La semaine a été marquée par une hausse remarquable des taux d’intérêt.

Les actions américaines ont fortement augmentées depuis la fin de l’année dernière du fait des anticipations à la hausse sur la croissance économique. Cela entraîne mécaniquement la hausse des anticipations des bénéfices.

Cependant, lorsque la croissance économique accélère au-delà d’un certain niveau, les anticipations d’inflation augmentent de même. La période idyllique dit de « goldilock », « boucle d’or », croissance forte avec faible anticipation d’inflation, a limité ce mécanisme. Principalement parce que la croissance du salaire horaire n’a pas accéléré aux USA.

Cette semaine, la hausse des taux d’intérêts a été déclenchée par l’accélération de l’indice ISM non-manufacturé aux USA. L’activité des services. L’indice ISM manufacturé étant l’activité industrielle. Mais cette nouvelle a été accompagnée par l’annonce de l’augmentation du volume des émissions de dettes par le secrétaire au trésor américain, Mnuchin. Et le chiffre est impressionnant. 60% de hausse pour le semestre à venir par rapport à la même période l’année dernière.

La politique de baisse des impôts de Trump, vendue en fin de cycle économique et en présence d’une utilisation des capacité de production au quasi maximum, n’entrainant pas ou pas encore de hausse de la croissance économique. Cela engendre naturellement une explosion du déficit publique et donc de la dette.

Le déficit public US devrait atteindre dans les deux années à venir 1000 milliards. Cela veut dire qu’au 20 000 milliards de dette actuelle, vont s’ajouter chaque année 1000 milliards.

Les USA constituent déjà plus de 30% du marché de la dette mondiale. Pour comparaison, le Japon est à 18%. La France ou l’Italie s’élèvent à près de 4% chacun.

Dans le même temps, la FED poursuit comme prévu sa politique de réduction de bilan. En plus, elle a réaffirmé sa politique de hausse des taux. Seuls les investisseurs « privés » sont en mesure d’absorber ces émissions. Face à la hausse des émissions annoncée cette semaine, les investisseurs ont demandé des taux d’intérêt plus élevés pour accepter d’investir.

Dans le cadre du portefeuille Marie Quantier, la baisse de la valeur des ETF obligataires, qui est mécanique lorsque les taux d’intérêt augmentent, a été compensée par la hausse du dollar. En effet, la différence de taux d’intérêt entre les USA et l’Europe reste extrêmement élevée. Ce qui soutient la hausse du dollar face à l’euro.

 

Dans ce contexte, le multiple P/E, le rapport entre les bénéfices et la valeur des entreprises, ajusté des facteurs macro-économiques augmente drastiquement.

Avec cette méthode, les bénéfices futurs sont estimés en utilisant les estimations de croissance économique fournies par le FMI. En d’autres mots, nous faisons augmenter les bénéfices autant que la croissance économique.

A cela, nous ajustons de l’impact des taux d’intérêt.

L’impact est opposé. Nous faisons un calcul classique en finance qui s’appelle l’actualisation. Nous exprimons la valeur de l’argent « demain » en prenant en compte le coût de l’argent, c’est à dire les taux d’intérêt. Plus les taux d’intérêt dont élevés, moins la valeur de l’argent « demain » est élevée.

C’est pourquoi depuis le début de l’année, nous attirons votre attention sur le fait que soit les actions sont trop élevées parce que la croissance économique est surestimée, soit le prix des actions est trop élevé parce que les taux d’intérêt ne prennent pas assez en compte l’accélération de la croissance économique et sont trop bas.

Dans tous les cas, l’état d’Euphorie fait peu de doute.

 

Avec cette hausse des taux d’intérêt, un scénario catastrophe est-il à craindre ?

Pour cela, il faudrait que la hausse des taux se poursuive :

  • Soit cela provoquerait une baisse des actions, dans un scénario à la 1987,
  • soit la hausse des taux d’intérêt entraînerait une récession précipitée.

Nous avons l’impression que deux facteurs limitent le risque de ces scénarios.

Tout d’abord, le marché de l’emploi n’est pas aussi reluisant que les chiffres du chômage ne le laissent entendre en première analyse.

Le ratio des personnes employées aux USA par rapport à la population est de 60%. La dernière fois que le taux de chômage était en dessous de 4% aux USA, ce même ratio était à plus de 64%. Cela veut dire que le taux de chômage US actuel équivaut à 8%, et non pas 4%, si l’on prend en compte les mêmes conditions que celles de 1999.

De plus, la baisse de l’activité économique en Chine et les atermoiements politiques en Italie freineront probablement l’accélération de l’activité aux US. Cela limitera les pressions inflationnistes et donc la hausse des taux d’intérêt.

