qui devrait être remise en question comme le démontre parfaitement une nouvelle étude de Patrick ARTUS sous le titre « Zone euro : si le prix du pétrole remonte fortement, que va-t-il se passer ? : 

Il n’est pas impossible que le prix du pétrole remonte fortement dans le futur, avec la croissance rapide de la demande mondiale de pétrole, avec le plafonnement de la production de pétrole schiste aux Etats-Unis et avec les difficultés de plusieurs pays producteurs de pétrole.

Pour la zone euro, cela signifierait :

    • le retour de l’inflation, mais aussi de l’inflation sous-jacente qui est corrélée au prix du pétrole ;
    • un fort recul de la croissance, en raison de la faible indexation des salaires aux prix et des difficultés sociales ;
    • un dilemme pour la BCE : croissance en recul, inflation sous-jacente en hausse, risque de crise de la dette si les taux d’intérêt montent trop.

A suivre…

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2 Comments

  1. Ange LERUAS says:

    La France se situe au 14 ème rang mondial de la consommation de pétrole avec 1.615.000 barils par jour (256.785.000 litres) soit 9.726.525.000 litres de pétrole consommés par an Sauf que l’info est fausse et toujours pas corrigée sur internet, il faut lire pour 365 jours 93 726 525 000 litres.

    Arrondissons à 94 milliards de litres 1400 litre par habitants, par foyer fiscal 2500 L
    Le prix du litre 0,33 euro

    dépense par individus 462 Euro augmentation 10 % 46,2 Euro ans
    par foyer fiscal 845 Euro augmentation de 10 % 84,50 Euro ans
    Sur le PIB de 2 950 milliards augmentation inflation suite à 10 % de plus du baril 3,10 milliards soit environ 0,1 %.

    N’est-on pas entrain de sombrer dans la psychose, une fois encore, et réagir sans se rendre compte que la réaction va produire les effets que l’on va mettre par la suite, sur le dos du baril ?

    Il est vrai que la taxe va quadrupler cette inflation, et Pourquoi ?

    Si bien que dire :
    – la hausse du pétrole, pour la zone euro, cela signifierait :
    le retour de l’inflation, mais aussi de l’inflation sous-jacente qui est corrélée au prix du pétrole ;
    – un fort recul de la croissance, en raison de la faible indexation des salaires aux prix et des difficultés sociales ;
    – un dilemme pour la BCE : croissance en recul, inflation sous-jacente en hausse, risque de crise de la dette si les taux d’intérêt montent trop.

    Fera que cela arrive, mais pas à cause du prix du baril mais, de la psychose comme celle de 2008 qui est à l’origine de la crise, pour ces causes de comportements, qu’ici et partout, on fait un déni.

    Nous somme responsable de ce que notre psychose sème.

    Les crises se succéderons aux rythmes de l’intensité de nos psychoses, incapables de réagir à l’inflation du baril par une croissance d’exportation qui représente la valeur 0,1 % de travail supplémentaire ; soit passer de 35 heures à 35h 2minutes et 6 secondes.

    Mais il est vrai que ce sera un peu plus puisque notre Pib est fantaisiste donc 35h et 3 minutes.

    Mais il est vrai que l’on va profiter pour y inclure des inflations sous-jacentes.

    Mais il est vrai aussi qu’exporter plus est quasi impossible puisque nos élus ont concocté le prix des choses de manière que ce prix ne soit plus compétitifs en plus de mettre volontairement le besoin d’optimisation, dont les Gafa profitent, en plus de toujours structurellement…. Et en plus de…

    Mais il est vrai que dire,
    -un fort recul de la croissance, en raison de la faible indexation des salaires aux prix et des difficultés sociales ;

    ce n’est que faire un déni de savoir que la croissance n’existe que par une production supplémentaire sur laquelle au prix de production on ajoute un prix social rendant encore nos prix moins compétitifs. et ne permettant d’acquérir que la même production en augmentant le prix de production et le prix social.
    Donc, l’inflation des salaires, et des charges qui s’y appuient, sont incapables de payer l’inflation du prix du baril en plus de l’inflation des salaire et des charges sociales..

    Sauf à produire plus, ne vous reste qu’a réduire une consommation produite nationalement ,avec ce qui s’en suit. décroissance, chômage, besoin sociaux en sus, recette fiscales et sociale en moins, et pire si la trouille des lendemains vous prend les tripes et alors vous arrêtez de consommer pour, comme en 2008, rentrer en crise, ce qui oblige alors la BCE d’intervenir, comme en 2008, avec hausse de taux pour remettre en circuit de la monnaie et en avant le processus de récession, pour cause de psychose et non de l’inflation du baril.

    Comment nous en somme arrivé là ?
    En quittant les principes du siècle des lumières et dans l’obscurité de l’idéologie de la lutte des classes, mis en place une économie qui est ce que cette idéologie veut qu’elle soit et non celle que notre vie en société à besoin.

    L’idéologie vous masque la réalité, celle que je décris mais que vous refuser de voir, sans pouvoir démontré, une fois, et une fois suffit, que cette réalité n’est pas réalité, c’est ce qu’on appelle un déni de réalité qui vous pousse vers la psychose au lieu de vous mener à la rationalité.

    Dans un tel contexte je vous souhaite du courage pour pouvoir bien conseiller votre clientele, vous ne faites plus que des paris sur l’avenir.
    Si vous voulez sauvez les meubles disperser votre patrimoine, enfants petits enfants transporter votre loterie sur la loterie de bon usage par eux. Quand il restera plus que du patrimoine, il faut alors s’habituer à le perdre et si retraité vous partaient hors des frontières, se sera un détournement qui accéléra la déconfiture nationale.

    Le surplus de monnaie expédié à l’étranger par rapport aux entrées, n’est que le besoin nécessaire pour que notre patrimoine soit acquit par les étrangers et ce retour de monnaie, partira immédiatement à l’étranger, pour ne pas avoir voulu travailler en plus des 35H 3 minutes de plus pour le baril. 1H, 20 mn pour ne plus avoir de déficit, 30 mn de plus pour plus de service de santé, 30 pour la transition écologique, mais n’oublier pas que vous pouvez réduire encore plus que cela si vous cessez de produire de l’inutile.

    La réalité est devant vous, en faire le déni ; n’engage que vos responsabilités et non celle des autres. Vous êtes devant un problème de civisme, pour avoir oublié le premier principe de l’économie : la production des uns devient la consommation des autres, aujourd’hui en 2019, c’est ainsi que notre vie en société nationale le veut.
    Cela ne vous convient pas alors retourner à l’esclavagisme ou au paradis où d’amour et d’eau fraîche nous vivions, mais moi je ne sais pas où le trouver, si vous le savez dites le moi, confidentiellement, il ne faudrait pas le saturer, pour devenir un monde identique au nôtre aujourd’hui.

  2. Il est très difficile de savoir quelles sont exactement les réserves de pétrole du bassin permien américain. Les 8 milliards de barils annoncés paraissent très faibles quand d’autres les estiment à 70 milliards de barils (selon IHS MarKit- En 2016, IHS a acheté Oil Price Information Service, entreprise spécialisée dans le cotation du prix du pétrole). Soit autant que le gisement de Ghawar en Arabie saoudite, considéré comme le plus grand gisement de pétrole conventionnel du monde. D’autre part, l’étude d’OFI ne fait pas la distinction entre réserves Tier 1, Tier 2 ou Tier 3, des plus aux moins exploitables. Et pour tout dire, nombre d’assertions qu’on trouve dans cette étude se retrouvent sur des sites comme 2000watts.org, qui donne assez dans le « collapsisme ». Qui de l’un a inspiré l’autre, telle est la question.

    Voilà en tout cas ce qu’écrivait il y a un an L. Horwath, le tenancier du site : « Le baril de pétrole a pris l’ascenseur et gagné 7$ en 2 semaines pour atteindre 74.72$ à Londres. Pour autant, l’avenir de l’or noir est toujours aussi difficile à prédire même si la probabilité de le voir remonter à 100$ gagne du terrain. Les fondamentaux actuels ne sont pas sans rappeler la crise de 2008 : forte hausse des prix du baril, dérégulation financière, poussée de l’inflation et niveau inquiétant de la dette. Le tout avait débouché sur un crash. L’histoire est-elle en train de se répéter? »

    Bon, à force de crier au loup… le loup va finir, mais personne n’écoutera plus Pierre.