Seule une politique budgétaire irresponsable aux USA pourrait aller à l’encontre de ces facteurs limitatifs et entraîner une chute brutale.




11 Comments

  1. Fuckcettemerde says:

    De toute façon l’essentiel est le logement , la décôte a appliquer immédiatement est de l’ordre de 20% dans la capitale et autres métropoles. Quand on voit toute cette merde qu’ils ont crée, avec la manipulation monétaire , les jeunes locaux se seraient bien passé de pas mal de leur conneries mais sur cette question essentielle c’est vraiment la goutte de trop.

  2. possédant un bâtiment industriel près de Lille, bien loué et entretenu, étant retraité et désireux d’avoir une vie plus tranquille, que me conseillez vous ?

    • Lisez bien la conclusion de l’article publié par Mathieu HAMEL :

      « Pour cela, il faudrait que la hausse des taux se poursuive :

      Soit cela provoquerait une baisse des actions, dans un scénario à la 1987,
      soit la hausse des taux d’intérêt entraînerait une récession précipitée.

      Nous avons l’impression que deux facteurs limitent le risque de ces scénarios.

      Tout d’abord, le marché de l’emploi n’est pas aussi reluisant que les chiffres du chômage ne le laissent entendre en première analyse.

      Le ratio des personnes employées aux USA par rapport à la population est de 60%. La dernière fois que le taux de chômage était en dessous de 4% aux USA, ce même ratio était à plus de 64%. Cela veut dire que le taux de chômage US actuel équivaut à 8%, et non pas 4%, si l’on prend en compte les mêmes conditions que celles de 1999.

      De plus, la baisse de l’activité économique en Chine et les atermoiements politiques en Italie freineront probablement l’accélération de l’activité aux US. Cela limitera les pressions inflationnistes et donc la hausse des taux d’intérêt.

      Seule une politique budgétaire irresponsable aux USA pourrait aller à l’encontre de ces facteurs limitatifs et entraîner une chute brutale. »

      • julien bonnetouche says:

        Bonjour Guillaume et Mathieu,

        je partage votre sentiment. Il y aura bien une crise un jour du fait de l’endettement, mais pour le moment, les tensions économiques et financières sont limitées.
        Et on a l’impression que les États majeurs avec leurs banques centrales veillent malgré tout au grain.
        En Europe il y a bien le risque italien, et de l’autre côté le risque Trump.
        Mais est ce qu’ils sont réels ? Je n’y crois pas vraiment.

        Les vrais risques sont au niveau des « petites entités » qu’elles soient États émergeant périphériques ou compagnies financières trop endettées et mal gérées qui fatalement craqueront à un moment ou un autre. Mais cela ne devrait pas déséquilibrer le monde d’une manière excessive ni durablement.

  3. julien bonnetouche says:

    « De toute façon l’essentiel est le logement , la décote a appliquer immédiatement est de l’ordre de 20% dans la capitale et autres métropoles. »

    A lire les ayatollah gauchistes prêts à décider autoritairement d’une baisse du prix des logements dans Paris , on se dit que décidément le communisme a la peau dure !!

    Savez vous que c’est justement parce qu’il y a plein de gens comme vous qui veulent absolument vivre à Paris et autres métropoles, que les prix sont devenus ce qu’ils sont ?
    Et si vous et vos semblables décidaient de profiter du bon air et de la tranquillité de la province, les prix parisiens se dégonfleraient aussitôt.
    Mais il est vrai qu’il s’agit de ce que l’on appelle « la loi du marché » un mécanisme économique dont vous n’avez surement jamais entendu parler .

    Alors je vous y engage : allez vivre en province. Et comme cela vous pourrez réaliser votre souhait : payer un loyer moins cher et contribuer a faire baisser la tension sur le marché parisien !!

  4. julien bonnetouche says:

    @ morlaas,

    Gardez le !!

  5. Premiereclasse says:

    Bonjour , La valeur actuelle des biens est fondé sur de la dette principalement ( dont le seuil critique a été franchi ) , les taux bas etc… plusieurs institutions ont reconnu la surévaluation de Paris , San Francisco et la bulle prête à éclater de HongKong. Bref étant donné du manque de constructions organisé , cela crée des tensions . De là à parler de communisme quand , l autre camp pourrait parler de colons . Il y a un grave problème de toute façon c est clair . Mais bon nous vivons dans un monde de corrompu, il faut faire avec et s adapter .

  6. Le « manque de constructions organisé ? »

    C’est comme le réchauffement climatique, ça recommence les vieilles lunes….

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