    La production est très réactive à l’évolution des cours Avec la chute des cours du pétrole de 2014, les opérateurs de pétrole léger américain se sont restructurés et les coûts de production ont baissé. Ils se situent désormais entre 30 et 50 dollars le baril contre 70 à 90 dollars il y a encore 5 ans. Si les monarchies du Golfe baissent leur production, espérant voir le prix du baril monter, il suffit aux USA d’ouvrir les vannes pour faire redescendre le prix. Ou de limiter l’extraction pour les faire monter. Bref, le permien, c’est avant tout un instrument géopolitique très efficace.

    Et les USA jouent à fond de leur influence dans ce domaine. Ainsi, l’agence internationale régissant les compagnies maritimes (OMI) a décidé il y a quelque années qu’il fallait devenir écolo-responsable et arrêter de polluer. Ainsi, la règle 14 impose que les taux de souffre soient drastiquement abaissés, d’ici 2020.

    En zone de contrôle des émissions créée pour limiter les émissions de SOx et de particules :
    – 1,50 % m/m avant le 1er juillet 2010,
    – 1,00 % m/m à compter du 1er juillet 2010
    – 0,10 % m/m depuis le 1er janvier 2015

    Hors zone de contrôle des émissions créée pour limiter les émissions de SOx et de particules (ie loin des côtes) :
    – 4,50 % m/m avant le 1er janvier 2012
    – 3,50 % m/m à compter du 1er janvier 2012
    – 0,50 % m/m à compter du 1er janvier 2020

    Soit une division par 9 des émissions en 8 ans !

    Or, les diesels des navires fonctionnaient au fioul lourd, qui contient beaucoup trop de souffre, et les armateurs doivent donc convertir leurs navires au gaz ou au pétroles légers. Donc au pétrole américain.

    Par ailleurs, pour qu’il y ait augmentation des prix de l’or noir, il faudrait qu’il y ait augmentation de la demande. Ce qui serait un signe de reprise économique. C’est bon pour nous, ça, non ?
    Pour que la hausse devienne un danger, il faudrait que le prix du baril atteigne les 140-145 $. On en est loin, et on peut voir venir. Au pire, si les prix montent près de ces niveaux, on aura été prévenus par les crises précédentes et on saura quoi faire : se couvrir et attendre que la tornade passe.

    Mais, y aura-t-il un jour reprise de la demande ? Il y a bien longtemps qu’on ne parle plus de peak oil, mais plutôt de peak demand, c’est à dire d’un pic de la demande de pétrole, vers 2025 ou 2036, puis d’une baisse. En effet, si l’industrie automobile, l’industrie manufacturière, l’industrie minière se convertissent massivement aux énergies renouvelables, la demande de pétrole en sera fort réduite.

    De quoi bouleverser les équilibres géostratégiques.

    NB : l’Europe aussi a son bassin permien. Le bassin recouvrait le nord de la Pologne, le nord de l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, une partie importante de la mer du Nord jusqu’à la côte est de l’Angleterre et jusqu’en Écosse. On y exploite déjà le pétrole, pour le plus grand bonheur des Norvégiens et des Écossais.

    Et en France aussi il y en a : dans les sous-sols du bassin parisien on a du pétrole emprisonné dans le Permien (fin de l’ère primaire) et le Lias (milieu de l’ère secondaire). Si ça se trouve, au XXIIè siècle, la France sera un producteur majeur de pétrole.

    Pour l’anecdote, ces activités engendrent, dans les années 2010, un chiffre d’affaires annuel direct et indirect compris entre 500 millions et 1 milliard d’euros, assurant ainsi quelques milliers d’emplois directs et indirects en France, avec des retombées fiscales d’environ 150 millions d’euros par an (source wikipedia).

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